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Avec mes excuses

Un revenant ? Après deux déménagements en 7 ans, dont un changement de région me voilà de retour. J'ai remarqué des changements sur le site, et mes photos ont disparu.

Je suis ravi de revenir parmis vous, et de partager,

"CHOUCHEN"    Un pastel sur carton Touch  50 x 70

 Gérard BRETON31082766880?profile=RESIZE_584x

 

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DÉCÈS DE BERTRAND BLIER

DÉCÈS DE BERTRAND BLIER
Bertrand Blier, fils du célèbre comédien Bernard Blier, s’est imposé comme l’un des réalisateurs les plus singuliers du cinéma français. Avec son ton provocateur, son humour grinçant et sa vision acerbe des relations humaines, il a marqué des générations de spectateurs et a influencé nombre de cinéastes. Dès ses débuts, il a imposé un style reconnaissable. Les Valseuses (1974), film culte qui révéla Gérard Depardieu, Patrick Dewaere et Miou-Miou, a choqué autant qu'il a séduit. Véritable ode à l'insouciance et à l'anticonformisme, ce road-movie anarchique est devenu un phénomène social, même s'il a suscité des controverses pour son audace et ses thèmes dérangeants. Bertrand Blier a poursuivi sa croisade contre tous les pisse-froid avec Calmos (1975), histoire misogyne en pleine année de la femme, lui-même suivi par Préparez vos mouchoirs (1978), qui lui a permis de renouer avec le duo masculin de Les valseuses et de révéler au public le tout adolescent Riton Liebman. L’année suivante, il a accouché de Buffet froid (1979), une œuvre d’un humour noir glaçant, qui explore l'absurdité de l'existence et les zones d’ombre de ses contemporains. Ce film lui a valu le César du meilleur scénario, récompensant son écriture subtile, même si déroutante pour une partie du public. Que dire de Beau-père (1981), long métrage dans lequel Patrick Dewaere s’amourache de la toute jeune Ariel Besse et que personne n’oserait produire aujourd’hui ? Jamais à court de provocation, il a opposé Isabelle Huppert à Coluche dans La femme de mon pote (1983), fait jouer à Alain Delon le rôle d’un alcoolique invétéré dans Notre histoire (1984) et a imposé Josiane Balasko en maîtresse de Gérard Depardieu au grand dam de Carole Bouquet dans Trop belle pour toi (1989). Même si le rythme n’a plus été aussi soutenu, les titres ont continué à s’enchaîner, avec toujours une verve acide et des sujets qui font hurler les âmes prudes. Avec Tenue de soirée (1986), il a signé son grand retour en allongeant dans le même lit Michel Blanc et Gérard Depardieu, laissant végéter Miou-Miou dans le corridor. Les années 90 et la première décennie des années 2000 l’ont impacté, au point de l’amener à diluer le vinaigre de sa plume dans beaucoup d’eau. Les mœurs ont évolué et certains thèmes ne sont plus tolérés. On en est arrivé même à lui reprocher plusieurs séquences de Les valseuses, l’incriminant d’incitation au viol et aux gestes déplacés à l’encontre de la gent féminine. Loin de se repentir, Bertrand Blier a continué de filmer, sachant fort bien qu’une page venait de se tourner. Sa carrière se jalonne d’œuvres où le verbe se dresse tel un poing. Servi par un ton grinçant et paradoxalement poétique, il n’a jamais cessé d’explorer des sujets comme la sexualité, la solitude, la stupidité, la vanité et la violence. Bertrand Blier portait également sur ses épaules la réputation d’un formidable directeur d’acteurs. Il avait permis à des comédiens comme Alain Delon, Jean-Pierre Marielle, Brigitte Fossey, Carole Bouquet ou, encore, Anouk Grinberg des prestations mémorables, souvent à contre-emploi. Si certains critiques le fustigent toujours pour son style provocateur et parfois hermétique, ses fans saluent son audace créatrice et sa capacité à mêler profondeur philosophique et comédie subversive. Peu de réalisateurs osent, comme lui, bousculer les conventions et affronter les contradictions de la nature humaine avec pareille sincérité. Son décès survenu le 20 janvier dernier laisse la sphère cinématographique dans un désarroi complet. Il avait quatre-vingt-cinq ans !
Daniel Bastié

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Michel Sabarthes - "Un roman inachevé ?"
Julien Sansonnens - "Coup d'oeuil en cuisine"
Malik "- a redonné vie à Archie Cash"
Dominique Lin - Tempo de Santiago"
Les découvertes de Gérard Glatt
Le rédact est blanc comme un fromage

Il est arrivé, le Babel-Art sort de confinement...

C'est gratuit, c'est ici....  https://www.yumpu.com/fr/document/read/63448664/babel-art-juin-juillet-2020

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administrateur littératures

Une table cent pour cent masculine, trois belles personnalités littéraires autour du thème "Avec de l'Italie qui descendrait l'Escaut", des regards chargés d'histoire, cette rencontre du 26 juin à l'Espace Art Gallery n'a pas démérité face aux précédentes tant le coeur y était ainsi que les mémoires, quelques interactions pleines avec l'auditoire témoignant de l'intérêt et d'une attention soutenue, notre animateur Gérard Adam passionnant et fidèle à lui-même, citant en ouverture quelques prénoms de ses anciens camarades d'origine italienne d'une époque pas si lointaine. Souvenir, souvenir...

Le premier à évoquer ce passé, immigration et/ou exode: Lorenzo Cecchi avec "Faux témoignage", une fiction historique s'étalant sur plusieurs décennies: dans l'Italie d'après guerre touchée par le chômage, le jeune Osvaldo, pour s'être opposé à un père violent, doit quitter son village... Gérard Adam nous lit un passage particulièrement parlant de l'ouvrage qui est émaillé de personnages fascinants, et en découle un échange intimiste et sans pathos ponctué de souvenirs et d'anecdotes, les mines et la silicose évoqués car incontournables en cette période à la fois rude et éprouvante, Cecchi inspiré revivant très certainement ce passé dans son esprit.

Suit Giuseppe Santoliquido politologue et écrivain belge avec "L'audition du docteur Fernando Gasparri": Bruxelles, été 1932; alors que des grèves sèment le désordre dans le pays, le docteur Gasparri accueille un couple de jeunes exilés originaires de la même région que lui, une fiction passionnante, intelligente, une audition fort énigmatique à la clé, avec une fin ouverte, que Santoliquido nous relate d'une voix calme et posée, l'extrême-droite évoquée également au cours de l'entretien, quoi de plus normal en fin de compte? N'oublions point que nous sommes dans les années trente...

Conclut le tour de table Franscesco Pittau avec un premier roman "Tête-Dure", môme de cinq six ans "soulevant d'une main le bord frangé de la pesante nappe en tissu qui dissimule depuis une heure ses jeux...", d'une famille d'immigrés italiens venus travailler en Belgique, une épopée extraordinaire avec de belles évocations, au discours clair, percutant, Gérard Adam, théâtral, nous en lisant plus d'un extrait, Pittau souriant, lucide, nous présentant le parcours de cet enfant avec soudain cette réflexion - prise de conscience de l'immigré revenu en Belgique: "Je viens de m'apercevoir que je suis belge!". En dire davantage sur cette rencontre? Difficile, les mots seraient soit insuffisants, soit peu représentatifs de ce qui s'est vécu, il faut venir sur place mais évoquons néanmoins pour conclure cette tendresse et bienveillance qui traverse les ouvrages - mais avec un peu plus de causticité avec Pittau - mis à l'honneur, l'intervention haute en couleurs de Daniel Simon - une remarque pertinente à l'attention de chacun des protagonistes- et le texte-hommage final et inspiré de Gérard Adam... Les Italiens font pleinement partie de notre histoire...Viva Italia!

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Gérard GLATT fait partie de ces auteurs avec qui on aime partager quelques instants, assis sans rien dire, juste pour le plaisir d’être deux en respirant le temps qui passe. 

Rencontré un peu par hasard au Salon de Montcuq en Quercy (ou il venait de recevoir le prix du net 2017 par12273280083?profile=original l’organisateur qui change régulièrement de nom Stéphane Ternoise), j’avais, je vous l’avoue, mis ses romans en attente.  La raison, ou le devoir, m’invitait à me pencher sur des livres qui attendaient depuis trop longtemps pour repousser davantage l’instant de les découvrir enfin.  Un retard accumulé pour de simples raisons qu’un commentaire de mon épouse décrira avec justesse en me faisant part de son inquiétude devant le nombre d’ouvrages que son chroniquer de mari recevait sur une année.

Elle et se mit à craindre le déplaisir du facteur en l’imaginant souffler comme une mule qui, pour se venger d’être trop chargée, s’apprête à mordre son propriétaire.  À l’entendre (ma femme, pas le facteur ni la mule), notre boite aux lettres était l’une des raisons des grèves qui touchent régulièrement les services postaux de notre région.

Heureusement, en écoutant les nouvelles, nous fûmes rassurés d’apprendre que le changement fréquent du facteur de notre quartier n’était pas dû à une abondance romanesque, mais bien aux conséquences d’un monde frappé par le syndrome de l’inhumanité.  « Vite, vite, de plus en plus vite et tant pis pour les petits-vieux qui n’avaient que le facteur à qui parler, ils n’ont plus comme interlocuteur que l’Inspecteur Derrick et la lucarne de la TV». 

Bref, suite à un coup de froid inattendu, cloué au creux d’un lit, j’ai pris le temps de me préparer un petit verre de vin chaud avant de me saisir du livre de Gérard. 

12273280292?profile=original« Et le ciel se mit à pleurer… » dépasse le romanesque, entendez par là qu’il offre au lecteur l’impression d’être projeté au cœur de l’histoire, de ressentir la beauté de la montagne au pays du « Mont Blanc »: la Haute-Savoie. 

Osons prétendre que ce livre entraîne l’imaginaire ne serait qu’une piètre constatation.  Une écriture de suspens, mais pas que.  C’est une plume qui sait modeler l’humain au point que nos doigts suivent le tracé des rides, la blessure des non-dits et goute l’amertume d’un trop-plein de larmes.  Comme une sorte de dieu, l’écrivain façonne les destins afin qu’ils se posent sur les brisures de la fatalité.  Fatalité ? Mon œil !  Diantre non, car le lecteur sera manipulé avec un tel suspens qu’il aura du mal à se détacher du livre.

Tout commence par un arbre qui tombe, entraînant dans sa chute la vie de Germaine.  Un arbre solitaire qui chute à cet instant précis ?  Étrange coïncidence…  Au fil des pages, les amitiés se dévoilent et même si les liens qui unissent les vivants semblent indestructibles, planent en permanence les doutes quant à la disparition de la femme aimée jusqu’à la déraison.

Gérad Glatt est lié depuis l’enfance aux Alpes et à Chamonix en particulier.  Vraiment ?  Fallait-il le préciser ?  Ce livre malgré ou grâce à ce côté manipulateur fait le bonheur du lecteur.  Le texte ? Une ode à la montagne et à ses habitants.  Il y a du talent dans la narration, du talent que l’on écrit en lettre majuscule.  Lire les œuvres de Gérard Glatt c’est ouvrir la fenêtre sur les senteurs apportées par le vent.  C’est écouter le crépitement des flammes quand elles dansent au fond de l’âtre.  C’est avant tout, découvrir les soubresauts des âmes pour en finale comprendre que si les méchants existent, ils ont parfois de bonnes raisons qui les poussent à détester les autres.  La vie, oui c’est bien de cela qu’il est question.  La vie et ce fleuve qui l’arrose que nous appelons destin.  Ce flot dans lequel nous essayons de nous débattre avec plus ou moins de dispositions.  En final, il suffirait de peu de choses pour que la noyade l’emporte cependant, avec l’aide d’un peu d’apprentissages, il se peut qu’on apprenne à surnager, à s’y complaire, apprendre à ouvrir les yeux sur la beauté du monde.

Gérard GLATT un auteur que vous ne pouvez ignorer si vous désirez vous évader au cœur d’une peinture, oh ! Pardon, d’une lecture passionnante.

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administrateur littératures

Vérités, confidences, inspiration et qualité d'écriture avec Michel Torrekens, "Papas!", observateur, l'assurance tranquille, de la conversation; Alain Berenboom, "Monsieur Optimiste", ouvert, l'humour et la sensibilité au clair de l'homme; Isabelle Bielecki, "Les Tulipes du Japon", touchante, la force et la clarté du propos, tous trois pour une exploration des relations - parfois épiques! - avec le père. "Mon père, ce héros"? Il peut très bien se révéler amour, crainte, admiration, méfiance, acceptation ou éloignement, c'est selon le vécu, la complexité de notre être jouant son rôle dans l'évolution de nos rapports avec lui, le présent se forgeant presque toujours dans le passé, les souvenirs bons et moins bons parfois à fleur de peau comme ce fut le cas au cours de cette soirée où fiction romanesque et réalité se sont intimement côtoyés.

Avec panache, Gérard Adam introduisit la rencontre de la plus belle des manières: "Envers et contre tout, nous sommes présents et poursuivons la mise en valeur de nos Lettres...". Lancé, il donna ensuite la parole à Michel Torrekens et ses "Papas", l'auteur à la fois pensif et en verve, des confidences en chemin, Alain Berenboom et son "Optimiste" lui succédant, vif, spirituel, le sourire désarmant, Isabelle Bielecki et ses "Tulipes" clôturant superbement le premier tour de table. Une auteure très intérieure, d'une belle profondeur. "On dit que les fleurs expriment nos sentiments mais sait-on qu'elles peuvent garder les secrets comme personne?"

Au second tour, des passages des oeuvres présentées ont été lus par les auteurs eux-mêmes, contrastes de mise mais les papas, l'optimiste et les tulipes faisant malgré tout bon ménage au coeur de l'Espace Art Gallery, la soirée s'étant poursuivie avec deux lectures publiques, de belles signatures de nos auteurs à l'honneur, le verre de l'amitié en clôture. Notre prochain rendez-vous? Le 29 mai à 19h mais au 83, rue de Laeken, avec Robert Paul, Jerry Delfosse et Gérard Adam, notre trio-concepteur!

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administrateur littératures

   Vitrine sur l'édition belge de qualité, les Rencontres littéraires de Bruxelles qui se déroulent chaque dernier mardi du mois à 19h à l'Espace Art Gallery (EAG, rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) accueillaient ce 30 janvier la solitude et la rencontre, des thématiques judicieusement choisies par Gérard Adam, animateur hors pair de ces soirées qu'il orchestre avec grand soin, mettant chaque mois en valeur trois auteurs publiés chez nous, cette première soirée de l'an 2018 se révélant un soir d'auteures d'exception à la voix posée, calme et investie qui nous ont délivré leurs messages par le biais de leurs publications les plus récentes: Isabelle Fable avec "Femmes en souffrance" et "Noir ou bleu?", Martine Rouhart avec "La solitude des étoiles" et Claire Ruwet avec "La femme mosaïque" nous ont allègrement entraîné dans leurs univers respectifs, nous dévoilant qu'il existe en fait différents types de rencontres comme de solitudes, nuances et sensibilités au clair de ces dames auteures et poètes.

  Venir aux Rencontres, c'est avant tout être reçu chaleureusement par Robert Paul et Jerry Delfosse, organisateurs et piliers de l'EAG, et ce 30 janvier, la galerie a accueilli en son sein pas loin de quarante âmes, parmi celles-ci des personnalités de notre monde littéraire attentives aux mots, à l'expression, aux pensées, aux idées. Passionné de belles Lettres, Gérard Adam nous a conviés à deux tours de table, le premier s'attachant principalement à la solitude, le second à la rencontre, Martine Rouhart, en position centrale, ouvrant le feu (Comprenez-le bien!) d'une voix porteuse, étoiles au firmament de ses pensées, Isabelle Fable suivant, le propos pertinent, les femmes et leurs sentiments avant tout, Claire Ruwet fermant la marche mots-saïquement, également un brin théâtrale, charmant de cette manière le public, des extraits de leurs oeuvres ayant été lus face à un auditoire compact (salle comble) manifestement conquis.

  Le corps de la soirée une fois clôturé, ne pouvait que surgir une salve d'applaudissements nourris amplement méritée puis, avant un drink qui fut animé et réellement festif, on eut droit à deux lectures libres, un extrait de "Les Tulipes du Japon" de Isabelle Bielecki par l'auteure en personne, et de "Auprès de ma blonde" de Thierry-Marie Delaunois également présent à la soirée mais bien d'autres écrivains et non des moindres étaient venus à cette Rencontre mensuelle.

  Rencontres d'exception(s) à l'EAG? Pas loin de quarante personnes vous le garantiront, la prochaine étant prévue le 27 février. A vos agendas!

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LES PASSANTS

12273255256?profile=originalSouvent dans la rue je m'amuse à noter un mot prononcé , une réflexion et cet état d'esprit du monde , par effet miroir  se compose alors  une histoire ...

En lisant Souvenirs Dormants de Patrick Modiano   je retrouve le même processus

"Il m'arrivait souvent de capter des bribes de conversations d'inconnus dans les cafés  Je les notais le plus discrètement possible ...."

Peinture Gérard Fromanger

Voir aussi "AU GRE DES JOURS  arletteart "  mon premier blog personnel depuis 10ans Je vous invite

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administrateur littératures

Prévus: Lilliane Schrauwen, Aliénor Debrocq (malheureusement absente pour raison personnelle) et Jean Jauniaux, une soirée passionnante, conviviale, beaucoup d'intérêt avec un Gérard Adam motivé et enthousiaste.

Plaisirs au rendez-vous: discussion animée, des auteurs inspirés, des ouvrages diversifiés, un public nombreux - plus de place libre-, quelques flashs, des applaudissements nourris pour des écrivains de haut niveau, ensuite quatre lectures très contrastées très bien reçues par l'auditoire.

Les rencontres littéraires à l'Espace Art Gallery? A ne pas manquer car les échanges y sont puissants, humains...

Merci à Robert Paul, Gérard Adam, Jerry Delfosse, Liliane Schrauwen, Jean Jauniaux, merci à tous!

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UN MONDE ETRANGE

Le fou parle tout seul  Il voit des signes et des choses que les autres ne voient plus 

Une confrontation entre les obsessions du Facteur Cheval et Gérard Garouste

à Hauterives dans les salles du Château

12273238082?profile=original12273238099?profile=originalRencontre aussi avec Elisabeth Garouste et ses personnages griffonnés au gré des conversations

Tout un monde imaginaire  où chacun apporte son idée et son interprétation extravagante en toute liberté

A suivre tout naturellement les créations de David Rochline    frère d'Elisabeth

Ce complot de famille   Devient une évidence à proximité du Palais Idéal du Facteur Cheval

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Une initiative du CRTH (Centre Recherche Théâtre Handicap)

Le CRTH est une structure culturelle de création et de formation amateur et professionnelle qui œuvre pour que le spectacle vivant soit accessible à tous.

Site web:www.crth.org

"Parti du constat que le spectacle vivant n’était pas toujours accessible aux personnes déficientes visuelles, le Centre Recherche Théâtre Handicap a donc proposé à des élèves en art dramatique d’accompagner au théâtre des personnes non voyantes, mal voyantes (par déficience ou vieillissement) afin de décrire en direct les éléments de mise en scène (costumes, décors, déplacements…)".

Découvrez le reportage de France 3 sur les Souffleurs d'Images à Avignon:

                            

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Autour de Léo - Gérard Weissenstein chante Léo Ferré

Dernière ligne droite ... Vendredi soir, Pascal Chardome, Kathy Adam et moi, nous serons aux Rencontres Léo Ferré d'Aulnoye-Aymeries (Nord-Pas-de-Calais) pour présenter "Autour de Léo". Je me demande comment Marie-Christine Ferré réagira à nos interprétations des chansons de son mari ...12273046664?profile=original

http://aulnoye-aymeries.fr/wp-content/uploads/2014/09/programme-des-rencontres-leo-ferre.pdf

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des amours de province n° 6

 

6

 

Gérard avait ouvert la porte au moment même où la voiture s’était arrêtée. Il avait surveillé la rue à travers la vitre dépolie. 

- Je ne comprends pas le temps que vous avez mis pour rentrer.

- Mais Gérard !

- J’ai été malade toute la nuit. J’ai cru que j’allais mourir. Je n’ai même pas eu la force de vous téléphoner.

Il tira Julie par le bras.

- Entre !

Il referma la porte sans proposer à Pierre d’entrer.

- Mais…

Un souffle étrange envahissait Pierre. Il pensait : sale con ! Il aurait du frapper de ses poings et lui dire :

- Ne la touche pas. C’est à moi qu’elle appartient depuis hier soir. Et à Julie, il aurait du dire :

- Viens Julie. Il n’est rien pour toi.

Il monta dans la voiture et retourna chez lui.

Le lendemain, il se rendit au bureau à l’heure habituelle. Gérard était venu un peu plus tard, et ils  avaient parlé des problèmes quotidiens qu’il fallait résoudre sans faire allusion à la Foire. Julie ne vint pas de la journée, il n’avait pas osé demander de ses nouvelles.

Le jour suivant Gérard n’était pas venu. Il avait téléphoné à la secrétaire pour dire qu’il avait pris froid. L’après-midi, c’est Julie qui était venue. Elle portait des lunettes sombres qu’elle avait ôtées un instant. Elle avait une ecchymose à l’arcade sourcilière.

Elle avait chuchoté :

- Ce n’est rien, je n’ai pas mal. Je t’expliquerai.

Deux mois avant la mort de Gérard, Julie lui avait raconté ce qui s’était passé lors de leur premier voyage à Francfort.

- Tu te souviens, je lui ai téléphoné. Il avait crié : Tu es certaine que vous ne pouvez pas rentrer ?

- Ce n’est pas possible, Gérard.

Il avait demandé le nom de l’hôtel où ils allaient loger. Il connaissait la Foire. Il y avait donc encore des chambres disponibles ? Peut-être qu’elles avaient été réservées avant le départ ?

- Le lendemain, il a voulu savoir à nouveau où nous avions dormi.

Hors du regard des autres, il s’exprimait sans fioritures.

- Avoue. Vous avez couché ensemble ?

- Il m’a dit, et je savais qu’il en était capable, que s’il avait connu l’hôtel où nous sommes descendus, il serait venu nous rejoindre durant la nuit.

- Si je vous avais trouvés ensemble, je l’aurais tué sans hésitation.

- Mais nous n’avons pas dormi dans la même chambre.

- Il ne m’a pas crue.

Une fois encore, Gérard l’avait traitée de putain. Il avait peut être raison, dit-elle.

Il l’avait giflée du dos de la main.

- J’ai prétendu devant toi que j’avais heurté une porte

- Pourquoi ne m’as-tu rien dit.

Elle avait eu une réponse étrange.

- J’avais peur que tu ne partes. Pour rien au monde, je ne voulais risquer de te perdre. Tu comprends, il a toujours été comme ça. Même lorsque nous allions en province, toi et moi, il lui arrivait de me frapper. Je suppose que ça le faisait jouir. Il était le chef.

Après leur retour de Francfort, après que Gérard ait frappé Julie et qu’il était venu seul au bureau, puis après que Julie soit venue seule, Pierre fut désemparé. Le lendemain ni Julie ni Gérard n’étaient venus de toute la journée.

Vers la fin de la journée, Gérard  téléphona à madame Belain.

- Est-ce que monsieur Pierre est là ?

- Il est en face moi, je vais vous le passer.

- Ce n’est pas la peine. Qu’il m’apporte les documents ou le courrier à signer.

Madame Belain répéta :

- Il demande à ce que vous lui apportiez le courrier à signer. Il n’y a rien à signer aujourd’hui. Vous voulez que je le rappelle pour le lui dire ?

- Non, madame Germaine. Il y a des questions que je veux lui poser pour le travail de demain.

- Madame Julie n’avait pas l’air très en forme, ces derniers jours.

Pierre n’avait pas répondu. Il avait glissé des papiers dans sa serviette, et il était parti.

C’est Julie qui lui avait ouvert la porte. Elle ne portait plus de lunettes. Il avait voulu lui caresser la joue mais elle avait retenu et serré très fort sa main entre les siennes.

La voix de Gérard a retenti.

- C’est Pierre ? Fais-le entrer.

Gérard dans le petit salon était assis dans une bergère que Julie avait poussée auprès de la table. Pierre s’est assis sur une chaise à ses côtés. Julie s’était rendue dans la cuisine.

- Je vous demande pardon Pierre. J’ai l’air de ne pas vous écouter avec attention mais je me sens malade. Si ça continue, j’appellerai le docteur Meurisse à nouveau. Je dors mal. Je souffre d’apnées, l’air me manque soudain. Mon père déjà était atteint des mêmes maux.

Durant plus d’une semaine, Pierre était venu tous les jours. Il voyait Julie dans le couloir. Un serrement de mains était le seul geste auquel il avait droit. Lorsqu’il se souvenait de leur séjour en Allemagne, il serrait les poings pour se faire mal. Il souhaitait la mort de Gérard.

Julie ne venait plus au bureau et Gérard y venait moins souvent. Il y restait peu de temps. C’est Pierre qui apportait les pièces à signer.

Il était surpris. Julie était devenue plus distante à son endroit.

A mi-voix, il avait dit:

- Qu’est-ce qui se passe, Julie ?

Elle répondit qu’elle voulait être seule. Elle voulait réfléchir, disait-elle.

Elle passait beaucoup de temps auprès de Gérard. Lorsqu’elle lui préparait du thé ou du lait chaud qu’elle l’obligeait à boire, elle ajoutait ;

- Je veux te retrouver au plus vite, Gérard.

Elle l’embrassait sur la bouche. Puis se tenait devant lui, les cuisses écartées. Qui sait ce qui se passe dans la tête d’une femme ? C’était quoi ce qu’on appelle un peu vite ses humeurs ? C’était quoi leur influence sur les pulsions sexuelles de certaines d’entre elles ?

Gérard était bouleversé. Il avait le sentiment de retrouver enfin cette femme dont il était certain au début de leur mariage qu’il l’avait séduite. Cette timidité dont il avait toujours fait preuve et qui traduisait une réserve d’homme d’élite, elle disparaissait au fur et à mesure que Julie s’occupait de lui. A l’instar d’autres femmes, il le savait,  elle attendait de lui une façon d’aimer moins vulgaire que celle dont faisaient preuve la plupart des gens. Hélas, les maux de tête dont il souffrait le freinaient.

- Je sais, tu en veux, hein ?

 Il le voyait bien. Ce n’est plus lui qui avait besoin d’elle, c’était Julie qui avait ses exigences désormais. Il le savait bien que la réalité s’imposerait à elle comme elle s’était imposée à madame Germaine. Il n’avait pas osé mais il aurait du la brusquer. Elle lui en aurait été reconnaissante. Madame Germaine était une obsession dont l’image lui apparaissait trop souvent. Aujourd’hui, cette image s’atténuait.

- J’ai mal à tête.

- Tu veux que j’appelle le médecin ?

- Je ne suis pas une femmelette.

Il posait la main sur les hanches de Julie.

Gérard avait essayé quelques fois de retourner au bureau. Il y avait renoncé. Il  paraissait absent. Il maigrissait. Il devenait de plus en plus dépressif mais avait refusé que la secrétaire n lui en parle. Il semblait résigné.

- Mon père ressentait les mêmes symptômes.

Lorsqu’il ne venait pas au bureau, et que Pierre le voyait chez lui, il arrivait qu’il soit au lit. Julie, du doigt, montrait l’étage et se serrait contre lui en se dirigeant vers l’escalier. Il ne la comprenait pas. Il avait craint que la maladie de Gérard ne l’ait apitoyée. Il lui saisi les hanches en montant.

Il entendit Pierre qui  criait :

- C’est Pierre ?

Pierre tremblait de désir. Il ne savait pas ce qui exacerbait le plus ses frustrations. Toucher le corps de Julie en montant l’escalier ou lui serrer la main lorsque Gérard le recevait au salon ?

Trois mois environ avant la mort de Gérard il avait eu une conversation avec son père.

- Comment va Gérard Leroy ? Il est malade, dit-on. Et Julie ?

C’est le docteur Meurisse qui soignait Gérard. Le docteur Meurisse avait prescrit des médicaments que Julie lui donnait régulièrement. Il avait dit à René que la santé de Gérard était fragile comme l’avait été celle de monsieur Leroy père. A eux, il pouvait le dire. Il ajoutait :

- C’est la vie !

Il disait aussi qu’il admirait le dévouement de Pierre envers son patron.

- Il y va tous les jours, m’a-t-on dit.

C’était un médecin soucieux de la santé physique mais surtout de la santé mentale de ses patients. Il était loin le temps où jeune médecin, il pratiquait un combat acharné contre la maladie. Leur champ de bataille, à la maladie et à lui, c’était le malade. Quand le combat avait été trop violent, le malade n’en sortait jamais indemne. Depuis, il pensait davantage au bien-être de ses patients qu’aux victoires remportées contre la maladie. Il disait en riant :

- Un peu plus tôt, un peu plus tard…L’homme n’est immortel que jusqu’au dernier de ses jours.

- Bien sûr, je reste fidèle à mon serment. Le serment d’Hippocrate. Ou d’hypocrite.

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des amours de province. 5

 

                                      5

 

Le chemin, Pierre l’aurait parcouru les yeux fermés. De nombreuses fois, il avait sonné à la porte pour rencontrer Gérard à une époque où déjà malade celui-ci venait de plus en plus rarement au bureau. Il était dépressif comme l’était son père, disait-il. Assis dans un fauteuil, il l’écoutait Pierre lui détailler ses activités.

- C’est bien, c’est bien.

C’est dans le hall, avant qu’il ne quitte la maison que Julie se serrait contre lui pour l’embrasser, son ventre contre le sien. La proximité de Gérard l’effrayait mais l’excitait tout à la fois. Un jour Pierre et elle étaient amants depuis trois mois, c’est dans le coin reculé d’une église qu’elle se fit caresser.  Rarement, elle n’avait joui autant. Le plaisir des caresses tient beaucoup à l’imagination des amants.

Deux ans auparavant, Gérard avait demandé à Pierre d’accompagner Julie à Francfort à l’occasion d’une foire alimentaire. Elle devait y rencontrer un fournisseur. Ce devait être le déplacement d’une journée mais le soir, elle lui avait téléphoné pour lui dire qu’ils ne rentreraient que le lendemain. Les échantillons ne seraient  pas prêts le jour même.

- Il y a eu un retard. Il a promis que demain…

Gérard s’était énervé.

- Ce n’est pas possible…Les allemands sont des gens sérieux.

Il avait raccroché brutalement.

Il n’y avait plus aucune chambre de libre à l’hôtel Intercontinental.

- Il faut retenir comme la plupart des visiteurs de la foire. Aujourd’hui pour l’année prochaine.

Le concierge était désolé. Il téléphona à la réception d’un hôtel situé près de l’autoroute à vingt kilomètres de Francfort.

- Vous avez de la chance, il reste une chambre.

Julie était décontenancée.

- Ne vous en faites pas, Julie. Je trouverai une chambre. Il suffit d’un bon pourboire. Au pis des cas, je dormirai dans la salle de bain.

- Je vous retiens une chambre pour l’année prochaine ?

 Elle regarda Pierre. Il voyait qu’elle hésitait.

- Il est plus facile d’annuler. Retenez-en deux.

Le lendemain après-midi, ils étaient rentrés. Ils étaient partis dès le matin après avoir reçus les échantillons attendus. Gérard les attendait derrière la porte de la maison, il était blême.

Ivre de jalousie, il avait passé une nuit épouvantable. Sa première réaction après le coup de téléphone de Julie avait été de téléphoner à son fournisseur. Il n’avait pas osé le faire. Si Julie n’avait pas menti ? Que le fournisseur, le lendemain, lui dise que son mari avait téléphoné ? Il avait rarement souffert autant de sa migraine. A un certain moment de la nuit, il avait pleuré comme il n’avait plus pleuré depuis son enfance.

Pourvu, avait-il pensé, qu’il n s’en serve pas, de la putain. Durant la nuit, il n’avait pensé qu’à Julie assise sur le corps de Pierre. Il projetait sur Pierre l’attitude qu’il imaginait tenir lui-même, Julie nue dans son lit. Il ne s’était endormi  qu’aux premières lueurs du jour

Au bout d’un moment, il s’était repris. Il retint Pierre à dîner. Il voulait des détails.

- Le moindre d’entre eux a de l’importance. Vous ne connaissez pas les allemands, Pierre.

Le repas fut rapide. Il n’avait cessé de les regarder et s’était efforcé de deviner leurs pensées. Il souriait en hochant la tête.

Depuis, Pierre et lui étaient devenus des amis ou faisaient semblant de l’être. Pierre continua de le vouvoyer mais il l’appelait Gérard, et Gérard disait Pierre. Julie, Pierre désormais l’appela Julie. Jusque là, au bureau, il avait dit madame Julie lorsqu’il s’adressait à elle.

Lorsque Gérard le retenait à dîner, c’était pour montrer son amitié à quelqu’un qui n’était que son employé, disait-il à Julie. En réalité, il les surveillait, il était persuadé qu’ils étaient amants, et qu’ils se livraient à des attouchements qui étaient le cauchemar de ses nuits. Malade de jalousie, il avait pensé à le renvoyer. Mais sous quel prétexte ? Renvoyer le fils du président Halloy !

C’était devenu une véritable fixation. Gérard se voulait le maître de Julie. En réalité, il n’avait jamais eu conscience des charmes réels de son épouse. Jamais il n’avait eu un geste qui aurait pu passer pour une caresse. La main qu’on tend vers le visage, une certaine façon de prendre le bras. Ou le baiser qu’on échange pour dire au-revoir. Mais le mariage en avait fait sa propriété.

Des rapports physiques entre Julie et lui, il n’y en avait eu que rarement. Ils avaient toujours été désastreux. Il manquait d’audace, pensait-il. Il avait trop de respect pour les femmes. Il fallait les prendre pour ce qu’elles étaient : des putains qui ne pensent qu’au sexe.

Un jour, c’était encore au temps de son père, il avait dix-sept ans, il était resté seul avec madame Belain, qu’il appelait madame Germaine. Elle avait le dos tourné. Il lui empoigna les fesses en disant :

- Tu en veux, hein ?

Elle s’était écartée brusquement. Il était resté pétrifié. Puis, elle s’était assise à son bureau et avait ouvert un livre de comptes. Plus jamais, il ne s’était passé quelque chose mais il s’était mis à la haïr.

- Un jour, je lui mettrai le pied au cul.

Lorsque monsieur Leroy père, en mourant, lui eut laissé les clés de l’entreprise et l’autorité qu’il exerçait sur le personnel, peut-être même qu’il se payait madame Germaine de temps en temps, Gérard avait  pris la décision de la renvoyer avec mépris. Mais elle connaissait tant de choses que c’eut été une bêtise.

Cependant pour marquer la différence, il cessa de l’appeler : madame Germaine. Il dit : Germaine, et à voir la politesse dont elle faisait preuve, il avait compris qu’elle savait que les rapports, les rapports de force, s’étaient modifiés du tout au tout. Si elle voulait continuer de toucher son salaire, elle devrait apprendre à obéir. Il était le chef. Et le propriétaire de Julie.

Julie venait régulièrement au bureau. Elle aidait madame Belain, inspectait l’entrepôt ou répondait à des appels téléphoniques. Tous les mois cependant, elle accompagnait Pierre pour visiter un client important.

L’idée en était venue à Gérard qui la lui avait suggérée.

- Tu comprends, les clients doivent savoir que Pierre n’est qu’un employé, un  employé important mais rien qu’un employé.

C’était la raison pour laquelle Julie l’accompagnait. La patronne c’était elle parce qu’elle était la femme du patron.

Pierre passait prendre Julie chez elle, Gérard était déjà parti au bureau, et ils prenaient la voiture de Pierre, un cabriolet dont on pouvait relever la capote en été. La voiture type du célibataire. Un coup d’accélérateur les projetait vers l’arrière et Julie se mettait à rire.

- Vous roulez comme un fou, Pierre. Vous n’êtes pas seul.

Il avait recommencé quelques fois puis s’était rendu compte que c’était une attitude puérile.

- Je suis bête, non ?

Julie se sentait bien à ses côtés.  Il avait des réactions d’adolescent attardé mais ces réactions la détendaient. Elle en oubliait le visage austère de son mari. Elle se reprochait d’ailleurs de penser que Pierre aurait pu être son mari si leurs destins s’étaient croisés différemment mais elle y pensait souvent.

A midi, ils déjeunaient dans la ville où ils se trouvaient après avoir rendu visite à un client important. Dans la mesure du possible, ils choisissaient un restaurant à l’aspect ancien, aux tables éloignées les unes des autres et parfois séparées par une paroi. Ils y étaient plus à l’aise.

Julie l’interrogeait comme l’aurait fait une sœur ainée. Au sujet de sa vie hors du bureau. Sur ce qu’il faisait de ses soirées. Après un ou deux verres de vin, la conversation déviait. Elle essayait de se rendre complice de ses aventures féminines en lui demandant des noms. Elle disait qu’elle espérait acquérir grâce à lui de l’expérience.

- Est-ce qu’un homme peut conquérir une femme seulement avec des mots ? Sans avoir de personnalité ? Uniquement avec des mots ou des gestes ?

- Des gestes ?

- Vous êtes irritant, Pierre. Pas les gestes auxquels vous pensez.

- Dites-moi, Julie. N’est-ce pas vous qui êtes en train d’y penser ? 

Ils parlaient d’une voix légère de situations qui l’étaient moins. Julie en avait conscience davantage que lui. C’est l’heure qui les contraignait à cesser. Elle avait chaud. Lorsque le temps était beau, elle lui demandait de rabattre la capote. Au retour, elle posait la tête en arrière comme si elle somnolait et poussait les jambes en avant, la jupe remontée. Il lui arrivait d’imaginer que Pierre arrêtait la voiture sur un parking et, en se penchant sur elle, il posait la main sur son ventre.

Ce qui au début apparaissait comme une marque de méfiance était devenu l’agrément d’une journée attendue.

Julie songeait à ses rapports amoureux avec Gérard. L’inconsistance de leur nuit de noce. Le ratage des autres nuits. Celui qui était son mari, le propriétaire de son corps, dormait dans la chambre qui se trouvait à droite de l’escalier, au bout du couloir. Celle qu’ils nommaient la grande chambre, la chambre du père de Gérard. Julie dormait à l’autre extrémité du couloir dans celle qui avait été celle de Gérard adolescent. Lorsque Gérard se sentait sexuellement en appétit, il s’y aidait dans sa chambre en improvisant des scènes érotiques, elle l’entendait crier de la sienne. Il venait et poussait la porte en disant, c’étaient toujours les mêmes mots :   

- Tu en veux, hein ?

Puis il perdait ses moyens d’un seul coup, et il gémissait pendant qu’elle s’efforçait de le ranimer. Lorsqu’il quittait la chambre, elle continuait de se caresser.

L’année suivante, à l’époque de la foire de Francfort, c’est ensemble qu’ils étaient partis. Gérard avait insisté.

- Ne revenez que le lendemain, c’est plus prudent. Tout n’est  pas important. Mais quand on est trop pressé, on risque de manquer quelque chose qui peut le devenir.

- Tu es certain que tu ne veux pas y aller à ma place ?

- Non, Julie. Tu fais ça très bien. Et pour le reste, je fais confiance à Pierre.

Il y avait dans sa voix une pointe d’amertume.

Il n’avait jamais aimé la Foire qu’il avait visitée avec son père. Ses pieds l’y avaient torturé. C’est l’électricité statique des tapis, avait dit monsieur Leroy. L’odeur de choucroute, un jour, entre deux halls, l’avait fait vomir sous le regard de visiteurs qui s’étaient écartés en riant.

Autant l’année précédente ils avaient bavardé durant tout le trajet, autant aujourd’hui, alors que leurs liens s’étaient resserrés, le voyage leur parut long. Julie était vêtue d’un chemisier léger et d’un pantalon en coton  comme c’était la mode. Pierre regardait fixement devant lui mais il avait conscience qu’il n’aurait qu’à tendre la main pour la poser sur la cuisse de Julie.

Après la foire, Ils se promenèrent avant de se rendre à l’hôtel. Le temps était doux. Ils étaient fatigués d’avoir déambulé dans les allées si bien que par inadvertance, il arrivait que leurs corps se frôlent en marchant. La première fois, Pierre avait dit pardon, excusez-moi Julie.

Durant le repas, ils avaient bu une bouteille de vin toute entière. Elle en avait eu envie autant que lui. Puis ils étaient montés se coucher. Pierre l’accompagna jusqu’à la porte de sa chambre, et ils entrèrent ensemble.

Durant le trajet du retour, elle posa la tête sur l’épaule de Pierre et la main sur sa jambe. Ils arrivèrent à la fin de la journée.

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des amours de province Suite n° 4

4

 

René, dès  que Pierre eut reçu son diplôme, le fit engager en tant que secrétaire dans une entreprise qui faisait le négoce de produits alimentaires. Il l’avait répété au président Halloy.

-Ce n’est pas une carrière mais ce sont ses premiers pas dans une vie active.

 C’est alors, vraisemblablement, que tout avait commencé.

Le patron de l’entreprise, Gérard Leroy, le mari de Julie, n’avait que quelques années de plus que Pierre. Il dirigeait l’entreprise parce que son père, veuf, était mort depuis deux mois. Du jour au lendemain, il avait hérité d’une entreprise d’aspect modeste mais très profitable. La proposition de René Daumier lui agréa immédiatement après quelques hésitations de pure forme.

La formation commerciale de Pierre pour théorique qu’elle était, lui était d’autant plus utile que Gérard Leroy était un homme maladivement timide. Ses rapports avec la clientèle, des épiciers, des dirigeants de cantine, des responsables des achats de la ville, et de firmes concurrentes qu’il approvisionnait en produits dont il avait l’exclusivité, mettaient ses nerfs à rude épreuve. Quant à inviter les plus influents d’entre eux à diner, comme c’était la coutume, c’était tout à fait exclu. Une migraine soudaine le saisissait, et il devait aller se coucher.

Gérard était un homme maigre, presque fluet, blond, les yeux bleus, que son père avait marié pour l’installer dans la vie et pour avoir un petit fils. Il lui avait choisi la fille unique d’un imprimeur. Celui qui fournissait les étiquettes de ses pots de cornichons au vinaigre, une spécialité des Etablissements Leroy.

Malgré lui, il l’avait installé très tôt en mourant avant l’âge, terrassé par un infarctus. Au moment de mourir, la tête sur son bureau, les yeux ouverts, à la surprise de madame Germaine, sa secrétaire, il avait eu le temps de dire :

- Nom de dieu !  

Monsieur Leroy était un catholique affirmé qui allait à la messe tous les dimanches. 

Son premier vœu avait été exhaussé, Gérard avait hérité de l’entreprise. Son second vœu, son petit fils, le père de Gérard n’aurait jamais pu le voir réalisé : son fils était incapable de procréer.

En revanche, il avait connu Julie, la mère présumée du petit fils à venir, la fille de l’imprimeur. Une jolie fille, elle avait vingt ans à peine, qu’il aurait bien épousée lui-même.

Quant à Julie, même si elle devinait que les visites de monsieur Leroy avaient un caractère qui n’était pas uniquement commercial, elle faisait semblant d’en être ravie.

Julie voulait se marier pour quitter le domicile familial et ne plus affronter les remarques de sa mère lorsqu’elle choisissait un pull trop moulant ou lorsque son lit n’était pas correctement fait. Pour beaucoup de filles ce sont des motifs suffisants pour se marier. L’amour, ou ce qui en tient lieu, suit généralement.

Le père Leroy était fortuné, son fils et son épouse le seraient à sa mort, les parents de Julie avaient dit oui sans hésiter lorsque monsieur Leroy les avait interrogés.

- Vous croyez, monsieur Leroy ?

C’était leur façon de dire : oui.

Julie était belle. Les hanches un peu trop rondes peut être. Mais les hommes, jeunes ou moins jeunes, les appréciaient du regard. Elle au contraire, durant de nombreuses années, avait marché droite et presque raide, les cuisses serrées, pour empêcher ce balancement des fesses qui, elle le voyait, suscitait l’attention. Sa poitrine par contre était celle des filles androgynes. Des seins petits, hauts placés, qu’on devinait durs.

Monsieur Leroy lorsqu’il se rendait chez l’imprimeur pour parler d’étiquetage, il s’y rendait souvent, prenait le café en compagnie de l’imprimeur, de son épouse et de leur fille. Il lui arrivait de la regarder avec des sentiments peu avouables pour un futur beau-père.

Il est vrai qu’il était devenu veuf alors qu’il était encore animé des pulsions propres à tout homme normalement constitué. C’est ce qui expliquait les regards qu’il jetait sur la plupart des jeunes femmes et alors même que depuis son veuvage, il se rendait tous les vendredis dans une de ces maisons qui sont nombreuses sur la grand-route. Bien sûr, il regrettait sa femme. Hélas, elle éteignait la lumière de la chambre à coucher avant de se mettre au lit. Ce souvenir avait persisté longtemps.

Personne n’est maître de son destin ; disait-il. Encore moins de celui des autres.

Le mariage avait eu lieu dans un restaurant du centre qui avait été réservé aux seuls invités. Le soir, les jeunes époux avaient passé leur nuit de noces dans la chambre que Gérard avait occupée chez son père. L’appartement que les parents leur avaient destiné sentait encore la peinture.

- Ce n’est pas grave. Il ne s’agit que d’une seule nuit.

- Vous croyez ?

- Ils partent en voyage de noces dès demain matin.

Monsieur Leroy avait vu les choses trop naïvement. Le restant de la nuit non plus n’avait pas été très réussi. Julie, immobile, s’attendait à des transports identiques à ceux qu’elle imaginait dans son lit de jeune fille. Gérard était trop ivre et avait peur de brusquer la jeune femme étendue à ses côtés. Tandis qu’elle rêvait les yeux au plafond, il s’était tourné sur le côté, et s’était endormi. Il ronflait assez fort, l’effet de l’alcool sans doute. Elle s’était glissée à l’extrémité du lit.

 

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administrateur partenariats

Voir l'art abstrait

"Il faut voir la peinture abstraite comme on écoute la musique, sentir l'intériorité émotionelle de l'oeuvre sans lui chercher une identification avec une représentation figurative quelconque.
Ce qui est important, ce n'est donc pas de voir l'abstrait, c'est de le sentir"
 de "Gérard Schneider"
Merci à Maria Teresa Bertina de m'avoir fait découvrir cette belle maxime !

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Devoir de mémoire 5: Les poètes belges (O à R )

Oppitz (René C.): "Chuchotements". Le Lionceau, Bruxelles, 48 p. 1924
Oppitz (René C.): "Fétus et hautes ondes". La Vache rose, Bruxelles, 31 p. 1925
Oppitz (René C.): "Visions des jours heureux". Aurore, Bruxelles, 31 p. 1923
Oriol (Jacques): "Dédicaces". Louis Musin, Bruxelles. 1984
Oriol (Jacques): "Demi-deuil". Amay. 1989
Oriol (Jacques): "Douze chants pour renouer les liens d'amour en floréal". Paris. 1989
Oriol (Jacques): "L'an prochain à Valparaiso". Bruxelles. 1986
Oriol (Jacques): "L'un, le multiple et le tout". Louis Musin, Bruxelles. 1985
Oriol (Jacques): "Midi, déjà minuit". Louis Musin, Bruxelles. 1985
Oriol (Jacques): "Nous ferons se lever une clarté très haute". Louis Musin, Bruxelles. 1985
Oriol (Jacques): "Poète aujourd'hui, comment dire?". Amay. 1989
Oriol (Jacques): "Quarantaine". Louis Musin, Bruxelles. 1983
Oriol (Jacques): "Voyage". Chez l'auteur. 1986
Pacque (Jeanine): "Le symbolisme belge". Labor, Bruxelles. 1989
Palange (Jacques): "A cloche siècle". Memory Press, Erezée. 1999
Palange (Jacques): "Cri". Bourdeaux-Capelle, Dinant. 1968
Palange (Jacques): "Empreinte". 1967
Palange (Jacques): "Mosaïque". Gueux, Sugny. 1977
Palange (Jacques): "Présent défini". Namur. 1966
Palange (Jacques): "Tu es en moi". Bourdeaux-Capelle, Dinant. 1969
Palgen (Paul): "Guanabara. La baie aux trois cent soixante îles". Les Cahiers du Sud, 1933
Palgen (Paul): "La route royale". V. Brück, Luxembourg, 93 p. 1917
Palgen (Paul): "Les seuils noirs de la guerre. Poèmes de la guerre 1914-1917". G. Soupert, 1918
Palgen (Paul): "Oratorio pour la mort d'un poète". P. Seghers, Paris, 71 p. 1957
Palgen (Paul): "Petits poèmes d'amour". G. Soupert, Luxembourg, 93 p. 1918
Palgen (Paul): "Poèmes en prose et en vers. 1949-1951". Les Ecrivains réunis, Lyon, 94 p. 1952
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Pansaers (Clément): "Bar Nicanor, avec un portrait de Crotte de Bique et de Couillandouille 1921
Pansaers (Clément): "L'apologie de la paresse". Ca Ira, Anvers. 1921
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Paridans (Catherine): "Le monde sera beau". Les Elytres du hanneton 237: 28-29. 2003 02
Paridans (Catherine): "Vienne le temps". Les Elytres du hanneton 238: 26-28. 2003 03
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Patar (Benoît): "A l'occasion des choses". Préambule, Québec. 1980
Patar (Benoît): "Le cœur et la croix". Préambule, Québec. 1985
Patar (Benoît): "Papiers spirituels". Préambule, Québec. 1981
Patar (Benoît): "Petit livre des balivernes et des doigts de papier". Préambule, Québec. 1989
Patar (Benoît): "Rosa mystica". Préambule, Québec. 1984
Patar (Benoît): "Trois poèmes d'amour". Préambule, Québec. 1983
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Daniel De ThuinEnfant du pays noir, contrée qui l’influence en permanence dans son œuvre, Daniel De Thuin a depuis toujours baigné dans l’Art au sens le plus noble du terme. Jeune élève du peintre paysagiste Max-Ernest Clart, il parfait sa formation artistique à l’Académie de Charleroi sous l’égide du peintre dessinateur André Goessens et du sculpteur Gérard Wart.Ses premières sources d’inspiration - à moins qu’il ne faille parler d’admiration ! - Mondrian certainement, Kandinsky probablement, ont sensiblement imprégné la rigueur de l’approche géométrique de sa peinture.Pendant près de 15 ans ses splendides monochromes de gris, magnifiquement texturés, ont réussi à colorer l’obscurité la plus profonde d’une poésie sensuelle. On y découvre la personnalité résolument positive de l’auteur où le calcul fait place à la liberté.Aujourd’hui, si le sujet est toujours estompé, sa palette projette des éclats lumineux de grains de matière. Une alchimie lyrique explose dans ses toiles pour éveiller l’harmonie qui sommeille dans l’esprit humain.

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