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✔Vi✔va! ✔Vi✔valdi! Création au Théâtre Jean✔Vilar, du 7 -11 novembre 2017

…Et on murmure dans mon dos que ma musique est vieille !

 

✔ Laudamus te… 

Joie, ravissement, bonheur théâtral et musical complets devant cette production de one-man-opera, flanquée de deux anges, musiciennes passionnées : Les chanteuses lyriques Julia Szproch, soprano et Sarah Théry, mezzo, deux figures en robes blanches incarnant émotion,  pureté et source de vie. Il faut dire que  le comédien de cet opéra parlé en 11 tableaux est de taille à endosser l’Antonio Vivaldi  hors d’âge  décrit avec immense saveur,  par Vincent Engel dans son roman Alma Viva (Ker edition 2017) qui retrace le récit des derniers mois de la vie du compositeur.  Viva Alma  Viva !

 ✔ Pietro Pizzutti a le charme natif de l’italien, l’agilité bourdonnante de pilleur de jeunes filles en fleurs, le charme du rêveur ...pas toujours solitaire, et les irrésistibles intonations du Don Juan pourfendeur des hypocrisies patriciennes et de la boue toxique des foules  mortifères. Les colères misanthropes du Maître de violon au Pio Ospedale della Pietà éclatent avec vigueur, sa verve poétique pour la lagune de Venise attache, son credo « je prie, j’aime et je crée » remplit d’ivresse!

Difficile de faire la part du livre et celle  du diseur de mots dont les postures, les pitreries et les révélations enchantent. Merci l’Artiste! Fervent défenseur de Dieu mais pas des bondieuseries, gonflé de respect pour son père et refusant de l’enfermer dans un Requiem, amoureux de ses origines simples - du barbier au violoniste - il conspue le clavecin aristocratique et  pourfend l’ostentation des pharisiens de tout poil.

« Mon masque à moi est tissé de notes et j’aime la vie car j’adore Dieu qui nous a offert la vie ! » Etre musicien c’est être au plus près de Dieu … et de ses anges! Il mêle l’azur des musiques naissantes aux caresses érotiques et à l’esprit de Dieu ! Dominus vobiscum…Et cum spiritu tuo ! Le texte vous embarque loin de la vieillesse, au plus près de l’amour. De quoi frissonner. « Le gondolier pousse sa barque d’un coup d’archet virtuose propre à enflammer la lagune… »Tout est dit, le reste est variations sur le thème enivrant de la célébration de la vie. Les messes, les mots, les titres, les programmes frelatent la vérité de la musique. «Je ne me moque pas du monde c’est le  monde qui se moque de la musique. »

 

    Il faut saluer bien sûr la parfaite mise en scène de  Gabriel Alloing.  L’écrin dans lequel se joue cette brillante péroraison sur l’amour de la vie est un superbe triptyque de silhouettes de la ville sur lequel  apparaît à tour de rôle  la salle du conseil des « governatori » de la Pietà à qui s’adresse Vivaldi, un florilège de peintures de très saintes femmes, le bruissement de l’eau du canal à l’aube des sentiments, et le gondolier rêveur qui mène sa barque à travers les sublimes musiques. 

 

Benedicimus te !

 

In Musica veritas! L’ensemble baroque des Muffatti - I migliori vini dolci italiani - divisé en diptyque, à gauche et à droite de la scène ravit par  la  sonorité des timbres  délicats, la polychromie, la grâce, la  théâtralité du geste musical qui brode fidèlement  le texte mais sans emphase. On perçoit au contraire une réelle empathie avec le comédien et cela crée une sorte de dialogue parfait. N’est ce pas cela, ce que veut dire «concertare»? Dialoguer.

 

✔Glorificamus te !

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http://www.atjv.be/Viva

  

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Commentaire de Deashelle le 10 novembre 2017 à 17:09
"Viva!" 
 
Un spectacle mis en scène par Gabriel Alloing, sur un texte de Vincent Engel, interprété par Pietro Pizzuti avec l'ensemble baroque Les Muffati 
et les chanteuses lyriques 
Julia Szproch et Sarah Théry.
 
Théâtre Jean Vilar
Louvain La Neuve
Du 7 au 11 novembre 2017

© Illustration Ben Cuvelier 

 
Les spectateurs qui ré-écouteront, comme je le fais,  le CD du spectacle "Viva" retrouveront une part des émotions dont le spectacle les a enveloppés lors de la première représentation. Leur reviendront en mémoire la magie du spectacle vivant, l'interprétation inouïe de sensibilité, de tendresse, de violence, de rage que Pietro Pizzuti leur a donné au cours d'une heure et demie de monologue. Surgira l'émotion soutenue tout au long de celui-ci par la scénographie imaginée par Gabriel Alloing, des premières mesures qui apparaissent sur les façades des palais vénitiens, aux tremblements des eaux de la lagune, aux corps sensuels des jeunes élèves du maestro, aux masques menaçants qui se projettent comme autant d'images mentales des épisodes qu'évoque le texte de Vincent Engel. Emotions multi sensorielles que celles qui nous gagnent lorsque nous entendons  les voix de la soprano Julia Szproch et de la mezzo-soprano Sarah Thery, toutes deux en résidence à la Chapelle Reine Elisabeth, chanter des fragments de l'opéra Orlando Furioso, ou le "Cum dederit" qui accompagne l'exil désespéré de Vivaldi à Vienne, où il mourra dans le regret d'avoir quitté Venise. Dans ce dernier tableau, Vivaldi exprime un ultime sursaut de la hargne hostile qui le confronte, une ultime fois, lui le fils de barbier, à Benedetto Marcello, le notable qui se targue d'être aussi musicien. Le "prêtre roux" sait qu'il a perdu le combat, il agonise dans l'hiver hostile de Vienne ("Venise, où es-tu? Pourquoi m'as-tu laissé partir...,") en s'interrogeant sur la postérité, mais, surtout, en convoquant une dernière fois "les sourires des femmes, des ciels tendus sur la lagune", dans un dernier sursaut "pour mes funérailles, il suffira du plus joyeux de mes concertos de chambre. celui que je n'ai pas encore composé. Je veux encore entendre vibrer les cordes de mes anges (...), des sourires, des ciels, l'écho de certaines musiques. Des rires d'enfant...". L'épilogue  est porté par la voix de Sarah Thery qui exprime dans cet extrait du Nisi Dominus une profondeur d'expression bouleversante, démontrant une  sensibilité dont l'éventail s'ouvre sur chacune des nuances de la musique.
L'évocation de la vie de Vivaldi s'ouvrait sur le jeune homme joyeux composant une musique qu'il développait sous nos yeux, se poursuit sur le confrontation avec les administrateurs de l'hospice Pio Ospedale della Pieta, où le le prêtre enseigne la musique aux jeunes filles orphelines qui y sont hébergées. Vivaldi est convoqué pour renouveler sa charge de maître de musique. Devant l'auditoire hostile, il défend son art, sa liberté de compositeur, sa disponibilité à toute épreuve, son zèle à servir, sa modernité malgré les modes nouvelles. 
Au-delà du fil narratif, le récit de Vincent Engel explore des interrogations plus vastes  dont le destin de Vivaldi est l'écho:  la puissance de la liberté et de l'authenticité de la création artistique, l'éternel affrontement de l'artiste et des contraintes, la place de l'art dans la cité, la solitude de la défaite, l'insignifiance de la postérité comparée à l'intensité de la création.
Le spectacle nous donne à vivre, avec la même justesse, la même force et la même intensité les émotions, subtilement mises en scène par Gabriel Alloing qui entrelace avec une infaillible dextérité le texte de Vincent Engel, la musique de l'ensemble baroque Les Muffati, le jeu stupéfiant de Pietro Pizzuti et le chant envoûtant de  Julia Szproch et Sarah Théry.
Il est à souhaiter que les programmeurs qui verront le spectacle à Ottignies-Louvain La Neuve (où il ne se joue que jusqu'au 11 novembre), s'empresseront de lui trouver d'autres lieux où se prolonger. Le public répondra présent. 


Jean Jauniaux, Ottignies-Louvain la Neuve le 7 novembre 2017


Les Editions Ker  publient  le roman "Alma Viva", accompagné du texte du monologue "Viva" . Un CD du spectacle,  produit par la Ferme du Biéreau est en vente au Théâtre Jean Vilar

Le monologue joué par Pietro Pizzuti, mis en scène par Gabriel Alloing, se joue du 7 au 11 novembre au Théâtre Jean Vilar à Louvain la Neuve (Belgique). Deux chanteuses lyriques, Julia Szproch et Sarah Théry (qui est en résidence à la Chapelle Reine Elisabeth), et  l’ensemble baroque Les Muffatti ponctuent les confrontations entre Vivaldi et le Conseil des Governatori, gestionnaires du  Pio Ospedale della Pietà  hospice et orphelinat de jeunes filles où le maestro enseigne la musique. 

 

Commentaire de Deashelle le 10 novembre 2017 à 17:00

Commentaire de Deashelle le 10 novembre 2017 à 16:53

Evviva! Viva! Chers amis, me revoici vibrant des mots dont Vincent Engel m'a fait cadeau dans un portrait onirique et fascinant d'un des plus grands compositeurs de tous les temps: Antonio Lucio Vivaldi. Dans une mise en scène de Gabriel Alloing, entourés des Muffatti! et des voix d'ange de Sarah Théry (mezzo) et Julia Szproch (soprano), voilà que nous recevons les honneurs médiatiques de Paris-Match, alors que Ariane Cambier, administratrice des Amis de Bordet, nous honore de sa soirée de Gala annuelle, ce 13 novembre à Wolubilis, au profit de la recherche contre le cancer. 
Nous vous attendons nombreux à l'une ou l'autre représentation (à Wolubilis ou à l'Atelier Théâtre Jean Vilar du 7 au 11/11 www.atjv.be/Viva) pour vivre avec nous cet extraordinaire voyage sur les traces d'un génie vénitien pas comme les autres.

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