Arts et Lettres

Le réseau des Arts et des Lettres en Belgique et dans la diaspora francophone

Teofan Sokerov et les mystères de la foi (Un monstre de la peinture moderne, 3/3)

Fresques de l’ancienne église patriarcale de Veliko Tarnovo (détail, 1981)

      S’il est des mystères que l’on ne saurait percer, continuons néanmoins à livrer quelques clefs.
Bien qu’animé par le sens de la narration historique, Sokerov n’est pas un peintre d’Histoire à proprement parler. Mais nécessité de la commande fut ici sa loi, sa profession de foi.
Mais ici, la Matière, œuvre du Démon, aurait-elle transgressée l’Esprit, l’œuvre de Dieu ?
L’iconostase, qui sépare la Terre du Ciel, le fervent de l’officiant, doit-elle pour autant nous priver de l’extase ?!

Damnation éternelle, le Ciel n’est jamais loin de l’Enfer
Prédelle (et de Toi mon Dieu) de la fresque « Célébration de la Ste Vierge Marie »
Entrée centrale de l’église principale du monastère de Rila.

Et faut-il pour cela brûler Sokerov ? le soumettre à l’ordalie ?


       Afin d’illustrer mon propos, je me contenterai de vous en conter un épisode oublié et spécifiquement bulgare. C’est l’histoire édifiante, triste et sanglante de l’hérésie bogomile…

      En 864, l’Etat bulgare, fondé en 681, fut converti au christianisme orthodoxe sous le règne de Boris 1er, khan puis tsar de 852 à 889, qui la déclara religion officielle*1.

Le pays prospère et connait son « siècle d’or » avec Siméon 1er le Grand, qui régna de 893 à 927, abandonne la capitale païenne de Pliska, prenant pour capitale chrétienne Veliki Presla.

Siméon 1er (864-927)
« Beach’art » au bord de la Mer Noire
(digue de Primorsko ; artiste non identifié)

Mais en 1018 la Bulgarie est conquise dans le sang par Byzance. Et connait des conflits internes autour d’une nouvelle hérésie, le bogomilisme…
       Les Bogomiles doivent leur nom au pope Bogomil, l’ami de Dieu, aux idées si bien arrêtées que, forcément, il ne pouvait rester en odeur de sainteté. Pour lui et ses disciples, pas de nuances, il y a le Bien (Dieu) et le Mal (Satan), point final, et le monde matériel tout entier est l’œuvre de Satan, point de salut. Plus dualiste tu meurs.
Ils prescrivaient l’ascèse totale et rejetaient la hiérarchie ecclésiastique officielle et son rituel. Ils connurent un certain écho. Voilà même que ces idées se répandirent comme oint béni sur un bas clergé prêchant contre l’autorité, les riches et les puissants. Et c’est là que le bât blessait. Mauvais Bougres (du bas latin Bulgarus, Bulgares !) pour l’autorité civile, sectaires et hérétiques pour l’autorité religieuse. Tant et si bien qu’en 1118, le prédicateur Vasili finit sur le bûcher, les traités du culte détruits, les derniers adeptes expulsés après le concile de Tarnovo en 1211.

Ils essaimèrent. On les retrouva en Bosnie, où ils adoptèrent la religion musulmane, en Italie, avec les Patarins, dans le sud de la France, chez les Albigeois, autour de Bugarach, sur le sentier cathare… Ils s’y fondirent, subirent de nouvelles persécutions, mis au ban, puis disparurent.
Et on les oublia.

Trêve de vaine casuistique, de querelles byzantines !
Le souffle de l’Histoire ne s’accorde pas toujours bien avec le rigorisme religieux. Si des mystères demeurent, point de sacrements*2.

      L’œuvre de Sokerov n’est pas un brûlot (et j’en connais de ces « brûlots », brandis par certains clowns, qui ne sont pas même des escarbilles), la controverse purement théologique, et ne requière pas la restauration d’un tribunal de la Sainte Inquisition. Elle est profondément ancrée dans l’histoire tourmentée de son pays, éclairante et tournée vers son avenir européen.

Une Europe que l’on souhaite libre, fraternelle et pacifiée. L’art, quel qu’il soit, devant y contribuer et animer la réflexion historique, ouvrant la voie du progrès. Et ces fresques sont un peu pour Sokerov et la Bulgarie ce que fut La liberté guidant le peuple pour Delacroix et la patrie, une allégorie.

" L’homme porte dans son âme des sentiments innés qui ne seront jamais satisfaits par les objets réels, et c’est à de tels sentiments que l’imagination du poète et du peintre donnera forme et vie."
                                                                                 Eugène Delacroix (1798-1863)

Une égérie dépoitraillée que l’on jugea de mauvais goût, pire, subversive, devenue une icône, un manifeste, un drapeau national sur les tours de Notre-Dame.
Osons, et poussons le parallèle un peu plus loin.
      Pour sa Liberté, avec « Cette tête sans caractère, ce corps à demi nu, ce sein déformé, dont les carnations sont flétries, ]qui[ ne répondent certainement ni à la pensée du peintre ni à l’idée que nous avons de la liberté noble et généreuse qui a triomphée le 28 juillet » selon le Moniteur universel après son accrochage au salon de 1830, Delacroix s’est inspiré du modèle grec. La Grèce libérée de l’occupant turc la même année. Il faut dire que l’émotion suscitée en Europe fut forte après le massacre de Chios de 1822 (cf. un autre tableau célèbre, Les massacres de Scio de 1824, du peintre). Et grande la soif d’indépendance. Ainsi la Bulgarie sera délivrée du joug ottoman en 1878.

« Au sein de l’Europe renaissait un peuple fameux. »
                                                                                        Guerrier de Dumast, 1822

Il suffit parfois d’artistes de cette détrempe-là ! Des artistes capables d’une vision, pas de produire de simples vues ou de fumeuses installations et autres performances, de fulminer une bulle !

« La peinture n’est pas faite pour décorer les appartements.
C’est un instrument de guerre offensive et défensive contre l’ennemi. »
                                                                                       Pablo Picasso (1881-1973)

Porteuse de lumière, gardienne de la démocratie.
      Toutefois, à la fin des années soixante-dix, la République populaire de Bulgarie est toujours tenue d’une main de fer par le vieux président Todor Živkov. Mais sa fille Ludmila, indépendante, ouverte, mystique et peu appréciée du grand frère soviétique, lève un vent de libéralisation dans le monde culturel dont elle devint la grande prêtresse. Elle meurt, assez mystérieusement, à trente-neuf ans. Le parapluie s’est refermé.


« L’étymologie même de la notion de culture est un hommage à la lumière, ]…[ qui fait avancer la nature et l’homme vers les marches de l’évolution. »,
                                                                                   Ludmila Živkova (1942-1981)


      Dans ce contexte, on remarquera dans la peinture de Sokerov, cette ambiguïté et ce savant mélange, réalisme socialiste, douceur et tradition des icônes, modulations plastiques, traitement en grisaille et larges aplats pour les épisodes dramatiques… Son chromatisme s’accorde aux méandres de l’Histoire. Il adopte tous les styles pour mieux les interpréter, tout en gardant sa personnalité, son modernisme. Sa palette semble embrasser tous les styles et toutes les époques pour mieux les traverser, les transcender.

Sortir du cadre, voir au-delà…
(Sculpture érigée en hommage à Tsanko Lavrenov, peintre bulgare, Plovdiv)

Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l’horizon
Et le futur est son royaume.
                                                                                            Jean Ferrat (1930-2010)

      Quant à Sokerov, sans angélisme ni iconoclastie, sans même un repentir, il poursuit, en quête d’équilibre, rythme et beauté.

« Un ordre est harmonieux qui ne laisse rien au hasard »
                                                                                   Thomas d’Aquin (1225-1274)

Mais si on pense le mettre à l’Index, on se fourre le doigt dans l’œil.
      D’un coup, j’y songe… Peut-être eût-il fallu, pour trancher ce nœud gordien qui nous préoccupe depuis le début, un nouveau Daniele Ricciarelli da Volterra …?

En l’an 1564, quelques vingt ans après sa réalisation et à la veille du décès du divin Buonarroti, cet ancien collaborateur de Michel-Ange - et quand on sait qu’il fut l’élève de Sodoma - jeta, à la demande de la congrégation du concile de Trente, un voile pudique sur les parties honteuses du Jugement dernier de la Chapelle Sixtine. Pour sa peine et ses repeints il y gagna le sobriquet d’Il Braghettone, « le Culottier » ! Convenez que pour sa renommée, les trompettes sont depuis bien mal embouchées.

Alors, profane, Teofan n’en a cure.


« Oh sort inique, si le temps doit corrompre et détruire aussi ceci ! »
                                     Le Titien (ca 1490-1576), à propos du Jugement dernier.

      Pourtant, je vous le dis, Le chemin assuré de paradis passe par la renonciation de la volonté à regarder les femmes, comme l’écrivait en 1627 le capucin Alexis de Salo avec l’approbation de son supérieur Vincent de Caravage. Car, précise-t-il dans son chapitre, « L’appétit du plaisir qui est en la chair (dit le grand Saint Basile) sort comme d’une source, se dilate par tous les sens et touche les yeux comme avec certaines mains incorporelles tout ce qui est à son gré ; et ce qu’il ne peut des mains, il l’embrasse des yeux. »
Concomitamment, Jean Polman, chanoine théologal de Cambrai, on est plus à une bêtise près, surenchérit dans Le chancre ou le couvre-sein féminin, dont j’extraie ce dantesque et haletant morceau d’anthologie :
« Les mondains, les charnels, les enfants de Babylone dardent des regards lascifs vers le blanc de cette poitrine ouverte ; ils lancent des pensées charnelles entre ces deux mottes de chair ; ils logent des désirs vilains dans le creux de ce sein nu ; ils attachent leur convoitise à ces tertres bessons ; ils font reposer leur concupiscence dans ce lit et repaire des mamelles et y commettent des paillardises intérieures. »


Quelle peinture de mœurs ! Frères, serait-on dans le vestibule de l’enfer ?
Par Sainte Agathe*3, dire que je n’invente rien !

Pauvres prêcheurs… Charité, vertu théologale d’amour, figurée dans l’art par toutes les Maria Lactans et autres Galaktotrophousa*4, ne passera pas par ces prélats-là.

D’ailleurs, afin de mieux expier, je laisse le mot de la fin à l’inénarrable abbé Jacques Boileau (1635-1716) qui nous purge en égrenant son chapelet :
« Les femmes ]…[ par la nudité honteuse de leur gorge, de leurs bras, de leurs épaules ]…[ font ainsi triompher le démon dans les lieux mêmes destinés au triomphe de Jésus-Christ. », De l’abus des nudités de gorge.
Ironie de l’histoire, la Vierge pourrait bien corriger ces trois faux témoins de moralité à confesse. Un épilogue qui ferait bien rire Breton, Eluard et Ernst*5.

Bon, la peinture de Sokerov leur a pas plu, n’en parlons plus.
Enfin, moi, sous la torture, pour ne pas être cloué au pilori, ne pas être déclaré laps et relaps, j’avouerai que cette œuvre c’est quand même païen.


Quant à vous, vous pouvez retrouver mes deux premiers billets dédiés à cet artiste avant de vous prononcer :


Un monstre de la peinture moderne :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/teofan-sokerov-un-mon...

Une histoire contemporaine :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/sokerov-une-histoire-...

Michel Lansardière (texte et photos)

*1 Ce qui posa quand même un problème, auquel se dévouèrent les frères apôtres du verbe bulgare Cyrille et Méthode. En effet, la messe est alors dite en grec. Or, le peuple ne parle pas cette langue. Nos deux moines savants mirent donc au point un système de transcription en slavon, l’alphabet glagolitique, qui, simplifié, donna l’alphabet cyrillique, leur valant la vénération des fidèles et qui connaîtra une large diffusion puisqu’il fut adopté jusqu’en Mongolie, en 1941. « Progrès faciles grâce à la méthode à Cyrille. »
*2 Mystères et sacrements ont la même origine, les chrétiens ayant d’abord employé le mot « mystère », mysterium, puis le mot sacrement, sacramentum, « serment ». Même rapprochement pour bougres et Bulgares, qui ont la même étymologie, comme nous l’avons déjà vu. Si les sacrements sont administrés par l’église chrétienne, apostolique et romaine, pour les plus orthodoxes les mystères demeurent. Quant à boule de gomme

*3 Agathe de Catane, vierge et martyre, se vit sur le chevalet arracher les seins pour s’être refusée au puissant proconsul Quintien. Depuis les femmes outragées s’en recommandent. Elle est abondamment représentée en peinture, notamment par Zurbarán, Bellegambe, della Francesca, del Piombo, Tiepolo… et vénérée aussi bien par les Eglises orthodoxe que romaine.

*4 Vierge allaitante que l’on trouve aussi bien dans l’iconographie chrétienne d’Occident (Van Eyck, Van der Weyden, Rembrandt, Campin, Mabuse, Michel-Ange, Crivelli, Fouquet, Baldung, Le Greco…) que d’Orient (icônes grecques, turques, russes, chypriotes…). Charité que l’on retrouve dans l’Allégorie du bon gouvernement, telle une figure de proue torse au vent dominant l’effigie centrale, cette fresque de Lorenzetti du Palazzo Publico de Sienne. Tandis que dans les Effets du mauvais gouvernement règnent vices et Division. Sienne, Commune Saenorum Civitatis Virginis, ville de la Vierge.

« Ô glorieuse Dame

Assise plus haut que les étoiles

Tu donnas à ton Créateur

Le lait de ta sainte mamelle. »,

Venance Fortunat (530-607).

Subséquemment, ces directeurs de conscience, comme le caporal casse-pompon, cagots et militaires, aussi bien que punaises de sacristie, peuvent aller se faire lanlaire !

*5 Ce dernier réussit à être excommunié par l’Eglise catholique pour sa toile de 1926 La Vierge corrigeant l’enfant Jésus devant trois témoins, cités à comparaître, et exclu du groupe surréaliste en 1954 par le pape Breton ! Messieurs les censeurs, il est libre Max !


Nota : la documentation sur Teofan Sokerov étant quasi-inexistante, son interview par Zheni Vesilinova pour Europost en 2013 m’a servi de fil rouge. Mais, prêt à en découdre, je l’ai souvent perdu ! Alors, quoique méthodique, j’ai brodé (au point de croix).

Vues : 969

Commenter

Vous devez être membre de Arts et Lettres pour ajouter des commentaires !

Rejoindre Arts et Lettres

Commentaire de Raymond MARTIN le 20 janvier 2017 à 15:59

Bravo  et merci...

Ce peintre géant dont le mysticisme est flagrant ,est l'auteur aussi d’œuvres dont l'empreinte du grand  Dali ne fait aucun doute .Et ce clin  d’œil à Déodat  Roché est pertinent .....

  Grand merci

 Amitiés

Commentaire de De Ro jacqueline le 20 janvier 2017 à 15:34

Jamais trop tard pour encore vous souhaiter une excellente année. Merci pour toutes ces révélations pour une pauvre ignare. Amitiés

Commentaire de Lansardière Michel le 20 janvier 2017 à 14:51

Une vidéo postée sur notre site vous permettra de découvri la peinture de chevalet de cet artiste bulgare qui mérite d'être reconnu ici.

http://artsrtlettres.ning.com/video/teofan-sokerov-une-r-trospective

Ce sont 50 ans de création qui sont couverts dans cette rétrospective.

Commentaire de Lansardière Michel le 19 janvier 2017 à 19:15

Merci Françoise pour ton appréciation.

Commentaire de Lansardière Michel le 12 janvier 2017 à 14:57

Bonne année à toi également Sandra et à ceux qui t'entourent et t'aimment.

Amitiés,

Michel

Commentaire de Lansardière Michel le 12 janvier 2017 à 14:56

Merci Chantal pour ton soutien. J'espère avoir été fidèle au peintre et à l'histoire de ce pays, si loin, si proche.

Commentaire de Lansardière Michel le 31 décembre 2016 à 16:05

Voila qui fait plaisir et rassure, merci Dora.

J'y reviendrai malgré tout, avec de nouvelles illustrations (et un titre, qui a disparu !).

Amitiés.

Commentaire de Lansardière Michel le 31 décembre 2016 à 15:54

Béatrice,

Je ne suis ni historien ni critique d’art. J’estime par ailleurs que le ton d’un billet de blog se doit d’être léger pour une lecture plaisante, des billets « pluz faicts pour apprendre la morale du plaizir que pour procurer le plaizir de faire de la morale » (Balzac). Blague à part, mes articles sont documentés, mes sources variées et croisées. Pour ce qui est des Bogomiles, persécutés et chassés de Bulgarie, je ne parle de conversion à l’islamisme que pour ceux réfugiés en Bosnie, ce qui peut se comprendre.
Si j’en crois Plamen Pavlov, historien bulgare, les Bogomiles « sortirent bientôt en dehors des frontières de la Bulgarie », « leurs descendants sont aujourd’hui les musulmans de Bosnie. »
Pour Georges Castellan, professeur émérite de l’université Paris III, le concile de Tarnovo « obligea ses fidèles à émigrer dans les pays voisins Dès 1199, le roi Vukan Nemanja écrivait au pape Innocent III pour lui signaler les progrès de la secte des Bogomiles dans la région. En fait, sous le ban – gouverneur dépendant du roi hongrois – Kulin (1180-1204), on vit apparaître une « église bosniaque » se réclamant du bogomilisme, dirigée par un évêque assisté d'un ordre semi-monastique pour l'organisation du culte et l'envoi de missionnaires dans les autres pays chrétiens. De nombreux paysans, mais aussi des nobles, se rapprochèrent de cette secte et Kulin lui-même se convertit, abandonnant formellement l'Église de Rome. Soumis à des pressions très fortes de la papauté et du roi de Hongrie, il fut obligé de se rétracter en 1203. Le bogomilisme n'en continua pas moins à se répandre dans le royaume et devint un important facteur dans le développement historique de la Bosnie. Alors que la Hongrie multipliait les efforts pour ramener les Bosniaques à la foi romaine en limitant les pouvoirs des bans, en 1322, la famille des titulaires du ban s'éteignit et Stephen Kotromanic, un nouveau venu, également bogomile, eut à lutter contre tous ses voisins. Son successeur et neveu, Stephen Tvrtko, dut faire face à la conquête des Ottomans qui n'étaient pas vus d'un mauvais œil par les Bogomiles. Au point même que certains historiens attribuent à la coopération de la secte la facilité avec laquelle s'effectua la conquête par les armées du Sultan et la propagation de l'Islam en Bosnie. »
Dans l’encyclopédie en ligne Imago Mundi on lit : « Dans les temps primitifs, on distinguait chez eux deux églises, l'une purement bulgare, l'autre dite de Dragovitia en Macédoine. Ils étaient très attachés à leur foi; persécutés par les rois de Hongrie, par l'Inquisition, ils aimèrent mieux embrasser l'islam que de rentrer dans l'Eglise romaine. On considère aujourd'hui les Bosniaques musulmans comme des descendants de Bogomiles réfractaires. »
Si Marie-Madeleine Davy (pour Universalis, une encyclopédie réputée sérieuse) ne parle pas de cette dilution du bogomilisme dans l’islam, elle note que « Très vite, la masse des adhérents bogomiles oubliera les principes fondamentaux de sa foi. » Elle distingue les théoriciens et les disciples, souvent restés fidèles à leur religion. Seuls les Théologiens, « présentent une doctrine cohérente. » « En dehors de ces parfaits, irréprochables dans leurs mœurs (peu nombreux, ils ne se livrent à aucun travail manuel et demeurent chez leurs disciples), se présentent les auditeurs, animés par des revendications économiques plus que par des principes religieux. »
Dans Wikipédia on peut relever que « Avant la conquête de la Bosnie-Herzégovine par l'Empire ottoman, les Slaves de Bosnie sont catholiques ou orthodoxes. Une partie des orthodoxes sont d'anciens bogomiles serbes chassés de Serbie par Stefan Nemanja, ce sont d'ailleurs eux qui convertiront une partie des catholiques croates et serbes orthodoxes de Bosnie et Herzégovine (à l'époque le voïvodat d'Herzégovine représentait toute la partie sud-est de la Bosnie et aussi l'ouest du Monténégro) à l'« hérésie » bogomile. Après la conquête de la Bosnie-Herzégovine, une partie de ces Slaves se convertit à l'islam. » par opportunisme. On peut ainsi multiplier les références.
Amateur, je façonne, contrôle et assemble chaque pièce avec amour tel un artisan honnête et scrupuleux.

Michal Lansardière

Commentaire de chantal roussel le 31 décembre 2016 à 11:55

Félicitations Michel !! pour ce reportage sélectionné par Monsieur Robert Paul !

impressionnantes ces peintures et leurs histoires , merci mon ami

Chantal

Commentaire de Lansardière Michel le 30 décembre 2016 à 15:36

Un grand merci Barbara pour ce message qui me conforte. La peinture de Sekorov est à l'image de l'huistoire de ce pays, bouleversée et bouleversante.

Enfin un réseau social modéré!!!

L'inscription sur le réseau arts et lettres est gratuite

  Arts et Lettres, l'autre réseau social,   créé par Robert Paul.  

Appel à mécénat pour aider l'éditeur de théâtre belge

Les oiseaux de nuit

   "Faisons vivre le théâtre"

Les Amis mots de compagnie ASBL

IBAN : BE26 0689 3785 4429

BIC : GKCCBEBB

Théâtre National Wallonie-Bruxelles

Child Focus

Brussels Museums

      Musée belge de la franc-  maçonnerie mitoyen de l'Espace Art Gallery

Les rencontr littéraires de Bruxelles

Les rencontres littéraires de Bruxelles  que jai initiées sont annulées sine die. J'ai désigné Thierry-Marie Delaunois pour les mener. Il en assurera également les chroniques lors de leur reprise.
                Robert Paul

      Thierry-Marie Delaunois

Billets culturels de qualité
     BLOGUE DE              DEASHELLE

Quelques valeurs illustrant les splendeurs multiples de la liberté de lire

Sensus fidei fidelis . Pour J. enlevée à notre affection fin 2020

Bruxelles ma belle. Et que par Manneken--Pis, Bruxelles demeure!

Menneken-Pis. Tenue de soldat volontaire de Louis-Philippe. Le cuivre de la statuette provient de douilles de balles de la révolution belge de 1830.

(Collection Robert Paul).

© 2021   Créé par Robert Paul.   Sponsorisé par

Badges  |  Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation