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Retour sur Le Lille piano(s) festival 2016, ÉVÉNEMENT DE L’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, 17>19 juin

Le Lille piano(s) festival 2016 a fêté  les Boris cette année,  et un troisième homme, Lukáš Vondráček, notre lauréat du Concours Reine Elisabeth 2016…. ! Un festival sur le mode majeur, qui s’enracine sur Bach et Mozart ! 

 

         Commençons par le flamboyant Boris Berezovsky, médaille d’or du Concours International Tchaïkovski 1990 à Moscou et maintenant membre de ce Jury prestigieux. C’est lui qui débutait le concert de clôture du festival avec le Concerto pour piano n° 2 en fa mineur, Op.21 de CHOPIN sous la direction de Jean-Claude Casadesus, chef-fondateur du festival et son complice de longue date.  Le pianiste russe  y a déployé  une musicalité et un flegme fascinants qui ont captivé une salle de près de 2000 spectateurs émus et bouleversés par ce sommet de l’ivresse romantique et ce talent pianistique hors pair. Les majestueux élans passionnés ont alterné avec la poésie profonde, intime et raffinée. Boris Berezovsky, en interaction presque viscérale avec l’orchestre,  joue mais écoute les moindres frissons des violons, délicatement  inspirés par le maestro Jean-Claude Casadesus. Monstre sacré, le pianiste produit tour à tour des tornades de notes et des ruissellements emplis de grâce… on en oublie presque l’orchestre dont le déploiement de timbres a pourtant de quoi séduire. On est cloué sous le charme de l’âme slave qui exalte ou fait pleurer. Les parachèvements de  chaque veine musicale sont grandioses  dès le premier mouvement.  Dans le deuxième mouvement, après les  exquises volutes de la cadence, on croirait entendre  naître des voix de chœur d’hommes, tant les vibrations sont belles pour encadrer la souplesse et l’expressivité intense du soliste. Jean-Claude Casadesus conduit la dernière phrase de ce mouvement comme une traînée de poussière d’étoiles.  Au troisième mouvement, les archets rebondissent joyeusement comme  une volée de  chaussons de danse, le soliste taquine le clavier, les jeux de bilboquets s’amoncellent, l’orchestre est rutilant et célèbre la joie de vivre.  Cuivres et piano complices concluent cette fête dans la fête, devant un public subjugué par les  humeurs de l’âme slave et la transparence française. Et le soliste, meilleur instrumentiste de l’année 2006, livre un bis  plein de panache : la première étude de CHOPIN.


  
          Mais la soirée n’est pas finie, elle se terminera de façon insolite sur une double exécution du Boléro de RAVEL. D’abord un quatre mains au piano, interprété par Wilhem Latchoumia et Marie Vermeulin au piano.  L’exécution est spectaculaire, parodique, portrait d’un monde malade,  image  d’une humanité  au bord du gouffre ? L’orchestre est figé dans le noir. Sous les lumières,  les deux pianistes semblent fabriquer  la sinistre performance d’un destin qui s’anéantit, jusqu’à utiliser des changements d’harmonie qui produisent d’étranges sons surgelés – le rire des autres planètes? Cela semble convenir parfaitement à l’expression  de leur vision  narquoise, lugubre et pessimiste.  Impassible, Wilhem Latchoumia moque sans la moindre faille l’implacable métronome du temps, tandis que Marie Vermeulin,  pourtant vêtue d’une sage tunique de dentelle et d’un pantalon noir, ne cesse de séduire par sa gestuelle gracieuse de danseuse orientale.  Puis, au cœur de la dérision,  la gestuelle se disloque comme dans un massacre surréaliste.  Et malgré le dynamisme effarant des pianistes ying et yang, l’issue  du monde semble fatale,  laissant un terrifiant goût de  crépuscule.

          Rassurez-vous, le deuxième Boléro est  totalement solaire et inspiré,  tout autant que  l’Orchestre National de Lille sous la baguette de Jean-Claude Casadesus. La danse obsédante et aérée naît pas à pas, pupitre après pupitre, avec une divine souplesse!  Malgré l’absence de mélodie, les plans orchestraux réduits au rythme seul,  se superposent dans de  superbes sonorités, comme dans un vertigineux  château de cartes,  laissant  le tissu orchestral se déployer majestueusement dans un  long crescendo harmonieux et spectaculaire! Le public est  envoûté et heureux. Mais, Jean-Claude Casadesus, épuisé, indique par d’aimables mimes qu’il est l’heure de se restaurer et d’aller dormir…  Après  une si belle exécution, on est tous d’accord.     

          Et le deuxième Boris?  C’est Boris Giltburg et on l’a écouté au Conservatoire, la veille. Le très talentueux pianiste israélien  est né à Moscou en 1984 et a reçu le Premier Prix du Concours Reine Elisabeth à Bruxelles en 2013.  Au programme il a inscrit son arrangement du Quatuor à cordes n°8 de CHOSTAKOVITCH, suivi des Etudes-Tableaux op.33 de RACHMANINOV pour terminer avec la Sonate n°8 de PROKOFIEV.

          Le pianiste fait une entrée discrète et secrète avec délices pour l’assistance, son élixir musical savant et précieux. Le corps plié sur le clavier, ses notes deviennent de purs parfums évanescents, le buste ondoie comme dans une nage sous-marine quand retentit la richesse des premiers accords. Il crée des explosions, des pluies d’acier, les poignets en lévitation constante, il danse des bondissements de pluie tropicale. Sa frappe est prodigieuse, les doigts sont possédés par des roucoulements ou des frissons de harpe accélérés… Visuellement, et auditivement, on est vite envoûté. Il produit des rugissements paléolithiques absolus pour passer à des flots de larmes séchées aussitôt ! La compassion est intense et les baumes, salvateurs : c’est un art de guérisseur ! Et on n’est qu’au premier mouvement  du quatuor de Chostakovitch ! Le deuxième, plonge dans une galaxie de couleurs aux lointains brumeux, ensuite dans des gouffres noirs. Les accords majestueux célèbrent le feu créateur. La puissance phénoménale de ce travail de Prométhée et la virtuosité de l’allegretto coupent le souffle.

La sonate  n°8 de PROKOFIEV démontre la délicatesse d’alchimiste du musicien. Le corps tendu à l’extrême, il est à peine assis sur son tabouret et marche en dansant sur le bord d’un cratère. Prokofiev, c’est lui, il a rejoint l’âme du compositeur, torturée, terrifiée  et créatrice, et bientôt il valse dans l’extase ! Il semble que les archanges eux-mêmes sont au garde-à-vous de cet archi-musicien dont le piano est le véhicule, comme certains dieux indiens sauvages et rédempteurs assis sur leurs fabuleuses montures. Se gaussant du monde entier, il célèbre une beauté terrassante. Deux bis : Liebesleid de Kreisler/Rachmaninov et une Polka de Rachmaninov.   Les sonorités en cascades du génie généreux font s’effondrer des mondes de dominos, en un souffle.  Acclamé, Boris Giltburg quitte ce festival de sensibilité  mêlée d’humour sous les ovations du public.

           Et le troisième homme? Encore un phénomène musical : le Premier Prix du Concours Reine Elisabeth à Bruxelles en 2016 : Lukáš Vondráček. Son récital  nous offre les Memories opus 6 de NOVÁK suivi de la sonate en fa mineur opus 5 de BRAHMS.

Dans la première œuvre, il travaille à l’extrême la douceur des sonorités: nous donne-t-il à entendre des infra-sons ? Volutes liquides, ralentis subits, le combat fébrile et démesuré  de titan s’oppose à la patience de chercheur d’or. Sur un fond d’inquiétude dévorante.  Dans le Brahms, il nous livre des détonations délirantes, des électrochocs, sublimes dans l’infiniment petit. Il travaille la matière musicale au ras des notes, comme de l’horlogerie fine,  ou l’entomologie du microcosmos ! L’expressivité est intense, démultipliée. Roulé sur lui-même, il livre goutte à goutte  la sève de son intériorisation. Les contrastes sont aigus, les pianissimi et les salves sonores, surhumaines. Des demi-applaudissements discrets indiquent l’enthousiasme du public après le premier mouvement. L’Andante espressivo rappelle la Bohême natale de l’artiste, pays du cristal. Le toucher fait ressortir des mosaïques de lumière. Maître des scintillements, il plonge dans l’infini de trilles fabuleuses.

Repos et recherche  intense de concentration dans le silence avant un Scherzo défiant l’Eternel. L’intermezzo est combatif pour se retrouver dans un bain de lumière dans le Finale. Il expose un lieu surnaturel où la douceur et la puissance se réconcilient dans un vaste bouquet de notes éblouissantes. Le son rond et puissant fait penser à l’illustre Richter qui disait de l’interprète qu’ « il ne doit pas dominer la musique, mais devrait se dissoudre en elle. » Le bis?  Une danse tchèque de Smetana.  On pouvait s'en douter!

 

 A paraître,  un nouvel article : L’égérie du festival…

 

   

 

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Commentaire de Deashelle le 24 juin 2016 à 18:25

Commentaire de Deashelle le 23 juin 2016 à 19:13

Commentaire de Deashelle le 23 juin 2016 à 18:56

Merci aux 14000 festivaliers de cette 13ème édition du lille piano(s) festival! Rendez-vous les 9, 10, 11 juin 2017 pour de nouvelles aventures pianistiques... www.lillepianosfestival.Fr

Commentaire de Deashelle le 23 juin 2016 à 18:53

Hier, Boris BerezovskyJean-Claude Casadesus et l'Orchestre National de Lille partageaient la scène de la Philharmonie de Paris ! Un concert sublime que nous vous proposons de revivre en images sur  Flickr

Commentaire de Deashelle le 23 juin 2016 à 18:49

http://concertonet.com/scripts/review.php?ID_review=11635

Lille au son du piano

Conservatoire & Nouveau Siècle
06/18/2016 -  

Conservatoire, 14 heures
Johann Sebastian Bach: Partita n° 1, BWV 825
Franz Schubert: Klavierstücke, D. 946
Claude Debussy: L’Isle joyeuse
Improvisations

Ismaël Margain (piano)


Nouveau Siècle, 16 heures
Claude Debussy: Nocturnes: Nuages (transcription Maurice Ravel) [1]
Igor Stravinski: Le Sacre du printemps [2]
Edgar Varèse: Amériques [3]

Wilhem Latchoumia [1, 3], Cédric Tiberghien [2, 3], Marie Vermeulin [1, 3], Vanessa Wagner [2, 3] (piano)


Nouveau Siècle, 18 heures
Wolfgang Amadeus Mozart: Concerto pour piano n° 9, K. 271 « Jeunehomme » [1]
Johann Sebastian Bach: Concerto pour deux pianos, BWV 1060 [2] – Concerto pour trois pianos, BWV 1063 [3]

Julian Trevelyan [1], Lidija et Sanja Bizjak [2, 3], Anne Queffélec [3] (piano)
Orchestre de Picardie, Arie Van Beek (direction)




Depuis un peu plus de dix ans, un festival consacré au piano se déroule à Lille durant tout un week-end en juin. Pour cette nouvelle édition, du 17 au 19, l’offre est toujours aussi riche et intéressante : vingt-et-un concerts payants, auxquels s’ajoutent d’autres rendez-vous gratuits, prennent pour fils conducteurs, cette année, Bach et Mozart, la programmation s’ouvrant aussi à d’autres genres, comme le jazz et le tango. L’Orchestre national de Lille, l’organisateur, a convié, cette fois encore, une attirante brochette de pianistes, beaucoup connus, tels Boris Berezovsky, Fazil Say et Alexandre Tharaud, pour n’en citer que quelques-uns, d’autres un peu moins pour l’instant, comme Dmitry Masleev, premier prix du Concours Tchaïkovski, et Nathalia Milstein, premier prix du Concours de Dublin, tous deux en 2015. Le point fort du festival, la richesse de son offre, constitue aussi sa faiblesse : à moins d’être doté du don d’ubiquité, il faut choisir, donc renoncer, en tenant compte non seulement de ses envies mais aussi du temps nécessaire pour se rendre d’un lieu à l’autre ; les musiciens, dans leur élan de générosité, ne respectent pas toujours l’heure de fin indiquée.


Au Conservatoire, à 14 heures, Ismaël Margain entame son récital avec la Première Partita de Bach : vivante, rigoureuse, mais pas trop sérieuse, l’exécution témoigne d’une pensée musicale claire. Les Klavierstücke D. 946 de Schubert confirment un jeu propre et détaillé, le pianiste interprétant ces trois pièces avec beaucoup d’éloquence, parfois, même, de façon véhémente, mais l’expressivité demeure juste. L’Isle joyeuse de Debussy se signale par un toucher net, une palette de couleurs diversifiée, mais aussi une virtuosité un peu trop appuyée. Ismaël Margain termine sa prestation d’un bel accomplissement technique avec une Etude de Nikolaï Kapoustine d’une impulsion irrésistible, en jouant des standards de jazz, dont un de Chick Corea, et en improvisant, notamment sur Bach, pour refermer la boucle.


Boris Giltburg a succédé à Ismaël Margain à 16 heures mais nous avons préféré nous rendre au Nouveau Siècle pour entendre quatre pianistes en même temps. Wilhem Latchoumia et Marie Vermeulin s’associent dans « Nuages » des Nocturnes de Debussy, transcrit par Ravel: comme le duo se préoccupe trop de la sonorité, l’œuvre progresse à peine. Ils reviennent pour tourner les pages dans Le Sacre du printemps exécuté par Cédric Tiberghienet Vanessa Wagner. La sonorité ne laisse rien à désirer et les interprètes affichent un sens du rythme impeccable. Cependant, où réside l’intérêt de jouer, même sur deux pianos, une œuvre qui ne sonnera jamais aussi bien qu’avec un orchestre et qui figure, en outre, régulièrement au programme des concerts symphoniques ? La question s’applique également à Amériques de Varèse, mais dans une moindre mesure car cette œuvre reste rare : les quatre pianistes, cette fois chacun à son clavier, accomplissent un tour de force, maîtrisé grâce à la précision des échanges, à l’énergie de leur jeu, à la profusion de la sonorité et à leur sens affûté des atmosphères.


Le concert de 18 heures, aussi dans l’Auditorium du Nouveau Siècle, relie les deux fils conducteurs. Le « Jeunehomme » de Mozart revient à un jeune homme de dix-sept ans, le Britannique Julian Trevelyan, deuxième prix au Concours Long-Thibaud l’année passée. Ce pianiste au jeu joliment perlé en livre une interprétation convenue, presque trop sage, non exempte d’approximations, mais fine et légère, et d’une expressivité toujours juste. L’Orchestre de Picardie, dirigé par Arie Van Beek, dispense, par contre, un accompagnement ordinaire. Les cordes paraissent disgracieuses et la sonorité d’ensemble demeure pâteuse, également dans les Concertos pour deux pianos et pour trois pianos de Bach. Lidija et Sanja BizjakAnne Queffélec dans le BWV 1063 et le chef cultivent une conception dépassée de cette musique : si l’exécution s’avère trop massive et pesante, compte tenu de ce que pratiquent les ensembles jouant sur instruments d’époque, les pianistes font tout de même preuve de vitalité et d’allant. Signalons, pour conclure, que des étudiants de l’Ecole supérieure musique et danse Nord de France et de conservatoires de la région se sont succédés dans l’Espace Valladolid du Nouveau Siècle, durant toute la journée de samedi, pour répéter 840 fois les Vexations de Satie, qui a vu le jour il y a cent cinquante ans.


Le site du Lille Piano(s) Festival



Sébastien Foucart

Commentaire de Deashelle le 23 juin 2016 à 14:51
La 13 édition de Lille Piano(s) s’est ouverte ce vendredi 17 juin 2016 pour trois jours de clavier non-stop. A ...
TOUTELACULTURE.COM
Commentaire de Deashelle le 23 juin 2016 à 14:49

Le conservatoire de Lille était plein ce 18 juin 2016 au matin, dans le cadre de la deuxième journée du  festival Lille Piano(s) pour entendre la pianiste. Anne Queffélec nous proposait une balade dans « un jardin à la Française » dont le paysage musical était dessiné par Satie, Ravel, Hahn, Debussy, Poulenc et d’autres de leurs contemporains. Un moment aussi bien dessiné qu’intense.

Note de la rédaction : 

Entrée sur scène avec un pull en mohair élégant, la pianiste s’est excusé de ne pas se présenter plus en tenue de soirée : un début de rhume et le froid pas de saison ont eu raison de son désir d’élégance plus légère. C’est une variation autour de disque,Ravel, satie et Compagnie (Mirare, diapason d’or 2013) qu’Anne Queffelec proposait avec une série de compositions françaises du tournant du 20ème siècle, dont quelques découvertes. C’est elle qui a prononcé le mot de « jardin à la française » pour parler du voyage qu’elle nous invitait à faire.

Débutant avec concentration et puissance sur une « Gnossienne » de Satie, elle est passée par Charbrier pour nous offrir une version plus cérébrale, très précise mais aussi moins jazzy et moins sensuelle de la première « Gymnopédie » que Fazil Say avait interprété à l’Auditorium la veille (lire notre article). Vibrante dans la puissante « Pastourelle » de Poulenc, Queffelec a fait entendre « la vieille boîte à musique » de Séverac, avant de nous faire entrer dans les brumes de la « Rêverie » de Debussy, le célèbre « Clair de lune » a bientôt suivi mais non sans un détour par des sentiers plus méconnus, comme l’expressive « Nonchalante » de Ferroud et deux pièces de Reynaldo Hanh bien de saison, tandis que la pluie battante faisait office de bruit de fond : « Hivernale » et « Le blanc songeur ». Anne  Queffelec a insisté pour que nous prêtions une attention particulière au « jeune » (et mort jeune) Gabriel Dupont avec l’étonnant « Après-midi de dimanche » qu’elle a joué avec passion, le poussant parfois vers une certaine dissonance. Encore un « Gymnopédie »,  un « Chant des pêcheurs » entraînant de Koechlin et puis le récital s’est terminé par un terrible et lancinant « Glas » de Schmitt.

Après un long salut et un hommage à l’accordeur, alors que sa maîtrise rationnelle et nerveuse du clavier va parfaitement avec l’esprit des grands composteurs français auxquels elle prête toute une riche panoplie d’expressivités, Anne Queffelec a décidé qu’on ne pouvait pas finir la promenade à la française sur une note aussi désespérée et a changé de registre. Elle a offert en bis un extrait de ses sonates de Scarlatti, sorties chez Mirare en 2015. Un très beau concert de début de journée qui nous a fait regretter de devoir quitter Lille et son festival de Piano(s) avant son terme : il y a encore bien de grands solistes à suivre ce soir et demain, souvent avec l’Orchestre National de Lille.

Visuel : photo officielle

http://toutelaculture.com/musique/classique-musique/live-report-ann...

Commentaire de Deashelle le 23 juin 2016 à 14:47

Du piano à l’orchestre, le piano comme orchestre au Lille piano(s) festival

PUBLIÉ LE 19/06/2016

JEAN-MARIE DUHAMEL

Le Lille piano(s) festival s’est terminé ce dimanche soir sur un somptueux concert avec un Boris Bérézovsky en tsar chez Chopin et deux versions du Boléro, performance quatre mains - Marie Vermeulin et Wilhem Latchoumia - puis symphonique. Derniers accords et ovations après de belles ivresses musicales.

Chopin-Ravel en clôture après une ouverture Mozart-Satie vendredi : beaucoup d’oreilles se souviendront longtemps de ces deux concerts (et nous étions encore très, très nombreux, hier soir dans un Nouveau Siècle bondé comme rarement). Bien plus qu’un soliste hors-pair, Boris Bérézovsky est un véritable tsar en son royaume, solide comme un roc, massif (totalement différent du Pierrot lunaire Fazil Say qui a séduit tout le monde vendredi). Solide, il faut l’être pour affronter sans sourciller ce Deuxième concerto de Chopin, sommet du répertoire, partition redoutable tant pour le soliste que pour l’orchestre. Bérézovsky et Casadesus se connaissent depuis longtemps, se pratiquent avec une évidente complicité qui résout tous les pièges de ces infernaux chants et ces contre-chants entre le piano et l’orchestre, ces phrases qui se développent mais ne peuvent devenir véritablement brillantes que si les interprètes osent l’être. Pari gagné. Trois mouvements, trois chocs pour terminer sur une succession d’accords avant l’ovation. Avec un bis offert par le pianiste, Chopin encore, la Première étude, il le fallait.

Ravel

Changement de répertoire, Ravel et deux pianistes de la nouvelle génération, Marie Vermeulin, Wilhem Latchoumia, deux complices ici encore (on les avait entendus la veille) dans une version quatre mains du Boléro. Timbres, pulsations, mouvements quasi-tribaux toujours recommencés, rien ne manquait, une performance à saluer bien bas.

Une explosion finale

Restait à revenir à la partition symphonique : le chef d’abord sans baguette pour lancer la caisse claire avant de guider les instruments les uns après les autres jusqu’à l’explosion finale. Une partition qui fait toujours son effet surtout face à 1 700 spectateurs qui ne demandent qu’à être saisis. Un choix judicieux comme point d’orgue (de piano !) à ce festival qui aura réservé une succession de surprises, séductions à la clé. Salutations bien basses aux équipes de programmations de l’ONL.

Le clavier dans toutes ses possibilités

Cette année encore, le festival a fait mentir l’adage selon lequel les musiciens en général, les jazzmen en particulier mais aussi les amateurs de musique, n’auraient pas pour habitude de se lever tôt. Dimanche matin, à l’heure où ils auraient pu se coucher à la suite d’une nuit passée à jouer, le Trio Jean-Pierre Como, invité au Nouveau Siècle viaJazz en Nord sont venus jouer un programme croisant standards et compositions originales. Face à Jean-Pierre Como (piano), Sylvain Romano (contrebasse), Stéphane Huchard (batterie), un public de connaisseurs.

Au même moment, dans l’auditorium, les familles découvraient Les esprits de la forêt, spectacle poétique avec deux pianistes (le duo Jatekok) et une dessinatrice sur sable et vidéo (Marina Sosnina). Et au conservatoire, l’auditorium était joliment rempli pour un récital de Nathalia Milstein. Un festival comme il va.

http://www.lavoixdunord.fr/region/du-piano-a-l-orchestre-le-piano-c...

Commentaire de Deashelle le 23 juin 2016 à 14:45


Trio de dames avec pianos, orchestre, Bach, Mozart et quelques autres au Lille Piano(s) festival


PUBLIÉ LE 18/06/2016

Par Jean-Marie Duhamel

Résumé rapide mais évocateur de ce samedi du Lille piano(s) festival tout en surprises et en configurations inhabituelles. Le public, quant à lui, est venu en nombre aux concerts comme aux récitals.


 Le jeune soliste britannique Julian Trevelyan (16 ans) avec l’Orchestre de Picardie dirigé par Arie Van Beek. Photo Pierre LE MASSON


Trois pianos sur une scène, ça prend de l’espace. On conçoit l’entrain du public à sortir les iphones pour immortaliser les images (même si ce n’est habituellement pas toléré). Trois pianos, trois pianistes, quatre en vérité avec le tout jeune Julian Trevelyan, 16 ans, 2e prix du concours Long-Thibaud-Crespin, venu jouer, chemise et cheveux bien mis, le Concerto Jeune homme de Mozart (il n’y a pas de hasard). Et trois dames donc, qu’on retrouvait ici avec un immense plaisir – la toujours élégante Anne Queffélec, les sœurs Lidija et Sanja Bizjak qui reprennent le duo féminin et familial – pour deux programmes épatants : les concertos pour un, deux et trois pianos de Bach et Mozart. Du bonheur à l’état pur. À leurs côtés pour les accompagner, l’excellent Orchestre de Picardie sous la direction de son chef Arie Van Beek invités pour la première fois au Nouveau Siècle.

Entamé sur le coup de 9 h du matin avec le Marathon Satie – la partition Vexations jouée par de jeunes pianistes... 840 fois (ils étaient une vingtaine à se relayer, sinon, il y aurait eu des suicides), le festival a pris son rythme entre récitals et concerts pour se terminer sur le coup de 23 h-minuit.

Osons deux coups de cœur. Le très étonnant programme piano et cloches – Nicolas Stavy et Jean-Claude Gengembre, ancien soliste de l’ONL –, le récital absolument magnifique des pianos 4 et 8 mains avec quatre concertistes qu’on se félicite d’avoir entendu ensemble : Vanessa Wagner, Marie Vermeulin, Cédric Tiberghien, Wilhem Latchoumia. Avec eux, Stravinski, Varèse et un public suspendu à leurs mains.


Aujourd’hui

Une quinzaine de rendez-vous sont proposés ce dimanche à partir de 11 h : spectacle famille et jazz au Nouveau Siècle, récital au conservatoire. Après, on enchaîne avec Vanessa Wagner (14 h), Claire-Marie Le Guay (17 h), des remix autour de Bach (17 h), du piano et des <cci:factbox_i class="character" displayname="HTA_TEXTE_I" name="factbox_i">« ombres errantes » à la gare Saint-Sauveur. Concert de clôture avec une affiche solide : Boris Bérézovsky avec Chopin, Wilhem Latchoumia et Marie Vermeulin avec Ravel, Jean-Claude Casadesus avec l’ONL (20 h).

Et puis, information qui n’a rien d’anodin dans l’attente de confirmation avec les chiffres définitifs : dès avant le début du festival, plus de 12 000 billets avaient été vendus, on s’attend à une excellente fréquentation.

http://www.lavoixdunord.fr/region/trio-de-dames-avec-pianos-orchest...


Commentaire de Deashelle le 23 juin 2016 à 14:41

 https://www.flickr.com/photos/onlille/ pour les photos officielles! 

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