Arts et Lettres

Le réseau des Arts et des Lettres en Belgique et dans la diaspora francophone

♦ Poésie simple, augmentée de bonheur

 

Ca peut paraître fait de rien ou d’un tout ordinaire,

Mais c’est sans doute fait de ça le dénommé bonheur

Celui qui fait aux yeux un regard sur tout en profondeur

La parole au silence et la contemplation qui verse

Des larmes dans les instances sur des voies de traverse

A ce qui se passe autour de climats dans l’atmosphère

 

Ca peut paraître fait de rien le dénommé bonheur

Pas besoin de saut à l’élastique aux amours extrêmes

Pas besoin de se mettre en dette pour s’éblouir soi-même

Pas besoin de se départir en un pays lointain

En mât de cocagne exotique ou en totem repeint

Pas besoin de l’attirail des tatouages du cœur

 

Ca peut paraître fait de rien ou d’un tout ordinaire,

Le bonheur s’indiffère des largesses esthétiques

Des sociétés du beau linge et des attablées lyriques

Le bonheur s’indiffère des prix marqués pour la chine

L’arnaque, et l’enchère : perles fines, aigue-marine

Diamants, bijoux au contre amour, et mauvaise affaire

 

Ca peut paraître fait de rien le dénommé bonheur

Il est suspension dans l’air, et comme on dirait bizarre,

Plumes et ailes, l’oiseau sans effort, sans crier gare

Du danger des vitrages, des chasses, plombs et filets 

Il est aussi un souffle, et comme il se fait léger 

Bulles, cerf-volant, papillons, vent taquin horticulteur 

 

Ca peut paraître fait de rien ou d’un tout ordinaire

Le bonheur ne peut se faire en des zones sans gazon

Pour des raisons sociales : casernes, et grands salons

L’oubli des marguerites, des boutons d’or, des jonquilles

Des fossés aux anguilles, des baisers des charmilles,

Serait impardonnable aux fiançailles coutumières

 

Ca peut paraître fait de rien le dénommé bonheur

Il est de l’eau dans tout état de liquide à la suivre

Source, ruisseau, rivière, et sur l’une ou l’autre rive

D’un courant vivant de truites, de cascades saute-lieux

De ponts en promenade, de lieux-dits aux amoureux,

Aux confluences de l’heure où l’on se boit la fraîcheur

 

Ca peut paraître fait de rien ou d’un tout ordinaire

Le bonheur n’en a que faire des sorts des fées Carabosse

Il ne cherche pas carrosses, falbala des grandes noces

Il se propose à tout nom se défaussant de Joconde,

Pardonnant Marie-Madeleine, s’assumant la Golconde   

Car l’anonymat n’est pas en des séjours réverbères

 

Ca peut paraître fait de rien le dénommé bonheur

Il est aux pieds de la table, et autour aux pieds des chaises

Il est à la réunion des bouches à nourrir d’aise

Couleurs, senteurs, et salive, fruits et paix sous l’olivier

Plats mijotés, épicés, vin à petites gorgées,

Longues vies aux jardiniers, et angéliques liqueurs

 

Ca peut paraître fait de rien ou d’un tout ordinaire

Le bonheur s’indiffère des marque-pages des livres

S’il n’est d’un trèfle quatre feuilles, et d’autres à suivre

Du chevet bleu des souvenirs aux allées et aux bordures

Des jardins et des chemins, aux innocences qui durent

En dépit de l’âge, et de moins en moins saute-barrière 

 

Ca peut paraître fait de rien le dénommé bonheur

Mais il est de vie curieuse à tourner l’univers

Tour de manège et pompon, cheval du diable vauvert

De Vinci ou Gulliver, géants, lilliputiens, artistes

Phares et paratonnerres, et étoiles en piste

A l’heure des musiques, des double pas des danseurs

 

Ca peut paraître fait de rien ou d’un tout ordinaire

Mais voilà, il s’indiffère de l’organisation du temps

Il invente du dimanche en semaine, il surprend

Le calendrier, les dates, car il se fait des caprices

De l’enfance au-dessus des yeux clos, et bien des délices

Comme contes et légendes, et vécus d’âme première

 

Ca peut paraître fait de rien le dénommé bonheur

Mais viens donc profiter de celui à notre connaissance

Le garder entre nous, puisque nous en avons la chance

Puisque nous avons tout, en sachant qu’il était le rêve

L’idéal, et qu’il est là, n’aie pas peur qu’il s’achève

Son réservoir est immense, et le remplissons de deux coeurs

 

© Gil DEF. 15.08.2009

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Commentaire de Gil Def le 8 juin 2011 à 19:45

Bonjour Yano

 

J'ai à n'en pas douter l'avantage de mon âge pour dire qu'il ne faut jamais désespérer ...

J'apprécie votre passage et votre commentaire de sincérité personnelle ...

 

Bonne journée. Amitiés. Gil

 

Commentaire de Gil Def le 8 juin 2011 à 19:43

Bonjour Arlette

 

Vous avez raison ... Ne laissons rien échapper des petits bonheurs.

 

Bonne journée. Amitiés. Gil

Commentaire de Gil Def le 8 juin 2011 à 19:40

Bonjour Evelyne

 

Parcourir le monde, retenir un sourire ... C'est bien une image de bonheur...

 

Bonne journée. Amitiés. Gil

Commentaire de Gil Def le 8 juin 2011 à 19:38

Bonjour Nicole

 

Votre nouveau commentaire me touche ... Et c'est quand vous examinez de même façon ce qu'est votre "besace" et votre "chapeau d'automne" et ce qu'ils peuvent contenir, ce que vous avez glané au fil du temps, et ce qu'on peut y mettre encore ...  

 

Bonne journée. Amitiés. Gil

Commentaire de Gil Def le 8 juin 2011 à 19:33

Bonjour Marie-Ange

 

Je serai bien hypocrite de dire que je donne sans espérer un écho ou une réaction positive ou constructive... Le bonheur est déjà d'avoir à donner et si quelqu'un vient le prolonger il est alors doublé, multiplié ...

 

Bonne journée. Amitiés. Gil

Commentaire de Estruch Evelyne le 6 juin 2011 à 18:39
Un sourire Gil j aime ;)
Commentaire de Arlette A le 3 juin 2011 à 20:55

Belle envolée de bonheur

Cet instant éphémère qu'il faut savoir reconnaître

Sitôt arrivé et plus vite encore échappé

J'aime beaucoup

Arlette

Commentaire de Nicole Duvivier le 3 juin 2011 à 12:44

Bonjour Gil,

J' achève  la lecture de votre dernier commentaire ... paroles profondes ... " sonnant " justes... confirmant une belle philosophie de vie qui, je le pense sincèrement , n' offre toute sa richesse qu' à qui sait attendre patiemment... la maturité ...

Je partage pleinement vos réflexions...

J' ai  épinglé deux  mots dans votre commentaire : " besace " et  " chapeau " qui ont éveillé bien des images en moi...

Ma soixantaine d' hivers me conforte , de jour en jour,  dans la juste appréciation du contenu et du  poids de ma " besace ".. ma main y plongeant,  y découvre... tout à la fois... davantage de  sagesse, d' écoute... la perception du  bonheur du moment, la saveur d' une rencontre... d' un sourire ,  la gaîté d' un réveil  sous le soleil ... les cris et les  éclats de rire des culottes courtes à l' école du village,  toute proche...  vraiment, la voilà plus  riche à explorer chaque jour  !... Mes cheveux gris en sont gourmands ...

Quant à mon  "chapeau " automnal... je le devine de plus en plus apte à glaner " le bon " de ce que mon chemin de vie me réserve et à adoucir le " mauvais "... celui qui fait tant de griffes au coeur ...

Je pense que vos poésies sont l' image la plus expressive de qui vous êtes aujourd' hui ...à la fois  " peintre, sculpteur et écrivain des mots "... pour notre plus grand bonheur  sur Arts et Lettres  !

Belle journée à vous ! Amitiés, Nicole

Commentaire de marie-ange gonzales le 3 juin 2011 à 11:34

Bonjour Gil je pense que tu connaitras toujours ces instants de bonheur en lisant nos commentaires, comme nous trouverons toujours dans tes poèmes nos grains de satisfactions.

Je t'embrasse

Marie-Ange

Commentaire de Gil Def le 3 juin 2011 à 11:24

Bonjour les amis du réseau Arts et Lettres

 

Comme nombre d’artistes, je pense qu’il est bien plus difficile d’écrire ou de révéler le bonheur qu’une grande déchirure, que le mal être ou des moments de solitude et de tristesse. C’est sans doute en raison même du dénommé bonheur.

Je ne crois pas à l’existence d’un bonheur absolu, ni pour aujourd’hui, ni pour demain en raison de quantités d’aléas, de soucis, de peines qu’il nous faut affronter au cours de l’existence. J’envisage ainsi comme une rareté un grand bonheur exaltant, ou un bonheur durable, simple et tranquille, sur une longue période. Nous sommes au fil du temps bien plus entre deux chagrins et il faut faire avec ça. Je pense aussi que nombre de personnes ne comprennent leur bonheur que dans un temps retard, que lorsqu’il n’est plus, et peut être ne reviendra pas. Ainsi on trouve nombre de textes qui associent bonheur et nostalgie, et j’ai commis moi aussi ces palimpsestes de bleu sur du gris, ces colorisations de photos sépia, ces patchworks faits de morceaux de bonheur éparpillés par le temps, cette gloire rendue à mon père, à ma mère, à ma maison et ma patrie premières, à mes billes en terre, à mon estran de mer devenu tout temps et identité.   

Si on n’apprécie que difficilement son bonheur au moment où il est, c’est qu’il faut longtemps pour apprendre sa substance, les éléments qui le font. La notion de bonheur entre vite en conflit avec nos ambitions, nos aspirations plus ou moins grandes, et aussi avec la définition et les exemples qu’en donnent l’entourage et la société et qui ne sont pas forcément de grande pertinence et en concordance. L’enfance et plus encore l’adolescence me semblent cruciales pour ne point nier ces conflits mais pour aider à les affronter, se faire à l’idée du côté relatif et personnel de tout bonheur que vous mettez en évidence dans vos commentaires. Trop d’ambitions démesurées ou mal placées font capoter tout bonheur, et trop de limites supposées font désespérer de tout. J’ai souvent dit à nombre d’enfants et de jeunes que le bonheur n’est pas un droit, mais un devoir, en ce sens que les déclarations de pessimisme, d’optimisme ou de réalisme ne servent à rien, qu’il ne faut pas être attentiste, tout attendre de la chance et des autres, et qu’une grande part du bonheur dépend de ce qu’on donne. Je leur ai dit penser : Qui ne sème pas, ne récoltera pas. Bien sûr, les récoltes ne sont pas toujours satisfaisantes, mais elles permettent d’apprécier les bonnes, de faire d’une part, des réserves pour les jours mauvais, et d’autre part, de révéler et de recommencer tant qu’on peut ce qui fait ces bonnes récoltes. Je leur ai fait tenter aussi moult expériences seul ou en groupe pour éprouver leurs yeux, leurs oreilles, tous les sens, et leur corps pour reconnaître et saisir des éléments du bonheur offerts par le monde environnant.  J’ai mis au répertoire de la chorale de l’école Y a de la joie de Charles Trénet et  le p’tit bonheur de Félix Leclerc, et si j’étais encore en fonction, j’y mettrais volontiers J’veux du soleil pour tant de tournesols sur belle recommandation d’un artiste généreux. Aujourd’hui, j’ai une collection d’images qui me font dire que j’ai eu nombre de petits bonheurs et que j’ai cette besace et ce grand chapeau de l’automne capables d’en contenir plus encore. L’une y est déjà, ancienne comme d’un autre temps, c’est l’effort des glaneurs et des glaneuses qui savent ramasser ce qui est tout au bout de ce qui a été semé. D’autres y viennent, quotidiennes, dans ce que j’ai chaque matin, simple comme un bonjour et comme un et un font deux, et quand de trois fois rien, on fait un tout digne à partager.

 

Imaginez alors celle que j’ai gagnée, bonheur ample et inespéré fait à la croisée des chemins et par nombre de glaneurs et de glaneuses dans le champ, suivant les sillons, les pas lents de mes mots, et me disant y trouver quelques beaux grains de satisfaction.

 

Bonne journée à vous. Amitiés. Gil

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