Arts et Lettres

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♦ L’homme précaire ... mais après l'apostrophe ...

 

On dit court notre parcours et du berceau au tombeau

Mais comme c’est long d’être un homme, chose précaire

D’un seul soir d’abeille morte au dernier rai de lumière

Et quand on sait demain, demain se plaint aux roseaux

 

L’homme est étroit, jambes longues, pareil aux échassiers

Mais différent de l’oiseau c’est l’évidence qu’il refuse

Ses pas font de grands écarts tant sa pensée est confuse

Elle est même à son ombre, morceau de nuit à traîner

 

L’homme est appris pour marcher, au tout premier combat

Sur la chaussée des géants, où l’on parle de miracles

Quand l’enfant lève le front, quand il franchit l’obstacle

Mais personne n’enseigne combien de fois il tombera  

 

Pourtant il fait tout pour s’accaparer ce qui lui plait

Autour de lui, il s’y porte, par nécessité intuitive

A tout porter à la bouche, aux dangers de tout suivre

Le beau fruit, mais le poison, et l’inventaire incomplet

 

L’homme est avide de besoins qui le font prédisposé

A se transporter plus loin, à quitter l’enfant balançoire

La courte échelle au mur, les camarades de gloire

Il n’a nulle identité autre que celle voyagée

 

Il se fait exil, exode, en tous temps, et sans le choix

A s’allonger, démesurées, les jambes des distances,

Entre départ et arrivée, et même si toute chance

N’est qu’un rêve réduit, et un homme vieux déjà

 

L’homme est un jour qui chemine dans la poussière du temps

Le paradoxe, il se fait lent quand le temps s’accélère

Il renonce à une mère, qu’il met en terre de misère

Il recule, il prend froid où le dépassent des enfants

 

Longtemps il repasse des horizons dans ses yeux

Il cherche cet endroit, idéal par le rouge aux lèvres

L’eau puisée aux sources, les arbres et leur sève

L’air, le fruit qui ne manquent, les cercles des gens heureux

 

Mais l’homme se perd à mettre son idéal au-delà

De ce qu’il a de courage, de ce qui lève de terre

Il traverse des déserts, avec ses pensées amères

D’un conflit avec les dieux, d’un paradis qui n’est pas

 

L’homme se perd à s’étranger de son propre portrait

Un même que lui, pieds nus, un même que lui, dans la crasse

Un même que lui, en prison, en convois têtes basses

Mais ce qui me fait jour tient d’une larme qui l’admet

…/…   

L’homme est contradictions du face à face avec ses peurs

Et sa pauvre science mais qui refuse ses limites

Et trop souvent il s’évite, si trop fort le cœur palpite

Prêt à prendre la fuite d’un affolement intérieur

 

Rien d’autre que le temps trop court qui le porte à la mort

Ne peut expliquer ses crises, et tant de dérobades

Ses suppliques, ses prières, ses vaines jérémiades

Jusqu'au mea culpa aux dieux pour négocier son sort

 

Mais il est celui qui ne renonce pas à être entier

Par le corps et la pensée, d’énergie et de matière

Sensible à ce qui l’entoure, d’énigmes, de mystères

Qui sait s’y ajouter, s’y faire sa propre beauté

 

Il est celui qui donne le beau geste utile à sa main

C’est celui de tout labeur rapporté aux terres futures

A la bouche des enfants où se trouve la mesure

De la faim, de la soif, et du sens de nos destins

 

Il est celui qui bâtit de cercles le vrai progrès

C’est celui au pied du mur, fil à plomb et équerre

Fort de géométrie et de son savoir faire 

La maison tout autour d’une famille au complet    

 

Il est celui qui s’instruit des choses en profondeur

A travers l’apparence, au-delà des impressions premières

C’est celui qui s’éloigne des attitudes guerrières

Des zones d’obscurité pour nous rendre meilleurs   

 

Il est celui qui refuse l’homme comme pire animal

C’est celui qui le soigne repoussant son infortune

D’un accident, d’une maladie, de pensées sous l’enclume

Ou lui porte secours contre tout verdict fatal

 

Il est celui qui assume son rôle même ingrat

Même méprisé d’un si maigre prix pour sa peine

Qui est donc l’indigent au comptoir de la gêne

Si ce n’est ceux qui nous mettent au plus bas

 

Il est celui qui compte des talents par millions

Par l’addition, par la multiplication des preuves

Qui nous ont fait sortir des plus terribles épreuves

C’est chacun de nous si nous levons nos fronts

 

  

© Gil DEF - 27.04.2009

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Commentaire de Gil Def le 18 mars 2011 à 10:52

Bonjour Marie-Ange

 

Je pense que l'humanisme pour être crédible et audible doit trouver une zone d'expression qui soit à hauteur d'homme avec ses contradictions ... J'essaie d'être là tantôt chagrin pour ses malheurs et colère pour des actes répréhensibles, et tantôt colporteur des bonnes nouvelles des hommes remarquables ...

 

Bonne journée.

 

Amitiés. Gil    

Commentaire de marie-ange gonzales le 14 mars 2011 à 7:37

L'humanité ici bien analysée, dans ses défauts, ses qualités, ses recherches vers un mieux qui tue le bien, sans réduire le mal.

Bravo et merci beaucoup Gil

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