Arts et Lettres

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Je te propose de reprendre ce poème paru il y a quelques années, si  tu es d'accord.

Les mains de ma mère

 

Elles avaient raclé les miettes sur les tables,

grapillé le charbon au flanc des terrils,

ramassé branches et planches  pour allumer

                                        un feu de pauvre.

Mordues par la vie, elles restaient pourtant des mains d'enfant

qui habillaient des poupées imaginaires

et dessinaient des soleils sur des bouts de carton.

Entre la lessive et le devoir d'écolière, 

elles avaient gratté d'irréelles guitares

où leur âme se fendait en notes secrètes

                                          Entrte leurs gerçures,

elles avaient étouffé des colères de rebelle

et, mouillées de larmes, s'en étaint allées

cueillir la fleur rare, éclatée d'une graine aventureuse

                                          entre deux pavés.

Captives dans un atelier et tirant l'aiguille,

elles semblaient sur les taffetas, satins, broderies,

deux papillons voletant de corolle à corolle.

Du lot des meurtrissures, elles émergeaient aériennes

comme si leur vocation était d'apprivoiser les tourterelles. 

Un jour d'amour, elles déposèrent leurs fines nervures

                                           dans les poignes d'un ouvrier.

Les unes et les autres avaient de longues racines

gorgées de la houille du Sud et des sables du Nord.
Elles se nouèrent au temps des primevères, dans le souvenir commun

                                           du pain noir. 

Quand elles caressèrent mon premier battement de paupières

je reçus leur grâce au plus profond de ma chair.
Quand elles m'apprirent à cueillir un myosotis

ce fut pour le piquer dans mon coeur, que vivant

il y demeure à travers doutes et trébuchements.

Du langage des mains, elles me montrèrent tous les signes,

                                            puissants et délicats.

La tendre pression d'amour et la forte pression d'espoir,

le signe de l'adieu et celui du baiser,

les mains qui prient, s'offrent, maudissent,

                                           et le signe dur

du poing fermé pour la lutte finale,

les mains sur les yeux écrasant les larmes,

celles se frappant l'une l'autre dans l'enthousiasme,

et celles qui se creusent en coupe pour recevoir l'ondée,

ou s'écartent en croix ou dressent le flambeau,

tous ces signres, enfin, qui fusent du coeur...

                                           Les mains, les siennes,

sculptées dans la glaise des corons,

ne se refusant jamais à l'appel d'une détresse,

multiples et uniques, comblées de prodiges

                                           et de poignantes tendresses.

Elles sont vieilles aujourd'hui, traversées de veines bleues,

belles, comme le combat du blessé contre la mort,

comme une justice qui se montrerait nue,

comme l'obstination de l'aveugle à voir le jour

                                            dans sa nuit.

                                             Barbara Y. Flamand 

 

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Commentaire de Barbara Y. Flamand le 25 mai 2018 à 23:57

Cher Gil,

Votre vision de la société est exacte. Et beaucoup de gens ont à en  souffrir . Au cours de l'Histoire, les peuples ont combattu pour réaliser un monde plus juste, plus humain et plus égalitaire. Cette évolution vers un mieux être est, actuellement, stoppée.,  A  part quelques mouvements revendicatifs, une lutte d'ensemble ne se réalise pas. 

La situation  personnelle est quand même très dépendante d'un contexte global. Et actuellement, celui-ci  reflète un  individualisme qui s'est développé au cours des dernières décennies au détriment d'une solidarité qui avait très souvent soudé ceux que  le système  économique et politique négligeait et même exploitait au profit d'une bourgeoisie possédante.

Actuellement, les médias font revivre les années 60. La jeunesse et une bonne partie des adultes luttaient pour un autre monde.Ce qui donnait sens à la vie.

Amicalement.
Barbara

Commentaire de Gil Def le 25 mai 2018 à 14:16

Bonjour Barbara

Dans la fable intitulée les animaux malades de la peste de Monsieur La Fontaine, il est dit que la société des animaux souffre d’un grand mal et que tous en sont frappés. Mais rien, absolument rien, n’est alors envisagé d’un traitement et d’une guérison possible de ce mal. En effet, tous les animaux sont convoqués et incités à voir s’ils ne sont pas coupables de ça. Les uns après les autres avec la plus grande hypocrisie, tous les animaux puissants à commencer par le Lion, parviennent à se disculper, et à considérer qu’ils peuvent continuer leurs affaires, leurs querelles et qu’ils peuvent se présenter comme des petits saints. C’est finalement l’âne, le mangeur d’herbe, le moins querelleur, le plus humble, le plus honnête des animaux, qui est jugé coupable sans trouver un quelconque avocat pour le défendre et qui est condamné à mort.

Pour moi, cette fable est terriblement d’actualité. Toutes les sociétés humaines souffrent d’un grand mal qu’on ne sait ni diagnostiquer, ni nommer et un nombre considérable et croissant de gens sont frappés infectés par une multitude de problèmes sévères et de faits, de pratiques stupides, infâmes et mortifères. Jour après jour, sans relâche, tout le monde est convoqué par les pouvoirs en place et les médias non pas pour traiter de ce qui ne va pas, mais pour chercher les coupables de tout ça, qui doivent payer leurs dettes et se soumettre à des sanctions. Comme dans la fable, c’est avec promptitude et avec beaucoup d’hypocrisie que les personnes les plus prétentieuses, les plus belliqueuses, les plus impliquées dans des affaires juteuses mais frauduleuses, sordides, inavouables, criminelles, utilisent tous les moyens pour se disculper de toute faute, pour se présenter comme des gens parfaits qui comprennent tout, capables de jouer les prophètes, les messies, les justiciers, les redresseurs de torts, les chefs de guerres qu’ils ne font pas, etc. Au bout du compte, c’est toujours les moins querelleurs, les plus humbles, les plus honnêtes qui trinquent, qui sont condamnés à recevoir des coups, et plus grave encore à se faire dépouiller jusqu’à disparaître, mourir sans identité ni rite funéraire.

En tout cas, voilà comment je vois la situation actuelle, et pourquoi je pense que nous sommes pas dans un processus de crise, mais dans un processus d’effondrement culturel qui n’est pas fini, qui va générer bien plus de catastrophes massives qu’on ne pense tant les édifices sociaux, et la plupart des entreprises humaines sont des inepties qui font la guerre à tout processus de progrès et de justice, à toute intelligence, à tout entendement, tant la nécessité de tout repenser, de changer radicalement tout cela n’est pas dans beaucoup de têtes présentement, tant on croit encore qu’il suffit d’avoir un idéal, une pensée positive et les meilleures intentions pour résister à tout.

Je sais bien que ça ne plait pas à grand monde d’envisager un avenir catastrophique, mais les catastrophes sont toujours là quand on ne nous dit ce qui nous attend, quand on nous ment ou se ment comme ce fut le cas le siècle dernier avant, pendant, et après toutes les guerres, comme c’est toujours le cas, pour chaque changement de gouvernement, pour chaque traité qui se préoccupe uniquement des belles affaires à faire sans s’occuper du bien être des gens, ni des dégâts que ça fait notamment sur ce qui nous est vital.

 

A bientôt. Amitiés. Gil

Commentaire de Barbara Y. Flamand le 22 mai 2018 à 23:15

Bonjour Gil,

Je suis embarrassée pour répondre à votre lettre.  Au départ, une situation individuelle -pénible - , ensuite l'attitude de la société  qui ne s'attaque pas aux causes de cette situation individuelle. Il ne faut rien espérer d'une société dont le système économique , soutenu par un Etat politique qui le conforte,  n'a pas pour but le bien-être (dans tous les sens du terme) du citoyen mais l'intérêt de la classe au pouvoir..

Toute la superstructure à partir de cette base économique ne peut que refléter cette absence d'humanité dans les relations et dans la culture..

Heureux ceux et celles qui ne subissent pas cette néfaste influence et  vivent selon les valeurs de l'humanisme.

Ce choix 'est pas confortable, il est même, parfois, douloureux à vivre. Mais c'est uniquement dans ce choix que nous assumons notre liberté.

Amicalement.

Barbara

Commentaire de Gil Def le 22 mai 2018 à 15:32

Bonjour Barbara

Lorsqu’une personne se retrouve dans une situation qui la malmène, qui l’afflige, qui la submerge, qui l’emprisonne, il ne sert strictement à rien de lui proposer quelque chose qui puisse changer son état d’âme, ses sentiments de tristesse, de peine, de détresse qui en sont la conséquence. C’est de la situation qui est la cause du mal être de cette personne dont il faut se préoccuper, qu’il faut prendre en compte avec justesse et lucidité, c’est d’envisager pour cette personne les moyens possibles de sortir de cette situation pour en trouver une autre qui soit plus supportable. Mais la plupart du temps, la société ne s’intéresse qu’aux manifestations des émotions que suscitent des misères, des catastrophes, des drames de toutes sortes, et présentement elle multiplie ces manifestations, les scénarise, les médiatise, les sacralise. Le moins que l’on puisse dire, c’est que tout cela ne débouche guère sur des décisions, des actions qui s’attaquent résolument aux causes de ces misères, de ces drames et ainsi nous demeurons à la merci d’une dictature du désordre, d’un tas de situations violentes, infâmes, sacrificielles, à la merci aussi d’une faillite culturelle qui pourrit, détruit tout entendement quand bien même notre volonté de vivre honnêtement, dignement, notre souci de respecter les autres, notre amour pour la compagnie des gens qui ont des gros cœurs, et pour les choses qui sont belles, agréables, et admirables.

En tout cas, cherche-monde, je suis et resterai. Il ne faut pas compter sur moi pour m’arranger d’une quelconque façon avec les histoires d’un monde prétentieux, absurde, obscène, archaïque, hystérique, cruel, destructeur, avec les histoires qui nous mentent, nous agressent, nous empoisonnent jusqu’à nous punir, nous faire disparaître parce qu’on n’est pas ceci ou cela, parce qu’on n’a pas le sou, parce qu’on n’a pas réponse à tout, parce qu’on n’a pas envie de marcher à grands coups de promesses et de menaces, ni de supporter sans broncher la loi des carriéristes de toutes sortes, la loi des prédateurs, des escrocs, des charlatans et des détraqués de la tête. Je ne suis en rien disposé à entrer dans une histoire sans correspondance avec mes besoins, mes désirs, et ce qui me permet d’aller bien.

 

Au plaisir de vous reparler. Amitiés. Gil

Commentaire de Barbara Y. Flamand le 15 mai 2018 à 23:03

Cher Gil,

je comprends cet état d'âme survenant après bien des années de contact avec une réalité que l'on a cru pouvoir combattre pour la hisser à un niveau supérieur. Et finalement elle est pire. Toute action solitaire est vouée à l'échec, elle doit s'intégrer dans un combat collectif mais celui-ci appartient au passé , les dernières décennies n'ont  fait que rétrograder, une régression politique, sociale qui atteint l'individu lui-même, évidemment. Cette situation demande une analyse qui déborderait largement d'un courrier. Mais, c'est justement cette analyse  à laquelle nous devons procéder dans notre vie privée, intime. qui peut nous écarter d'un sentiment de défaite.

Si nous avons pu rester fidèles à nos-mêmes, à l'idée que nous avions d'un mode de vie digne, eh bien nous avons  placé notre existence sur une bonne voie.  Le décor ambiant est attristant , certes, mais il faut surmonter le sentiment d'amertume qu'il provoque, et le meilleur moyen est toujours de garder des centres d'intérêt, de s'intéresser aux autres, et d'aimer.

J'ai l'air de donner une leçon. Je regrette. Mais mon âge m'a donné de l'expérience

Amicalement.
Barbara

  

Commentaire de Gil Def le 15 mai 2018 à 11:03

Bonjour Barbara

C’est dans le texte de Louis Aragon qui s’intitule « j’arrive où je suis étranger » que j’ai trouvé ce qui correspond le mieux à ce que je suis, à ce que je pense de ma situation présentement. Demain qu’importe, qu’importe hier, le cœur change avec le chardon, tout est sans rime, ni pardon… Je suis tel un voyageur harassé, fourbu, qui n’a pas trouvé l’endroit où il fait bon vivre, l’endroit où tout est simple. Je suis tel un voyageur qui ne l’est plus, qui est manifestement dépouillé de ce qui le faisait marcher et lui donnait l’identité d’un homme debout avec un bagage léger et surtout un rêve fou de paix, de liberté, de suspension du temps, de longues fiançailles de saison en saison. Je suis tel un voyageur au long cours revenu à son pays d’origine, devenu étranger à ce qu’est ce pays et pour les gens qui s’y trouvent, pressés qu’ils sont par je ne sais quelle urgence ou quel danger, qui ne parlent guère sinon pour dire qu’ils n’ont pas le temps.

Si j’ai voulu que ma parole soit juste, soit forte, bienveillante, utile, appuyée de mes actes, augmentée, multipliée par des actes d’intelligence et de bonté de tous les gens amoureux de la vie qui ont réussi, qui réussissent bien des choses remarquables, si j’étais fier d’être parmi les gens qui se reconnaissent, qui savent discerner ce qu’ils ont de meilleur en eux, et en faire une force contre toute adversité, si j’ai cru que la société changerait beaucoup et qu’elle dirait un jour : un pour tous, et tous pour un, je dirais volontiers qu’il me faudrait mentir pour que tout ça ne disparaisse pas, résiste, puisse encore avoir un sens, un peu de crédibilité … Je dirais volontiers que je suis un accidenté, en état de choc sévère, dans l’incapacité de savoir ce qui m’est arrivé, ce que j’ai manqué, ce qu’il faut que je dise et fasse désormais, ce qui peut me porter secours, et me redonner du courage. Mais c’est un accident de l’intérieur, et tout se complique, de tant de contraires qui se disputent, de tant d’adversaires au droit d’exister … Rien n’est précaire comme vivre mais peut être bien qu’un homme n’est complet qu’à son automne, et quand il est en capacité de rappeler à lui ce qu’il a tant aimé, de rappeler à lui des choses vivaces, précieuses et inaltérables …

 

Bonne journée. Amitiés. Gil

Commentaire de Barbara Y. Flamand le 12 mai 2018 à 22:41

Bonjour Gil,

Il y a bien longtemps que je n'ai lu quelque chose de vous. Je retrouve dans votre message ce qui, toujours, apparaissait quand vous vous  manifestiez : le souci humain situé dans le contexte économique, social, culturel. Nous avons souvent, toujours même, parlé de  concert.

Et puis, vous vous êtes tu. Ce que je comprends. Car dans la déshumanisation continuelle qui s'affirme depuis bien des années (dont vous décrivez quelques aspects) élever la voix paraît crier dans le désert.

L'apparition du robot intelligent dont les facultés supplantent les nôtres, n'a fait que réduire notre potentiel d'humanité. Il ne sait pas créer, non ! Il ne peut inventer, il n'a pas de sens artistique...mais l'absence de ces spécificités humaines n'est pas un manque, une lacune aujourd'hui. La société s'en passe facilement. Même dans le domaine sexuel, le robot rend les services attendus. Il y a deux ou trois jours, j'ai vu à la télé un document édifiant sur le sujet. Un sujet (je passe les détails) où la perte d'humanité est si flagrante qu'elle en devient angoissante.

Mais...ne désespérons pas ! Il reste toujours quelque part l'un ou l'autre pour dresser le flambeau.

Amicalement.
Barbara.

Commentaire de Gil Def le 12 mai 2018 à 11:20

Bonjour Barbara

Heureux de vous retrouver … J’avais déjà dit combien j’aimais tel texte. J’y ajouterais mon souhait de voir jaillir beaucoup plus de textes comme le vôtre au milieu de cette paupérisation culturelle, de cette frénésie identitaire actuelle qui consiste à se montrer, à se faire un nom, à s’inventer des histoires, à faire du spectacle, à usurper un rôle qu’on n’a pas ou ne peut tenir. J’aimerais infiniment beaucoup plus de textes qui soient pareillement chargés de sensibilité aux choses humaines, aux choses qui nous font exister, qui nous traversent tout du long, qui font que nous pouvons nous reconnaître, nous reconcilier, nous aimer dès lors que nos actes n’ont pas besoin de s’expliquer, de se justifier, de prouver quoique ce soit.

Votre texte est pour moi un document d’une grande importance, d’une grande densité d’informations informations grandement pertinentes sur la vie d’une personne qui me rappellent combien j’ai appris des personnes laborieuses comme elle, des personnes qui n’ont pas joué un rôle mais qui ont tenu un rôle bien plus important qu’on ne croit en raison de leur générosité, de leur fertilité sentimentale, et d’un sens aigu de ce qu’est la solidarité avec les autres, de ce qui est beau, et de tout ce qui peut nous sortir de toute situation de précarité ou d’enfermement.

 

Bonne journée. Amitiés. Gil

Commentaire de Barbara Y. Flamand le 12 mai 2018 à 0:56

Merci pour votre attention, Michel. Le temps ?  Au fond, il n'a de pouvoir qu'en relation avec notre vie intérieure.

Commentaire de Lansardière Michel le 11 mai 2018 à 14:24

Les signes dtu temps qui passe n'effacent pas les lignes qui nous unissent.

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