Arts et Lettres

Le réseau des Arts et des Lettres en Belgique et dans la diaspora francophone

 

Depuis plus de cent ans en ce premier de mai
Revient l’apostrophe des peines ouvrières
Mal payées de tout temps jusqu’au seuil des misères
De ces catastrophes suivies d’aucun procès
Sauf ceux de l’injustice pour nier tout progrès

Du rêve américain au droit simple de vivre
Chaque jour en trois temps étaient des syndicats
Des gens anonymes qui voulaient d’autres choix
Que de l’esclavage des cadences à suivre
Sans nul avantage de sommeil, d’idées libres

Et ce premier de mai se voulut au printemps
Une nouvelle ère de l’épine à l’églantine
Mais il fut donné au drame par la peur assassine
Des tenants de l’ordre pour ceux qui bougent vraiment
Qui d’un triangle rouge portaient vie à leur sang

Fut-il sans lendemain cet essor des consciences
Contre toute cette force appuyée de mépris
D’incessante menace contre qui ose un cri
Il aurait pu l’être tant on fit de sentences
De mort aux enragés pour réduire au silence

Et ce premier de mai on lui fit pire guerre
A l’établir pour fête au temps des trahisons
Du travail obligatoire et en déportation
Terrible paradoxe et ce jour à défaire
D’un statut de grand deuil et de vaines prières

Depuis plus de cent ans, on nous fait propagande
De calendriers fixés aux dates des martyrs
Aux sonneries aux morts au passé à mentir
Et aussi au commerce à la télécommande
Du porte-bonheur factice comme on prétend tout vendre

Depuis plus de cent ans, travailler toujours plus
C’est la triste rengaine du capital dans l’arnaque
Du temps c’est de l’argent, mais à qui est l’abaque
Devenue machine à jongler des bonus
Qui fait verdict brutal de notre âge en malus

Comme il en veut au temps comme à tout ce qui gêne
Son pouvoir absolu et comme nécessaire
Toujours prêt à l’arrache d’heures supplémentaires
Des parents aux enfants dans l’argutie hautaine
L’usure totale des ressources humaines

Il ne faut rien laisser de ce premier de mai
Qui soit la mémoire bien vivante et racine
Au muguet du jardin comme au temps d’imagine
Ce qu’on fait aisément de bonheur bien concret
Quand on n’a besoin que d’une pause et de paix


© Gil DEF - 01.05.2010

Vues : 180

Commenter

Vous devez être membre de Arts et Lettres pour ajouter des commentaires !

Rejoindre Arts et Lettres

Commentaire de De Ro jacqueline le 6 mai 2011 à 15:41
Merci Gil, a l'heure actuelle Robert Paul n'a pas encore accepter mes 2 dernières aquarelles. Moi-même je n'ai pas de site Pas le temps et trop cher mais en allant sur "Salon de l'Aquarelle de Namur", vous trouverez les sélectionnées de l'année 2009. Je vais un peu travailler maintenant. A +
Commentaire de Gil Def le 6 mai 2011 à 15:12

Jacqueline, je ne peux que regretter d'être loin pour profiter de cette biennale de Namur ... Y a-t-il une chance d'avoir un site, un forum où l'on puisse apprécier toutes ces expressions artistiques ?

 

Pour la petite fermière, vous me touchez vraiment ...

 

Bonne fin de journée. Amitiés. Gil

Commentaire de De Ro jacqueline le 6 mai 2011 à 14:51
J'ai loupé ma réponse sur la petite fermière dorénavant rebaptisée. Bonne fin d'après-midi. jacqueline
Commentaire de De Ro jacqueline le 6 mai 2011 à 14:39
Merci Gil pour ce message très émouvant. Il n'y a vraiment que ceux qui ont perdu un être cher qui peuvent comprendre le trou béant laissé et si insurmontable même avec les années qui passent . Je ne ferai jamais mon deuil.
Sur mes photos, je mets deux aquarelles sélectionnées en octobre 2010 et qui sont exposées à partir de ce soir à Namur dans le cadre de la 32ème biennale du Salon de l'Aquarelle de Belgique.
Amitiés Jacqueline
Commentaire de Gil Def le 6 mai 2011 à 9:29

Bonjour Jacqueline

 

Votre commentaire me touche.

Ce qui me fait écrire, c’est une grande faille après la perte d’êtres chers. Cette faille est aussi désormais une grande dimension, une grande part de vous-même et qui vous force à vous exprimer par la peinture.

 

Nous savons malheureusement trop que cette faille est impossible à refermer, et que l  a vie qui continue ne peut en rien être de même substance que la vie d’avant cette souffrance.

 

Longtemps, cette faille est tellement grande que nous sommes comme une pierre scise, qui aurait éclaté et dont les morceaux se seraient éparpillés. Comment faire avec ça et quand personne ne semble pouvoir vous aider vraiment?

 

Dans un premier temps, il me semble avoir écrit uniquement pour retrouver les morceaux les plus beaux de ma vie, et des morceaux de moi-même, et de manière strictement solitaire et presque thérapeutique. Je ne sais si ce qui m’a fait procéder à un tri des choses de la vie mais il était certain, et il l’est de plus en plus. Vous mettez des couleurs sur le blanc ou le gris, j’ai mis de même réaction des mots sur mes silences, et tout interprété de l’essentiel en bleu et orange.

Peu à peu s’est installée l’idée que mon cheminement tel orphelin d’une vie et en cherchant une autre pouvait être utile aux autres dans la mesure où toute personne humaine est tôt ou tard cette faille. Cette autre vie est pour moi à consacrer à la contemplation des beautés qui nous entourent, à tout ce qui rend meilleur par fidélité à nos amours.

 

Votre commentaire me laisse à penser que vous êtes dans un cheminement comparable, terriblement humain. Et il ne faut en rien vous excuser des temps des nids protégés, des plages d’insouciance … Comme il est heureux de les avoir vécus, et comme il est important et doux de les sublimer.

 

Bonne journée. Amitiés. Gil

Commentaire de De Ro jacqueline le 6 mai 2011 à 7:10
merci Gil de m'avoir mieux éclairée, petite fille ultra protégée pendant la guerre et après, toutes ces années de ma vie encore privilégiée et donc en partie insouciante mais pas légère et ni égoiste. Peut-être trop pressée à  vivre pour réfléchir intensément. La perte de mon fils m'a obligée à me jeter à corps perdu dans les couleurs. Victoire momentanée et chagrins souvent présents.
Commentaire de Gil Def le 5 mai 2011 à 15:40

Bonjour Blanche

 

Tu as bien fait d’éclaircir ton message l’accompagnant d’un appel à enrichir ma culture. Ce matin, j’ai donc écouté en boucle cette page de musique baroque d’un auteur anonyme, tout en lisant un certain nombre d’articles et d’essais sur l’art baroque, plus ou moins déchiffrables.

 

J’aurais beaucoup de choses à dire sur une œuvre que je trouve totalement déprimante, désespérante, répétant je ne sais combien de fois qu’il nous faut mourir dans tout ce qu’on fait, dépréciant si lourdement toute vie terrestre au point de dire définitivement, excessivement, dogmatiquement "la vie est un songe". Cette expression, intéressante pour comprendre une époque post-renaissante et schismatique sublimant notamment des agoras macabres, ne correspond pas pour autant à ce que j’ai humblement mais fièrement de vie et d’amour en moi, à la beauté du cheminement de mes êtres chers, à ce qui peut exister aujourd’hui et qui est passé de génération en génération d’aspirations universelles. Je lui trouve même un côté dangereux à force d’excès de dérision des vies terrestres, à force de renier tout acte médical, tout acte humain, à force d’embrasser ainsi la mort.

 

Mais il faudrait davantage que quelques phrases sur tel sujet lié à notre condition de mortel. Je ne manquerais pas de publier d’autres textes pour cela et me déclare ouvert bien sûr pour tout débat sur notre condition humaine et ses rapports avec la mort à différentes époques.

  

Bonne journée. Amitiés. Gil

Commentaire de NICOLAS Blanche Nadine le 5 mai 2011 à 9:39
Désolée que tu n'aies pas capté le contenu de mon message qui était une invitation à écouter cette page de musique baroque de Stephano Landi qui, a elle seule, traduisait notre condition humaine laborieuse, mieux que ne le ferait un long discours politisé, bien à toi, blanche
Commentaire de Quivron Rolande le 4 mai 2011 à 19:12

"Le muguet au poing ne vaut-il pas mieux que toute main armée"

J'adhère de tout mon coeur à ce slogan de notre ami Gil.

Et tout mon coeur va vers toi Yvette dont le coeur saigne. Je suis ton aînée de 9 ans.... c'est dire.

Traversées de guerre, de révolution, de fuite éperdue, parmi les réfugiés....la peur ancrée au ventre, pas tellement pour soi mais pour les enfants encore petits.

Et cependant mon père parlait comme le tien 'Tu n'as pas à te plaindre... nous sommes là ... courage". Courage... ce mot leit motif. Qui a draîné tous nos parcours d'adultes. Pouvions-nous leur parler de nos tracas, de nos passages à vide, de nos douleurs,de nos souffrances ? Non. Nous avions trop de respect pour ces vies de peines, de guerres, de luttes, de chômage, de hantises des lendemains qui ne chantaient pas. Il fallait que leur vieillesse soit la plus paisible possible et nous oeuvrions dans ce sens. Nous, nous n'avons même plus le droit de viellir. Il faut rester jeunes, jeunes, jeunes. Pas de place pour les vieux. Les vieux font peur car il nous ramènent à notre propre finitude, à notre propre mort qu'il faudra bien vivre un jour. Je dis bien vivre, même si le mot peut surprendre dans ce cas. Oui, avoir la force de la regarder dans les yeux, bien en face et de vivre ce dernier passage. C'est là une Espérance. Qui fleurit, qui grandit .... vers ce désir d'un ailleurs, non pas de dissolution, mais de VIE. Une autre vie. C'est toujours une Espérance de vivre dans l'Espoir de connaître quelque chose de neuf, de gravir les portes de l'Inconnu, d'explorer un autre territoire. Bref, devenir des explorateurs de l'au-delà. Mais non, on évacue, on largue, on invente d'autres rites car ces derniers sont nécessaires pour la guérison d'une perte.

Cette année, dans une même famille, cinq décès en moins d'un an :   deux hommes: 40 et 90 ans. Trois femmes : 60-89-90. "Nul ne connaît ni le jour, ni l'heure".

Nous avons tous en nous une violence qu'il est parfois difficile de juguler. Le mot "Révolte" a toujours fait peur :"On ne se révolte pas, c'est malsain" .... Souvent entendu, jamais écouté, jamais compris le pourquoi de cette révolte.

Mais nous avons cette chance il faut bien le reconnaître, une chance que beaucoup n'ont pas : celle de nous exprimer en tant qu"artistes". Mot que j'utilise toujours avec une énorme prudence. Car, c'est quoi, finalement, être "artiste" ?                      

Tout comme toi, Chère Yvette, je vois la vie se dégrader autour de moi, mais il y a aussi des étincelles qui crépitent et font encore croire à la joie et au bonheur de vivre. Les enfants premiers de classe me rappellent un poème récité souvent par ma grand-mère : "Deux soeurs se disputaient une belle poupée". ... A l'époque, les poupées étaient faites de chiffons, bourrées de son. Comme elles tiraient chacune à hue et à dia... Vious pouvez deviner la suite : la poupée se déchire, le son se répand et il ne reste rien, ni à l'une ni à l'autre. Ainsi en va-t-il des disputes, des guerres, des révolutions .... avec pour corollaires leur lot de misères, de haines.... Et puis, "on en prend d'autres" avec des coeurs gros d'Espérance et le cirque de recommencer ....

Que faire, Chère Yvette ? Comme tu le suggères avec sagesse, nous unir et crier sur le blog avec l'espoir (tu as utilisé le mot ... alors ton coeur vibre, chante, pleure) de ne pas se retrouver " à terre" avant que d'être "en terre" ou en "poussières d'étoiles". Ce qui est quand même mieux.

Je t'embrasse. Bonne soirée à tous. Rolande

Commentaire de Gil Def le 4 mai 2011 à 18:55

Bonjour Yvette

 

Stéphane Hessel, né en 1917, résistant et déporté de Buchenwald, ancien diplomate, écrivain et poète vient de publier en France un petit livre intitulé « Indignez-vous ».

Il ne vous sera pas nécessaire car vous avez toujours cette capacité d’indignation qui vous honore et montre votre sensibilité à ce qui vous entoure. Mais quand on sait qu’il a été vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires et que nombre de gens en achètent plusieurs pour en faire cadeau autour d’eux, on peut se dire qu’on est sur le chemin d’une prise de conscience nouvelle.

 

Le problème qui nous est effectivement posé, c’est d’une part l’ampleur des problèmes qui nous assaillent aujourd’hui en France et en Belgique qui sont du même ordre et d’autre part, la faiblesse supposée de nos moyens pour apporter des solutions, surtout quand les pouvoirs élus font preuve d’impuissance, d’incompétence ou d’incurie.

 

Que peut-on faire ?

 

Sur un plan général, on est obligé de compter sur une prise de conscience massive qu’il est temps de se bouger au lieu de constamment râler dans son coin, de compter aussi sur l’implication des jeunes générations dans la vie des cités. Même si ça parait difficile, on ne part pas de zéro dans ce domaine, et chacun peut contribuer à bousculer ce qui doit l’être, partout il va. Par exemple, vous savez écrire, engagez-vous, vous avez internet, multiplier vos contacts, faites la belle épidémie des gens qui se comprennent.

 

Sur un plan plus personnel, j’ai cette conception que lorsqu’on veut une société plus juste, plus fraternelle, on peut la commencer soi-même, en tout petit certes, mais comme ça fait du bien ces espaces de fraternité et de solidarité et comme il est bon de penser et de prouver que ça peut s’agrandir.      

 

Amitiés. Gil

 

PS Si vous voulez lire d’autres textes, il suffit de taper Gil Def dans quel moteur de recherche …

L'inscription sur le réseau arts et lettres est gratuite

  Arts et Lettres, l'autre réseau social,   créé par Robert Paul.  

Appel à mécénat pour aider l'éditeur de théâtre belge

Les oiseaux de nuit

   "Faisons vivre le théâtre"

Les Amis mots de compagnie ASBL

IBAN : BE26 0689 3785 4429

BIC : GKCCBEBB

Théâtre National Wallonie-Bruxelles

Child Focus

Brussels Museums

      Musée belge de la franc-  maçonnerie mitoyen de l'Espace Art Gallery

Les rencontres littéraires de Bruxelles

Les rencontres littéraires de Bruxelles  que jai initiées sont annulées sine die. J'ai désigné Thierry-Marie Delaunois pour les mener. Il en assurera également les chroniques lors de leur reprise.
                Robert Paul

      Thierry-Marie Delaunois

Billets culturels de qualité
     BLOGUE DE              DEASHELLE

Quelques valeurs illustrant les splendeurs multiples de la liberté de lire

Sensus fidei fidelis . Pour J. enlevée à notre affection fin 2020

Bruxelles ma belle. Et que par Manneken--Pis, Bruxelles demeure!

Menneken-Pis. Tenue de soldat volontaire de Louis-Philippe. Le cuivre de la statuette provient de douilles de balles de la révolution belge de 1830.

(Collection Robert Paul).

© 2021   Créé par Robert Paul.   Sponsorisé par

Badges  |  Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation