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LE CHOEUR DE CHAMBRE DE NAMUR & LES PALADINS au Conservatoire Royal de Belgique ce 25 septembre 2013

Jérôme Correas direction - Salomé Haller soprano - Mélodie Ruvio mezzo - Jean-François Lombard ténor - Thibaut Lenaerts ténor - Jean-Christophe Fillol baryton - Les Paladins , Chœur de Chambre de Namur

Georg Friedrich Händel  Ouverture "Il pastor fido", Ode for the birthday of Queen Anne, HWV 74, Te Deum, "Utrecht", HWV 278, Jubilate, HWV 279

En 1713 prenait fin la guerre de succession d’Espagne, avec la signature du célèbre Traité d’Utrecht. Pour la première fois en Europe, un conflit s’achève à une table de négociations et non sur un champ de bataille ! Créé en juillet de la même année à la Cathédrale Saint-Paul de Londres, le Te Deum de Händel est une œuvre festive destinée à célébrer l’événement. Le Chœur de Chambre de Namur et Les Paladins de Jérôme Correas se donnent rendez-vous sur la scène du conservatoire pour lui rendre vie.

Fondé en 1987, le Chœur de Chambre de Namur est maintenant l’un des chœurs européens de référence.  Sur 25 ans, celui-ci a eu l’occasion de tisser de nombreuses collaborations internationales et d’éditer de nombreux enregistrements. Des directeurs artistiques de très grande qualité - Pierre Cao, Jean Tubéry, Leonardo García Alarcón - se sont succédés à la direction artistique de cet ensemble qui fête cette année ses 25 ans d’existence. C’est dans le cadre, hélas vétuste du Conservatoire Royal de Belgique, que nous avons pu les écouter en live ce 25 septembre dernier. 

La soirée débute sous les meilleurs auspices avec l’ouverture de « l pastor Fido » HWV8 composée en 1712, deuxième opéra composé par Haendel à l'intention du public britannique, alors qu’il avait moins de trente ans. Une ouverture à six voix, où  le clavecin cède la place à l’orgue … qui met en place  prestance et lumière. L’aréopage des cordes se fait discret pour mieux mettre en valeur les flûtes joyeuses. La direction d’orchestre est assumée, directe et généreuse. Voilà le décor bien  planté par un homme, Leonardo Garcia Alarcon que la musique d’Haendel inspire.

Vient ensuite l’ «  Ode  for the Birthday of Queen Anne » HWV 74, écrit l’année suivante pour célébrer l’anniversaire de la reine l’année de  la paix d’Utrecht  (1713), une paix négociée mettant fin à la guerre de succession d’Espagne. « Eternal » long et appuyé dans  « Eternal Source of Light Divine »  invite dans l’espace divin….  Celui d’une reine adorée qui a octroyé à Haendel un accueil et un soutien chaleureux. La voix de Jean-François LOMBARD, contre-ténor séduit d’emblée, à la fois aérienne et résonnante. Cette voix a ce qu’il faut d’humour et la diction est impeccable. Elle affirmera tout au long du concert,  la puissance  de son inspiration et le naturel de son phrasé. Thibaut LENAERTS , le ténor séduit lui aussi par ses timbres justes et corsés, juste ce qu’il faut.  Dans le numéro 7  de l’œuvre, on croit reconnaître un numéro qui se glissera quelque part dans le Messie, l’un des « réemplois habituels » à cette époque où l’on pratiquait largement l’autocitation. Le chœur déploie dès le début une belle vigueur alors qu’il est réduit à un très petit nombre de choristes. A continuer le voyage, on  pourrait se sentir transporté à une Candlemass dans une cathédrale, et  pourquoi pas dans un autre siècle à St Paul’s, pour écouter une musique fastueuse. Mais ici on a l’avantage de profiter  d’une palette de couleurs très  diversifiées ne négligeant aucune nuance.  La soprano, Salomé HALLER chanteuse d'opéras et d'oratorios française est peut-être un peu mois convaincante par son timbre légèrement aigre. Elle compense par une posture royale et un sourire mi-enjôleur, mi-altier. On lui préfère dans son  duet par exemple, la contre-alto Mélodie RUVIO,   qui  fournit  des  tonalités moins superficielles. Mélodie Ruvio ne cherche pas à briller mais  ses couleurs  discrètes sont  bien définies. Quant à  l’intervention de Jean - Christophe FILLOL, elle rallie entièrement le spectateur au mystère de Haendel. De puissantes vocalises sur les sons « a » profonds de l’anglais ont tout pour plaire. Il y a de l’intensité émotionnelle, un timbre glorieux et engagé, une richesse et une diversité.

La programmation de la soirée est bâtie en  crescendo pour culminer dans le « Jubilate »  et cela aide progressivement  au lâcher-prise et à l’union avec la musique. Dès que l’on se trouve dans le « Te Deum d’Utrecht »  HWV 278, tout concourt à faire monter les larmes aux yeux. Il y a cette qualité spirituelle qui a envahi le Conservatoire, effacé les murs et les craquelures et invite au mystère. C’est le temps d’une synthèse intime de l’être  avec une aspiration spirituelle vers ce qui  gouverne notre univers. On est dans cet espace qui relie la terre et le ciel, un espace de lumière sonore, multiple et mystérieuse. Ce que l’on pourrait nommer la vérité d’Haendel. Hasard ou foi ? On ne sait, mais c’est très émouvant, très humain  et sublime à la fois.  Le Numéro 6 « Oh Lord, Save thy people » est d’une humilité  immense avec des pianissimos extrêmes contrastant avec le « Day by day, we magnify thee ! » victorieux et étincelant. La prière finale est palpitante. Les choristes sont partis se rassoir, le visage auréolé d’émotion profonde. Ce sont  les rayons mordorés des violons et violoncelles qui ferment la marche.

Dans le « Jubilate » HWV 279 les instrumentistes affichent  un plaisir évident de jouer et  la première violoniste boit le chef d’orchestre des yeux. Il conduit avec sérénité et souplesse, jette les trompettes dans la joie, cisèle chaque pupitre qui vibre comme s’ils étaient cent. Les changements de solistes se font avec douceur feutrée et la musique est enveloppante. Le chœur a des interventions précises et naturelles, chaque pupitre instrumental prend la parole et le clavecin cède la place à l’orgue pour soutenir les voix. On est presque devant un ballet d’ondes musicales à la recherche de l’harmonie. Celle-ci éclate majestueusement dans les mots « from generation to generation.» Les violons jouent aux échos et les sonorités rejoignent  l’infiniment petit. La construction de la finale met en vedette le chœur, les trompettes exultent. Des accords vibrants de violoncelles et contrebasses se mêlent à l’orgue pour souligner la fidélité profonde au Créateur. C’est très beau et sculptural. Esprit divin  et Passion humaine semblent s’être rejoints. Les spectateurs s’empressent d’applaudir cet ensemble qui s’est donné avec tant de sincérité musicale et s’est retrouvé à la fête en offrant au public  un ultime bis jubilatoire.

                                                                                      Les Paladins

 

Jérôme Correas, direction

&

Le Choeur de Chambre de Namur

Leonardo Garcia Alarcon, direction

Solistes

Salomé HALLER, soprano

Mélodie RUVIO, contralto

Jean - François LOMBARD, ténor

Thibaut LENAERTS, ténor

Jean - Christophe FILLOL, baryton

Orchestre

Juliette ROUMAILHAC, violon solo

Juliana VELASCO,

Jonathan NUBEL,

Diana LEE PLANES, violons 1

Marion KORKMAZ,

Charles - Etienne MARCHAND,

Patrick OLIVA,

Clara MÜHLETHALER, violons 2

Sylvestre VERGEZ,

Benoît BURSZTEJN,

Diane DUBON, altos

Nicolas CRNJANSKI,

Julien HAINSWORTH,

Pascale CLEMENT, violoncelles

Franck RATAJCZYK, contrebasse

Adrien MABIRE,

Alejandro SANDLER, trompettes

Timothée OUDINOT,

Nathalie PETIBON, hautbois

Nicolas POUYANNE, basson

Brice SAILLY, clavecin & orgue

Jérôme CORREAS, direction

http://www.bozar.be/activity.php?id=13245

   

 

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Commentaire de Deashelle le 28 septembre 2013 à 22:36

Les Paladins © Xavier Antoinet & Choeur de Chambre de Namur © Jacques Verrees

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