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                         FRANCOISE CLERCX OU LA POESIE D’UN MOMENT

 

Du 20-03 au 07-04-13, l’ESPACE ART GALLERY (Rue lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles), expose les œuvres de Madame FRANCOISE CLERCX, une artiste Belge, dont l’intitulé est DETAILS ET FASCINATION.

Ce qui, au premier contact avec les œuvres de Madame FRANCOISE CLERCX, apparaît comme une évidence stylistique, est sa grande connaissance de la perspective, centrée à l’intérieur d’une géométrie rigoureuse, régissant l’ensemble de la composition où le détail prend, de par sa nature, une importance colossale. Tout est, en quelque sorte, « compartimenté », tout en se dévoilant de la façon la plus libre au regard.

Un second aspect concernant sa peinture se concrétise par la dimension du cadrage photographique, conçu comme support efficace de la mise en perspective des êtres et des choses.

De plus, son œuvre se distingue également par la mise en valeur d’un univers surréaliste perçu comme la charpente de l’entièreté de sa construction picturale. Cet univers est soutenu par des racines métaphysiques pour souligner ses états d’âme.

Enfin, il y a dans le trait géométrique de l’artiste, la nécessité de concevoir une architecture donnant un cadre scénique à son univers.

Quoi de plus normal, dès lors, de considérer que perspective, cadrage photographique, vocabulaire surréaliste et architecture, forment les piliers stylistiques soutenant l’édifice de l’œuvre de FRANCOISE CLERCX.

Que ce soit notamment dans PERSPECTIVES (77 x 67 cm),

l’œuvre apparaît presque « désinvolte ». Mais, au fur et à mesure que le regard se rapproche, cette mise en valeur du détail par la perspective abolit cette « désinvolture » pour revêtir un aspect plus rigoureux, témoignant d’une grande maîtrise. Cette œuvre est un hommage vibrant à RENE MAGRITTE que l’artiste rend en « portraiturant » (le mot n’est pas trop fort) sa maison bruxelloise, tout en la transposant dans un cadre surréaliste, comme le titre l’indique, dans un plaidoyer pictural pour la perspective. Rarement une œuvre a foisonné de cardages en trompe-l’œil !

Rarement la présence de l’architecture a été scandée avec une myriade de facettes diverses, présentant chacune un aspect singulier, conçu avec une rigueur géométrique inégalée, placé à tel endroit en tant que parcelle d’un vaste univers, lui-même étant une totalité en soi.

Cette œuvre trahit le désir premier de l’artiste de devenir architecte.

LES MONDES PARALLELES (78 x 68 cm),

est une mise en rapport entre diverses valeurs (ou plus exactement, de leur absence ressentie), lesquelles témoignent du malaise de notre époque. L’intérieur est un décorum rempli d’éléments, en apparence disparates, lesquels reliés entre eux, requièrent une interprétation philosophique de l’œuvre.

A l’arrière-plan, l’esquisse d’une église romane, témoin de l’univers des bâtisseurs de cathédrales, en tant qu’expression d’une ferveur. Contrastant, à l’avant-plan avec une série de fauteuils utilisés dans le milieu des conférences.

Une première opposition se fait sentir entre ces deux univers : l’une aux couleurs froides (celles de l’église romane), l’autre aux couleurs chaudes : le rouge des coussins des fauteuils.

Austérité fervente et chaleur (néanmoins apparente) du monde des conférences mondiales (où l’on ne résout pas grand-chose) s’affrontent, apportant à la lecture de l’œuvre un second contraste.

L’écran de la télévision posé sur les deux fauteuils, au centre de la composition, souligne les différents degrés d’incommunicabilité, régissant aujourd’hui les rapports interpersonnels de notre société. « Et le poisson rouge ? », direz-vous. Celui-là n’existe que pour renforcer l’impact du décorum dans lequel évoluent nos vies. De même que les troncs de bambous dressés à côté des colonnes. A l’arrière-plan, sur la gauche comme sur la droite, l’on devine un drapé noir. Un rideau ? Peut-être. Car nous entrons à l’intérieur de la scène d’un théâtre : celui du Monde.

 

HISTOIRE DE FEMMES (63 x 73 cm),

est une étude sur le nu féminin. Modernisation d’un sujet millénaire, remontant à l’Antiquité Classique, cette étude est centrée sur le plaisir de la peau, exprimé par tout un jeu chromatique sur la luminosité aboutissant à la sensualité.   

La peau, pensée tel un vêtement, contraste avec la grâce du voile. L’artiste l’a conçu à partir d’une variation sur le gris, partant du blanc pour virer vers tout un dégradé aboutissant vers un gris tout en contrastes. Quant aux ombres, elles sont le fruit d’une monochromie basée sur le seul gris.  A l’arrière-plan, deux personnages féminins tournent le dos aux autres femmes ainsi qu’au visiteur. Leur féminité se manifeste par la longue sensualité des plis du drapé noir. L’Antiquité Classique, exprimée dans un vocabulaire moderne, se manifeste par le personnage central tendant les bras. Celui-ci porte une robe, laquelle revêt l’aspect du vêtement transparent actuel mais qui, au fur et à mesure de sa chute, se transforme à hauteur des jambes, en drapé translucide, offrant ce « mouillé » que l’on retrouve dans la statuaire antique.

De plus, ce même personnage relève légèrement la jambe droite, dans l’attitude classique de la Niké grecque.

L’artiste qui est passée par les Beaux Arts pour étudier le dessin, se considère comme une autodidacte, en ce sens qu’elle s’est formée toute seule en ce qui concerne l’étude de la peinture. Travaillant exclusivement à l’huile, elle organise son œuvre par un plan de départ pour s’engager, au fur et à mesure, dans les détails qui sont, en dernière analyse, la sève de la chose.

FRANCOISE CLERCX est une artiste dont la pensée oscille entre linéarité architecturale, exprimée par une géométrie rigoureuse et une bouffée de rêve surréaliste, teinté d’un voile métaphysique qui rappelle dans l’esprit la poésie d’un De Chirico, laquelle dicte le ton à l’ensemble de son œuvre. Un ton où la poésie de son être imprègne le mystère du moment.

François L. Speranza.

© Copyright 2013

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Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, administrateur général d'Arts et Lettres

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Commentaire de Pâques Marcellle le 19 novembre 2013 à 20:24

Sublime !

Chaque œuvre raconte une histoire ...

Commentaire de Lansardière Michel le 28 mars 2013 à 19:36

Un théâtre de l'imaginaire qui ouvre son rideau sur un monde sensuel

Commentaire de Suzanne Walther-Siksou le 28 mars 2013 à 19:31

Remarquable initiation à la  peinture de Françoise Clercx!

Les tableaux exposés révèlent un style inimitable. Ils sont emplis de lumière et de poésie.

Merci pour ce partage.

Commentaire de Suzanne Walther-Siksou le 28 mars 2013 à 19:27

Admirable initiation à la peinture de Françoise Clercx!

Les tabeaux exposés sont remarquables, d'une beauté lumineuse, poétique.

Merci pour ce partage.

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