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Daniel LEDUC
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écrivain, poète, humaniste. Site officiel : www.harmattan.fr/daniel-leduc
Les chemins vont et viennent

Les chemins vont et viennent sous mes pas,
et des traces de suites laissent leurs empreintes
sur les murs de ma mémoire offerte aux ombres
qui se déversent d’un ciel sans âge et sans limites.
Je suis né à mi-hauteur d’un siècle
dont les persiennes claquent encore aux vents
comme autant de focs et de haubans
geignant de cette solitude des Hommes,
de ce fracas des corps contre la cage du temps.
L’ascenseur qui nous élève comme nous grandit le soir
l’ascenseur nous vrille dans cette spirale
qu’est l’apparence des heures sur le cadran inox ;
nous voilà cette aiguille qui perce et qui domine
tout en se pliant sous le poids du gel
dont l’hiver a saupoudré tous nos printemps.
Je ne meurs qu’une fois dans mon haleine
lorsque mes mots s’essoufflent sous le sang
que des guerriers ont projeté comme des pierres.
Je ne meurs qu’en me disant. Mais je renais plus fort
chaque fois que mon mutisme chancelle
face aux pantomimes de ceux qui nous gouvernent.
Le pouvoir n’est qu’un verbe qui se voit au présent
et que d’aucuns conjuguent comme on jugule le vent.
Le pouvoir est ce fumet qui flambe de la cendre illusoire.
Trop longtemps j’ai marché sur des doutes
qui ressemblaient à des vertiges, trop longtemps.
Il y a parmi les aubes de ces flambeaux obscurs
qui font de la nature un ruissellement
sur la sécheresse du monde ; de ces percées,
au plus dur de l’existence, qui affleurent
donnant de la clarté aux mansardes les plus ternes ;
de ces bousculements sur l’inertie des jours ; de ces voiles
qui se déchirent, avant même d’être tissés ; il y a
de la suée sur l’aube, comme un travail fécond
qui draine les terres les moins fertiles, les espaces
les plus vastes au cœur… de nos interstices les plus brefs ;
il ya de la mesure, dans l’infini de l’aube.
Du pied, j’écarte les mottes de terre. J’avance en claudiquant.
Je reconnais les creux à ce qu’ils nous retiennent
dans la marche vers le soir. Je reconnais les ombres.
Et ma vie s’étire, en des branches, circonspectes…
Les oiseaux nous préviennent des heurts
avec le temps. Qui parle de progrès lorsque meurent des enfants
par manque, loin du souci des ventres, bidonnants ?
Qui parle de l’humanité de l’homme, des portes qui s’ouvrent
sur ces contrées désertes croit-on, sur ces grincements de dents ?
Je relie sans cesse le regard et le livre, le contour
et la réfraction. Je relie, sur une paume tournée vers la mer –
de là où nous venons, sans cesse. Où nos corps se pensent,
agités par la marée du monde ; par le liquide amniotique,
pansés ; par toutes les eaux qui les composent, où nos corps
se dépensent. Je relie la fibre, et le fil qui nous retient
à peine. Les oiseaux s’inscrivent entre la terre et le ciel,
nous dévoilant la danse entre deux eaux. Chaque être
est un oiseau, lorsque immensément de l’à-foison
il se délivre, abandonnant ce qui pèse sur le vide ;
de ses propres plumes goudronnées de fiel, se dépouillant –
volatile. Les oiseaux nous préviennent. Et nous volons vers
l’absurdité de nos propres cloisons. Nous volons
ce que la terre nous cède, à son corps défendant…
Dans mes pensées les arbres s’enracinent,
prégnante fluidité de sève, le bois s’articule dans les os ;
mes nerfs ne sont que fibres, tendues vers le faîte
où s’effacent les nuages ; le ciel est cette page
que l’univers feuillette infiniment ;
je me reconnais dans le fruit qui féconde…
Là-bas la ville, regardez comme elle bourdonne ;
comme ses pierres chuintent, saisies dans le ciment des jours ;
regardez ces vibrations, faites de la peau
et du regard des Hommes. La ville est un roulement – virevoltant.
Les oiseaux s’inoculent des distances, et nous frayons, fragiles
entre leurs chants. Je reconnais la brise. C’est elle qui rompt
silence et lacune. Je reconnais la tourbe, sur ces plateaux brumeux,
imbibés de tant de siècles aux eaux – déracinées du ciel.
Plus loin la ville s’électrise, du mouvement perpétuel ; en son
sommeil, est une autre clarté. Sont d’autres moissons. Les oiseaux nous en
chantent. Ce que les pneus briquent le bitume ! la ville s’écrase
sous la torpeur de ses propres frottements. Je reconnais
l’usure. L’espacement des vertiges. Les oiseaux portent
ce qu’abandonne la brise. Je ne reconnais pas le gong
des cathédrales, ni celui des serments ; celui du tonnerre
sur les peuples migrants ; je ne reconnais pas les murs,
ni leurs pierres qui fractionnent ; césure, sépare-toi de ta coupe !
trop creuse pour être pleine. Je reconnais les friches,
ce qui peut y croître. Les oiseaux créent la graine
dont se nourrissent l'attente, et le désir, son frère. La ville
mugit encore. Je reconnais son souffle… D’ailleurs la pierre
n’est-elle pas l’effluve de ce qui dure en s’émoussant ?
Ton corps allonge mes latitudes, oriente ma boussole, desserre mes étaux. J’emprunte la voie des navigations secrètes, où la carte ne saurait être ni tracé, ni territoire (tu te plonges dans des spasmes neigeux autant que peuvent l’être les blancheurs des cimes). Ton corps découvre ce qui pourrait se taire ; je prends racine dans le moindre geste, qui t’échappe. Il y a des mots avec lesquels on s’efface ; d’autres, dont la résonance nous fortifie. J’écoute ce que parle ton corps. Plus nue que toi / est l’existence.
Avec la ville, les formes s’exaspèrent. Les toits se dessinent comme prolongements du ciel.
À la terrasse d’un café, j’allume le regard, faute de fumer avec les diables. Des SDF s’en prennent à la froideur. Peut-être y aurait-il des mains pour se tendre ? J’abandonne les mots, le silence est un acte…
Les chemins vont et viennent. Je suis né à mi-hauteur. L’ascenseur qui nous élève. Je ne meurs qu’une fois. Je ne meurs qu’en. Le pouvoir n’est qu’un verbe. Le pouvoir est ce fumet. Trop longtemps. Il y a parmi les aubes
de la mesure dans l’infini
vers la marche du soir

Daniel LEDUC



Je souhaite dédier le texte suivant à mes amis libraires ainsi qu'à tout être qui, de près ou de loin, a pâti des méfaits de la guerre. DL

LA GALAXIE GUTENBERG

« Le monde est un village global. »
« Le contenu d'un médium est toujours un autre médium. »
« Nous regardons le présent dans un miroir rétroviseur. »
Marshall McLuhan


Le libraire n’est-il pas un convoyeur de mots, quelqu’un qui protège et fait passer d’une rive à l’autre la pensée des Hommes ?
C’est ce qu’Arnaud se dit lorsqu’il doute de lui-même. Et en ces temps d’incertitude économique, ça lui arrive fréquemment de douter. De désespérer même.
Mais il lui suffit de regarder une pile de livres, de toucher une couverture, de palper le papier encore tendre pour se sentir rasséréné. Il se sait alors investi de cette noble mission de passeur de mots. Et comme un tremblement érotique le surprend.
La Clef des Livres, c’est son univers ; cette librairie qu’il a créée de toutes pièces, dont la mécanique est faite de transmissions, d’échanges et de relais. Un lieu convivial avant tout, voilà ce qu’il souhaite ; et c’est ainsi qu’on s’y retrouve, non seulement pour chercher trouver acquérir un livre, mais aussi bien pour discuter, se donner rendez-vous, boire un thé, ou simplement se sentir moins seul(e). C’est un lieu de passage où l’on s’attarde, avant de reprendre le train-train quotidien. Comme une gare de voyageurs immobiles.
Arnaud aime les livres, comme il aime les gens. D’ailleurs, les uns ne proviennent-ils pas des autres ? Et quelle différence entre une œuvre et une vie ?
Chaque journée lui apporte son lot de petites joies et de petites surprises. Chaque livre qu’il reçoit a sa propre histoire, sa propre autonomie. Parfois c’est une révélation, au sens photographique du terme. Quelque lumière qui se cristallise dans les mots. Alors Arnaud s’illumine, son cœur bat plus fort. Il respire le bonheur.
Les rencontres, il y a les rencontres aussi. Celles qui sont fugaces ; celles qui s’imprègnent ; celles qui deviennent récurrentes, qui ponctuent la monotonie du temps. Par exemple : la rencontre avec cet homme qui déclare être un oiseau et qui, désespérément, cherche dans les ouvrages d’ornithologie à identifier l’espèce à laquelle il appartient ; ou bien la rencontre avec une prostituée férue de psychologie animale qu’elle applique à ses clients ; ou encore la rencontre avec cette vieille dame, aussi seule qu’un mirage, qui chaque jour franchit le seuil de la librairie, prétextant qu’elle a perdu son chien et que celui-ci n’a pu se réfugier que dans les livres. Bien sûr il y a d’autres rencontres : avec des gens bien moins sérieux : des notaires, des pharmaciens, des banquiers… des politiciens, même. Cependant la rencontre qu’affectionne plus que tout Arnaud, c’est celle avec le destin (c’est ainsi qu’il nomme la chance). Et c’est bien lui, le destin, qui lui a fait connaître Lucie.
Un jour de pluie, de grisaille, de pauvreté lumineuse ; Lucie entre, et tout s’éclaire. Arnaud ne voit plus qu’elle.
Elle l’interroge :
— Vous êtes le Directeur ?
— Le libraire, oui.
— Puis-je vous parler, alors ?
— Je vous écoute.
— Voilà. J’ai écrit un livre racontant la vie de mon arrière-grand-père. Il a fait la guerre de 14-18, il en est revenu amnésique. C’est non seulement l’histoire d’un homme, mais celle de toute une génération plus ou moins sacrifiée, ce livre. Cependant, il a été refusé partout. Je l’ai autoédité alors. Et je propose aux libraires d’en prendre quelques exemplaires en dépôt. Voilà.
Elle lui tend l’ouvrage.
— D’accord, je vais en prendre connaissance ; je vous ferai savoir ma décision. Revenez dans huit jours.
Lucie, distraitement, remercie.
Le soir même, bien que rompu de fatigue, Arnaud se saisit de l’ouvrage.
Il se dit qu’en lisant l’incipit et la fin du livre, il se fera une juste opinion du style et de l’arôme ; qu’ainsi, il pourra soupeser l’ensemble :
Il y a un commencement à tout, même à l’oubli. C’est pourquoi cette histoire, faite de pleins et de vides, n’a ni début ni fin. Elle s’inscrit dans la mémoire des Hommes, avec les mêmes empreintes que des pas sur du sable mouvant.
…/…
Guerre, c’était ce mot qu’il cherchait, là, au fond de sa mémoire, entre des histoires d’hommes et des histoires d’amour. Cet effroyable mot, qui avait causé, sinon sa perte, du moins d’irrémédiables failles. Au fond du cœur.

Arnaud sait à présent qu’il tient quelque chose. Il s’endort, paisible.
Comme convenu Lucie repasse la semaine suivante ; regard interrogateur.
— Je vais vous prendre dix exemplaires pour commencer. J’ai survolé votre ouvrage, il me paraît excellent. Je le lirai plus tard…, entend-elle.
Lucie se demande ce que veut dire "survolé", "excellent", "plus tard". Elle se demande aussi pourquoi ses jambes flageolent. Pourquoi la voix d’Arnaud résonne en elle ? Pourquoi ?
Arnaud ne se demande rien, il sait : c’est le destin.
C’est comme dans un livre ouvert, il lit sa chance, là, devant lui.
Il parle :
— Je voudrais vous dire… Il faut qu’on se revoie… Demain… Vous êtes libre demain soir ?
— Demain soir, oui.
Voilà, avec si peu de mots, que l’on noue le destin (que l’on saisit sa chance). Peu devient considérable, pourvu qu’on y prête attention. Et les jours ont la saveur des peu de chose.
Arnaud et Lucie deviennent amants. Comme deux tomes d’un même livre.
Il y a moins de trous dans leur vie, moins de poussière.
Ils se voient chaque fois qu’ils s’aiment. Ils s’aiment en se voyant.
Le livre de Lucie, Arnaud, un soir de solitude (où se trouve-t-elle ?), Arnaud décide de le lire entièrement.
Il se couche. Prend l’ouvrage. Plonge dedans.
Les derniers mots, il les connaît. Par cœur peut-être :
Guerre, c’était ce mot qu’il cherchait, là, au fond de sa mémoire, entre des histoires d’hommes et des histoires d’amour. Cet effroyable mot, qui avait causé, sinon sa perte, du moins d’irrémédiables failles. Au fond du cœur.
Arnaud pose le livre sur la table de nuit. Il tremble. Non : il frissonne. Le sommeil le saisit dans cette palpitation.
Des corps, comme des pierres. D’autre corps, gémissant, dans la boue ; les barbelés, les trous d’obus, la merde et le sang. Français, Allemands, il n’y a plus qu’une chair déchiquetée par la démence. La mort n’en demande pas tant. La mort est écœurée des Hommes. Pour peu, elle quitterait la vie, définitivement, la mort…
Lorsque Arnaud se réveille, une pluie fine assombrit le ciel qui perce par la fenêtre. Une migraine assombrit son regard.
Il étire ses muscles pour mieux se sentir vivre.
À côté de lui, il sent une présence. La couverture troussée, un livre est ouvert. C’est celui de Lucie, qui repose, comme un oiseau fragile.
Le temps. C’est lui qui change.

Daniel LEDUC
(Aux Fils du temps (office du temps), nouvelles
Editions L'Harmattan, 2009
)



L'INFINI DES FORMES

Le balbutiement des heures, c’est cet instant où la ville est en sommeil, tout en ne dormant pas. La lumière se courbe, les ombres sont incisives, des silhouettes échappent, de quelle chimère ? Les chats, dans leur secret, observent une abstinence. Cet instant, où la durée, sursaute.
Je connais bien ces ombres ; cette chaleur d’entre les cuisses ; ce marmottement, incongru, du silence…
C’est là, tu me recueilles ; les feuilles des trembles ne frissonnent plus ; c’est la chair, qui chancelle.

La ville s’étire, par delà ses limites. Des quartiers débordent, où l'ardeur fustige. Dans mon cœur,
j’ai quelque écho
de cette sourde
fièvre.

D’où proviennent ces bourrasques, que l’on n’entend qu’après ?
Et ces rafales, qui tournoient tout, surgissent-elles des ornières ?
Je serre ma peau, seul capital, contre ton souffle ;
« il est urgent d’attendre », remarques-tu,
les yeux rivés
sur l’infini des formes.


Daniel LEDUC
(Geste(s) du jour)



QUAND LE CONTEUR SE TAIT

Quand le conteur se tait, il aime ses mots, il aime son rêve, et le rêve de ses mots. Quand il se tait, le silence raconte l’invisible, le temps devient une étoile. Mais quand le conteur parle, la nuit se vêt de sortilèges, la forêt se peuple de légendes, l’oiseau s’élève au-dessus de son chant, au-dessus de son vol. Quand le conteur parle, la vie se raconte infiniment.
Chacun écoute dans le secret de ses propres fantômes. Chacun perçoit l’ailleurs qui est en lui, cet ailleurs que la lumière voile et que la nuit démasque, ce no man’s land de toutes les insomnies.
« La réalité est dans le cri du silence, autant que dans le silence des mots » avait dit un nomade, au croisement de deux pistes. Et le conteur libère toute réalité. Il transfigure le songe, lui donne corps et merveilles, en fait un présent plus réel qu’une offrande, de telle sorte que la nuit devient jour, et que le jour se coule dans une éternité.
Quand le conteur s’assied à même le sol, les enfants l’entourent dans un bruissement de rêves, et leurs sourires sont une invite à la féerie des temps, au mystère des origines.
Les enfants, ce sont eux qui révèlent le conte, comme on révèle un secret ou l’amour d’un secret. Ce sont eux qui président à l’élection du futur, eux qui ensorcellent la magie même des mots.
Des enfants, le conteur en est l’ancêtre, le frère, le fils, et le disciple. Il en est la face éclairée du sommeil. Le théâtre d’ombres de leurs regards brûlants.
Les mots s’organisent comme le sable du désert qui crée des dunes sous l’impulsion du vent. Ils cachent des serpents ou des scorpions de sens qui s’insinuent dans les neurones et stimulent les nerfs de l’émotion. Ils s’abreuvent de la clarté autant qu’ils s’assouvissent de profondes légèretés. Et leur poussière est trace indélébile sur le parchemin du temps. Les mots, sans cesse, recréent l’espace perdu dès la naissance, pour que la mort ne soit que vertige du vivant, pour que la mort ne soit que vie du vivant.
Et le conteur écoute cette clarté des mots qui ensoleille le crépuscule. Il écoute ce qu’il parle ; il parle ce qu’il écoute ; il entend le souffle de la recréation des mondes ; il entend.
Le conteur, qui est voix des solitudes, pose son regard sur chaque être, dans la profondeur de la voyance nocturne. Il parle ce qu’il voit au tréfonds des abîmes – comme on parle ce qu’on est, non de ce qu’on est. Ainsi transfiguration devient-il synonyme de magique, fugace s’articule-t-il avec merveilleux et flambant.
Le conteur, qui est voix des solitudes.
Il se penche sur son passé. Il exhume une cohorte de mots, de syllabes et de lettres ; et des pantins se dressent devant ses yeux fauves ; et l’enfance rejoint le pays d’où l’on ne revient pas ; et des gnomes, des fées et des lutins font une ronde sur ses lèvres fanées ; et le miroir se brise face au rire du destin.
Le conteur, voix des solitudes.
Il s’imagine n’imaginant plus rien ; comme une absence, une caresse ; une eau transparente et pure qui serait la source des mots et l’estuaire du silence et des mots.
N’imaginant plus rien.
Le conteur qui se tait parle d’autre chose. Il invente l’incertitude des pas sur la terre des ancêtres. Il exhorte le nomade à voyager en lui, et l’oiseau, à voler immobile. Il exhorte la femme à devenir l’oiseau qui caresse de son chant la douleur et le champ de l’absence. Il exhorte la femme à devenir oiseau.
Et la femme devient.
Elle devient ce qu’il faut taire pour entretenir le feu de l’amour ; que les braises soient les baisers, et le souffle, les années de tendresse. Que le monde s’arrondisse à la proximité des seins, et des cuisses, et du moelleux de l’âme. Que le monde se raconte. Et le conteur
écoute. Patiemment. Le monde. Qui se raconte :
« Né d’un éternuement et d’une éclaboussure, je suis un monde qui ne tourne pas rond. Mes parents sont morts bien avant leur naissance, aussi ai-je vécu bien avant d’être en vie. Et je porte sur ma peau des milliards de brouillards d’électrons qui se font appeler Hommes. Et je porte l’amour et la haine, et leurs contraires, et leur saveur de fièvre et de poison. Mais je suis Le Monde, et l’espérance du monde. Et le jour est ma lumière ; et la nuit transmet mes vérités. L’enfant devient l’oiseau ; la femme devient le nid ; l’homme cherche la fragile éternité de l’autre – et sa propre espérance. Et je suis le monde, et l’espérance du monde. Je m’offre à qui s’offre en partage ; je me refuse à qui me nie. Je suis le monde ; le foyer du geste ; la geste du verbe. Et je me crée en me criant, en éructant la vie. »
Et le conteur écoute. Et parle-et-pleure. Et rit. Il est ce monde qui se raconte.
Il est le pas du nomade immobile.
Par lui, les enfants se retrouvent dans le ventre de la Terre ; les enfants symbolisent leur toucher des autres, et leur toucher des formes impalpables ; les enfants s’envolent vers des contours nébuleux et fragiles qui font et défont les cercles imaginaires.
Le conteur est la jeunesse du monde (entendre aussi la genèse du monde) ; il est l’éternité (entendre aussi la permanence). Il hait l’éther mité.
Le conteur, voix des multitudes, qui affronte les marges, qui affronte l’impensée la pensée humaines, le miroitement olfactif et sonore des mots dans leur souffle salé ; le conteur qui s’affronte à lui-même par le manque de vérités. Qui se liquéfie dans la pierre de l’instant. Qui se couvre d’un linceul – sous lequel la mort se vautre dans un perpétuel langage – de vie, d’essence – d’eau, de feu – d’élan vers l’ailleurs qui est ici – comme le sommet – est dans l’abîme…
Le conteur passe les jours comme se tamisent les mots.
Il prend l’amour par la main du secret, lui fait traverser la rigueur et l’hiver. Il prend l’amour pour le multiplier, le partager comme un pain de misère. Le partager avec le fil des mots. Au fil des jours tramés par la mémoire. Par la voix de toute solitude. Le partager, par la voix de toute solitude.
Et le conteur, un jour, s’en va. Suivi de sa compagne. Qui ne dit rien, qui ne voit rien, qui n’entend rien.
Suivi de sa compagne. Le conteur marche comme on se quitte.
Avance vers lui-même comme on s’exile.
Avance
vers lui-même
comme on s‘exile…

Daniel LEDUC
(Le Livre de l'Ensoleillement)



L’ARPENTEUR

Faire les cent pas, savoir que le cent-unième sera le franchissement du Rubicon, qu’il faudra s’y résoudre, que la vie est un pied posé sur des charbons ardents, savoir naître enfin, n’être qu’une bouffée sur des braises, qu’un sifflement au cœur du feu.

Devant l’horloge de la gare je fais les cent pas, en attendant quelle aventure ? Est-ce une femme que j’attends, ou le départ d’un train en direction d’Istanbul ? Ne serait-ce pas le passage, que j’attends ? Le passage, et son train d’insouciance ? Ces heures qui passent, alors que fiche le camp ?

Il a pris la direction du soir, le vieillard qui arpente. Et ses pas prennent la mesure de chaque courbe des angles, de chaque angle du cercle. Ses regards se posent, aussi. Et le repos, est une demeure qui tremble.

Je ne marcherai plus. À la mesure, de ce qui se dit, tout là-haut, sur le siège. En estimant que le pouvoir, déforme la quadrature du cercle. Que les règles sont gauchies, à seule fin de s’insinuer dans les consciences. Que l’arbitraire, aussi, devient la règle. Et qu’arpenter, nous fait tourner en rond. Je ne marcherai plus. Non !

Le pas de porte, c’est ici où commence l’arpentage ; où la topographie s’instaure ; le relevé des sources, c’est ici. La mémoire s’ouvre, comme une porte, pivote, comme une porte, grince, comme une porte… Et l’on entre, à pas de loup, dans un poulailler en désordre. De la capture ou du souvenir, lequel est le premier ? De l’œuf, ou de la poule… ? Et de l’univers, et de l’infini – lequel ?

Arpentant mon sommeil, je me retrouvai dans un grenier rempli d’objets et de poussière. J’ai tenté d’ouvrir une malle, le couvercle était trop lourd ; et des toiles d’araignées ont chuté en cascade sur mon front ; le temps avait une odeur persistante et caduque. À mon réveil, la pluie ressemblait à une fine poussière, dépoussiérée.

La marche qu’il faut gravir, vaut-elle la marche, qu’il nous faut accomplir ? Et de la senestre à la dextre, voit-on les pourtours du chemin ? Que saisit-on, de la triangulation du voyage ? La route, faudrait-il qu’elle se déroute, pour qu’on l’empruntât, pour de bon ?

Je ne mesure pas la distance parcourue ; je veille à ce qu’elle m’échappe ; comme un serin qu’on libère de sa cage ; qui explore les nuages ; et le chant.

La nuit ne se révèle pas par l’obscur, mais par la cadence des étoiles. C’est un rythme sourd, une pulsation haletante, que cet univers, incommensurable. Seule l’imagination pourrait l’arpenter, si tenté qu’elle ne se limite pas à elle-même.

Faut-il que je me heurte à mes propres cloisons, pour pouvoir échapper à moi-même ? N’y a-t-il pas d’autre mesure que cette chaîne d’arpenteur, à laquelle se fixe la conscience – telle une chienne farouche, prisonnière de sa corde ?

Un arbre, une source, quelques arpents de terre, voilà de quoi planter sa tente, demeurer dans la mouvance des heures – prendre la mesure de chaque chose. Savoir que rien ne peut être jaugé, sans son poids de contingence.

Je viendrai, certes, je viendrai où il faut que je vienne… mais par des chemins de traverse, par des voies secondaires, par les marges sans lesquelles aucune ligne ne se trace ; par des passes détournées, des pistes recouvertes, je viendrai, où il faut que je vienne… Et puis. Je décamperai !

L’étranger, où est-il ? L’étrangeté, où est-elle ? Qui passe, devant nous-mêmes ? Qui nous retient ? Et nous, nous tous, ne sommes-nous pas étranger – cet autre, qui arpente dans ses propres combles ? Ne sommes-nous pas l’inconnu(e), sur un temps qui s’ignore ?

Daniel LEDUC



CIELS D’YPNOSE

1
Tu t’appuies sur le tronc d’un chêne –
ton écorce
recouvre-t-elle
la nuit ?
À la lisière de l’aube
les lumières de la ville se confondent
avec le miroitement du ciel.
Tu t’appuies sur ton ombre –
n’y a-t-il d’enveloppant
que ce qui fuit ?
Tes gestes, là, sur cette parcelle de terre…
voilà des branches
agitées par
quels intervalles ?
La ville se reconnaît
aux échos qui la propagent.
Dans quelle vibration
t’enfonces-tu ?
Avec
quelles autres
veines ?
Les réverbères sont des
fûts /
remplis d’étoiles.

2
Sur ma tasse de thé
un nuage de lait dans le ciel.
Sur ma fenêtre
un autobus klaxonne
en direction du soir.
Sur d’autres temps
la neige se balance,
la ligne téléphonique
oscille –
ta voix pénètre,
qui ne traduit que quelques mots
caduques.
Combien de temps
de silence entre nous ?
Toujours
nous sommes à la périphérie des choses,
à pivoter sur
nous-mêmes.

3
« Les saisons mijotent dans la marmite »,
j’ai entendu cela ;
mes pas traînent
des algues
sur la grève ;
un cassoulet m’attend
comme m’attendent ton rire
tes varechs dans les mots.
La radio crépite
ainsi qu’autrefois ;
elle se suspend
– peut-être –
avant
que tu ne dises.

4
Il y a de la brebis dans le ciel,
du renard
dans l’horizon.
Le creux mange la terre,
où nous danserons tantôt.
J’ai sorti les poubelles
pleines de portes à claquer.
Tonnerre.
La percussion / battante.
C’est le trou qui nous parle de la guerre.
Absence
détonant

5
Faudrait-il écouter
tous les regards palabres,
tous les regards
taiseux –

Daniel LEDUC

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Mur de Commentaires(10 commentaires)

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Le 18 juillet 2012 à 8:08, Dominique Prime a dit...

Bienvenue sur ce site de partages

Le 25 mai 2011 à 6:00, DUMO (Dominique Dumont) a dit...

Des textes qui nous emmènent  sur les traces d'un quotidien et qui est ensuite revisité. On se laisse emporter par la musicalité des mots et des rythmes des phrases plus ou moins longues. Une errance subtile parce qu'il y a un besoin d'exister dans les "regards palabres et taiseux" sur la vie et les autres. C'est fluide et palpable en même temps.

J'aime bien votre écriture.

Le 6 mai 2010 à 22:43, Margot a dit...
bonjour
très beaux textes
bravo j'en suis incapable
Le 31 mars 2010 à 22:34, Winandy Catherine a dit...
J'ai été envoutée par le texte de votre vidéo...extraordinaire...merci de nous donner à entendre de si belles choses!
Catherine
Le 31 mars 2010 à 10:31, Pascale Eyben a dit...
"Il court toujours

dans les faubourgs

du songe

et de la vie."
Ces mots du vent écrits par vous, dans "Ballade pour le vent" sont très sensibles, évocateurs...
Merci! Un ode à la Nature que beaucoup d'entre nous aiment particulièrement.
Le 31 mars 2010 à 10:23, Pascale Eyben a dit...
Merci pour vos textes et poèmes qui ouvrent les portes à l'imaginaire d'un poète fécond et qui manie les mots avec subtilité, couleur et musicalité. Je découvre vos oeuvres avec grand plaisir et intérêt.
Merci pour votre invitation au nombre de vos amis.
Amicalement,

Pascale Eyben
Le 31 mars 2010 à 10:14, Kristeen Van Ryswyck a dit...
Je viens d'aller visiter votre site ..... tous vos mots à découvrir, une perspective de bonheur ..... merci
Le 31 mars 2010 à 10:03, Kristeen Van Ryswyck a dit...
Bienvenue parmi mes amis Daniel .Je viens de vous lire pour la première fois et je me suis perdue dans vos lignes avec ravissement. J'aime votre écriture. Pour ma part je n'écris que les mots de mes émotions et les fais rimer au chant de mon âme .....poète peintre ou peintre poète ....selon votre propre désir, selon votre propre plaisir ....
Le 31 mars 2010 à 9:30, Nadine Lejeune a dit...
Mon écriture est de sensations,
De caresses intellectuelles,
De frissons imaginés.
Je ne raconte pas d'histoire,
Je n'ai pas la science de l'énigme
Ni la vision d'autres vies, dans d'autres lieux.
J'aime partager mes émotions,
Mettre des mots sur les couleurs qui me font vibrer.
La poésie est dans la musique que les mots laissent au cœur!
Je suis souvent étonnée, quand je retrouve ma page,
Le matin d'une nuit sans heure.
Suis-je l'auteur ?
Quelle est cette autre main qui me guide?
Cette écriture me vient sans la chercher,
Les mots sont dociles,
Ils se laissent aller à me séduire à retardement,
Je ne les retiens pas
Je ne les provoque pas non plus.

Nad
Le 31 mars 2010 à 8:59, Nadine Lejeune a dit...
Bonjour et merci de m'inviter dans votre univers poétique.

Nadine
 
 
 

                L'inscription

et la  participation à ce résau

   sont  entièrement grauits.

       Le réseau est modéré

Les rencontres littéraires de Bruxelles

Le projet est lancé le 28 mars 2017. J'y ai affecté les heureux talents de Gérard Adam pour mener ce projet à bonne fin

Billets culturels de qualité
     BLOGUE DE              DEASHELLE

Quelques valeurs illustrant les splendeurs multiples de la liberté de lire

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza, attaché critique d'art du réseau Arts et Lettres. Ces billets sont édités à l'initiative de Robert Paul.

ABSTRACTION LYRIQUE - IMAGE PROPHETIQUE : L'ART DE KEO MERLIER-HAIM

DE L’ABSTRACTION DES CORPS : L’ART DE DEJAN ELEZOVIC

L'IMAGE DE LA FEMME DANS LA MYTHOLOGIE D'ARNAUD CACHART

L’IDEE, ARCHITECTURE DE LA FORME : L’ŒUVRE DE BERNARD BOUJOL

LE THEATRE DES SENS : L’ŒUVRE D’ALEXANDRE PAULMIER

DU CIEL INTERIEUR A LA CHAISE HUMAINE : L’ŒUVRE DE NEGIN DANESHVAR-MALEVERGNE

VARIATIONS SUR LE BESTIAIRE : L’ŒUVRE DE ROBERT KETELSLEGERS

ELIETTE GRAF ENTRE POESIE ET MAGIE

COULEURS DE MUSIQUE, MUSIQUE DES COULEURS : L’ART DE HOANG HUY TRUONG

REFLETS D’UNE AME QUI SE CHERCHE : L’ŒUVRE DE MIHAI BARA

LE SIGNE ENTRE PLEINS ET VIDES : L’ŒUVRE DE CHRISTIAN GILL

ENTRE LES SPHERES DE L’INFINI : L’ŒUVRE D’OPHIRA GROSFELD

PAR-DELA BÉATRICE : LE DIALOGUE DE CLAUDIO GIULIANELLI

DE L’ESTHETIQUE DU SUJET : L’ART DE JIRI MASKA

 

 ENTRE REVE ET FEMINITE : L’ŒUVRE DE CHRISTIAN CANDELIER

DE L’ORDINAIRE COMME ESTHETIQUE : L’ŒUVRE DE YVONNE MORELL

QUAND 

SURREALISME ET HUMANISME EXPRIMENT L’ŒUVRE D’ALVARO MEJIAS

UN THEATRE DE COULEURS ET DE FORMES : L’UNIVERS D’EDOUARD BUCHANIEC

CHRISTINE BRY : CAVALCADES AU CŒUR DE L’ACTE CREATEUR

QUAND LE MYTHE S’INCARNE DANS L’ART : L’ŒUVRE D’ODILE BLANCHET

D’UN SURREALISME L’AUTRE : LES FLORILEGES DE MARC BREES

DE LA TRANSPARENCE DE L’AME : L’ŒUVRE DE MARIE-CLAIRE HOUMEAU

VERS UN AUTRE SACRE : L’ŒUVRE DE RODRIGUE VANHOUTTE

traduit en espagnol via le        lien en bas de page

     http://bit.ly/29pxe9q

LE SIGNE ENTRE LA CULTURE ET LE MOI : L’ŒUVRE DE LYSIANE MATISSE

DE LA MATIERE ENTRE LES GOUTTES DE L’ESPACE : L’ŒUVRE DE FRED DEPIENNE

FREDERIQUE LACROIX-DAMAS - DU PALEOLITHIQUE AU CONTEMPORAIN : RETOUR SUR L’ORIGINE DU MONDE

ENTRE SURREALISME ET METAPHYSIQUE : L’ŒUVRE DE GHISLAINE LECHAT

LA FEMME CELEBREE DANS LA FORME : L’ŒUVRE DE CATHERINE FECOURT

LA LIGNE ENTRE COULEURS ET COSMOS : L’ŒUVRE DE VICTOR BARROS 

CHRISTIAN BAJON-ARNAL : LA LIGNE ET LA COULEUR : L’ART DE L’ESSENCE

LE ROMAN DE LA ROSE : L’ECRITURE PICTURALE DE JIDEKA


MARTINE DUDON : VOYAGE ENTRE L’ESPACE ET LA FORME

TROIS MOMENTS D’UNE CONSCIENCE : L’ŒUVRE DE CATHERINE KARRER

CHRISTIAN KUBALA OU LA FORME DU REVE

L’ŒUVRE DE JACQUELINE GILBERT : ENTRE MOTS ET COULEURS

TROIS VARIATIONS SUR UN MEME STYLE : L’ŒUVRE D’ELIZABETH BERNARD

ISABELLE GELI : LE MOUVEMENT PAR LA MATIERE

L’ART, MYSTIQUE DE LA NATURE : L’ŒUVRE DE DOROTHEE DENQUIN

L’AUTRE FIGURATIF : l’ART D’ISABELLE MALOTAUX

CLAUDINE GRISEL OU L’EMOTION PROTAGONISTE DU MYTHE

VOYAGE ENTRE LYRISME ET PURETE : L’ŒUVRE ABSTRAITE DE LILIANE MAGOTTE

GUY BERAUD OU L’AME INCARNEE DANS LA FORME

LA FEERIE DE L’INDICIBLE : PROMENADE DANS L’ŒUVRE DE MARIE-HELENE FROITIER

JACQUELINE KIRSCH OU LES DIALOGUES DE L’AME

DU CORPS ET DU CODE : L’HERITAGE PICTURAL DE LEONARD PERVIZI

JACQUES DONNAY : ITINERAIRES DE LA LUMIERE

MIREILLE PRINTEMPS : DIALOGUE ENTRE L’ESPACE ET LE SUJET

STEPHAN GENTET: VOYAGE ENTRE LE MASQUE ET LE VISAGE

MARC LAFFOLAY : LE BOIS ET LE SACRE

FLORENCE PENET OU LA COULEUR FAUVE DES REVES

LE SURREALISME ANCESTRAL DE WILLIAM KAYO

CLARA BERGEL : DE L’EXISTENCE DU SUJET



GERT SALMHOFER OU LA CONSCIENCE DU SIGNE

ALFONSO DI MASCIO : D’UNE TRANSPARENCE, l’AUTRE

 

LESLIE BERTHET-LAVAL OU LE VERTIGE DE L’ANGE


TINE SWERTS : L’EAU ENTRE L’ABSTRAIT ET LA MATIERE


ELODIE HASLE : EAU EN COULEURS


RACHEL TROST : FLOATING MOMENTS, IMPRESSIONS D’INSTANTS


VILLES DE L’AME : L’ART DE NATHALIE AUTOUR


CHRISTIAN LEDUC OU LA MUSIQUE D’UNE RENAISSANCE


CHRISTIGUEY : MATIERE ET COULEUR AU SERVICE DE L’EXPRESSION


HENRIETTE FRITZ-THYS : DE LA LUMIERE A LA LUMINESCENCE


LA FORME ENTRE RETENUE ET DEVOILEMENT : L’ART DE JEAN-PAUL BODIN


L’ART DE LINDA COPPENS : LA COULEUR ET LE TRAIT DANS LE DIALOGUE DES SENS


CLAUDE AIEM : OU LA TENTATION DU SIGNIFIE


BOGAERT OU L’ART DE LA MYSTIQUE HUMAINE


MICHEL BERNARD : QUAND L’ART DANSE SUR LES EAUX


PERSONA : DE L’ETAT D’AME AU GRAPHISME. L’ŒUVRE D’ELENA GORBACHEVSKI


ALEXANDRE SEMENOV : LE SYMBOLE REVISITE


VERONICA BARCELLONA : VARIATIONS SUR UNE DEMARCHE EMPIRIQUE


FRANCOISE CLERCX OU LA POESIE D’UN MOMENT


XICA BON DE SOUSA PERNES: DIALOGUE ENTRE DEUX FORMES DU VISIBLE


GILLES JEHLEN : DU TREFONDS DE L’AME A LA BRILLANCE DE L’ACHEVE


JIM AILE - QUAND LA MATIERE INCARNE LE DISCOURS


DIMITRI SINYAVSKY : LA NATURE ENTRE L’AME ET LE TEMPS


FRANÇOISE MARQUET : ENTRE MUSIQUE ET LEGENDE


CLAUDINE CELVA : QUAND LA FOCALE NOIE LE REGARD


LES COULEURS HUMAINES DE MICAELA GIUSEPPONE


MARC JALLARD : DU GROTESQUE A L’ESSENTIEL


JULIANE SCHACK : AU SEUIL DE L’EXPRESSIONNISME MYSTIQUE


ROSELYNE DELORT : ENTRE COULEUR ET SOUVENIR


BETTINA MASSA : ENTRE TEMPS ET CONTRE-TEMPS

XAVI PUENTES: DE LA FACADE A LA SURFACE : VOYAGE ENTRE DEUX MONDES

MARYLISE GRAND’RY: FORMES ET COULEURS POUR LE TEMPS ET L’ESPACE

MARCUS BOISDENGHIEN: ETATS D’AME…AME D’ETATS : EMOTIONS CHROMATIQUES

 

JUSTINE GUERRIAT : DE LA LUMIERE

 

BERNADETTE REGINSTER : DE L’EMOTION A LA VITESSE

 

ANGELA MAGNATTA : L’IMAGE POUR LE COMBAT

 

MANOLO YANES : L’ART PASSEUR DU MYTHE

 

PIERRE-EMMANUEL MEURIS: HOMO LUDENS

 

MICHEL MARINUS: LET THE ALTARS SHINE

 

PATRICK MARIN - LE RATIONNEL DANS L’IRRATIONNEL : ESQUISSES D’UNE IDENTITE

 

CHRISTIAN VEY: LA FEMME EST-ELLE UNE NOTE DE JAZZ?

 

SOUNYA PLANES : ENTRE ERRANCE ET URGENCE

 

JAIME PARRA, PEINTRE DE L’EXISTENCE

Bruxelles ma belle. Et que par Manneken--Pis, Bruxelles demeure!

Menneken-Pis. Tenue de soldat volontaire de Louis-Philippe. Le cuivre de la statuette provient de douilles de balles de la révolution belge de 1830.

(Collection Robert Paul).

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