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Quand Molière rencontre la Comédie Kapel

Avec Les Fourberies de Scapin

 Scapin : Fourbe ou redresseur de torts ? Coquin de la dernière espèce ou joyeux luron ? On penche pour les deux ! Mais dans Naples, il n’y a pas de valet qui fut plus dévoué à son maître. Scapin brille de malice et de stratagèmes pour amadouer les pères rétifs, mais aussi pour commettre des actes pendables, mais finalement se faire pardonner son credo de la transgression ! Merci Sylvestre, ce grand Saint !

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Une version ni littérale ni de pur style littéraire, mais de celle qui vous fait vous rouler dans le bonheur du partage. Le mot clé ? Une totale spontanéité des 6 artistes et une réelle adhésion populaire de l’audience. Partant, une excellente pièce de théâtre, tout de même signée Molière (1671). Résultat : une salle hilare, des applaudissements nourris et des souvenirs plein la tête.

  

Le personnage principal, le rusé Scapin oscille entre l’Arlequin italien et notre très belge Tijl Uilenspiegel. Et ce n’est pas qu’une question de chapeau. Un élément d’ailleurs très bien exploité pendant la pièce. Costumes d'époque, cela fait toujours plaisir ! 

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Les personnages féminins, rassemblés en une comédienne fulgurante jouent les heureux mélanges : La jolie Zerbinette victime d'un rapt à 4 ans, libérée des cruels Egyptiens par l'intervention de Léandre, a un caractère trempé, contrairement à la sentimentale Hyacinthe, inquiète de l'avenir de son mariage avec Octave... on adore l’Egyptienne, bohémienne, diseuse de Bonaventure, chanteuse, manipulatrice et femme fatale dans ce monde ...où les mères ont disparu. 

 

 Cette comédie farceuse du XVIIe siècle mais bourrée d'anachronismes, moque en long et en large la figure du Père, qui se voit systématiquement critiquée pour ses insatiables abus de pouvoir. Pour preuve : deux pères ridicules qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau : avares, autoritaires, égoïstes, on finirait bien par les mélanger tant Molière voudrait nous rendre odieux ces parents qui veulent marier les enfants contre leur inclination. Grimaces, postures grotesques, on se régale de voir ces « chefs de famille » se faire berner par Scapin et compagnie. L’humour est mordant, jamais méchant, et les spectateurs s’en donnent à cœur joie.

 

Quant à Sylvestre, l’autre valet, il vole presque la vedette à Scapin, car on aime sa profonde bénévolence ! Les deux compères réussissent à faire alliance malgré le côté plus maléfique de Scapin et se trouvent sacrément complices presque jusqu'à la fin !

 

Trèves de bavardage, le comique de situation bat son plein. Avec force de coups de bâton, d'humour à la louche, et d’inversions de rôles. L'intrigue est bondissante, les mélanges linguistiques et imitations d’accents sont savoureux et l’ensemble est fort réjouissant. Fun ! Bernard Lefrancq avec ses airs de de Funès ? Sans compter le plaisir partagé, de part et d’autre de la rampe en coquilles Saint-Jacques, …d’avoir pu tromper les puissants paternels, vengé les maltraitances, conspué l'avarice, et peut-être, changé l'ordre des choses.

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Un valeureux casting s’est emparé de l’aventure : Benoît Strulus, Bernard Lefrancq, Colette Sodoyez, Marc De Roy, Cédric Lombard et Bertrand Lapièce. Ils ont sillonné joyeusement les routes de Wallonie et projettent de débarquer sans doute dans les écoles. On salue bien bas cette heureuse initiative qui célèbre le verbe, le cœur et la justice. Tout cela accompagné d'une équipe fort accueillante lors du spectacle CCWO. Et Vivent ces fiers saltimbanques, venus nous ébaudir à Wezembeek Oppem  pour un heureux 27 septembre!



 

 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

 

 

 Crédit photos: Aude Vanlathem

Au Centre Culturel et de Jeunesse de Wezembeek-Oppem

 Par la Comédie Kapel, troupe de théâtre professionnelle

Téléphone : 0479 /12 86 17
E-mail : comediekapel@gmail.com

 

 

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administrateur théâtres

Fugues et fougue en vogue à Rixensart

Le 25 septembre 2025, en l'Eglise Saint -Sixte, La 13e balade musicale de Rixensart a accueilli en ouverture de saison une jeunesse souriante, enthousiaste, galvanisée par sa complicité et son talent. «  Le talent, c’est l’intensité du désir» comme le dit Amélie Nothomb. Partant, une soirée exceptionnelle; de celles qui vous remontent le moral! Car des musiques sublimes rassemblent et conduisent à l’émerveillement.

 Donc, un jus musical de haute gamme et surtout, la présence de ce magnifique ensemble de cordes composé d’une bonne vingtaine de jeunes artistes: les « Young Belgian Strings» sous la direction d’un pétulant Dirk Van de Moortel. Créés en 2014 par ce très passionné Dirk Van de Moortel, Les Young Belgian Strings ne sout pas sans soutien, ils œuvrent sous le Haut Patronage de Sa Majesté la Reine.

Leur rutilant orchestre à cordes est composé de jeunes talents, diplômés ou étudiants, issus de tous les Conservatoires et Hautes Écoles de Musique de Belgique. Des francophones et des néerlandophones unis dans un bel esprit d’harmonie culturelle! C’est pour les musiciens sélectionnés l'occasion de se rencontrer, d'échanger leurs expériences, de parfaire leur apprentissage, pour se produire sur les plus prestigieuses scènes internationales. Ce travail vient en complément de la formation musicale dans leurs institutions, ce qui leur permet de se préparer à une future carrière dans de grands orchestres mondiaux.

Les YBS démontrent à l’évidence, que la musique est un langage universel sans frontière linguistique ou autre. Quel exemple! Les musiciens, dont la limite d'âge est fixée à 30 ans, sont sélectionnés lors d'auditions devant jury et restent en général 3 ans dans l'orchestre, qui se renouvelle ainsi naturellement. Le parrain? Devinez! Le très noble Lorenzo Gatto. Who else? 

Ils ouvriront la soirée avec la 13e symphonie pour orchestre à cordes de Mendessohn. Ces premières symphonies furent écrites entre 1821 et 1823, alors qu'il avait entre douze et quatorze ans. Décidément la jeunesse est à l’honneur ce soir! Et il y aura 21 facettes à ce diamant musical ce soir, de la brillance, des scintillements millimétrés, une énergie créative qui procure un incroyable un baume de jouvence. Voilà pour ce bouquet de mimosa musical au parfum envoûtant, mais où donc trouver la rose?

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 Il y avait aussi, lors de ce fabuleux concert, la présence annoncée de cette jeune personne, Mahault Ska, pianiste belge virtuose, déjà couverte de lauriers en dépit de son jeune âge, une vraie Alice au pays des oreilles… Toute sagement vêtue d’une longue robe de châtelaine d’un rose délicat et brillant, elle enchante d'emblée de sa présence presque surnaturelle. D’un autre temps? Ses longues boucles châtain coiffées en tresses moyenâgeuses accompagnent de façon muette le rythme de la fresque musicale qu’elle va donner, tandis que la magie de ses longues mains vous prendra par le cœur.

Nous voilà transportés dans le romantisme absolu de l’immense Concerto pour piano op. 54 en la mineur de Robert Schumann. Parmi le public, les yeux se cherche tant l’émerveillement est palpable! Elle nous joue cette œuvre mythique avec une force inouïe, logée on ne sait comment dans ses minces et frêles bras de jeune fille. La voilà transformée en …Clara au clavier. Sa frappe est tantôt décidée et franche; délicate aussi et par moments, faisant naître d’amples vagues déferlantes. Les cordes frissonnent. Il y a ce dialogue soutenu avec le premier violon, des promenades dansées avec l’orchestre, des allers-retours entre passion et fougue et des parenthèses poétiques intimes pleines d’émotion.

Entre les mouvements, il a le silence profond et respectueux de l’assemblée muette d'admiration. Les violoncelles et contrebasse ont leurs moments de gloire, cela pulse entre les tendres soupirs et larmes des violons. Le piano souligne les motifs et console avec ses longues phrases mélodiques. Le plaisir craquant des pizzicati marque le retour de la joie. Au point que la pianiste elle aussi, semble faire rire son clavier. Elle ose des pointes de légèreté et d’humour avant le retour de la gravité tonique et entraînante de l’œuvre. Le final est un déluge d’émotion, de joie conquérante. C’est d’une virtuosité effarante, on a le souffle coupé. Triomphe, la jeune fille n’en peut plus de saluer,  et on ne cesse de  la rappeler. 

Elle livre en cadeau les Jeux d’eau de Debussy, une mosaïque de couleur, et des séquences fracassantes dans une maîtrise parfaite et le contrôle absolu. Des trilles fulgurantes alternent avec des éclats de douceur et tout l’orchestre, subjugué, écoute debout, le ruissellement des notes de la soliste. À nouveau une salve de saluts, et elle se rassoit, pour un dernier bis qui s’échappe de ses mains et de ses doigts avec une vivacité et une agilité absolument fascinantes.

 

 «Een zalig Asturias» dirait-on sur les ondes de Klara! Le piano a disparu, place après la pause à trois œuvres espagnoles, crépitantes de vie. En commençant par l’œuvre phare et pleine de charme d’Albéniz qui a bercé tant de générations. Dirk Van de Moortel dirige avec force de gestes vifs et musclés, et ci et là, il lance des indications de légèreté destinées, on pourrait le croire, à des danseuses imaginaires dans un coucher de soleil qui n’en finit pas.

 Dans les deux œuvres suivantes, c’est l’évasion et le peps dans le rythme brûlant de danses hispaniques d'outre Atlantique. Le chef ose le déhanchement, la castagnette veille, le flamenco enivre, le tango s’invite, la joie est solaire. La gestuelle de Dirk est intense et souple, presque féline. Elle allume un sourire ébloui dans ses yeux. Les talons s’échauffent. Le rythme gagne les mains du public. Fuga con Pajarillo de Matheo Romero et Danzon de Arturo Marquès, des vocables qui vous font déjà... 

...fuguer à l’autre bout du monde.

 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

Liens utiles: 

ASBL Balade Musicale à Rixensart (BMR)

email : info@balademusicale-rixensart.be

Prochain concert?  NB.  les places s'envolent...

Le jeudi 23 octobre, 20:00 Au Centre Culturel, 38 Place Communale - 1332 Genval

reservation@balademusicale-rixensart.be

 

 

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administrateur théâtres

Une rentrée académique peu ordinaire à Namur!

Rentrée académique 2025-2026 de l’IMEP :

la fête des Voix et la splendeur des Tableaux

 Au grand manège de Namur

Ce 19 septembre, la rentrée académique de l’IMEP s’est ouverte sous le signe de la jeunesse, de la vitalité, de l’excellence et du généreux partage. Trois chœurs étudiants se sont relayés avec maestria avant de céder la place  au brillant orchestre symphonique de l’IMEP, dirigé pour la première fois  par un  ex élève D’AYRTON DESIMPELAERE : THIMOTHÉE GRANDJEAN.  Ce musicien talentueux  que nous avions découvert déjà aux Balades musicales de Rixensart, a offert  au public une soirée rutilante,  d’une densité musicale et émotionnelle rare, après quatre jours seulement de travail assidu avec l’ensemble de l’IMEP.  

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Après le vibrant accueil de Guido JARDON – Directeur général de l’IMEP, c’est dans un éclat de vitalité, digne du  Blaue Reiter, que le Chœur Pop de l’IMEP sous la direction de FLORENCE HUBY  a lancé la soirée. Sous sa direction enthousiaste, les voix étudiantes ont su conjuguer rigueur et énergie pour faire résonner dans l’allégresse des titres phares du cinéma musical contemporain. D’abord,  dans The Greatest Show extrait de The Greatest Showman (2017), le chœur a restitué toute la flamboyance de ce numéro d’ouverture qui célèbre la naissance mythique  de l’histoire du show-business. Dynamique, entraînant, porté par des rythmes pop parfaitement calibrés, l’ensemble a fait vibrer la salle  suspendue par une intense curiosité.  Ensuite,  I've got Faith, duo mythique de Stevie Wonder et Ariana Grande, écrit pour le film Sing (2016)! nous a fait mesurer l’aisance des étudiants à naviguer entre les styles, embrassant les sonorités soul et pop avec vivacité et naturel, sans perdre en précision vocale. L’IMEP démontre d’emblée sa force pédagogique : former des interprètes capables de briller dans des répertoires les plus variés. Car voici aussitôt l’académique. Avec Le Grand Chœur des étudiant·e·s  sous la direction DENIS SEGOND  en passe d’explorer deux univers de spiritualité et de lumière.

Chanté en latin, The Spheres, le premier mouvement de la Sunrise Mass d’Ola Gjeilo (2008), a plongé l’auditoire dans une atmosphère cosmique de sonorités a cappella éthérées d'une extrême justesse. Les voix, suspendues dans l’espace, semblaient venir d’ailleurs, comme si le Kyrie grégorien s’était dissous dans les sphères célestes. Une interprétation habitée, où la jeunesse éternelle a flirté avec l’infini. Quant au merveilleux Cantique de Jean Racine de Gabriel Fauré, composé par un jeune homme de vingt ans encore étudiant, on l’écoutait, les yeux fermés…  Quelle maîtrise de la clarté  dans  la ligne mélodique !  Interprété avec une grande sobriété, l’œuvre s’est élevée dans une lumière douce,  tout le long de l’immense  balcon surplombant la magnifique scène du Grand Manège de Namur. Un long éblouissement dans cette salle  à la splendide acoustique.   Evoquant déjà les contours du futur Requiem, le chœur en  a donné une interprétation aérienne, nuancée, ample et tendre, alliant exigence technique et  une très belle  profondeur expressive. Quel bonheur! 

Puis, surprise, on assiste à  la joyeuse entrée  des choristes du  Chœur des étudiant·e·s sous la  direction charmeuse de BENOÎT GIAUX. Ils pénètrent suer le plateau en  dansant  les premières notes de la valse la plus célèbre du monde : An der schönen blauen Donau. Question de célébrer  au passage le bicentenaire de la naissance de Johann Strauss II ? Ils vont faire la fête!  Arrangée pour chœur et piano, la pièce a retrouvé toute sa grâce viennoise, ce balancement si particulier où le deuxième temps s’avance un peu trop tôt et le troisième s’étire langoureusement. Les étudiants ont su recréer le charme du fleuve musical de Strauss, avec élégance et précision. Ce fut un moment de fête, une invitation à la danse, qui a laissé le public le sourire aux lèvres, la joie ou les souvenirs heureux au fond du cœur. Et après ce quatuor de délicatesse, d’émotion, de tendresse et de puissance, les choristes s’échappent, … en courant ! Du jamais vu… . Le temps presse, il faut laisser la place à l’entrée de L’orchestre symphonique de l’IMEP sous la direction de Thimothée Grandjean. On a viré le lutrin, Thimothée dirige… sans partitions !   Le public, déjà comblé, attend avec impatience. Les silences sont… vivants !

La soirée  va s’élever  vers la fresque symphonique. Sous la baguette claire et habitée de THIMOTHÉE GRANDJEAN, l’orchestre symphonique de l’IMEP  livre une interprétation magistrale des Tableaux d’une exposition de Modeste Moussorgski, transfigurés par la palette orchestrale de Maurice Ravel.

Œuvre née en 1874 de l’émotion suscitée par la mort prématurée du peintre Victor Hartmann, la suite de Moussorgski  nous invite  à travers une série de tableaux, à  une promenade imaginaire dans une exposition. Ravel, en 1922, a donné à cette partition une vie nouvelle en l’ouvrant aux couleurs de l’orchestre. Et quelles couleurs ! Thimothée Grandjean a su rendre la richesse de cette fresque en lui donnant un incroyable souffle narratif et une puissance dramatique vibrante. Chaque tableau  prend littéralement chair. Tout d'abord,  la Promenade, noble et hésitante, fil conducteur de la soirée. Elle se heurte au grotesque et inquiétant Gnomus, avec ses percussions grinçantes mais sans aucune lourdeur. De l'humour? On oscille entre gouttes de sève vitale et explosions dignes d’un thriller. Les sonorités sont pures, fluides, vivantes… Lors d’un beau tempo lent, les yeux se chargent de larmes… le cœur saigne peut-être. Les mains fines et lumineuses du jeune chef d’orchestre ordonnent la musicalité, suspendent les silences. Est-on dans le rêve ? Certes, dans la mélancolie suspendue du Vieux Château, où le saxophone se fait troubadour. Avec quelques perles de harpe, c’est du moins ce dont on se souvient. On retient l’effervescence enfantine des Tuileries,   le pas lourd et oppressant de la charrette de Bydlo, confié au tuba?  L’humour pétillant du Ballet des poussins dans leur coque fait… glousser !  Eh oui cela caquète joyeusement… et les bois... roucoulent. 

Les soupirs longs des violons  s'éteignent avec des finales enlevées très nettes et très soignées. Il y a aussi une sorte de danse des heures, affolées… qui rappellent Berlioz et des percussions brûlantes qui vrillent le coeur. Au-delà des images de l’exposition elle-même, on ressent le destin qui s’exprime, grave, sentencieux, ample et majestueux. Un coup de gong discret remet sa roue fatidique en marche. C’est toute la texture des sonorités de cuivres qui suggère cette atmosphère grandiose. Il y a ces flûtes surexcitées, ces gazouillis, ces pizzicati pleins de peps et des couleurs exquises…  Mais bientôt les violons grésillent comme un renouveau, les harpes ponctuent et toutes les cordes vibrent sur une seule note.  Si le programme  nous  détaille précisément chaque tableau, on perd donc le fil et on se laisse emporter par les vagues et les harmonies  musicales. C’est la vie qui semble éclater dans toute sa splendeur, avec des  accents d’invulnérabilité. On est soudain comme emporté dans le vent, le désert et le sable.  Est-ce grâce à l’apothéose de La Grande Porte de Kiev, triomphe orchestral, hymne grandiose qui résonne comme une cathédrale de sons ? Tous ces jeunes musiciens ont déployé une maturité saisissante, alliant discipline et lyrisme, une voracité de vie, tout à l’écoute de leur jeune et vibrant chef capable d’insuffler tant d’ émotion et précision technique. Leur interprétation ardente a rendu hommage à l’amitié brisée qui inspira  à Moussorgski ces improbables créations musicales sur tableaux, et à la splendide flamboyance orchestrale de Ravel. Voilà, lors de cette inoubliable soirée, un formidable élan vital partagé. Quel cadeau!

 Les rentrées des classes, les rentrées académiques, que l’on soit lointain élève ou professeur chevronné, il n'y a rien à faire, on savoure, cela fait pétiller l’esprit et le cœur. Cette brillante  école, un IMEP rayonnant, nous a vraiment comblés de joie.  De la pop contemporaine aux prières intemporelles, des valses viennoises aux fresques symphoniques russes, cette extraordinaire rentrée a révélé toute la richesse d’une institution qui forme des musiciens complets, ouverts, passionnés, où il  apparaît que L’IMEP ne se contente pas de transmettre une technique : il éveille des artistes, capables de traverser les styles et les siècles, de l’intimité d’un choral à l’embrasement d’un orchestre. Bref, une  soirée  qui fut à la fois un miroir de l’exigence pédagogique et une célébration de la jeunesse en musique. Après? Champagne, non? 

 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

 
 
19 septembre 2025 20h: 
Pour commencer une nouvelle année académique en beauté et en grandeur, retrouvez les trois chœurs de l’IMEP, des voix qui transcendent le temps et l’espace! En effet, vous entendrez tout d’abord le Chœur pop, le Grand Chœur, et le Chœur de chambre. Ensuite vous aurez la joie de redécouvrir l’Orchestre Symphonique de l’IMEP sous la direction de Thimothée Grandjean. Les Tableaux d’une exposition est une œuvre pour piano composée par Moussorgski en 1872. Maurice Ravel nous offre en 1922 une version pour orchestre qui fera date. Sa magnifique orchestration permet à l’orchestre de faire voyager l’auditeur de tableau en tableau, comme dans une galerie imaginaire. C’est un moment riche en émotions et en surprises qui attend le public.

- Le Chœur pop de l’IMEP sous la direction de Florence Huby
The Greatest Show (extrait du film musical The Greatest Showman, 2017)
Faith (duo de Stevie Wonder et Ariana Grande, extrait de la B.O. Du dessin animé Sing! en 2016.)
- Le Grand Chœur des étudiant.e.s de l’IMEP sous la direction de Denis Segond
Le cantique de Jean Racine op. 11 de Gabriel Fauré
Le premier mouvement (The Spheres) de la Sunrise Mass de Ola Gjelo
- Le Chœur de Chambre des étudiant.e.s de l’IMEP sous la direction de Benoît Giaux
“An der schönen blauen Donau” op. 314 de Johann Strauss sur un texte de F. von Gernerth et un arrangement pour chœur et piano de F. Th. Cursch-Bühren
- Orchestre Symphonique de l’IMEP sous la direction de Thimothée Grandjean
Les Tableaux d’une exposition de M. Moussorgski (M. Ravel) 
 
Rue Rogier 82, Namur, Belgium
081 24 70 60
info@grandmanege.be
grandmanege.be

 

 

 

 

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administrateur théâtres

Un géant de 2m01 qui fit trembler les certitudes de l’art John Baldessari. Sa silhouette même devint matière artistique, instrument de jeu sur l’échelle et la perspective, métaphore d’une œuvre monumentale où l’image se frotte au mot. Car au fond, l’écrivain qu’il rêvait d’être, ne disparut jamais : il s’est contenté de transformer sa plume en caméra, en pinceau, en ciseaux et collages de textes.

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Pionnier de l’art conceptuel dès les années 1960, Baldessari remit en cause les frontières de la peinture, osa le métissage des disciplines et fit exploser les codes établis. Photographies, films expérimentaux, fragments textuels, récits visuels à tiroirs : il inventa des cocktails d’Art et de Lettres qui secouèrent la scène contemporaine. « Au diable les émotions, vive la réflexion ! » aurait-il pu dire, tant sa démarche fut guidée par le désir de décaler le sens, de l’arracher à son confort. De briser les codes. 

 

Né en 1931 à National City, au sud de San Diego, au carrefour de langues et de cultures, John Baldessari grandit dans une famille d’immigrés où l’anglais, le danois, l’italien et l’espagnol s’entrechoquaient. Ce rapport vital au langage, il le transposa dans son art : pour lui, les mots étaient aussi plastiques que les images. L’équilibre subtil entre texte et représentation, il l’apprit chez Goya, maître des « caprices » et des « désastres », où gravures et titres caustiques forment un dialogue ironique. Chez Baldessari, ce dialogue devient une méthode, une poétique de l’ambiguïté. Une grammaire picturale novatrice. 

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À Bozar, l’exposition John Baldessari : "Paraboles, fables et autres salades" (jusqu’au 1er février 2026) révèle cet art de l’équilibre, cette jubilation de brouiller les pistes. Partant,  la visite est  … récréative. On y croise Ingres and Other Parables (1972), où photographies et courts textes, traduits en plusieurs langues, inventent une narration à la fois absurde et éclairante. On y découvre aussi ses relectures tardives de Goya, où titres et images se cherchent sans jamais se dominer, comme deux forces en tension qui créent une troisième voie, faite de pensée et d’humour. Ou les subtilités de l’avant-garde de la seconde moitié du xxe siècle.

 

Baldessari fut professeur, expérimentateur, passeur, inspirant plusieurs générations d’artistes. Récompensé du Lion d’or à Venise en 2009, exposé dans le monde entier, il laissa à sa mort en 2020 un héritage toujours vivace. Ses œuvres continuent de questionner, de surprendre, de « décoiffer » même, tant elles abolissent les frontières entre les arts et entre les sens. Vous écrivez cela comment ?

 

Bref, cette exposition, certes, chahutante, est une belle réalisation de Bozar, pour qui veut mesurer l’influence de ce géant conceptuel, l’un des rares à avoir su orchestrer le sens comme d’autres composent une symphonie pour une oreille tendue. Baldessari, immense par la taille et par la créativité, reste cet artiste qui nous interroge, plus qu’il ne nous raconte, mais oblige à regarder autrement, à lire entre lignes et couleurs et découvrir les interstices où se loge le sens. Intéressant.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

Crédit photos : Laurent De Meyer

 

https://www.bozar.be/fr/calendrier/john-baldessari

 

 

 

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administrateur théâtres

Trois siècles de musique en une soirée à Bozar

La rentrée flamboyante de l’Orchestre National de Belgique à Bozar

 Le vendredi 12 septembre, l'Orchestre national de

Belgique faisait sa rentrée à Bozar avec un programme couvrant trois

siècles de musique. La soirée a débuté par "La Fontaine de

Jouvence" de Julia Wolfe, suivie du "Concerto pour

violon" d'Antonín Dvořák, interprété par le jeune soliste Augustin

Hadelich, puis s’est conclue avec les "Danses

symphoniques" de Sergueï Rachmaninov. L'orchestre était dirigé par le

chef hollandais d’origine Antony Hermus,

dont l'énergie débordante a enflammé et conquis

la salle entière.

Balayant trois siècles de création musicale, sous la baguette pétulante de son chef Antony Hermus, l’Orchestre National de Belgique a offert un voyage contrasté – entre incandescence contemporaine, lyrisme romantique et grandeur crépusculaire.

Le bal s’ouvrait avec Fountain of Youth (2019) de Julia Wolfe, artiste en résidence à Bozar cette saison. Depuis des millénaires, la quête de la fontaine de jouvence fascine les imaginaires : eau miraculeuse, jeunesse retrouvée, éternité rêvée…Elle existe, paraît-il en Floride, à St Augustine, depuis le début du 16e siècle.  Pour Julia Wolfe, la source n’est autre que la musique. Sa partition s’élance comme une mécanique enfiévrée, faite de roulements, de raclements, de trémolos vibrants et de percussions cliquetantes. Le magma sonore évoque tour à tour la frénésie d’insectes tropicaux et le bouillonnement intérieur de la vie. Les cuivres hurlent, percent la texture, puis un long crescendo débouche sur une aube radieuse, où tout se dilue en lumière. Jazzy, syncopée, achevée sur un double   silence abyssal, la fresque de Julia Wolfe interroge autant la vitalité du corps que l’élan de l’esprit. Une pièce puissante, qui a cueilli la salle à bras-le-corps, entre surprise, bouleversement et fascination.

Vint ensuite le Concerto pour violon en la mineur de Dvořák (1879), écrit pour Joseph Joachim et porté ce soir par l’incomparable Augustin Hadelich. L’orchestre et le soliste entrent en matière avec une fougue immédiate, puis s’ouvrent à des phrases d’un lyrisme ample, baignées d’une lumière tchèque aux sonorités folkloriques des contrées de l’Est.  Dans l’Adagio, le violon sublime devient confidence, urgence, rêverie suspendue, émotion vibrante et soutenue, si tant est que le soliste finit par   serrer l’instrument littéralement contre son cœur avant de repartir dans ses volutes. Le finale, vif et dansant, convoque toute la tradition populaire de Bohême : cascades de double notes, archet fulgurant, joie exultante. La partition exigeant une grande virtuosité ne lui aura laissé que peu de répit, et son final, un sommet de difficulté technique, est grandiose.  La salle, captivée, ne laisse pas partir l’artiste : cinq rappels, un long bis jazzy, rutilant, pétillant…d’humeurs variées au cœur même du romantisme. La salle rugit en le saluant ! L’artiste est comblé. Quel formidable adieu !  

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En seconde partie, Les Danses symphoniques (1940), ultime chef-d’œuvre orchestral de Sergueï Rachmaninov, plongent le public dans une fresque aux allures de testament. Trois mouvements comme trois moments de la journée, comme trois visages du compositeur en exil : jeunesse évanouie, nostalgie douloureuse, lutte entre ténèbres et lumière. L’ouverture mêle rythmes entraînants et éclats cuivrés posés sur un tapis de cordes bruissantes de souvenirs de jeunesse, avec la voix inattendue du saxophone alto. Le deuxième mouvement, valse fantomatique, résonne comme une danse macabre, traversée de larmes discrètes de la harpe et de regrets fatalistes de sa Russie perdue. Les douze cloches finales du dernier mouvement   matérialisent la fuite du temps et la maladie de l’artiste, mais la tension laisse place à des vagues d’espoir et de lumière car le final convoque le Dies irae et un chant orthodoxe victorieux : combat entre mort et résurrection, tension extrême avant l’apaisement lumineux. Hermus insuffle vigueur et vérité à cette marche triomphale, où l’on entend presque résonner le mot de T. S. Eliot : « Ma fin est mon commencement ». Choose life !

Voilà bien une rentrée orchestrale éclatante, où l’énergie contemporaine, le romantisme ardent et la gravité crépusculaire se sont unis dans un même jaillissement. Et où, plus que jamais, la musique s’est révélée… fontaine de jouvence sous le soleil de septembre.

 Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

https://www.bozar.be/fr/calendrier/belgian-national-orchestra-hermus-hadelich

 

Pour en savoir plus sur les danses symphoniques de Rachmaninov

 

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administrateur théâtres

Le Masque de fer? Rouillé? Jamais!

Rouille et or s’y entrelacent : La couleur de l’amertume devant un monde qui raconte l’apogée et le déclin ? Ou un âge d’or rêvé ?

Un Masque de fer …spectaculaire

L’histoire énigmatique de l’homme au Masque de fer, un chapitre sombre et flamboyant du Vicomte de Bragelonne, ouvre la nouvelle saison du Théâtre du Parc. Rideau levé : au centre du plateau, un immense œil, presque vivant, nous fixe. Vision inquiétante, presque biblique — on songe à Caïn dans sa tombe, scruté par un regard implacable, de la plume immortelle de Victor Hugo. Thriller immédiat : serions-nous déjà enfermés avec le prisonnier sous son masque, et sur le point de découvrir de terribles secrets du XVII e siècle, contés par Alexander Dumas ? Il faudra bien du temps pour arriver à la lumineuse rencontre. Accomplir tout un chemin avec les célèbres protagonistes, et cette fois-ci… plusieurs femmes.   

Le premier tableau frappe de plein fouet : un père et sa fille croisent joyeusement le fer pour s’exercer….  Et, soudain, un meurtre. Et la  vaillante jeune fille en larmes, devant le corps de son père rendant son dernier souffle. Le ton est donné : violence, injustice, larmes, colère. Vengeance ?

 Le spectateur sera rapidement happé dans une incroyable mosaïque de scènes très brèves, incisives comme des éclats de feu d’artifice, brillantes comme des pierreries. Le décor pourtant, est nu et fixe  mais sans cesse innovant.  Les personnages surgissent, disparaissent, le rythme donne le vertige. Celui de notre époque ?  La narration semble une fuite en avant permanente. Vers un précipice ?

Voici donc le grand retour des mousquetaires. Vieillis, cabossés, mais soudés. Athos, Porthos, Aramis, d’Artagnan — et même Planchet, valet tellement attachant et fidèle. Maroine Amini, un favori de la scène bruxelloise.  L’Hôtel Bourguignon redevient le lieu des serments. Mais Thierry Debroux nous fait une surprise de taille, celle de ressusciter la terrible Milady, vénéneuse, imprévisible, spectrale, marquée au fer de la vengeance. Anoushka Vingtier est extraordinaire dans le rôle.  Dans son ample robe guerrière, de la verte couleur de la jalousie, celle du « the green-eyed monster », elle se pose en victime mais avance en prédatrice. À ses côtés, Mordaunt (Emilie Guillaume), fils maudit, silhouette au crâne rasé, troublante, évoque le miroir sombre d’une jeunesse désenchantée et dévoyée.

Et là, au centre, Bernard Yerlès. Son d’Artagnan est à la fois usé et lumineux, père contraint, soldat loyal, ami indéfectible. L’ombre du Masque de Fer pèse sur lui : ce prisonnier au visage effacé, frère possible du roi. Un second fils ? La légende du jumeau de Louis XIV plane, et Thierry Debroux la traite comme matière dramatique. Car oui, le prisonnier masqué a existé : les registres de la Bastille en attestent. Voltaire en a parlé. Et Pagnol, même ! Tout au long de la subtile intrigue, on voyage entre mythe et vérité. De Paris à Cannes, avec grande curiosité.

 Autour de Yerlès, une troupe de près de vingt comédiens compose la vibrante fresque. Chacun trouve son éclat, entre humour, émotion et flamboyance. On rit même avec Porthos (un formidable Eric De Staercke) qui hésite entre saucisson et pâté, on frémit avec la délicieuse Clémence (Clémentine Fargéas-Sichler) qui se bat pour l’amour au cœur des ténèbres, on tremble face à Milady, la revenante qui marche au-delà du destin. On s’émeut et on soupire avec la vie secrète d’Anne d’Autriche (une inoubliable Perrine Delers). Aramis, sous les traits de Denis Carpentier, joue finement ses différentes alliances.  Le sévère mais attachant Athos et son fils Raoul sont craquants de vérité sentimentale avec le beau duo Laurent Bonnet et Julien Besure.

 La splendide dramaturgie explose dans onze combats — chacun réglé avec une précision d’orfèvre par Émilie Guillaume, cascadeuse et chorégraphe, épaulée par Felipe Salas. Du duel intime au final apocalyptique à douze, six contre six, chaque affrontement devient une pièce de théâtre en soi. La beauté des échanges fascine. Il n’y a pas un combat de trop ! Certes, les mousquetaires ont vieilli, mais chacun garde son style de lame, sa respiration, son âme. Même rouillés, ils gardent leur panache. Leur esprit légendaire. Leur devise immuable : Tous pour un, un pour tous !  Les deux rampes inspirées d’un skate-park deviennent champ de bataille, et la salle sous le choc, admire. Même le balcon étroit qui domine le plateau sert de terrain de lutte mortelle.  Tout le vertige de la spirale de la violence est là…

 Aussi, chaque vêtement épouse et vibre avec son comédien, respire ses moindres émotions. C’est du grand art.  Les costumes sont pour la plupart, de véritables armures vivantes. En tout cas, ce que chacun donne à voir : les apparences ? En tout, quarante-cinq silhouettes imaginées par Béa Pendesini et son atelier. Cuir, scuba, mesh : matières hybrides qui allient noblesse et souplesse, beauté et efficacité. Les costumes royaux, lourds de perruques et traînes, ont été conçus pour traduire qui, la majesté, qui, la folie emplumée. Tout est message et mouvement ! Et, lorsque ... le Roi danse, la salle entière se trouve coincée et muette, devant l’image du pouvoir absolu, dansé, déclaré et clamé haut et fort. Un rôle porté avec grâce par Lucas Cruz.

La scénographie de Saïd Abitar et Thierry Debroux a choisi la rouille, la corrosion, la décadence ?  Mais aussi, l’aventure, le voyage imaginaire, le rêve du Bien ? Les savants éclairages, les niveaux multiples, les projections vidéo —balayent l’espace de l’ombre à la lumière. Tous les tableaux utilisent l’œil monumental pour évoquer d’une traite le nouveau lieu d’action. Autant que lorgnette de l’histoire, cet œil est aussi l’image d’un veilleur de nuit qui veille en permanence, symbole du temps et de la conscience.

Dans ce mythe du prisonnier sans visage, muré dans le silence, on traverse une épopée de fer et de chair, une légende réinventée en 2025 avec fougue et poésie.  Thierry Debroux signe à nouveau un théâtre total, où le souffle des mousquetaires ranime les souvenirs heureux des lectures de jeunesse, et incitera sans doute, - quel bienfait - les plus jeunes à la lecture des chefs d’œuvre classiques, nous menant dans une épopée qui ne finit pas… A never ending story… ?

 

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

Crédit Photos Aude Vanlathem

 

🎭 Du 4 septembre au 18 octobre 2025

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#LeMasqueDeFer #ThéâtreRoyalDuParc #OnARetrouvéDArtagnan #CascadesEtSecrets #MasquesEtMiroirs #BilletsEnVue

 

 

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administrateur théâtres

Andrei Irimia à l’Église Notre-Dame de Laeken : un pèlerinage sonore entre ombre et lumière

Le 22 septembre 2025, l’Église Notre-Dame de Laeken accueillera le retour à Bruxelles du pianiste et compositeur roumain Andrei Irimia, figure montante de la scène néoclassique européenne. Après un premier passage en 2024 qui avait séduit un public curieux et attentif, l’artiste propose aujourd’hui un nouveau chapitre de son itinéraire musical avec un concert intitulé Lights & Shadows. Pendant près de soixante-dix minutes sans entracte, l’auditeur est invité à se laisser guider dans un univers sonore qui marie la délicatesse du piano minimaliste, la profondeur des cordes et la subtilité des textures électroniques.

Une rébellion en douceur

Dans un monde saturé d’images, de bruit et d’agitation, Andrei Irimia choisit la voie de la retenue. Sa musique se déploie comme un espace intérieur, une respiration qui échappe aux classifications rapides. Elle est à la fois intime et universelle, puisant dans l’émotion personnelle pour créer des paysages où chacun peut se reconnaître. Cette « rébellion tranquille » contre le vacarme contemporain ne se manifeste pas par la rupture, mais par la recherche d’une beauté dépouillée, d’un équilibre fragile entre tension et apaisement.

Formé en Roumanie, Irimia a très tôt éprouvé le besoin de dépasser les frontières académiques de l’interprétation pianistique. Son langage se nourrit de la tradition classique tout en dialoguant avec les influences contemporaines, qu’il s’agisse de la musique minimaliste, des atmosphères électroniques ou de la sensibilité néoromantique. Il en résulte un style immédiatement reconnaissable, à la fois ancré dans une écriture raffinée et ouvert à l’improvisation poétique.

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Des paysages émotionnels

Le titre Lights & Shadows résume bien sa démarche : explorer les contrastes de l’âme humaine et mettre en lumière ce qui, d’ordinaire, reste enfoui. « La musique, explique-t-il, devient un instrument pour créer des paysages à partir des fragments de l’existence. Les véritables trésors ne se trouvent pas en surface, mais dans les espaces cachés que l’on découvre seulement par la contemplation. »

Sur scène, Andrei Irimia ne sera pas seul. Il partagera l’espace sonore avec deux complices de choix : le violoniste Răzvan Paun, dont la finesse de jeu illumine les lignes mélodiques, et le violoncelliste Thibault Solorzano, qui apporte à l’ensemble une profondeur chaleureuse. Ensemble, ils forment un trio où chaque timbre dialogue et se complète, créant une alchimie subtile entre l’épure du piano, la clarté du violon et la densité du violoncelle.

Une esthétique néoclassique contemporaine

Depuis une dizaine d’années, la mouvance néoclassique attire un public toujours plus large, en quête de musiques instrumentales capables de conjuguer émotion directe et sophistication formelle. Dans ce paysage, Andrei Irimia s’impose comme une voix singulière. Là où certains choisissent la répétition hypnotique ou l’effet atmosphérique, lui privilégie la construction narrative, chaque pièce étant conçue comme un itinéraire émotionnel.

Ses enregistrements récents – Anao Marva, Fragments ou encore son concert Berlin – Live témoignent de cette volonté de bâtir des œuvres qui sont moins des morceaux isolés que des fragments d’une fresque plus vaste. Son écriture, volontairement épurée, ménage des silences éloquents, comme autant d’espaces laissés à l’auditeur pour compléter l’expérience par sa propre intériorité.

Un lieu à la mesure de la musique

L’Église Notre-Dame de Laeken, chef-d’œuvre néogothique bruxellois, offre un cadre idéal à cette musique. La résonance naturelle de l’édifice sacré amplifie les harmoniques du piano et des cordes, créant un halo sonore propice à l’immersion. La solennité du lieu, associée à la densité poétique du programme, transforme le concert en véritable pèlerinage intérieur, où l’on quitte pour un instant le tumulte du quotidien.

Une invitation au voyage

En s’adressant à Bruxelles, ville cosmopolite par excellence, Andrei Irimia poursuit son ambition : toucher le plus grand nombre par la force de la musique instrumentale. Son parcours illustre la vitalité d’une génération d’artistes européens capables de réinventer les traditions et de bâtir des ponts entre les cultures. Lights & Shadows ne se contente pas d’être un concert : c’est une invitation au voyage intérieur, une expérience partagée où chacun est convié à découvrir les lumières et les ombres de sa propre sensibilité.  

crédit photo: https://andreiirimia.com/photos/

https://linktr.ee/andreiirimiamusic

 Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

 


Informations pratiques

  • Concert: Lights & Shadows

  • Artistes: Andrei Irimia (piano), Răzvan Paun (violon), Thibault Solorzano (violoncelle)

  • Date : 22 septembre 2025

  • Lieu : Église Notre-Dame de Laeken, Bruxelles 18H30! 

  • Durée : 70 minutes sans entracte

  • Liens & infos : www.andreiirimia.comEPK & médias

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administrateur théâtres

Un scoop à Bruxellons!: Goodbye Norma Jeane

Goodbye Norma Jeane : miroir brisé, étoile survivante

Marilyn. Norma Jeane.  Fantôme lunaire de lumière et de chair, insaisissable papillon blanc, prisonnière d’un mythe qui la dévore. On croyait tout connaître d’elle, on croyait avoir traversé ses mystères, mais le théâtre, tel un élixir révélateur, ravive l’inconnu derrière l’icône : la femme fissurée, la tragédie à fleur de peau, en fichu, lunettes de soleil et manteau de fourrure. Mutilée par les regards.

Au Festival Bruxellons ! Dans une brillante mise en scène de Simon Paco, la nouvelle comédie musicale Goodbye Norma Jeane ose l’impossible : faire revenir Marilyn Monroe d’entre les morts. Un travail au scalpel.  Non pas l’icône figée, mais Norma Jeane, démasquée, la femme survivante, retirée du monde, et toujours secrètement hantée par son propre mythe. Dualité de corps. Et d’âme.

Hello! Norma Jeane, are you there?

Léovanie Raud, chatoyante brune, incarne Norma Jeane vieillissante avec une intensité prodigieuse : féline blessée, a cat on a hot tin roof, elle vacille entre confidences et éclats de lucidité. Norma Jeane va se défaire progressivement du maquillage de son histoire, laissant peu à peu voir l’abîme, le clown triste qui ne rit plus de sa propre mascarade. Face à elle, Maud Hanssens campe une Marilyn brûlante, belle, rare et mystérieuse comme la super lune bleue. Mais la beauté parfaite devient masque cruel.  Un double éclatant qui renvoie à Norma Jeane l’image de ce qu’elle fut, ou de ce qu’on voulut qu’elle soit. Deux présences, deux visages d’un même naufrage.

L’une papillon de jour d’un blanc incandescent, l’autre grand habitant aux couleurs fauves des bibliothèques de la nuit. L’histoire du papillon blanc est tragique, irrésistiblement attiré par les lumières, assoiffé de liberté et d’amour, il se brûle à chacun de ses envols…

Le trouble s’amplifie avec l’arrivée du jeune et pétulant journaliste américain, joué par Rémi Palazy, figure à la fois candide et intrusive. Un premier de promotion ? Un groupie ? Un enquêteur ?   Il rallume en elle la peur viscérale de Norma Jeane d’être encore utilisée, encore volée, vendue comme vulgaire marchandise ?  La rencontre vire au duel : la mémoire contre l’oubli, l’icône contre la femme. France Gall, l’icône française blonde elle aussi, avait bien raison…  Résiste ! Prouve que tu existes…

La mise en lumière de Laurent Kaye et la direction musicale d’Ilse Stroobant font merveilles et sculptent l’espace huis-clos en clair-obscur, soulignant la fragilité d’un récit qui hésite entre confessions et hallucinations. Le son, signé Vincent Debongnies, distille et souligne l’étrangeté d’une parole inscrite aussi dans les partitions invisibles de ce piano blanc omniprésent, pièce maîtresse du décor. Un instrument annonciateur, consolateur, qui scande élégamment le récit, jamais musique d’ambiance. La musique enveloppe la scène d’un halo fragile, elle fait du piano blanc un personnage à part entière – témoin silencieux de la confession impossible et pièce à conviction irréfutable.

Au-delà du portrait, la pièce ose une hypothèse vertigineuse : et si la mort de Marilyn avait été arrangée ? En contrepoint du drame des « seconds violons » Ah ! Le Pauvre Bobby ! Suicide utile, maquillage pratique pour l’ordre politique, CIA en coulisses, panique en sourdine, mythe ainsi mieux géré, plutôt que de laisser vivre des vérités qui dérangent. Comment peut-on échapper à l’œil du monde ?   Le propos semble aussi glisser dans les territoires profonds de Tennessee Williams et rejoint même le vertige d’un Kean : ces artistes prisonniers de leur rôle, en déroute, suppliant d’être reconnus pour ce qu’ils sont, et de pouvoir enfin vivre hors du masque. Vivre, c’est jouer, mais à force de jouer, on se perd.

 La salle retient son souffle. Les trois comédiens chevronnés auront rejoué de manière vertigineuse toute la magie d’une vie d’équilibriste « At the top », éblouissante et nue. Mise en abyme : toute la biographie affolante de Marylin y passe, en mode ultra rapide.  Etourdissant ! Les changements costumes et de postures théâtrales, discrets mais efficaces, chatouillent l’imaginaire. Les grands noms du 20e siècle défilent. On voudrait les retenir !  La Marilyn belge a capté toutes les poses, les humeurs et les chansons de la star. Devant nos yeux éblouis, elle fait vivre avec intensité la vie de l’icône de papier glacé, nourrie de diamants, d’alcool,de cachets et de désillusions en séries… « A material girl » ? Une vie que la star a choisi de quitter… They say.

Sous la lumière crue, dans la nudité bouleversante d’une vérité arrachée à l’oubli, Norma Jeane parle, Norma Jeane tremble. Et elle existe.

Peut être une image de 1 personne et texte qui dit ’LA DERNIÈRE NUIT DE MARILYN MONROE AVEC MAUD HANSSENS Goodlbge, RÉMI PALAZY LÉOVANIE RAUD ILSE STROOBANT Norma UINE COMÉDIE COMÉDIEMUSICALE MUSIC ALLARD BLOM SAM VERHOEVEN Festival ηεε! MISE ASSISTANAT À PARTIR DU 24 AOOT 2025 Château du Karreveld bruxellons.be SCENE SIMON PACO DIRECTI ISE SEEN NSCENE DELPH INCENT DEBONGNIES MUSICALE ILSE STROOBANT ADAPTATION RANCAISE STEPHANE LAPORTE LAURENT KAYE PACO RRUC VERONIQUE LACROIX NE COPRODJe ΠΟΝ PRODUCTION วะ COOPE PRODUCTION P프포 beside PERI HOSTALGE by ご0’

 Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

Avec Maud Hanssens, Leovanie Raud, Rémi Palazy & Ilse Stroobant, dans une mise en scène de Simon Paco.

Direction musicale et arrangements : Ilse Stroobant,

Adaptation française : Stéphane Laporte,

Assistanat à la mise en scène : Delphine Peraya,

Costumes : Simon Paco,

Lumières : Laurent Kaye,

Sound design : Vincent Debongnies,

Perruque : Véronique Lacroix, une production du Festival Bruxellons !

 

 

 

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administrateur théâtres

Texte et image du jour

Cette célèbre icône russe du XVe siècle représente la Dormition (l'endormissement) de la Vierge Marie. Le Christ retire son âme pure de son corps tandis que les Apôtres se rassemblent du monde entier pour dire adieu à la vie terrestre de Marie.
Il est dit que son corps fut emporté au ciel trois jours plus tard. Le saint apôtre Thomas, absent lors des funérailles, se rendit plus tard au tombeau. Dans sa tristesse, le tombeau fut ouvert à sa demande pour qu'il puisse lui faire ses adieux tendres et respectueux, et on découvrit alors qu'il était vide. Ainsi, cette icône représetne à la fois la mort terrestre de Marie mais aussi son élévation au ciel par son fils qui vient à elle...

Le texte du jour de  ma grande  amie invisible
(mais on ne voit bien qu’avec le cœur) Isabelle Debiève, amie de feu Robert Paul

15 août 2025

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

Peut être une image de la Basilique du sanctuaire national de l’Immaculée Conception et texte

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administrateur théâtres

Ce 12 août,  au festival  Classissimo, le tango nuevo d’Astor Piazzolla s’est glissé entre les murs accueillants du Théâtre Royal du Parc avec "de vrais musiciens dans l’âme".

L'ensemble Astoria a fait vibrer ce lieu jusqu’aux larmes, entre étreinte et vertige, offrant un vaste bouquet de vibrations des tropiques venant d'outre-mer, un mélange de rock, latino, Groove et jazz exhalant des sonorités et des rythmes uniques et inimitables. Astoria a ainsi ouvert pour nous les portes de El Mundo de Piazzolla (1921-1992), et le bandonéon de Christophe Delporte a su trouver tout de suite le chemin de nos cœurs.

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Le programme débute avec une saison chargée de mélancolie, l’automne, Ottono porteno – Savourez ! Rien a-à voir avec Vivaldi ! Il est des concerts qui vous laissent un goût de sel sur les joues, sans que l’on sache si c’est la mer d’Argentine ou la mer intime de nos émotions qui l’y a déposé.

Astor Piazzolla, né à Mar del Plata en 1921 de parents italiens, façonné par New York, amoureux de son bandonéon et génie du tango nouveau, bouscule les frontières musicales en y mêlant le classique, le jazz, le rock et la mélodie populaire argentine. Plus on l’écoute, plus cette musique se fait intense et dramatique, elle chavire l’âme comme une étreinte soudaine et imprévue.

Astoria c'est Christophe Delporte (bandonéon, accordéon), Isabelle Chardon (violon), Dino Anglani (piano), Adrien Tyberghein (contrebasse) et ce soir, une jeune chanteuse, la soprano Fany Julien. Ensemble, ils ont incarné ce souffle musical nouveau de Buenos Aires, rarement représenté sous nos frais climats mais réchauffement bienvenu des cœurs. On se sent très vite happé par une énergie qui flirte avec des transes inconnues. C'est toute la magie du spectacle vivant !

Bien sûr il y a l’alchimie Astoria à la clef ! Depuis 2004, Astoria adapte et transcrit l’œuvre de Piazzolla en conservant ses sortilèges rythmiques et mélodiques, tout en lui donnant l’ampleur de la salle de concert. La rigueur classique se marie à l’instinct du tango : précision millimétrée, mais cœur palpitant à chaque mesure. En prime, lors du spectacle, cet humour incoercible et débordant qui anime Christophe Delaporte, le meneur de jeu, à chaque interstice du programme. Le rire généré dans le public est tellement désarmant que l’ensemble n’a plus qu’à cueillir nos âmes friandes d’émotions. Ou comment rendre une soirée inoubliable. Invierno –, encore une saison, s’est envolée avec des échos de Pachebel ! Enfin, le très attendu Libertango – (1974), dans un arrangement pour le bandonéon, emplit la salle de cette tension particulière, entre urgence et retenue. C’est beau comme une prière. Et c’est l’ovation. Et puis… Christophe Delporte enchaîne avec une surprise : Oblivion – (1984), joué de manière bouleversante sur un acordina, sorte de petit clavier dans lequel on souffle chacune de ses émotions. L'artiste à nu, a ôté ses lunettes et offre une sorte de valse lente … à pleurer. Life is short, but so beautiful!

La Voix. À chacune de ses apparitions, l’invitée, Fany Julien (jeune talent Imep), a offert sa voix, avec une sincérité presque crue, donnant à Piazzolla la présence et l’éclat d’une splendide et mystérieuse étoile. On la découvre avec Sera que estoy llorendo – et Regreso el Amor – deux chants splendides et merveilleusement habités. Et pour se remettre des émotions, pas d’entracte, bien sûr…  Il faut bien une pause : Seul tout Seul –, avec le duo Contrebasse et Accordéon. Enfin, La Milonga sin Palabras suspend véritablement le temps avec le pur ruisseau et la magnifique fraîcheur vocale de la chanteuse. Il est fait de vocalises de berceuse, de roucoulements, de presque silences, de vibratos envoûtants posés comme par un heureux hasard sur la Contrebasse et la respiration du Bandonéon.

Côté instrumental, c'est l'heure de gloire de Leonardo Anglani, l’infatigable pianiste qui explore son clavier sur toutes ses facettes. C’est brillant, vigoureux et débordant d’énergie, ponctué parfois de vertigineux coups de balayage du clavier pour la finale. Le seul à utiliser des partitions papier ?

Le violon d’Isabelle Chardon, violoniste soliste à l’Orchestre National de Belgique et chargée d'enseignement à l'Imep, s’est livré à des miaulements de toit brûlant, des plages de tendresse, de piquantes envolées expérimentales. Tantôt pleurant comme une mémoire ancienne, ou chantant comme une espérance nouvelle, Isabelle Chardon, danse sa passion sur son siège et ses ensorcellements entortillent l’oreille !

L’immense contrebasse d’Adrien Tyberghein (diplômé du prestigieux Conservatoire National de Musique et de Danse de Paris et de l’école Didier Lockwood.) a déroulé des tapis de velours sombre, elle a fait bourdonner ses pizzicati tantôt farceurs, tantôt douloureux. Son archet a parcouru des mélodies du plus pur romantisme, alors que le formidable bandonéon respire tout comme une puissante et tragique voix humaine. Au fait, si Christophe joue les yeux fermés, a-t-il vraiment besoin de partitions ?

Le public se voit totalement transporté dans leur Concerto pour Quintet–, lancinant, beau et incantatoire avec ces quatre musiciens full colours ! L’ailleurs était partout sur scène, pour se fondre ensuite dans un soupir. Silence.

Mais c’est avec le tango Adiós Nonino – (1969) la composition la plus célèbre de Piazzolla que les yeux n’obéissent plus et se remplissent de larmes. Les nombreuses variations de tempo contiennent l'irréparable perte de son père lors d'un accident de bicyclette subie en 1959 et la terrible puissance du destin. Chaque note semble embrasser l’amour perdu, mais évoque aussi la fierté et la colère. Un fil invisible relie le musicien à ceux qui l’écoutent.

Des bars enfumés de la rue au théâtre, sans rien perdre, a réussi l’exploit de ne pas trahir l'âme charnelle de Buenos Aires. Chaque respiration, chaque accent, chaque silence a un poids et une raison. On voyage d’un faubourg de tango à une salle de bal rêvé, du cri du bandonéon au murmure du violon. Ce soir, Piazzolla n’est plus une légende lointaine : il était là, assis parmi nous, jouant à travers les interprètes de son œuvre et on sort de la salle émerveillée, avec l’étrange impression d’avoir été embrassée par la musique. Yo soy Maria – a conclu la chanteuse !

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 Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

Astoria

MARDI 12.08.25 - 20:00

El Mundo de Piazzolla

Christophe Delporte, bandonéon, accordéon

Isabelle Chardon, violon

Dino Anglani, piano

Adrien Tyberghein, contrebasse

Invitée: Fany Julien, chant (Jeune talent )

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administrateur théâtres

09 août 2025.  Avec Gluck, un invisible Victor Hugo, et Mozart réunis dans la même soirée, sans compter Schubert et Verdi, on a de quoi faire battre le cœur de n’importe quel mélomane. A night at the Opera?  Merci au maître de musique, Marc Grauwels de nous avoir concocté des rencontres musicales aussi foisonnantes et surprenantes lors du festival Classissimo.  

Silence religieux. Les Champs-Élysées de Gluck s’ouvrent sur un menuet: danse pure, aérienne, d’une flûte radieuse et de la pianiste qui l’accompagne. Chemise à fleurs (même stylisées) oblige, le flûtiste, Marc Grauwels en Gauguin de la musique, y fait flotter chaque note comme une respiration suspendue. La scène est à lui, il se balance comme roseau au vent. Comment séparer musique et danse?

Ensuite vient la plainte noble et poignante de Marie-Juliette Ghazarian, mezzo-soprano, en longue robe de soirée, vert forêt noire. Rien n’est égal à mon malheur, « J’ai perdu mon Eurydice » — un cri d’amour éperdu, soutenu par la sobre tendresse du piano de Marie Datcharry.

Aussi vêtue d’une longue robe vert pastoral, la soprano Marion Bauwens se drape dans Schubert: Der Hirt auf dem Felsen. Se déploie alors un dialogue à trois voix : soprano, clarinette et piano. La clarinette de Ronald Van Spaendonck, d’abord ombre discrète, se fait de plus en plus volubile, même, carrément dansante elle aussi. La pianiste se berce dans les accords insistants percutés avec régularité et vigueur. Un magnifique solo de la clarinette précède la joie du berger ,heureux de s’élancer vers le printemps … éternel! Quel regard sur l’infini dans les dernières notes printanières de  cette ravissante soprano!

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Et, surprise! Marc Grauwels, rompant le charme, annonce subitement une pause pour la voix! Les chanteuses ont disparu! Il explique qu’une flûte peut très bien imiter tout un orchestre ! En témoignent ces fameuses fantaisies brillantes, souvent jouées dans les salons au 19e siècle, surtout tellement prisées par ceux qui ne pouvaient pas se payer l’opéra! Ce sera un vrai défi de virtuosité et de précision pour qu’une flûte puisse imiter tout un orchestre et même une voix! Mais la maestria et l’humour font tout et le public aurait presqu’envie de … d’accompagner et de chanter La Traviata! Pendant l’exercice ! Magique, cette flûte traversière et bourrée d’esprit!

Après l’entracte, ce que les chanteuses vont faire est inouï! Nous faire imaginer un ins-tru-ment, car cette fois c’est la flûte qui est invisible!

Marion nous présente en effet  «  Une flûte invisible» ,œuvre de Camille Saint Saens pour voix, flûte et piano. Sur un poème de Victor Hugo. La soprano porte la tendresse d’un message d’amour invisible, la flûte en est l’écho invisible et mystérieux.

Une flûte invisible soupire,

Et, par instants, un chant léger

Semble, dans l’air qu’on croit respirer,

S’élever comme un vague sourire.

Ce doux charme qui vous attire

Vient-il de loin ou de si près ?

Est-ce une voix dans l’air discret,

Ou n’est-ce qu’un souffle qui expire ?

 Puis, c’est au tour de Marie-Juliette Ghazarian de flirter avec l’invisible. Sur le même poème, dans une amplification musicale d’ André Caplet, ce favori des jeunes pianistes… Le timbre est plus sombre, élégamment voilé, avec l’impression que la voix vient du lointain, comme  le parfum d’un souvenir.  

Ensuite, Marie-Juliette, toujours soutenue par la flûte traversière, bien présente celle-ci, et  la fidèle  pianiste ,enchaîne les cœurs avec « La flûte enchantée». Clin d'œil, c’est une mélodie pour voix et orchestre de Maurice Ravel sur des vers d'un artiste des années 1900, Tristan Klingsor

Enfin, le jeu des imitations instrumentales reprend. C’est au tour de la clarinette de tenter l’expérience de mimer la voix absente. Avec Louisa Miller, de Verdi.

Puis les deux compères, sans doute galvanisés par l’aventure, se piquent de remonter… Rigoletto! Rien de plus drôle cette Dona e mobile! Il y a de quoi se tordre de rire! On espère même que ce sera le Bis! Les instruments remplacent la voix lyrique. Sans paroles, mais avec phrasé et respiration, ils redonnent aux airs de Verdi toute leur vitalité dramatique. Marc Grauwels a même du taire les applaudissements pour se livrer à ce programme de haute voltige, toujours soutenu avec sourire par la fidèle Marie Datcharry au piano.

L’apothéose de la soirée? Un final Mozartien, l’accord parfait. Les deux chanteuses se réunissent en duo de sylphides en voiles verts, pour interpréter avec beaucoup d’allant deux joyaux de Mozart :  "Ah perdona al primo affetto" (La Clemenza di Tito) et "Via resti servita madama brillante" (Les Noces de Figaro)

Des dialogues vif-argent, bien joués, comme à l’opéra,  où voix et instruments se mêlent, comme pour sceller cette amitié musicale née sous la coupole du Théâtre Royal du Parc. Ce soir, Flûte et Voix se sont échangé leurs âmes devant un public à la fois médusé et heureux. Tantôt suppléantes, tantôt indissociables, elles racontaient la même vérité : que la musique est toujours une histoire d’amour.

@Festival Classissimo Du 07 au 13 août 2025

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

   

 

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administrateur théâtres

MOMO – Une farce… qui vous serre la gorge

On croyait s’installer à Genval, sur l’herbe ou dans les chaises longues sur les copeaux de bois pour une soirée légère, on est ressorti, ayant bien applaudi, le cœur partagé entre éclats de rire et pincements à l’âme.

 Momo, au Théâtre de la Toison d’Or (en collaboration avec le festival Il est temps d’en rire à Genval), c’est ce genre de pièce qui vous prend par surprise : d’abord joyeuse absurdité, explosions de rires, puis glissement insensible vers des zones plus sombres, plus poignantes.

La situation, déjà, est un bijou de surréalisme : un couple sans enfants voit débarquer chez lui un jeune homme qui parle bizarrement mais affirmant après bien des tâtonnements vocaux, être leur fils.  Il finit par annoncer qu’il va se marier, invite chez eux la petite amie pour les présentations aux « parents », à la façon d’un thriller surréaliste, tout semble concourir à prouver qu’il dit vrai. Absurde ? Oui. Mais aussi terriblement troublant. Car derrière la farce, c’est notre rapport aux liens, au sang, et même à la mémoire qui vacille.

Explosion de rires donc, grâce à des dialogues acérés et à des situations qui ne cessent de flirter avec le boulevard… mais le comique est comme une peinture posée sur une façade malade. un vernis posé sur la coque d’une barque fendue et alors apparaissent les tragédies humaines que chacun porte. Le texte de Sébastien Thiery (déjà comparé par certains à un Koltès en goguette) tisse ce trouble avec un art consommé.

Et puis, il y a l’équipe : une Hélène Theunissen magistrale, virtuose de toutes les féminités, Thibault Packeu, un Benoît Van Dorslaer absolument parfait et Aurianne Servais, tous au sommet de leur engagement de comédiens. Chacun apporte sa couleur : exubérance, tendresse, colère, comique, sérieux,  folie douce… Le metteur en scène Thibaut Neve avoue : « Il y a des textes qu’on porte en soi sans savoir pourquoi, jusqu’au jour où des comédiens vous révèlent la clarté du mystère. » On comprend mieux en voyant la précision avec laquelle il cadre l’absurde, sans jamais le laisser déborder en pur non-sens.

Si l’on devait trouver un bémol, il serait peut-être dans ce balancement : certains spectateurs voudront rester du côté du rire pur et se sentiront déstabilisés par les teintes plus graves qui s’installent. Mais c’est justement ce qui fait la force du spectacle : cette sensation d’être entré dans une comédie, et de ressortir de cette incroyable fable humaine, un peu échevelé. Fils de personne, enfant de tous, Momo nous rappelle que l’absurdité, parfois, c’est la plus belle façon de parler au cœur. Et, au diable les puristes des  filiations de sang !

 

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Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

🎭 Infos & réservations : ilesttempsdenrire.be 

 

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administrateur théâtres

En mode… ravissement molto precioso !

 

On s’est retrouvé, ce jeudi 7 août, dans la magnifique salle du Théâtre royal du Parc à Bruxelles pour l’ouverture de la 19e édition du festival Classissimo, sous la houlette de Marc Grauwels, flûtiste et directeur artistique du festival Une promesse de belle qualité… Alors, qu’en sera-t-il pour la 20e ?

 

Le festival démarre en beauté avec l’Orchestre de chambre de Waterloo, dirigé par Guy Van Waas au clavecin et à l’orgue, dans un programme sans entracte entièrement consacré à Pergolèse.  Le point d’orgue sera un Stabat Mater à couper le souffle.

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Côté voix, on découvre la jeune soprano Aline Giaux, pour la première fois aux côtés du contre-ténor d’exception Logan Lopez Gonzales. Deux voix qui se conjuguent avec grâce, se projettent et rencontrent l’âme des spectateurs.

 

Lui, en élégante tenue de soirée noire. Elle, pleine de grâce, en longues manches d'un blanc immaculé,  qui lui donnent des allures d’ange. Tous deux séduisent d’emblée, par leur image autant que par la sensibilité musicale qu’ils déploient. Pas à pas, vocalise après vocalise, ils nous entraînent dans une ascension vers une transfiguration de l’œuvre. Leur maîtrise vocale est impeccable, souple, nuancée, jamais affectée. Dans une forme de dépouillement habité, la beauté de leur timbre va droit à l’essentiel : nous inviter à la contemplation du Beau, du Bon, du Vrai. C’est tout simplement saisissant.

 

On flotte, librement, dans le courant des émotions. La jeune mère est éplorée, certes. Le monde gronde. Mais tout semble baigné de plus en plus de lumière et d’espérance. La souffrance sera dépassée. Le lien mère-fils est si fort, si absolu, qu’au 7e tableau, on croit voir apparaître un Christ jeune et resplendissant, venu rassurer sa mère sur l’éternité de l’amour partagé. Entre chaque tableau de ce chemin vers la joie, la salle retient son souffle. On écoute, en empathie profonde, cette musique qui nous touche au cœur. Car seul l’amour sauve.

 

Et ce qu’on a vécu ce soir-là ne se vit pas en écoutant un CD, même le meilleur.

 

Le concert avait débuté dans une belle cohérence, une fluidité souriante, avec l’ouverture de La Serva Padrona et le Concerto en sol pour flûte et orchestre de Pergolèse, interprété dans un tempo allegro spirituoso. Un peu de joie avant les larmes de la Vierge! La flûtiste Kalliopi Bolovinu, armée de son piccolo, nous a emmenés avec fermeté, douceur et délicatesse dans des champs et des vergers peuplés d’oiseaux ivres de bonheur.

 

C’est ça, le paradis ?

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administrateur théâtres
Y’a d’la... Y’a d’la voix !

Sachez que La v o i x va bientôt régner en majesté, au Théâtre Royal du Parc. Du  7 au 13 août, le festival de musique Classissimo revient, comme chaque année, dans son lieu de prédilection, au cœur de la ville, avec une 19e édition fort prometteuse consacrée simplement à la v o i x. Espérons qu’après l’expérience, c’est nous qui serons …sans voix !

Une thématique aussi vaste qu’intime, lors de  huit  soirées où elle se fera tour à tour prière, émotions tragiques, dramatisation, mémoire, engagement ou pure jubilation musicale et auditive. Miroir de l’âme.

Y’a d’la voix ! accueillera aussi bien des artistes chevronnés qu’une jeunesse dynamique, bâtisseuse d’avenir.

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Les programmes sont éclectiques : des pages sacrées de Pergolèse, aux polyphonies du monde, au riche répertoire lyrique, à l’engagement,  à des  œuvres de Piazzola ; le festival abolit les frontières esthétiques tout en restant fidèle à ses exigences artistiques. Et tant pis si le mot “éclectique” est devenu parfois un cliché journalistique : ici, il n’est pas galvaudé. Il est vécu avec fierté.

 Dans le large choix du florilège, voulez-vous que je vous propose trois rendez-vous majeurs à ne pas manquer ?

 Je dirais tout de suite, le Stabat Mater de Pergolèse qui ouvre le Festival le 7 août. Il s’annonce comme un sommet d’émotion et de beauté de l’époque baroque. Ce chef-d’œuvre de la musique sacrée est une méditation poignante sur la douleur de la Vierge, agenouillée au pied de la Croix, où elle voit mourir son fils. Cette œuvre sera portée par de très belles voix soprano et  contre-ténor, et un ensemble instrumental  pétillant. Une œuvre qui a « l'effusion lyrique de l'opéra et la profondeur spirituelle de l’oratorio ». Un Chemin de Croix en 12 stations bouleversantes où les spectateurs, confortablement assis dans le cadre feutré du théâtre, ne pourront que retenir leur souffle, sans aucun … bâillement !

 Autre moment fort : le concert avec de jeunes et talentueux "graduates" de l'école internationale de Musica Mundi (le 10 août), qui réunit de jeunes  musiciens  venus du monde entier, pour faire leurs études musicales dans notre pays. C’est, à l’évidence, l’esprit généreux du dialogue interculturel qui préside dans cette école. Deux de leurs lauréats, âgés d'à peine 20 ans, Ilke isi Tunker(TU)violon et Dobromir Dobrev(BU)piano  viennent de recevoir  une bourse d'étude pour la prestigieuse école supérieure de musique Royal College of Music of London. Ces jeunes talents proposeront un programme Beethoven et Ravel  avec toute la fraîcheur et l’intensité dont ils sont les garants. Heureux qui communique ! Et ce, dans le langage artistique le plus universel qui soit. Heureux ceux qui  peuvent recevoir ce cadeau ! On sera à l’affût de cette tension  encore adolescente qui, parfois, fait voler les partitions. Comme on se réjouit ! Mais ce n'est pas tout, vous irez à la rencontre de l'immense citoyenne du monde, née en Belgique, Joëlle Srauss:  à elle seule, tout un laboratoire musical! Surprise, surprise. Parole de Condor! 

 Enfin, les amoureux d’art lyrique seront comblés avec la soirée “ A Night at the Opera” (le 9 août), où de grandes voix belges et internationales se retrouveront pour interpréter des pages frissonnantes du répertoire, condensées en une soirée d’initiation pour les uns, de plaisir raffiné pour les autres, à l’écoute d’un choix d’airs célèbres et de duos emblématiques, servis par des artistes, jeunes  ou  confirmés, ..passionnés. Consultez le site pour tous les détails.

 Bref, un festival ouvert, curieux et chaleureux, mu par une ferme volonté de transmission. Un idéal de vie !

Sans compter que chaque soirée est présentée de façon vivante et enthousiaste par le flûtiste et directeur musical, Marc Grauwels.  Tantôt concert pour familles, parfois formules plus serrées et courtes, invitations au dialogue entre les genres, tout est pensé pour que chacun – mélomane aguerri ou auditeur novice – y trouve … d’la joie !  Cela s'adresse à un public, sans doute…fort éclectique, lui aussi.

En clôture de ce festival, le mercredi soir 13 août, un fantastique hommage à l'Ukraine par trois artistes, deux sopranos et un pianiste: "Ne me demande pas, pourquoi mes yeux pleurent". Accents de nostalgie, de peine amoureuse, de profond attachement à la terre natale mais aussi, force d'âme indomptable et fierté vibrante des origines. Dans un Programme varié, mêlant Haydn, Mozart des compositeurs italiens, Fauré, Bernstein et ... tout le folklore ukrainien!  

Alors, prêts à vous laisser ravir ? Le Théâtre Royal du Parc cet été ? Transformé en un véritable laboratoire vocal : un lieu où la voix, sous toutes ses formes, s’élève, émeut, bouleverse et enchante.

 

https://www.classissimo.brussels/ Accueil

 
 
 
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administrateur théâtres

Spectacles

Un beau spectacle déambulatoire et …baroque : Le Bossu de Notre-Dame

  Quatrième année. Après les succès de La Guerre des boutons – Made in BelgiumLa Belle et la Bête et Alice au pays des merveilles au Château de Rixensart, le nouveau spectacle de Damien De Dobbeleer, librement inspiré de l’œuvre de Victor Hugo, devient un conte moderne, plein de fosses et bosses, à la fois édifiant et moqueur. Une distribution pleine d’allant y croise quelques sillages inattendus d’humour belgo-belge plutôt rafraîchissant. Et bien sûr, quelques flambées d’anachronismes. Certains tableaux s’inscrivent même dans l’esprit des œuvres satiriques de James Ensor.

 

Le Bossu de Notre-Dame du 8 juillet au 9 août 2025

Trois hommes tombent donc en extase devant Esmeralda, la libre bohémienne, et c’est bien là, l’origine de leur tourment : Phoebus, prêt à renier, malgré une déclaration passionnée en langue d’Elvis, Fleur-de-Lys et ses bruyantes copines d’enterrement de vie de jeune fille. Frollo, cette figure fort trouble, juge, censeur, prêtre, assassin ? Et cet être difforme, ce Quasimodo, créature solitaire abandonnée à la naissance, qui appelle tout de suite à la compassion.

Les thèmes sont clairs : haine, vengeance, jalousie, orgueil, cruauté, mépris… mais aussi la solidarité, la compassion, l’écoute. Un véritable kaléidoscope de sentiments humains.

L’échafaudage narratif est parfois un peu branlant, mais il y a de l’audace dans la démarche, du courage dans les intentions. Les traits d’humour critiquent sans détour les dérives de notre société et frappent juste. Il y a aussi quelques lenteurs, certes, mais les messages circulent dans une atmosphère tout-à-fait bon enfant. Après tout, c’est l’été — et le public vient pour s’amuser.

 Les enfants, c’est la surprise. Ils participent au spectacle avec une énergie magistrale. Si jeunes, et déjà si déterminés : ils déclament, jouent, bondissent, s’approprient le texte avec brio et naturel. Trois jeunes rois mages ? Peut-être. Mais surtout une source de lumière, d’espoir, et de joie de vivre.

Pause. Et si…

Si ce spectacle était une nourriture ?

Ce serait une planche apéro.

Un animal ? Une fourmi.

Une musique ? Le chant des misérables.

Un pays ? Celui où l’on n’arrive jamais.

Une plante ? Les simples du cloître.

Une boisson ? Le verre d’eau rafraîchissant.

Un véhicule ? Les ailes du désir.

Une addiction ? Les champignons.

Une fleur ?  La fleur-de-lys rouge.

Une cloche ? Celle du bonheur.

Et fi donc !  des m'atuvus, des tribunaux ecclésiastiques, des policiers en mal de puissance, des surtouristes en visite guidée dans la Cathédrale, de l’anglais de bâtons de chaises du latin de cuisine ! La critique est omniprésente, et c’est tant mieux.

Continuons. Le Bossu de Notre-Dame résonne comme un hymne sincère à la différence. Merci les tambourins !

C’est aussi une fresque cruelle et sombre où la bonté est rare. Quasimodo, reclus difforme, mais au cœur immense, émeut plus qu’il ne suscite le rejet. Hélas ce n’est pas son âme que l’on juge, mais son apparence. On l’a méchamment hissé en roi grotesque, on l’a célébré comme une figure de foire en folie… avant de le rejeter comme un monstre qui dérange. Car, dès le début, ce carnaval cruel – cette inversion institutionnelle des normes – révèle avec brutalité le cœur insensible d’une société qui préfère le spectacle à la vérité, la norme à la nuance.

Et pourtant… tout au long du spectacle une main païenne ne cesse de se tendre. Celle d’Esméralda, libre et lumineuse, elle qui reconnaît en Quasimodo un frère d’exclusion et ne rêve que de Justice, condamnant avec force trucages et autres mascarades ! Marginalisée elle aussi, traquée pour ses origines, elle incarne la résistance. L’insoumise. Celle qui défie les hypocrisies.

Au diable les champignons ! Face à Frollo, incarnation glacée de l’ordre implacable, Esméralda danse et devient flamme et lumière. Elle sauve Phoebus avec ses herbes, elle ne sauve pas Quasimodo mais dans une scène inoubliable, par sa voix, son chant et sa danse, elle l’humanise, pour lui-même et aux yeux du monde. Le vrai miracle qui passe peut-être inaperçu.

En fin de compte même ce vrai roi titubant, ce maigre roi Louis XI, ce fondateur du royaume de France, haï par son propre peuple, appelle, lui aussi à notre compassion. La mise en scène souligne son air perdu et désespéré ! Quel triste sire, si fragile, sous le poids de sa gigantesque couronne ? Écrasé par sa fonction ? Qu’il est pathétique, le pouvoir en quête d’absolutisme ! Et si tristes, ses guerres ravageuses…

Mais si drôles les apparitions du piaffant cheval gris perle ! Les enfants …adorent !

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

vu le 25 juillet 2025

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INFOS PRATIQUES

Distribution

PRODUCTION, ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE : DAMIEN DE DOBBELEER
PRODUCTION ET COLLABORATION ARTISTIQUE : MELISSA LEON MARTIN
COLLABORATION DRAMATURGIE : SELMA ALAOUI
COLLABORATION ÉCRITURE : GERNOT LAMBERT
ASSISTANTE ARTISTIQUE / PRODUCTION : ROMANE GAUDRIAUX

ACTEUR.ICE.S : SARAH BER (ESMERALDA), BENJAMIN BOUTBOUL (QUASIMODO), DIDIER COLFS (FROLLO), NICOLAS KAPLYN (PHOEBUS), ERICO SALAMONE (LE ROI), AURELIE FRENNET (EDMONDE), PHILIPPE Brion, EDOUARD DIONNET, SEBASTIEN FILIPOZZI, EMILIE GRECO, RAPHAËL MEDARD, MARGAUX MONARD, MATTEO SALAMONE (JEHAN), MARIE TECK, Elise Villance

DANSEUSES : ARMELLE EYENGA, MAYLIS VITRAC
ACTEUR.ICE.S ENFANTS : ZAIA BOUTBOUL, THEA DE BOECK, OSCAR FRANEAUX-LEROY, MARGOT LARUEL-WEBER, JOANNE MARTENS, Tibère de Wilde d’Estmael

SCÉNOGRAPHIE CONCEPT : BENJAMIN MUZART, JULIA RENAUDOT
SCÉNOGRAPHIE RÉALISATION : CAROLINE LUMIA, Anatole Edelsztein, melissa Gaurat, louise Dupont

COSTUMES, MASQUES ET ACCESSOIRES : MARIA SPADA & AURÉLIE WEBER
ASSISTANT COSTUMES, MASQUES, ET TISSU SCÉNOGRAPHIE : BAPTISTE ALEXANDRE
STAGIAIRES COSTUMES : CLOVIS BRENEZ, NATHALIE VIALARION

CONSTRUCTION TECHNIQUE : PIERRE DURDUR, PHILIPPE BREMS
MAQUILLAGE : INÈS INFANTI, Florence Jasselette.
CRÉATION LUMIÈRES : JEROME DEJEAN
CRÉATION SONORE : LAURENT BEUMIER

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administrateur théâtres

Le "Dragon " du théâtre du Parc part en voyage!

A vos agendas pour Le Vilar en 2026!

...Et en ce moment, au Festival de Spa!

"Hier soir, c’était la dernière du 𝘿𝑹𝘼𝑮𝙊𝑵 à Spa (01 > 17.08.2025)

Un conte aux allures fantastiques, un dragon à trois têtes, un chevalier, un chat qui parle… et derrière la magie, une charge puissante contre toutes les formes de tyrannie.
Ce spectacle est une douce claque, comme une alerte déguisée en fable.
Toutes les représentations ont affiché complet - un record d’audience sur un même spectacle dans l’histoire du Royal Festival. Mais au-delà des chiffres, ce sont vos messages et commentaires qui nous ont bouleversés. Le spectacle laissera une trace dans vos vies… C’est pour ça qu’on fait ce métier.
Parce que l’art nous aide à penser sans désespérer, à rêver sans fuir le réel. Parce que 𝑳𝙀 𝘿𝑹𝘼𝑮𝙊𝑵, écrit en 1943, parle aussi de nous, ici et maintenant.
Et parce qu’un enfant peut s’y émerveiller, frissonner, rire aux éclats, tandis qu’un adulte en capte les résonances plus sombres… c’est là toute la puissance d’un spectacle comme 𝑳𝙀 𝘿𝑹𝘼𝑮𝙊𝑵 🐉
Oui, la culture est essentielle. Elle nous rassemble, nous éclaire, nous remue. Et c’est à travers vos regards, vos émotions, qu’elle prend tout son sens.
 
 
 Prochaines représentations au Vilar à Louvain-la-Neuve, du 7 au 17 janvier 2026 🎯
 
 
Place Rabelais 51, Louvain-la-Neuve, Belgium
010 47 07 00
info@levilar.be
levilar.be
 
Le Dragon au mois de mai 2025, au théâtre royal du Parc 

Adaptation de Benno BESSON revue par Mireille BAILLY

Pour ce 1er mai, voici un brin de littérature jeunesse qui vaut la cueillette. A l’origine, « Le Dragon » une pièce fantastique, grave et burlesque, écrite en 1943 contre le totalitarisme et l’asservissement par l’écrivain russe Evguéni Schwartz.  Une création pour le théâtre Royal du Parc, réalisée par Axel De Booserré et Maggy Jacot, assistés par Julia Kay.

Vous allez voir ce que vous allez voir, c’est du pur cirque, du Grand guignol, une farce politique dont certains tableaux sont aussi monstrueux que les créatures de Jérôme Bosch… Une fantaisie héroïque ? C’est une féerie inversée, un cauchemar, certes, mais qui s’ouvre fort heureusement sur la lumière. C’est comme cela dans les contes. Et nous voici rassurés sur la nature humaine.

Comme dans le théâtre symbolique de Maeterlinck dans « L’oiseau bleu », une chatte au regard acéré prend la parole. Quel est son regard ? Serait-elle la seule à échapper au despotisme absolu qui semble régner depuis 400 ans sur ce pays imaginaire dirigé par un implacable Dragon ? Magnifique sous toutes ses formes, le regard qui tue, celui-ci se repait chaque jour de taureaux qui lui sont sacrifiés et chaque année, d’une jeune fille totalement résignée   dans l’accomplissement de son devoir. On pense à l’histoire du Minotaure, monstre dirigé par ses pulsions et ses instincts, mais vaincu enfin par le héros grec Thésée.

Avide de pouvoir et destructeur, ce Dragon n’a bien sûr rien des qualités protectrices que lui attribuaient les guerriers nordiques, rien des pouvoirs mythiques du prestigieux Dragon fêté par les cultures asiatiques … ni même la force et le courage du serpent à trois têtes, peint sur le bouclier d’Agamemnon.

Ce Dragon, décrit par l’auteur russe, incarne plutôt le Dracu roumain, tellement présent dans l’imaginaire de ce peuple, et cause évidente de tout mal. Nommer les choses aide parfois à les supporter. Utiliser la parole, c’est finalement déjà, un début de sagesse pour réussir à s’échapper d’un monde concentrationnaire, cimenté par la haine, l’oppression et la peur, et partant, privé de tout espoir de bonheur.

Dès le début du spectacle on se trouve au cœur de la menace de murailles mouvantes qui écrasent comme dans les mondes de Kafka ou d‘Edgard Poe. Des effets sonores et lumineux terrifiants vous remplissent d’effroi. Une prodigieuse bande sons, voix, lumières et vidéo est issue d’une équipe de choc : Gérard Maraite, Guillaume Istace et l’indispensable Allan Beurms qui mènent l’enfer dans un rythme oppressant.   Le but sera atteint, si ce dernier spectacle de la saison du théâtre du Parc, nous fait réfléchir à l’horreur du pouvoir absolu et du culte de la personnalité.

 De nouveaux despotes sont là et nos sociétés risquent même l’asservissement volontaire. Ecrivain de livres pour la jeunesse, E. Schwartz, rapidement censuré par l’administration de Staline, utilisait les vertus du conte pour critiquer le nazisme, afin de stigmatiser l’effroyable pouvoir stalinien.

Sur scène, les femmes empaquetées dans des tenues de Matriochka, mère et fille, telles des forteresses sur roulettes font frémir d’horreur.  Elles sont interprétées par Mireille Bailly et Elsa Tarlton, toutes deux, saisissantes de vérité. Les caricatures des différents personnages grimaçants évoquent un univers Ensorien: un bourgmestre ébouriffé et fou (l’incomparable Othmane Moumen), Henri, un fils absolument laid et fourbe, au service du fameux Dragon, prêt à sacrifier sa fiancée pour plaire à son maître. Ce même personnage endosse d’ailleurs de façon glaçante le rôle d’une espèce de Big Brother projeté sur écran, responsable d’une communication nauséabonde et de la propagande du pouvoir. Joué avec excellence par Thierry Janssen. Costumes, coiffures, maquillages, chorégraphie, tout se tient pour caricaturer l’atroce tyrannie.

Le seul humain qui nous ressemble est ce merveilleux Lancelot (Marvin Schlick), d’une beauté éternelle, intrépide, léger comme une plume libre, agile comme David… qui a décidé d’abattre la bête immonde.

On attend avec impatience la métamorphose de la jeune fille grâce à l’amour.  On revient à la vie devant l’aide providentielle de Dame Nature et des esprits de la forêt. Voilà le merveilleux de notre cher Maeterlinck à nouveau à l’œuvre dans un jeu de décors inoubliables. Sans doute que nos artistes belges transportent cet esprit dans leurs veines… Un vrai ravissement.

Mais l’histoire est loin d’être réglée après l’épuisante victoire du héros professionnel… Attendez-vous au pire du pire…

Comprenez que le pire c’est la parole définitivement confisquée, et cette ville entière qui s’est prosternée devant ce Dragon. Un assoiffé du pouvoir qui a réussi à s’imposer comme bienfaiteur de l’humanité grâce à la manipulation maléfique de la langue et autres détournements de la vérité. Une langue assez simpliste véhicule ce spectacle, illustrant d’ailleurs les terribles avertissements de Georges Orwell. Mais pour réellement accrocher le spectateur, ne faudrait-il pas un discours encore plus mordant, pour ne pas rater la cible historique du crime stalinien?

Heureusement la distribution flambante est là, toutes griffes dehors pour faire du spectacle une croisade contre l’ensauvagement de notre monde. Les grands favoris de la scène du Parc sont fidèles au rendez-vous : en tête, le très méphistophélique  Fabian Finkels dans le  formidable rôle du Dragon,  avec l’insaisissable Julien Besure  tantôt le Chat, tantôt un citoyen, et  l’effarante comédienne de talent légendaire,  Karen De Paduwa, tour à tour ministre des prisons, Berthe, l’amie d’Elsa, une artisane et l’enfant citoyen.

 

Dans le miroir tendu, chacun peut y voir tout ce qu’il veut y voir : toute une monstruosité en marche, ou une fiction pour la jeunesse pour leur faire aimer le théâtre …. C’est selon, mais une œuvre vraiment utile en nos temps d’absurdité profonde et de libertés insidieusement assassinées.

 

Dominique-Hélène Lemaire , Deashelle pour le réseau Arts et lettres 

Photo@Aude Vanlathem

LE DRAGON – Théâtre Royal du Parc

Théâtre Royal du Parc
Rue de la Loi, 3
1000 Bruxelles
02 505 30 30

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administrateur théâtres

Ténébreuse Rebecca sous le ciel bruxellois

Spectacles

On se souviendra de Rebecca à Bruxellons! 2025

Été 2025Rebeccaroman bouleversant de Daphné du Maurier (1938), s’incarne dans la cour du château du Karreveld en un thriller musical psychologique flamboyant… daté de 1925cela fait juste juste 100 ans… Comme pour un envoûtement!

La Belle Époque en version cauchemar ?  Véritable coup de maître, cette création mondiale en français, est la pièce de résistance du 27e Festival Bruxellons!. Elle est portée par un collectif de 21 artistes hors du commun.

Rebecca, c’est l’histoire centenaire d’un fantôme. Et comme tous les bons fantômes, elle ne se montre jamais — mais hante chaque espace, de Monte-Carlo à Manderley, lieu mythique des Cornouailles.

Comme un opéra. La partition puissamment évocatrice de Sylvester Levay et le livret de Michael Kunze, adaptés avec finesse en français par Stéphane Laporte, s’unissent dans une narration à la fois élégante et glaçante. De la fine gastronomie pour les gourmands de musique et de suspense.

Coup de foudre. Une jeune femme sans nom, au propre comme au figuré — cheveux courts et soulier léger, dame de compagnie de son état — séduit par son innocence et épouse Maxim de Winter, veuf énigmatique de Manderley. Mais la défunte Rebecca, mystérieuse première épouse au pouvoir despotique, semble bien décidée à ne pas quitter les lieux — ni les cœurs. Surtout celui de sa gouvernante, figée dans la haine du changement. Mrs Danvers.

L’orchestrationmagistrale – mais où sont-ils donc ? Protégés de la pluie? – est dirigée par Laure Campion et fait vibrer le décor. Comme le souffle puissant de la mer qui bat les récifs du domaine maudit.

L’esprit du large…Une mise en scène portée avec grandeur par Marina Pangos et Jack Cooper qui dessinent avec passion un récit visuel et dramatique d’une intensité rare. Les changements de décor et de scènes s’enchaînent, tels des feux d’artifice. On passe de surprise en surprise à travers une série de tableaux que l’on rêve de photographier. Il y a ce ballet perpétuel de  dizaines de personnages en mode chantant. Ils dansent, virevoltent, flamboient et chantent tout à la fois en jonglant avec leurs accessoires. Avec une insatiable énergie et une précision millimétrée. De la beauté scénique en mouvement qui résonne avec la puissance d’un chœur d’opéra. Et quels costumes ! À chaque instant, de la magie. Merci Jack ! Ils sont signés Béatrice Guilleaume.

Le décor de Sylvianne Besson évoque bien sûr les falaises romantiques, lieux de vertige et de destin, sur lesquelles s’adossent les portes de l’enfer-Manderley : pilastres rouge sang, lambris aux airs mauresques, perspectives brisées… De part et d’autre, deux grandes volées d’escaliers : rêve ou cauchemar ? Elles semblent tour à tour surgir ou disparaître tant l’action au centre de la scène capte le regard ! Et surtout, tout en haut de l’ouvrage, il y a cet immense portrait, lacéré, celui de Rebecca, suspendu comme une malédiction au-dessus du grand escalier. Quel couteau a osé le crime ?

Les jeux de lumière de Laurent Kaye dissèquent l’action comme un entomologiste, toujours en phase avec cette chorégraphie obsessionnelle et sublime de Kylian Campbell. Sommes-nous au centre d’un cerveau torturé ? D’un envoûtement? L’action est un labyrinthe… Y aura-t-il une issue ? Une métamorphose ?

Un univers de personnages fantastiques. Jeremy Petit donne à l’âme tourmentée de Maxim de Winter des contours de vase brisé. Sa douleur, retenue mais très palpable, esquisse une humanité blessée, dans la plus pure tradition romantique. Sa voix est sculptée par le rôle. Et pourtant, l’or pour recoller ces profondes fissures est là, à portée de voix, à deux pas…

Cheveux courts et plats, Laura Tardino, en tenues fluides pastel, incarne l’héroïne sans prénom avec une justesse  émouvante : de l’effacement initial à la lumière reconquise. Un « je » fragile, qui apprend à se conjuguer dans les abandons, les silences, et les révélations. Mais c’est l’illustre plante vénéneuse qui fascine : Liesbeth Roose, en Mrs Danvers. Toute vêtue de noir d’Espagne, la sombre duègne s’empare de la scène comme une ombre maléfique. À chacune de ses apparitions, le temps se fige, les dos se courbent. La voix étrange et pleine distille la peur, la menace, l’obsession.  Magnétique, son solo « Rebecca » est un cri glacé d’adoration morbide. Suspense entre beauté et terreur.

Au sein du casting affûté, on trouve encore une série de rôles admirablement ciselés.

 Extravagante,Marie-Aline Thomassinen comédienne de boulevard, fait de Mrs Van Hopper une caricature grandiose, burlesque et jubilatoire. Quel bonheur, l’exagération épique !

Nathan Desnyder incarne Jack Favell pourtant interdit de séjour au château. Manipulateur en diable, jusqu’à l’absurde – avec son costume de soirée orange final. Un hasard ? Escroc flamboyant et décomplexé ? Miroir des péchés capitaux ? Make Mandalay great again ! Cynique, il ne souffre d’aucune honte.

  Enfin, un peu de bon sens, avec Damien Locqueneux et Raphaëlle Arnaud. Ils forment le duo apaisant de Béatrice et Frank dans ce fabuleux tumulte. Du même ordre, ces deux pépites de l’art des planches – à la justesse de ton remarquable- qui complètent à souhait cette superbe comédie humaine: Mathias Fleurackers (Ben) et Laurent Kiefer (le colonel Julyan). Ainsi, le bonheur est dans la salle. Pardon, sous le ciel estival de Molenbeek.

Cette version Bruxellons! très illustrative de l’esprit du roman, est aussi renversante que les flammes d’ Autant en emporte le vent. Mais de surcroît, la métaphore scénique célèbre les identités effacées, les amours figées, les maisonnées hantées par les non-dits, les traumatismes savamment enfouis Et quand la scène s’embrase – littéralement – on comprend que Rebecca a en fait le dernier mot… un mot désespéré et rageur de vraie sorcière.

La porte de l’enfer s’ouvre enfin. Vers la mer. Vers les libres horizons. Ensemble ? Allez, On embarque ?

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

vu le 22 juillet 2025

Rebecca Mise en scène de Jack Cooper et Marina Pangos
Direction musicale de Laure Campion – Chorégraphies de Kylian Campbell
Une Coproduction de Bulles Production, de Cooper Production et du Théâtre Le Public
Avec l’autorisation de Vereinigte Bühnen Wien
25 représentations  A partir du 11 juillet 2025 

Avec Bruxellons!

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administrateur théâtres

A Villers-La-Ville, La Belle et la Bête en plein air

Spectacles

La Belle et la Bête dans le creuset de pierres séculaires…

Rayonnement de l’intelligence de cœur dans le cadre sublime de l’abbaye de Villers-la-Ville   lors d’un spectacle de magie humaine, de générosité exemplaire, écrit dans une langue ciselée. Loin des contes à trois francs six sous, en version simplifiée ou édulcorée, cette version de La Belle et la Bête enchante par son rythme et sa diction. Heureux les mots-dépendants ! Heureux les amoureux de belle scénographie ! Heureux les visiteurs d’un lieu chargé d’âme !

Grand-messe théâtrale dans l’Abbaye de Villers-La-Ville cet été, à la tombée du jour. Il y a quelqu’un ? On est 900. Chaque année, 20.000 spectateurs se pressent sous les voûtes en ruines. Cette fois, la messe populaire combat les apparences et la violence. En piste – suivez le guide – une fée espiègle, cocasse, omnisciente et… lumineuse. Telle une prof farceuse… (Jeu : une pétulante Bernadette Mouzon).

Trois figures féminines sont convoquées par le texte. Belle : l’innocence, la vertu et la bienveillance pures (Laura Fautré). Deux sœurs caricaturales, deux pestes insupportables et chamailleuses qui ne vivent que pour la galerie, comme dans Cendrillon : Lauriane Jaouan (Fatmé) et Manon Hanseeuw (Lisbé). Et une mère, Reine de son état, une Lagertha absolument guerrière (Marie-Hélène Remacle), tout ce qu’il y a de plus dur, autoritaire et violent.

Dans ce trio explosif, on ne peut que choisir la première. La seule qui ne prône pas la guerre. Une évidence. Mais la pureté idéalisée existe-t-elle ? Jacques Brel ne nous chante-t-il pas « L’inaccessible étoile » ?

En tout cas, on dira un non franc et massif aux apparences, et surtout un Non majuscule à la violence. Notre foule sentimentale a tant besoin d’idéal. Ce spectacle est donc fort rafraîchissant et beau… comme la maladie d’amour.

Côté masculin, deux hommes. Un père (Bruno Georis), adorable et tendre, veuf et ruiné, mais qui vibre intensément pour cette cadette qui n’aime que les roses… Et un prince (Benjamin Ramon), impressionnant, caché sous une peau de bête, victime d’une fée vengeresse et jalouse, un miroir noir de malédiction. Tiens donc, encore une femme ! Et son vœu ultime à cette malheureuse créature ? Essence contre apparences :  être aimé pour ce qu’il est. Rien que cela. Rien d’autre. Le programme de Don Quichotte ?

Sûr que la joie de la métamorphose finale de ce prince blessé dans son orgueil et sa solitude, et enfin libéré du méchant sortilège fait du bien. Même si tout le monde connaît cette fin. Dansons… là où éclôt la magie !

Car les mots dansent. Des éblouissements classiques déclamés dans une diction parfaite enveloppent ce beau spectacle. Des subjonctifs imparfaits, des passés simples. Comme les herbes du même nom. On est dans une abbaye ! Où étiez-vous donc passés ? A la trappe ? Les voici ressuscités, à Dieu ne plaise ! En signe infaillible d’intemporalité, les répliques scandées font briller les mots et les idées comme des lucioles de plaisir dans la nuit. Le tout, teinté de touches d’humour très actuel.

 En effet, le texte choisi par Patrick de Longrée pour exploiter sa scénographie nous vient directement du conte original de Gabrielle‑Suzanne de Villeneuve (1740). Un bijou de français ancien. Le texte est mis en scène par Alexis Goslain, avec les somptueux costumes de Sophie Malacord et Thierry Bosquet, les éclairages contrastés de Christian Sténuit et les illustrations musicales joliment inquiétantes de Laurent Beumier.

Ce spectacle, c’est donc ça : un vrai bain d’humanité. Toutefois, disons que cet entracte imposé est un peu lourd. Pierres, lierre, bière… La foule se trouve canalisée par une équipe nombreuse d’étudiants très souriants. Mais où s’assoir et où rêver ? Et comment ne pas briser l’enchantement ? Soupir ! Mais on quitte les lieux, la rose au cœur, sachant que l’amour ne peut fleurir que dans la réciprocité et le consentement. Le temps d’une heure et demie, on se rappelle que les contes ne mentent pas – ils transforment. Et qu’il est encore permis de croire à la métamorphose.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

vu le 17 juillet 2025

→ https://deldiffusion.be/prochaine-production/la-belle-la-bete

Mise en scène : ALEXIS GOSLAIN

Avec
LAURA FAUTRÉ (la Belle)
BENJAMIN RAMON (la Bête)
BRUNO GEORIS (le Père)
BERNADETTE MOUZON (la Fée)
MARIE-HÉLÈNE REMACLE (la Reine)
LAURIANE JAOUAN (Fatmé)
MANON HANSEEUW (Lisbé)
JONAS JANS (Garde)
ROMAIN MATHELART (Garde)

D’après GABRIELLE-SUZANNE de VILLENEUVE
Adaptation et scénographie : PATRICK de LONGRÉE
Costumes : THIERRY BOSQUET & SOPHIE MALACORD
Éclairages : CHRISTIAN STÉNUIT
Maquillages : GAËLLE AVILÈS SANTOS
Habillage musical : LAURENT BEUMIER
Images vidéo : ALLAN BEURMS
Chorégraphie : SABRINA GERLACHE
Assistant à la mise en scène : JONAS JANS

Produit par RINUS VANELSLANDER Vanelslander & PATRICK de LONGRÉE

ABBAYE DE VILLERS-LA-VILLE
À partir du 10 juillet 2025

 

https://deldiffusion.be/prochaine-production/la-belle-la-bete

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administrateur théâtres

Kean Ressuscité au théâtre des Galeries

Spectacles

Kean en crescendo saisissant au Théâtre des Galeries

Mai 2025. Pari osé, pari tenu. Le Théâtre des Galeries ressuscite Kean, d’abord imaginé dans une pièce en 5 actes, par Alexandre Dumas en 1836, puis transfiguré par Jean-Paul Sartre en 1953, dans une version dense, réflexive, parfois vertigineuse.

Ce qui aurait pu devenir une représentation poussiéreuse de héros de théâtre romantique, sous les traits d’un menteur professionnel, se révèle être une mise en abîme haletante de l’identité, du jeu, et de la solitude de l’artiste torturé.

Daniel Hanssens y est immense. La pièce repose presque entièrement sur ses épaules. Et quelles épaules ! L’acteur belge, connu pour sa générosité scénique et son ancrage populaire, atteint ici une forme de sommet dans la tragi-comédie. Il mêle avec virtuosité la gouaille de Falstaff, les états d’âme d’Alceste, le questionnement d’Hamlet, la sauvagerie d’Othello, la débauche de Don Juan. Couvert de dettes, il est tour à tour clown, tragédien, ivrogne, séducteur, enfant blessé. Il passe d’un masque à l’autre sans jamais perdre de vue l’abîme intérieur de Kean : un homme qui ne sait plus où finit le théâtre et où commence la vie. Dans certaines scènes, particulièrement celle du miroir, Hanssens semble littéralement se désincarner : le public, suspendu, devient témoin d’un effondrement autant que d’une révélation.

« Kean », c’est nous, c’est vous, c’est tout lui.

Dans cette triple identification, on entend l’écho de l’existentialisme de Sartre : l’être humain n’est pas une essence figée, mais une construction perpétuelle à travers ses actes, ses choix, et son regard sur soi. Kean, comédien qui perd sa propre identité dans ses rôles, devient un miroir dans lequel chacun peut se voir. Nous sommes tous, à un moment donné, des “Kean” : tiraillés entre l’image que les autres attendent de nous et notre vérité intérieure, fuyante, mouvante, insaisissable.

Jean-Paul Sartre dans sa réécriture de Dumas ne se contente pas de moderniser un texte : il y insuffle sa vision de l’homme, de la liberté, de la responsabilité. Kean, dans ses mains, devient un être en crise, en lutte avec l’absurde de l’existence, avec la nécessité de jouer un rôle — littéralement et symboliquement — pour être aimé, reconnu, exister. Le théâtre devient le lieu même de la conscience de soi.

Daniel Hanssens est la chair de ce mythe. Il ne joue pas Kean : il le devient, au sens sartrien du mot. Il incarne la complexité humaine, dans toute sa grandeur et ses failles. Il nous rappelle que le comédien, comme tout homme, est condamné à la liberté — à la fois bénédiction et fardeau. Par son jeu, il révèle que l’acteur et le personnage, l’homme et son rôle social, ne font qu’un dans le vertige de l’existence.

La mise en scène d’Alain Leempoel opte pour une esthétique épurée : peu de décors ou de mobilier, à part des immenses livres grands comme des portes, et 5 grands miroirs à bords dorés, flottant, avec ou sans tain. Ils captent les personnages ou ceux-ci  les traversent. Des lumières tranchantes, des points de fuite changeants. Partout, les livres de Shakespeare en édition ancienne, jouent les géants silencieux qui montent la garde des lieux, du temps de de l’action. Tout conduit à arracher les voiles de l’hypocrisie et à rendre compte des impostures. Seul le décor de la taverne nous ramène au réalisme du début du 19e siècle. Ce dépouillement sert le propos : l’essentiel est dans le verbe, dans le geste, dans la tension entre ce que l’on est et ce que l’on prétend être.

Ainsi, la troupe solide papillonne avec effervescence autour du lion Kean, cet acteur qui a réellement existé, figure publique adulée, et cependant …aux pieds d’argile, perpétuellement inquiet dans sa quête bouleversante de lui-même et le désir ardent de changer le monde. La mièvrerie, les grimaces, les jeux de dupe, la cruauté, s’entrechoquent autour de lui alors que les rires et l’amusement s’enchaînent la salle. Tous, les comédiens sont de brillants personnages bien ciselés, que ce soit l’aubergiste (Marc De Roy), Salomon, l’intendant de Kean (David Leclercq) ou le ridicule Lord Mewill (Pierre Poucet). Avec trois autres comparses réputés de la comédie : Robin Van DijkVirgile Magniette et Michel Hynderyckx, chacun participe à sa façon au crescendo du jeu de massacre qui se produit au cours de cette effarante construction équilibriste.

Le rôle d’Elena, comtesse de Koefeld (Laurence d’Amelio), épouse de l’ambassadeur du Danemark (Jean-Michel Vovk) est magistralement tenu ainsi que celui de la très merry wife, Amy, comtesse de Gosswill (Christel Pedrinelli), elle aussi, amoureuse du King !

Le rôle du prince de Galles, très improbable ami de Kean, est campé avec le brio du gentleman éternel par l’élégant Dominique Rongvaux.

La pétulante Shérine Seyad, en comédienne en herbe qui ne s’en laisse pas conter, nous séduit par sa franchise et sa vivacité.

Il faut cependant admettre que c’est le monologue intérieur de Kean — incarné dans chaque regard, chaque intonation, chaque geste — qui sculpte vraiment le cœur du spectacle.

Kean, pièce sur le théâtre, nous confronte sur notre manière de jouer à être, chaque jour. Dans cette version incisive et dépouillée, le Théâtre des Galeries offre bien plus qu’un spectacle : toute une expérience existentielle. Un miroir tendu, déformant et troublant. On en sort secoué, peut-être, plus authentique ?

 

Dominique-Hélène Lemaire , Deashelle pour le réseau Arts et lettres 

  Kean » D’Alexandre Dumas et Jean-Paul Sartre, Du 30 avril au 25 mai 2025 , Billetterie : du mardi au samedi de 11h à 18h – 02 / 512 04 07

 

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administrateur théâtres

Une première... mondiale à la Comédie Claude Volter

Spectacles

Une Exploration Extraordinaire des Mondes Invisibles à La Comédie Claude Volter Jusqu’au 9 février 2025

Le théâtre, par sa nature même, n’est-il pas un miroir des réalités diverses et souvent cachées de notre existence ? Dans le spectacle « Je voudrais mourir par curiosité », cette essence du théâtre est magnifiquement mise en lumière par Christine Delmotte-Weber, qui nous entraîne dans une aventure exploratoire des mondes invisibles et des états de conscience non ordinaires.

En effet, les neuroscientifiques de Liège, à la pointe de la recherche sur les états de conscience modifiés, et la question de la délocalisation de la conscience, ont offert à Christine Delmotte une fenêtre rare sur des expériences telles que les expériences de mort imminente (E.M.I.), la transe cognitive, l’hypnose et les expériences psychédéliques. Ces chercheurs, en collaboration avec le GIGA Consciousness, de l’université de Liège, ont permis que leurs découvertes enrichissent le spectacle que propose Christine Delmotte-Weber de manière inédite. Le résultat est une œuvre où la science et l’art s’entrelacent pour offrir une réflexion profonde et fascinante sur la nature de notre conscience. Entre les différents tableaux, dans le silence des voix, des pages de musiques méditatives nous permettent de plonger à notre tout au plus profond de nos expériences personnelles.

Une Fusion des Réalités Théâtrales

Loin de tout modèle matérialiste, Christine Delmotte-Weber a choisi d’explorer avec sa très belle sensibilité le dialogue de deux femmes qui s’aiment, séparées subitement par la mort par accident. Myriam et Baba.  Mais le fil de la vie ne cesse de les réunir, tant l’amour qu’elles éprouvent l’une pour l’autre appartient à plusieurs dimensions.  Avec audace et dextérité l’œuvre scénique mélange habilement les genres et les niveaux de réalité. Dans ce spectacle, le théâtre d’objets côtoie la projection de réalités extérieures, créant ainsi un mélange des genres qui défie les conventions théâtrales traditionnelles. Cette approche nous permet de naviguer aisément entre les mondes visibles et invisibles, entre le tangible et l’intangible, entre le matériel et le spirituel.

Ce spirituel, tellement bien symbolisé par la présence du début à la fin, d’un cerf majestueux qui, certes a causé la mort de l’une d’elles, mais il est aussi du roi des forêts, garant du mystère de la nature, et dont la présence ouvre sur une dimension spirituelle, l’essence divine de l’amour et le caractère sacré de notre environnement naturel. Tout autant que l’allégorie de notre vulnérabilité, il est symbole d’apaisement, de douceur, de grâce. Au cœur de ce mystère, les deux femmes se retrouvent, à la fois plus charnelles que jamais et comment dire… régénérées ?  Bouleversant ! Loin d’être confinées à une seule dimension, elles évoluent et se transforment, nous offrant une vision renouvelée de notre existence. Leur démarche éclaire sur la manière dont les morts continuent à habiter la vie des vivants et ajoute une profondeur supplémentaire à la question de la délocalisation de la conscience, et à la puissance de la mémoire.

Starhawk, dans « Rêver l’obscur, Femmes, magie et politique », se définissant à la fois comme féministe et sorcière néopaïenne nous rappelle l’importance de célébrer la vie à travers le mouvement.  Le vent dans le balai ? Cette idée est superbement intégrée dans le spectacle, où les deux comédiennes semblent vivre intensément malgré les barrières de la mort, dansent, se meuvent, apparaissent et disparaissent dans un ballet d’émotions partagées et de liberté des corps. Le bleu du ciel et le noir de la terre.

« Je voudrais mourir par curiosité » est une œuvre théâtrale qui transcende les subtiles limites du visible et de l’invisible. La phrase est de …Georges Sand, tout un programme, non  Grâce à l’ingéniosité de Christine Delmotte-Weber et à sa collaboration avec les neuroscientifiques de Liège, ce spectacle nous offre une exploration riche et nuancée des états de conscience non ordinaires. Pour le spectateur, une expérience immersive qui mélange habilement la science, l’art et la philosophie pour créer une réflexion profonde et émouvante sur notre manière de percevoir et de comprendre la réalité. L’interprétation magistrale est signée Marie-Paule Kumps et   Stéphane BissotToutes deux, corps et esprits en mouvement, fusionnent l’Émerveillement, la Conscience et le Théâtre dans un bijou théâtral  fascinant.  

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Une production de la Compagnie Biloxi 48 et de la Comédie Royale Claude Volter. 

Avec Stéphane Bissot, Margaux Frichet et Marie-Paule Kumps

Assistanat Margaux Frichet

Installation scénographique et objets Annaëlle Impe

Lumière Benoit Théron

Son Victor Petit

Vidéo Samuel Deschamps

Régie Bruno Smit

A la Comédie Volter, 28 avenue des Frères Legrain, 1150 Bruxelles

Du 22 janvier au 9 février à 20 h 15 (les dimanches à 16 h)

Infos et réservations : https://www.comedievolter.be/

 

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