Arts et Lettres

Le réseau des Arts et des Lettres en Belgique et dans la diaspora francophone

Informations

Groupe théâtre

Administrateur du groupe: Deashelle
Pour amateurs de théâtre, acteurs, théâtres, organisations culturelles. Seront validés les événements se déroulant uniquement en Belgique

Membres : 131
Activité la plus récente : 9 févr. 2020

Renoir, Pierre-Auguste: au balcon de théâtre


N.-B: Je précise que l'administrateur du Groupe Théâtre au sein du réseau Arts et Lettres est Deashelle qui en assure la gestion et la politique éditoriale.


Robert Paul, Fondateur et administrateur général du réseau Arts et Lettres

 

Mur de commentaires

Commenter

Vous devez être membre de Groupe théâtre pour ajouter des commentaires !

Commentaire de Deashelle le 12 décembre 2017 à 11:14


Je commence les démarches administratives pour demander le chômage, et j’arrive à avoir (par je ne sais quel miracle) le nombre de jours nécessaire pour prétendre à cette aide, j’aimerais pouvoir dire, à ce statut légitime d’un travailleur intermittent du spectacle, mais cette appellation est visiblement désuète à l’heure qu’il est. 
Contrat et C4 en règle dans les mains, je me présente à mon syndicat et l’on me dit que tout les dossiers comprenants des contrats à la tâche sont refusés par l’ONEM depuis quelques semaines et que personne ne comprend pourquoi. Je ne suis évidemment pas la seule dans ce cas là, toutes les personnes ayant rendu leur dossier en même temps que moi se font baiser (je ne trouve pas terme moins vulgaire, excusez moi.) 
Le seul « avantage » qu’avait les artistes pour obtenir une mini stabilité dans le secteur n’existe plus, et cela n’est même pas lié à un changement de loi mais bien à une interprétation arbitraire que l’ONEM se permet de faire concernant les dossiers de chômage des artistes.
Je suis alors enceinte de 7 mois, mon contrat dans l’horeca a pris fin, je ne suis ni salariée, ni chômeuse. Je n’ai donc ni droit aux allocations, ni droit à un congé maternité de ma mutuelle, il me reste le CPAS. Je me retrouve dans leur bureau bondé, entourée de gens qui sont dans une situation encore bien plus précaire que la mienne et j’ai la gerbe.
J’entame les démarches, j’ai déjà versé pas mal de larme de haine et de colère et on me dit que malheureusement, je suis cohabitante et que mon compagnon gagne trop ( moins de 1000 euros par mois) pour pouvoir prétendre à une aide du CPAS.
Depuis la sortie de mes études en juin 2015, il y a 5 petits mois durant lesquels je n’étais pas sous contrat et je n’ai droit à strictement rien. On me dit sans gène : « Si vous n’étiez pas sûre d’assurer votre avenir financièrement, il ne fallait peut-être pas faire un enfant maintenant », j’aurais préféré me faire battre à mort, voir cracher au visage que d’entendre une telle absurdité.
Au delà de ma situation que je viens d’exposer vulgairement, j’enrage aujourd’hui de constater que dans l'un pays les plus riche d’Europe, qui se dit démocratique, bénéficiant d’un système social, nous nous retrouvions, artistes, mais surtout jeunes travailleurs, dans une situation présentant si peu d’issue. Je constate, en plus de toutes les restrictions concernant notre secteur, que la répartition des richesses s’applique, comme dans n’importe quel autre domaine au final, toujours de la même manière, plus tu as d’argent plus tu es susceptible d’en recevoir, moins tu en as, moins tu en auras. Des compagnies qui existent depuis plus de 30 ans et qui se voient dans une incapacité de subvenir à leur besoins en passant par celles qui ne sont même pas reconduite, cela devient difficile de continuer à avoir envie de créer, de s’investir, d’imaginer, de s’engager dans ce petit milieu qu’est le théâtre belge francophone.
Mais rassurez-vous, en aucun cas je baisserai les bras, je me battrai comme une chienne pour avoir ce à quoi j’ai droit." Lara Ceulemans.

Commentaire de Deashelle le 12 décembre 2017 à 11:12

JE SUIS DECU, EN COLERE ET PROFONDEMENT INQUIET.

QUAND SERONS-NOUS ENTENDUS ?

IL Y A AUJOURD'HUI PRES DE TRENTE CINQ ANS QUE JE FAIS DU THEATRE DANS CETTE COMMUNAUTE. PRES DE TRENTE ANS QUE J'ENSEIGNE EN ECOLE SUPERIEURE DES ARTS. PLUS DE TRENTE ANS QUE J'ESSAYE DE COMPRENDRE LA LOGIQUE DE LA POLITIQUE CULTURELLE DE CE PAYS. PLUS DE TRENTE ANS ENCORE QU'INLASSABLEMENT JE JE PARTICIPE A TOUS LES COMBATS COLLECTIFS DU SECTEUR. JE SUIS OBLIGE DECONSTATER QUE LES DYSFONCTIONNEMENTS DE LA POLITIQUE CULTURELLE DE CETTE COMMUNAUTE PROVIENNENT ESSENTIELLEMENT, ET C'EST TRAGIQUE, DES DIVISIONS D'UN SECTEUR QUI SE REFUSE A SE SOLIDARISER SUR L'ESSENTIEL : UN SOUTIEN RESOLU A CEUX SANS LESQUELS RIEN, ABSOLUMENT RIEN, N'EST POSSIBLE : LES ARTISTES. QUE TOUT LE MONDE SE RASSURE : JE FINIRAI PAR MOURIR. TOUT LE MONDE Y PASSE. JE CROIS QUE MA NECROLOGIE SERA LONGUE. ET SANS DOUTE AVANTAGEUSE. JE VIS DANS UN PAYS OU ON AIME LES ARTISTES ... MORTS. MAIS, POUR REPRENDRE LES MOTS DE Lara Ceulemans, DONT JE PUBLIE LE POST CI-DESSOUS : 
" RASSUREZ-VOUS, EN AUCUN CAS JE NE BAISSERAI LES BRAS, JE ME BATTRAI COMME UN(E) CHIEN(NE) POUR AVOIR CE A QUOI J'AI DROIT. "L'ARTISTE AU CENTRE, QU'ILS DISAIENT, ET PAS SEULEMENT LA MINISTRE, HEIN ! JE NE SUPPORTE PLUS CETTE LACHETE QUI CONSISTE, POUR LES FORTS, A SE DEDOUANER SYSTEMATIQUEMENT DE LEUR INCAPACITE A LA SOLIDARITE SUR LE POLITIQUE. JE N'AI PLUS ENVIE DE RIRE.

Commentaire de Deashelle le 12 décembre 2017 à 11:11

IL Y A DE MULTIPLES MANIERES DE SOUTENIR LES ARTISTES.

1. 
BIEN SÛR EN REVALORISANT L'ENVELOPPE DEVOLUE A LA CULTURE ET A L'ENSEIGNEMENT. DANS UN MONDE DIVISE OU LES DEMOCRATIES VACILLENT, IL EST EVIDENT QU'UN REINVESTISSEMENT MASSIF DANS CES MATIERES EST UNE QUESTION DE SURVIE. REMARQUEZ BIEN QUE JE NE PARLE PAS D'INSERTION PROFESSIONNELLE. JE PARLE DE FORMATION CONTINUE DU CITOYEN. CA NE DEVRAIT PAS AVOIR DE PRIX POUR UNE DEMOCRATIE QUI CROIT ENCORE EN ELLE-MÊME. POURTANT... MAIS SUR CE POINT, LE SECTEUR - CONSCIENT DE SES INTERÊTS, TOUT DE MÊME - SERA TOUJOURS SOLIDAIRE.

2.
EN SE RAPPELANT QUE LES ARTISTES SONT, DANS LEUR IMMENSE MAJORITE, ET, POUR AINSI DIRE "STRUCTURELLEMENT", DES INTERMITTENTS. C'EST LA QUE CA COMMENCE A ETRE PLUS COMPLIQUE A FAIRE ENTENDRE A TOUT LE MONDE. AUX SYNDICATS, PAR EXEMPLE ... ET, PAR CONSEQUENTS, AUX STRUCTURES LOURDES QUI ONT EN LEUR SEIN UNE DELEGATION. A LA GAUCHE, QUI LES SOUTIENT, ET QUI EST PARFOIS RETICENTE A AFFRONTER LA REALITE TELLE QU'ELLE EST. POURQUOI CE BLOCAGE DURABLE SUR LE STATUT DES ARTISTES QUI RESSEMBLE DECIDEMENT A L'ARLESIENNE DE DAUDET ? POSER LA QUESTION CLAIREMENT, C'EST SE DONNER LES MOYENS DE COMMENCER A Y REPONDRE.

2.
AUGMENTER LES BUDGETS DITS FACULTATIFS. C'EST, FIGUREZ-VOUS, AINSI QU'ON QUALIFIE LES MOYENS ATTRIBUES AUX AIDES PONCTUELLES. FACULTATIFS ??? ALORS QUE LES SAISONS DE TOUS LES THEATRES SONT REMPLIES DE CREATIONS QUI NE VERRAIENT PAS LE JOUR SANS ELLES. LA CREATION EST FACULTATIVE DANS LES BUDGETS DE LA CULTURE. C'EST UNE SIMPLE VARIABLE D'AJUSTEMENT. NORMAL, LES ARTISTES SONT INTERMITTENTS... SUPPRIMER L'AIDE A LA CREATION N'AMPUTE RIEN DE STRUCTUREL. LA REPONSE EST TOUJOURS LA MÊME. FAITES EN MOINS... MAUVAISE FOI CRASSE SI L'ON VEUT BIEN SE RAPPELER LE POINT 2. LES ARTISTES VIVENT DE LEURS PROJETS. LES STRUCTURES SURVIVENT SANS EUX. IL Y A QUATRE ANS NOUS ETIONS TOUS DANS LA RUE, DERRIERE CONSEILDEAD, POUR DEFENDRE LE BUDGET DU CONSEIL DE L'AIDE AUX PROJETS THEATRAUX. LES MANIFESTANTS ETAIENT LOIN D'ÊTRE AUSSI NOMBREUX LORS DE LA DERNIERE TENTATIVE OPPORTUNISTE DE RASSEMBLEMENT DU SECTEUR AUTOUR DE "LA DEFENSE DE L'EMPLOI DE L'EMPLOI ARTISTIQUE..." LA ENCORE, SE POSER LA QUESTION DU POURQUOI ... DANS MA FOLLE JEUNESSE, LE CONSEIL D'AIDE AUX PROJETS THEATRAUX S'APPELAIT LA COMISSION DU JEUNE THEATRE... IL FAUT MESURER PLEINEMENT LA SIGNIFICATION PROFONDE DE CE CHANGEMENT DE NOM POUR COMPRENDRE CE QUI A ETE SACRIFIE DANS L'AFFAIRE. AUJOURD'HUI TOUTES LES GENERATIONS D'ARTISTES ONT RECOURS A CES AIDES PONCTUELLES. JE M'APPRÊTE, AVEC UNE RAGE QUE JE PEUX DE MOINS EN MOINS CONTENIR, A Y AVOIR A NOUVEAU RECOURS MOI-MÊME. RAGE MOTIVEE AVANT TOUT PAR LE SENTIMENT PROFOND D'UNE INJUSTICE VIS A VIS DES GENERATION D'ARTISTES QUI ME SUIVENT. DIVISER POUR REGNER ...

MAIS QUI REGNE ? DANS LE NOUVEAU "PAYSAGE", 30% DES OPERATEURS RECOLTENT A EUX SEULS 70% DES MOYENS ATTRIBUES A LA CULTURE PAR LES POUVOIRS PUBLICS. NOTRE SECTEUR EST A L'IMAGE DU MONDE : DE PLUS EN PLUS INEGALITAIRE.

Commentaire de Deashelle le 12 décembre 2017 à 11:09

IL Y A UN TROISIEME MOYEN DE SOUTENIR REELLEMENT LES ARTISTES ET LEUR EMPLOI.

3.
D'APRES LES RENSEIGNEMENTS DONT NOUS DISPOSONS A LA CCTA, L'ENSEMBLE DES COMPAGNIES RECOLTENT, A LEUR "EXAMEN" CONTRAT PROGRAMMATIQUE DE TRES BONNE NOTES A LA CASE EMPLOI ARTISTIQUE. LA MAJORITES DES DEPOSITAIRES DE LA GRANDE PART DES MOYENS PUBLICS SEMBLENT RECEVOIR, SUR LE MÊME SUJET, UNE NOTE PLUTÔT MITIJEE. CELA N'ETONNERA QUE CEUX QUI N'ONT PAS PRIS LE TEMPS DE SE PENCHER SUR LE FONCTIONNEMENT REEL DU SECTEUR. LES COMPAGNIES, EN PLUS D'ÊTRE LE MOTEUR DE LA CREATIVITE ET DE LA DIVERSITE DE NOTRE PAYSAGE CULTUREL, PORTENT LE SECTEUR A BOUT DE BRAS EN EN ETANT LES PREMIERS AGENTS DE DIFFUSION INTERNATIONALE. ELLES SONT SCANDALEUSEMENT SOUS FINANCEES.

DANS LE DERNIER BUDGET DE CREATION DE NOTRE COMPAGNIE, UNE DES INSTITUTIONS COPRODUCTRICE, DONT LA SUBVENTION EST PLUS DE TRENTE CINQ FOIS SUPERIEURE A LA NOTRE, INVESTIT MOINS D'UN QUART DU MONTANT QUE NOUS INVESTISSONS NOUS-MÊMES, QUI EQUIVAUT, LUI, A 90% DE NOTRE BUDGET DE FONCTIONNEMENT ... CQFD.

MAIS CELA NOUS LE SAVONS TOUS.

POURQUOI, DES LORS, LES CHOSES RESTENT-ELLES EN L'ETAT ? POURQUOI SI PEU DE MANIFESTATION DE SOLIDARITE AUTOUR DU SOUS FINANCEMENT DES COMPAGNIES DE THEATRE POUR ADULTE, DE THEATRE JEUNE PUBLIC, DE DANSE, DE CIRQUE, DE THEATRE ACTION ?

POURQUOI LES JOURNAUX NATIONAUX NE SE SONT-ILS MÊME PAS DONNE LA PEINE DE DIFFUSER LE COMMUNIQUE SOLIDAIRE DE LA CCTA QUI REPRESENTE POUR RAPPEL 77 COMPAGNIE DE CREATION DANS LE DOMAINE DU THEATRE POUR ADULTE ?

QUAND SERONS-NOUS ENTENDUS ? 
SANS DOUTE QUAND NOUS SERONS CAPABLES DE NOUS ENTENDRE SUR L'ESSENTIEL.

EN ATTENDANT, IL Y AURA DES MORTS... 
ET, FORT HEUREUSEMENT POUR TOUT LE MONDE, DES SURVIVANTS. MAIS A QUEL PRIX ?

C'EST INOUI. JE POURRAIS REPRENDRE PRESQUE MOT POUR MOT A MON COMPTE LE CRI DE RAGE DE Lara Ceulemans, QUE J'EMBRASSE.

COMME LE DIRAIT UN AMI JOURNALISTE : DANS QUEL MONDE ON VIT ?

Commentaire de Deashelle le 9 décembre 2017 à 10:52

L’image contient peut-être : 1 personne, texteEn dépit de lois qu'il a lui-même soutenues, le Ministre de l'Economie Kris Peeters s'attaque à nos droits. Baisse de la rémunération équitable pour les musiciens, suppression d'une rémunération équitable et des droits de câbles pour les acteurs: Kris Peeters met les artistes à poil >>>www.artistesapoil.be

Commentaire de Deashelle le 7 décembre 2017 à 15:58

Ainsi, force est de le constater, notre politique culturelle est à l’image de ce monde, un fromage financier qui est divisé de manière inique...

http://plus.lesoir.be/127832/article/2017-12-05/les-laisses-pour-co...

Commentaire de Deashelle le 7 décembre 2017 à 12:06

Une parole belle et juste de celle qui inventa la Balsamine et l'accompagne aujourd'hui encore...Résultat de recherche d'images pour "La balsamine théâtre"https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9%C3%A2tre_de_La_Balsamine

Commentaire de Deashelle le 7 décembre 2017 à 11:57

UNE NOUVELLE INTERVENTION DE MARTINE WIJCKAERT: AUSSI LUMINEUSE QUE LA PREMIÈRE.

Un peu de botanique…

C’est donc un feu rouge, lancé par le CAD à l’endroit de la Balsa, et que la Ministre a tempéré d’une sanction qui ne s’élève qu’à 40.000 euros…


Je remercie la Ministre qui n’a donc pas suivi à la lettre l’avis du CAD, je m’interroge toutefois sur l’avis du CAD.


Il me semble avoir vécu suffisamment longtemps pour être en mesure d’évaluer le dangereux chemin emprunté depuis un peu plus de 10 ans par les instances consultatives.
Je ne vais évidemment pas m’étendre sur le caractère ambivalent de la nature des membres de ces instances, c’est de notoriété publique qu’une grande partie de ceux-ci sont à la fois juges et parties et il n’y a pas à épiloguer longuement là-dessus, même si d’aucuns s’en offusquent et lèvent les bras aux cieux en jurant de leur impartialité. Je maintiens cependant qu’il est difficile, voire impossible de tenir le fusil à la fois par la crosse et le canon… Ici en l’occurrence, le canon fut musclé, re-dotant sans exception à la hausse les institutions présentes en tant que membres au CAD et qui se voient ainsi rafler sans sourciller la plus grosse part du gâteau.
Pour revenir à nos humbles moutons, il appert donc que le CAD ne perçoit pas la Balsa, au point de lui adresser ce feu rouge.
L’équipe de la Balsa serait-elle devenue résolument indigne de gérer cet outil fabriqué de ses propres mains, il faut le rappeler, et ouvert depuis ses débuts à la recherche et à l’émergence ? Cette même équipe serait-elle devenue incompétente au point qu’il faille l’en destituer par les voies détournées de l’étranglement financier ? Evidemment, c’est un fort bel outil, c’est le fruit des vies et des ingéniosités qui y ont créé depuis 1980. C’est la partie émergée d’un iceberg artistique de longue haleine, c’est l’aventure du temps et de l’art que cet iceberg charrie. Je n’ignore évidemment pas que ce bel outil clé sur porte puisse susciter quelque envie, « mais enfin… il faudrait quand même que ce lieu soit rentabilisé au max,… voire géré par d’autres qui… ! ».
Il se fait précisément que ce lieu est rentabilisé, et au max du max, mais sans doute pas selon les normes de rentabilité aveugle et immédiate telles qu’elles se pratiquent aujourd’hui.

Commentaire de Deashelle le 7 décembre 2017 à 11:56

La rentabilité de la Balsa, c’est le Temps, c’est l’Espace. Ce temps et cet espace qui ont permis le surgissement, ensuite l’affermissement de tant d’artistes dans un cadre rassurant, patient et véritablement accompagnant. C’est évidemment un risque, un pari sur l’immense histoire du temps qui se poursuivra ensuite au-delà de nos murs. C’est du compagnonnage artisanal, la transmission d’une science non écrite qui reconnaît la valeur, voire la nécessité du repentir. En fait, c’est un travail d’horticulteur curieux et amoureux. De fort beaux plants sont sortis de notre serre dont à présent de grandes institutions s’enorgueillissent, comme s’ils étaient sortis tout prêts à l’emploi de leur chapeau ! La belle affaire…
Mais que vont donc faire ces grandes institutions sans le concours patient et obscur de l’horticulteur ? Et surtout, surtout, comment vont pouvoir se développer ces toutes jeunes pousses, il faudra qu’elles soient, d’emblée, avant même d’être, insurmontable paradoxe ! Car, au sein des grandes institutions, point d’espace déployé dans le temps, mais l’obligation d’une efficacité immédiate, il n’y a qu’à observer le phénomène meurtrier qui broie de jeunes rameaux, propulsés dès le berceau aux cimes comme des objets branchés et jetés après usage au terme de leur inévitable implosion. Des produits en somme.
Ici, à la Balsa, nous ne fabriquons pas des produits, ni ne rentabilisons des produits ; et nous ne le faisons pas car nous pensons que le spectateur n’est pas un client mais un humain curieux de se frotter à de l’humain, parce que nous pensons que l’artiste, le jeune artiste, et même le moins jeune artiste, a besoin de ce très particulier silence actif qui le révèle lentement mais sûrement à lui-même.
Cette démarche, toujours exaltante, souvent ingrate, n’est évidemment pas dans l’air du temps, hyper-consommateur de produits. Mais au fait, l’art est-il dans l’air du temps ? Je ne le crois farouchement pas, parce que l’art raconte, sinon impulse l’histoire du temps.
Il y aura bientôt 45 ans que je pratique ce beau métier d’insolence et d’insoumission et je n’ai jamais hésité à devoir payer mon indépendance au prix fort. Que ce soit sur un plan de pédagogue ou de praticienne, toujours, c’est la transmission, patiente et incarnée, qui a été mon centre et le restera jusqu’à ma disparition. Les jeunes et moi, nous nous sommes « entre-appris » ; quant à mes acteurs, j’ai vieilli avec eux, autant qu’avec mon équipe artistique et technique, et les temps mêlés de la vie et de la fiction ont nourri nos aventures artistiques d’une explosive et réjouissante vitalité.
Je suis, c’est vrai, intimement, organiquement liée à l’histoire, la très longue histoire de la Balsa, j’en suis la mémoire autant que la trublionne malicieuse.
Cette durée seule m’autorise ces quelques lignes, ne tirez pas sur l’horticulteur !
Martine Wijckaert.
Le 5 décembre 2017.

Commentaire de Deashelle le 4 décembre 2017 à 11:27

L’image contient peut-être : 1 personne, sourit, gros plan et texte

 
 
 
  • L'inscription sur le réseau arts et lettres est gratuite

    Robert Paul recommande

Théâtre National Wallonie-Bruxelles

Child Focus

Brussels Museums

  

Les rencontres littéraires de Bruxelles

Les rencontres littéraires de Bruxelles  que jai initiées sont annulées sine die. J'ai désigné Thierry-Marie Delaunois pour les mener. Il en assurera également les chroniques lors de leur reprise.
                Robert Paul

      Thierry-Marie Delaunois

Billets culturels de qualité
     BLOGUE DE              DEASHELLE

Quelques valeurs illustrant les splendeurs multiples de la liberté de lire

Sensus fidei fidelis . Pour J. enlevée à notre affection fin 2020

Bruxelles ma belle. Et que par Manneken--Pis, Bruxelles demeure!

Menneken-Pis. Tenue de soldat volontaire de Louis-Philippe. Le cuivre de la statuette provient de douilles de balles de la révolution belge de 1830.

(Collection Robert Paul).

© 2021   Créé par Robert Paul.   Sponsorisé par

Badges  |  Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation