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« Les gens qui ne sont pas capables de jeter , qui hésitent à se séparer de vieilleries qui ne leur sont d'aucune utilité sont d'incurables nostalgiques que le passé entrave. »

 

« Les gens qui ne sont pas capables de  jeter , qui hésitent à se séparer de vieilleries qui ne leur sont d'aucune utilité sont d'incurables nostalgiques que le passé entrave.  »

Extrait de " Se résoudre aux adieux "  de Philippe Besson

" Le cri "

Edvard Munch

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Réponses à cette discussion

Non seulement ne pas tout jeter mais déposer dans mon grenier des objets et messages volontairement écrits pour mes enfants. Qu'ils puissent rire, savoir encore qu'on les aimait, s'amuser dans une maison à vider un jour...très belle idée Catherine !

Catherine Melchior Sana a dit :

Je vous ai lus avec attention, plaisir parfois, émotion aussi... Un grand merci à Solen pour la réponse tellement juste déposée à mon attention.

Imaginez si nous pouvions inspecter tous les greniers... Là où se cachent de vieilles histoires intimes ou non, des traces d'enfances, des brins de patimoines... Tous ces passés me donnent envie de laisser quelques traces du présent qui passe si vite. Non seulement ne pas tout jeter mais déposer dans mon grenier des objets et messages volontairement écrits pour mes enfants. Qu'ils puissent rire, savoir encore qu'on les aimait, s'amuser dans une maison à vider un jour... 


Merci Elide de ces confidences , qui finalement , font que nous nous ressemblons .. j4aime beaucoup ton commentaire "

Ca sort peut-être du thème mais après tout n'est-ce pas ainsi que commence la conservation du patrimoine ? ces objets du temps passé sont des éléments de nos racines ... Et un arbre coupé de ses racines ne saurait croître ! "
Bonne soirée Elide

Amitiés
Solen
Elide Montesi a dit :

Ma maison aussi est remplie de ce que mon mari appelle : les "çapeuttoujoursservir" que l'on ne retrouve jamais au moment où l'on en a besoin ou dont on s'est débarrassé alors que soudain on en retrouve l'usage ! Mon enfance s'est passée dans un milieu peu aisé où l'on ne jetait rien et où on recyclait tout... j'ai toujours dès lors mauvaise conscience lorsque je jette un objet. Et puis impossible de jeter certains objets : personne ne fume à la maison mais je conserve un vieux cendrier très kitch avec un lion de Waterloo en relief, parce que j'y ai vu mon père écraser tant de ses mégots ! Les lunettes que portait ma mère ne serviront plus à personne mais impossible de les jeter, je la revois les enfilant pour raccommoder, coudre, broder, tricoter, dessiner et lire ou rédiger sa correspondance et les bracelets montres que l'on ne sait plus réparer sont conservées aussi précieusement, témoin de ce temps passé désormais perdu qu'ils ont vécu, tous ces instants tristes ou joyeux que je ne reverrai plus. Mes clefs sont accrochées à un vieux porte-clef qui appartenait à mon père... .  Et la vie passe, les souvenirs s'accumulent et j'entends les enfants dire : non ne jette pas ça, ça me rappelle quand j'étais petit(e). Le virus s'est transmis à la génération suivante ... je trouve amusant d'ailleurs de voir combien de gens fréquentent les brocantes et autres vides-greniers : les uns se débarrassant peut-etre de souvenirs qui vont être rachetés par d'autres ... Comme me disait une vieille amie : "mes casseroles étaient vieilles mais chacune d'elle contenait son lot de souvenirs !"  

Ca sort peut-être du thème mais après tout n'est-ce pas ainsi que commence la conservation du patrimoine ? ces objets du temps passé sont des éléments de nos racines ... Et un arbre coupé de ses racines ne saurait croître !



Gohy Adyne a dit :

Bonsoir Solen,

Si je garde, c'est surtout en pensant, qu'un jour on en aurait besoin!

Amitiés

Adyne

J'adore les greniers pleins de souvenirs mais on garde parfois des trucs qui pourraient éventuellement servir et quand on en a besoin, on oublie qu'on les a.

Dans mon cas, la conservation des souvenirs était trop douloureuse et m'étouffait. Il a fallu que je les vire pour vraiment me sentir libre et enfin aller de l'avant. Ce n'est pas pour autant que j'en oublie ceux qui les ont utilisé mais quand ils se chargent de larmes, ils ne font plus de bien.

Belle et douce nuit à tous et toutes.

Amitiés,

Yvette

ça c'est une vérité mais ce n'est pas mon cas - pour la peinture, la douleur est magnifiquement représentée "le cri", les couleurs sont belles mais moi ce n'est pas mon style - merci pour l'envoi

Merci Marcelle Notte , pour votre passage et commentaire . Chaque instant et chaque personne ayant ses propres émotions , il est logique de ne pas avoir un regard identique :-)
Bon w-e à vous

Solen

Notte Marcelle a dit :

ça c'est une vérité mais ce n'est pas mon cas - pour la peinture, la douleur est magnifiquement représentée "le cri", les couleurs sont belles mais moi ce n'est pas mon style - merci pour l'envoi

il est un fait que l'on doit faire une différence entre garder des "objets souvenirs" et être une perpétuelle je garde tout, je ne sais rien jeter, moi-même j'ai une bague en souvenir d'une arrière tante décédée la soeur de ma grand-mère maternelle et je ne m'en séparerai jamais (c'est comme on dit un porte-bonheur)

très beau texte Sandra et qui vient de ton "beau" coeur

Bonne journée

Marcelle

 


Merci à toi Sandra , d'avoir si bien donner un sens à cette discussion ..Je retiens le mot "PATRIMOINE " émotionnel .
Je partage tout à fait tes réflexions , sur ces souvenirs si chers à notre coeur .

Amitiés
Solen
Sandra Dulier a dit :

Pour ma part, un mot me tient particulièrement à cœur dans la langue française, ce magnifique mot qui, je l'espère, ne se perdra pas en désuétude... PATRIMOINE : un mot qui à mes yeux n'a rien à voir avec la déclaration d'impôts ni la richesse, mais représentant bien tous ces petits objets du quotidien que nous lèguent nos chers disparus comme autant de traces de vie laissées là pour témoigner de nos racines et de ce passé plus ou moins éloigné. Une belle façon de revisiter aussi l'histoire d'une région voir d'un pays.  

      

Le "tout jetable" me fait peur, je l'avoue, ayant l'impression qu'en jetant ce qui est considéré comme obsolète finisse par tuer ce lien de transmission, à la symbolique humaine si forte. Ma réflexion est aussi d'imaginer ce qu'à mon tour je pourrais déposer en "patrimoine affectif" à mes descendants... L'édition est sans aucun doute une démarche dans ce sens.

 

Oui, voilà un mot qui jaillit de lui-même: DONNER DU SENS... sensoriel (le toucher), la direction (je suis de là-bas et  j'avance dans ce futur vers cet autre là)...

  

Enfin, je pense aussi qu'un objet plus ancien possède une âme, un vécu, une patine particulière... Quand j'achète un objet en brocante, je reçois aussi cet héritage émotionnel. J'ignore l'histoire de son ancien propriétaire, mais je sais qu'une part de cette personne véhicule à travers cet objet. Si la lampe, le buffet ou la chaise pouvait parler, ils auraient beaucoup à nous raconter.

  

Les "vieilleries" sont veilleuses de vie.

   

Merci pour cette discussion sur l'art... de vivre.

 

Amitiés.

 

Sandra

« Objets inanimés avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer?»

Pour ma part, je m'attache à des objets n'ayant aucune valeur. sinon sentimentale, et je ne peux me résigner à m'en séparer. Or je sais que nombreuses personnes ne conservent même pas d'anciennes amitiés.

Je suis de celles-là. Non pas que je ne sois pas capable d'aimer ou de continuer à aimer mais les objets ne représentent jamais à mes yeux, qu'un transfert que l'on fait. C'est la présence ou l'éloignement avec des petits mots, des gestes d'affection (lettres, coups de fil, messages, etc.) qui importent et non des objets inertes qui ne feraient que raviver la douleur de l'absence ou de l'oubli.

Je m'attache cependant à certains objets fabriqués avec amour parce qu'ils représentent alors l'amour du métier ou d'une personne en particulier (même si ce n'est pas moi) pour l'artisan. 

Je me suis moi-même étonnée, lorsque j'ai décidé de virer tout ce qui faisait de ma maison un musée, lorsque j'ai décidé de changer de vie quelques années après le décès de mon mari, du peu d'attachement que j'accordais à ces choses inertes qui commençaient à m'étouffer. Nous les avions pourtant choisi ensemble et il m'en avait offert certains. Mais j'en garde le souvenir dans la tête et dans le coeur et cela me suffit.

Je me suis d'ailleurs réapproprié tout l'espace de la maison depuis qu'elle s'est vidée de ces objets qui finissaient par m'étouffer.

Suzanne Walther-Siksou a dit :

« Objets inanimés avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer?»

Pour ma part, je m'attache à des objets n'ayant aucune valeur. sinon sentimentale, et je ne peux me résigner à m'en séparer. Or je sais que nombreuses personnes ne conservent même pas d'anciennes amitiés.

Si vieilleries d'aucune utilité...!  'incurables nostalgiques" ?   Vrai !


Triste de ne plus être ouvert à l'émotion  du Temps présent...

Bonne soirée.bsx.

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