Arts et Lettres

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En matière d'Art et de Littérature, êtes-vous attentif aux traditions, aux évolutions et aux ruptures?

Par exemple DUCHAMP, MALEVITCH, ou MAGRITTE relèvent-ils de ces registres? Vous intéressez-vous particulièrement à quelques artistes ou littérateurs contemporains qui proposent dans leurs oeuvres toutes ou certaines de ces passionnantes facettes?

Personnellement, étant bibliophile ayant fréquenté toute une vie les libraires antiquaires de Belgique, je fus surtout séduit par les propositions qui me furent faites en matière de beaux livres illustrés, comme tous ces chefs-d'oeuvres de Max Elskamp l'admirable, éditions précieuses tant au point de vue poétique qu'artistiques, éditées sur des presses exposées comme des reliques à la Royale et à l'ENSAV.
Le coeur de mes rêveries va à ces magnifiques ouvrages, à l'amitié qui unit Elskamp et van De Velde tout au long de leur vie. Il y eut là certainement un culte qu'Elskamp vouait à la tradition populaire flamande, que van De Velde partagea mais dont il s'éloignera en s'intéressant au NOUVEAU.
D'aucuns de ces libraires éclairés attribuaient une immense valeur aux MAUDITS.
Un de mes amis peintre a constitué une impressionnante bibliothèque sur la Révolution française, car me confia-t-il, seuls les périodes de ruptures l'interpellaient.
Et vous-même, quelles sont vos rencontres et intérêts primaux?

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Réponses à cette discussion

Picasso me semble être LE peintre des traditions, évolutions, rupture, il est même probable que toutes ces notions apparaissent conjointement dans ses tableaux, même pris isolément (c’est ça qui me semble le plus dingue).
On ressent dans toutes ses œuvres, à la fois le savoir-faire et la référence à la tradition, sa touche personnelle (évolution), et la rupture.
Mais ces notions ne sont-elles pas le propre de la modernité ?
Je me suis intéressée aussi à la bibliophilie mais je n'ai pas vu les livres de Max Eskamp. En fait je ne connaissais pas du tout son oeuvre et ça a l'air passionnant, merci.
En effet, ce sont ces périodes de rupture qui intéressent aussi les historiens (comment ces périodes de rupture se déroulent-elles et marquent-elles la fin d'un monde et le début d'un autre - comme 1914-1918) - la guerre de 1914-18 étant suivie d'ailleurs d'une magnifique explosion littéraire, plastique et architecturale, voire musicale...

J'aime particulièrement les avant-garde russes, dont fait partie Malevitch, même si ce n'est pas mon préféré (j'ai adoré Alexandra Exter, T. Goncharova, et quelques autres femmes artistes du mouvement - on a aussi le cas Robert et Sonia Delaunay à Paris). On a pu voir ces auteurs, ainsi que des films, des plans d'architecture et d'urbanisme, des photographies aux Beaux-Arts, à Europalia Russie 2005. Cette expo (où j'ai passé six heures au total - a d'ailleurs été une révélation, en coup de coeur esthétique, quelque chose qui vous booste et vous fait aller plus loin, encore plus loin...)



Alexandra Exter - une oeuvre et un costume de théâtre.
C'est étrange comme parfois, le fait de (re)voir des oeuvres d'artistes novateurs en leur temps, de (re)lire des livres d'auteurs qui, à leur époque, étaient considérés comme d'avant-garde, sert de déclencheur pour nous propulser sur de nouvelles voies. On dirait que l'nénergie dont ont fait preuve ces précuseurs se transmet à travers leurs oeuvres et nous force - peut-être par mimétisme - à sortir de nos propres ornières.

Les artistes et écrivains "maudits" sont ceux qui sont considérés comme des "inadaptés" par la société dans laquelle ils vivent. Ils s'obstinent à poursuivre leur vision sans compromis, en dépit des brimades et des rejets, de l'incompréhension qui les entoure. C'est tuant ! Pas étonnant que, parfois, l'autodestruction les attende au tournant...
Je pense qu’on ne peut pas gravir un escalier sans prendre appuis sur la marche précédente.
Tenir compte de la tradition culturelle me semble indispensable.
Ce qui pose problème est lorsque on veut faire table rase du passé par laxisme et par incompétence.

Les grands mouvements abstraits ont été engendrés en réaction contre le formalisme et la dictature de l’académisme. C’est une réaction contre quelque chose d’existant, que l’on n’ignore donc pas.

Ces grands « révolutionnaires » étaient des artistes accomplis possédant une maîtrise totale. Leurs œuvres étaient le reflet de leur savoir. Le mouvement abstrait dans ce cas, n’était pas une rupture mais une évolution.

Cette évolution se transforme actuellement en rupture à cause d’un laxisme et d’une carence éducative.
La suppression de l’apprentissage rigoureux de la technique en art est, me semble-t-il, une rupture avec un passé qui tirait sa richesse du savoir-faire. Ce savoir-faire engendrait une culture qui pouvait éclater dans toutes les directions, tandis que la pauvreté technique cantonne la création dans un univers restreint.

Que ce soit en peinture, en littérature ou pour une éthique de vie, l’instruction et l’ouverture intellectuelle sera toujours cause d’épanouissement.

Plus l’étude sera complexe, faite en profondeur dans le plus grand nombre de directions envisageables, plus la possibilité d’évolution sera possible.

Pour ma part, je suis donc partisan d’être attentif aux traditions afin de transcender les évolutions en veillant à ne pas engendrer de rupture.

Mes sentiments choisis
Michel Evrard-Thøelen
A ceux et celles qui ne l'auraient pas encore découvert, je ne saurais trop recommander la lecture de LA ROUTE de Cormac Mc Carthy, prix Pulitzer 2007, récemment réédité en poche, Points 2156, dans l'excellente traduction de l'anglais (Etats-Unis) de François Hirsch. Voilà un roman dont l'écriture, réellement innovante, soutient une émotion rarement atteinte dans la littérature contemporaine !
Mon intérêt primaire est le savoir,
Ma vision sur la rupture est claire, elle me semble inévitable quand on essaie de se détacher de toutes formes d'emprises.
Et le connu ainsi que toutes formes de certitudes le sont.
Je crois qu'elles le sont et d'après moi à juste titre.

Pamplemousse violet a dit :
Picasso me semble être LE peintre des traditions, évolutions, rupture, il est même probable que toutes ces notions apparaissent conjointement dans ses tableaux, même pris isolément (c’est ça qui me semble le plus dingue).
On ressent dans toutes ses œuvres, à la fois le savoir-faire et la référence à la tradition, sa touche personnelle (évolution), et la rupture.
Mais ces notions ne sont-elles pas le propre de la modernité ?

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