Arts et Lettres

Le réseau des Arts et des Lettres en Belgique et dans la diaspora francophone

Choses qui émeuvent un 8 mars

 


 

Un vent d’Est, un vent d’Ouest,

Un vent d’Arabie, un vent de Laponie,

Un parfum de tête, un parfum de cœur,

Un peuple migrateur qui s’abat sur un champ labouré,

Une tasse de thé et un livre ouvert,

Une écriture qui trace sur la page blanche,

Un calligraphie sur un tableau noir,

Une voix contre mille silences.

 

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ANGELA MAGNATTA : L’IMAGE POUR LE COMBAT

Un billet de François Speranza du 9 septembre 2012

Madame ANGELA MAGNATTA est une affichiste Italienne très intéressante qui a choisi comme thème de prédilection la Femme, prise à la fois comme sujet humain et réalité politique incontournable.

L’artiste nous a confié qu’elle voulait mettre en exergue l’attitude de « femmes exceptionnelles ». De quelle façon ANGELA MAGNATTA rend-elle ces femmes « exceptionnelles » ?  Elle les singularise en faisant souvent sortir leur visage d’une zone noire pour l’emmener vers une aura lumineuse qui le révèle, l’affirme et lui confère son identité. Pour mieux soutenir l’œuvre dans son interprétation par le visiteur, l’artiste a conçu des textes courts placés en bas des affiches ayant une fonction explicative.

Sa démarche peut se diviser en deux initiatives : une approche strictement politique du fait social et une autre dans laquelle elle s’abandonne à l’imaginaire, conçu en tant que rêve vers une société meilleure.

Ce qui rend l’affiche « politique », c’est le mariage de l’image et du slogan.

Cela est flagrant en ce qui concerne RITA ATRIA (52 x 72,5 cm).

Emergeant d’une zone noire, symbolisant son vécu dramatique, le regard de la jeune femme est littéralement « barré » par une bande rouge-sang, comme pour souligner sa fin tragique. Rita Atria était la fille d’un mafieux qui, suite à l’assassinat de son frère, décida de rompre avec son passé criminel. A la mort tragique du juge Borsellino, elle se défénestra après avoir laissé une note que l’artiste place en exergue sur le haut de l’affiche : « Avant de combattre la Mafia, tu dois faire un examen de conscience. A la suite de quoi, après avoir vaincu le mal qui est en toi, tu peux affronter la Mafia qui sévit dans le giron de tes amis : la Mafia, c’est nous dans notre manière erronée de nous comporter ».

 

Concernant L’INSOUMISE (52,5 x 72 cm),

l’artiste confesse : « J’ai imaginé le contenu d’un magazine parlant des femmes d’une autre façon ». Ce rêve d’une société meilleure l’a conduite à expurger l’espace rédactionnel des magazines « people » dans lequel l’image de la Femme est réduite à un simple objet pour s’essayer à concevoir un autre espace dans lequel elle pourrait évoluer dans la dignité.

A cela, une initiative supplémentaire et insoupçonnée est explorée par ANGELA MAGNATTA, celle du cinéma en tant que ciment du discours politique.

SENZA TE (52 x 72 cm)

s’inspire d’un fait divers s’étant réellement passé dans Italie dans les années ’60, celui d’une artiste qui décida de rompre avec son milieu pour se faire nonne. Fait divers, à première vue sans grande importance, direz-vous. Possible. Néanmoins, le visage qui s’affiche dans le cadre n’est pas anodin puisque c’est celui de l’actrice SILVANA MANGANO. L’artiste profite de cette fabuleuse opportunité pour associer l’image de l’actrice extraite du film ANNA réalisé par le grand metteur en scène néoréaliste, ALBERTO LATTUADA en 1951, lequel propose une histoire similaire.

ANGELA MAGNATTA considère l’affiche comme un manifeste contenant un message de rassemblement. Même si elle adhère à la photo « engagée », elle estime que, somme toute, la photographie est par essence trop « contemplative » par rapport à l’affiche. Ne perdons pas de vue que ce qui caractérise l’affiche c’est son côté « accrocheur », comme pour NINA HAGEN (52 x 72 cm)

où le visage de la chanteuse est-allemande engagée dans le combat pour la liberté des femmes, apparaît sous une forme « expressionniste », presque diabolique aux yeux de ceux qui s’évertuaient à entraver son action.

L’affiche, le mur, le manifeste…répondent au même discours : donner à voir (à lire) une idée par un ensemble d’éléments didactiques limités dans l’espace, variant entre l’idéogramme et le pictogramme. Bien que de dimensions totalement différentes, les « murales » de DIEGO RIVERA renferment, dans un espace urbain une dialectique et une sémantique semblables à celles de l’affiche. De plus, l’affiche fait corps avec le mur qui la soutient. Elle circule dans l’espace urbain en diffusant son message.

Diplômée de l’Ecole Boulle, à la fois peintre et graphiste de formation, l’artiste soumet chaque dessin à l’impression numérique. Elle tire automatiquement dix tirages pour chaque dessin réalisé.

 

Les affiches d’ANGELA MAGNATTA portent en elles-mêmes la nature des tableaux par une picturalité qui les rend iconiques. Cette puissance évocatrice catalyse avec force l’humanisme de son discours.

 

François L. Speranza.

 

Une publication

Arts 
Lettres 

Note de Robert Paul: Angela Magnatta vit et travaille à Paris.

Voyez cette enfant de quinze ans...  (Jacques Prévert)

 

Vous

Messieurs de la magistrature assise

levez-vous

et vous

Messieurs de la magistrature debout

approchez-vous

Voyez cette enfant de quinze ans

Voyez ces genoux maigres ces tristes petits seins

ces pauvres cheveux roux

ces engelures aux pieds et ces crevasses aux mains

Voyez comme la douleur a ravagé ce visage enfantin

Et vous
Messieurs de la magistrature couchée et bien

bordée réveillez-vous

Il ne s'agit pas d'une berceuse d'une romance

Ne comptez pas sur moi pour chanter dans votre

Cour
Il ne s'agit pas d'un feuilleton d'un mélodrame

rien de sentimental aucune histoire d'amour
Il s'agit simplement de la terreur et de la stupeur qui se peint sur le visage de l'enfant et qui serre atrocement le cœur de l'enfant à l'instant où l'enfant comprend qu'elle va
avoir un petit enfant et qu'elle ne peut le dire à personne pas même à sa mère qui ne l'aime plus depuis longtemps et surtout pas à son père puisque
malencontreusement c'est le père qui très précisément est le père de cet enfant d'enfant

Sur un matelas elle rêvait

et autour d'elle ses frères et sœurs

remuaient en dormant

et la mère contre le mur

ronflait désespérément
Enfin toute la lyre comme on dit en poésie

Le père qui travaille aux
Halles et qui s'en retourne

chez lui après avoir poussé son diable dans tous les courants

d'air de la nuit et qui s'arrête un instant en poussant un soupir

navré devant la porte d'un bordel fermé pour cause de
Haute
Moralité
Et qui s'éloigne

avec dans ses yeux bleus et délavés la titubante petite lueur de l'Appellation
Contrôlée
Et le voilà soudain ancien colonial si ça vous intéresse et réformé pour débilité mentale le voilà plongé d'un seul coup

dans la bienfaisante chaleur animale et tropicale de la misérable promiscuité familiale
Et le lampion rouge de l'inceste en un instant prend feu dans la tête du géniteur Il s'avance à tâtons vers sa fille et sa fille prend peur...
Vous imaginez hommes honnêtes ce qu'on appelle le
Reste et pourquoi un soir deux amoureux enlacés sur un banc

dans les jardins du
Vert-Galant ont entendu un cri d'enfant si déchirant

Il  était mille fois.... relisez Prévert!

Porteuse d'eau ... ou d'espoir? oeuvre de De Ro jacqueline

Effectivement, Deshaelle, j'ai commis un beau lapsus en confondant 8 mars et 8 mai ! Si je dis "beau lapsus", c'est que le 8 mai c'est la date de l'armistice de la guerre 40 ! ! ! C'est un lapsus tellement significatif d'un espoir fou au fond de moi, alors que malheureusement, les yeux ouverts et l'esprit en éveil, je ne crois pas à la fin de cette barbarie. Merci, Deshaelle, d'avoir relevé "l'erreur" et  de m'avoir ainsi permis d'y réfléchir.

http://storage.ning.com/topology/rest/1.0/file/get/2933700834?profi...
 Deashelle a dit :

Porteuse d'eau ... ou d'espoir? oeuvre de De Ro jacqueline

Voici le  texte deJacqueline:

Et si l'eau , c'était l'espoir

 

d'un chemin où le sol est engourdi

d'un chemin où les feuilles ne dépérissent

d'un chemin où les rires font place au bruit des bottes

d'un chemin où la rivière est proche

d'un chemin où les oiseaux s'ébattent,

...

 

d'un chemin où l'on est jamais seul.


J'aime beaucoup ce poème magnifique !
Deashelle a dit :

 S E N S A T I O N

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,

Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :

Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.

Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :

Mais l'amour infini me montera dans l'âme,

Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,

Par la Nature, - heureux comme avec une femme.

 

Mars 1870. Arthur Rimbaud 

Choisissez le titre!

Les féministes belges et les luttes pour l'égalité politique et économique, 1918-1968, un livre de Catherine Jacques

Alors que l’histoire des femmes est relativement bien implantée en Belgique, il n’existe encore aucune étude qui envisage l’ensemble des mouvements féministes dans leur rapport à la société civile et politique. L’époque choisie s’étend de 1918 à 1968. En effet, des pans entiers de l’activité féministe de l’entre-deux-guerres aux années 1960 demeurent largement méconnus.

Le contexte a ici toute son importance : le féminisme d’entre-deux-guerres est en effet confronté à la mise en place de nouveaux processus d’intervention de l’État et aux conséquences des politiques natalistes menées par tous les gouvernements. Or ces tendances sont en totale contradiction avec l’implication des femmes dans l’espace public, avec leur accès à de nouvelles filières professionnelles, avec leur arrivée plus nombreuse dans l’enseignement secondaire et même supérieur. Longtemps, on a cru qu’en signalant l’accès des femmes au suffrage en 1948, on avait tout dit ; pour beaucoup, ces années seraient caractérisées par un mouvement féministe en léthargie, alors qu’en réalité il engrange des succès et mène des combats fondamentaux.

L’ouvrage privilégie une approche thématique des revendications féministes et offre un focus sur les avancées dans la sphère publique (pour l’essentiel la question du droit à la citoyenneté économique et politique). À terme les éléments dégagés éclairent les processus de construction des citoyennetés civile, politique et sociale des femmes. Notre étude si elle se situe sur le plan national, envisage conjointement l’impact de l’international sur l’évolution du féminisme belge.

Au terme, l’ouvrage permet de mieux comprendre le processus d’inclusion des femmes dans la société belge et éclaire sur les mécanismes de démocratisation de celle-ci par l’intégration de ses citoyennes.

L'auteur

Catherine Jacques est docteure en histoire de l’Université d’Angers et de l’Université libre de Bruxelles (2007-2008). Elle est depuis 2009 collaboratrice scientifique à l’ULB auprès du Centre d’histoire du droit et d’anthropologie juridique.

L'ouvrage sortira ce vendredi 8 mars à l'occasion de la Journée internationale de la femme.

Aux Editions de l'Académie royale de Belgique

quand on parle de la Bolivie  et des féminicides...

L'an  passé, 120 féminicides ont été comptabilisés en Bolivie, pour zéro condamnation à ce jour.

En direct de la foire du Livre:

Un reportage sur la condition des femmes en Bolivie

( après la présentation du nouveau livre de  Jean Teulé pour son dernier livre "Fleur de tonnerre")

Branchez-vous c'est bouleversant!

Vous écoutez:

Transversales du 09/03/2013  

même sujet, le 7 mars sur France Inter: http://www.franceinter.fr/emission-ailleurs-la-bolivie-le-pire-pays...

Ecoutez l'émission58 minutes

      Musulmanes et féministes           

05.03.2013 - 15:00Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

De l'Egypte à l'Iran, du Maroc à la Syrie, ainsi qu'en France, aux Etats-Unis, en Malaisie, des femmes musulmanes s'attachent à retourner les textes sacrés contre la domination masculine, le système patriarcal.

Un féminisme "islamique", né à l'intérieur même du monde religieux musulman,  formulé par des croyantes, et qui se démarque radicalement  de la "modernité occidentale normative"...

Haïfa Al Mansour, réalisatrice saoudienne

Avec nous en studio :

Stéphanie Latte Abdallah , historienne et politologue,  chercheure à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM-CNRS) à Aix-en-Provence. A dirigé de nombreux ouvrages, dont: Féminismes islamiques, Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée (REMMM), n°128-2).  Des engagements féminins au Moyen-Orient (XXe-XXIe siècle), Le Mouvement Social, n° 231. Thème d'enseignement 2012-2013: Féminités, masculinités en révolution ? Enjeux moraux et éthiques contemporains

Malek Chebel, anthropologue, philosophe, psychanalyste, militant pour un "Islam des Lumières", auteur de nombreux ouvrages sur le corps, l'amour, la sexualité en terre d'Islam. Il vient de publier: "Changer l'Islam - Dictionnaire des réformateurs musulmans des origines à nos jours" (Albin Michel)

Avec les témoignages de :

Malika Hamidi, directrice générale du thinktank European Muslim Network et membre du Colloque International des musulmans de l'espace francophone

Asma Lamrabet, médecin marocaine, fondatrice du Groupe International d'Etudes et de recherche sur les femmes en Islam  (GIERFI). Elle a publié, notamment, "Le Coran et les femmes" (éd. Tawhid)

Haïfa Al Mansour, réalisatrice de cinéma saoudienne

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