Arts et Lettres

Le réseau des Arts et des Lettres en Belgique et dans la diaspora francophone

Nous aimerions tous disposer de plus de temps pour écrire, sculpter, peindre, dessiner... mais hélas à part quelques heureuses exceptions, nous nous retrouvons la plupart du temps dans l'obligation de gérer activités professionnelles et artistiques. Souvent au dépend de notre oeuvre, à laquelle nous aimerions pourtant consacrer plus de temps. Mais comme on dit "il faut bien payer son loyer et manger". Comment faites-vous pour gérer ces deux activités? Connaître l'opinion et les 'trucs' de chacun pourrait être utile à tous!

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Réponses à cette discussion

Bonjour,

avec mes mots, humblement, ma pierre à l'édifice.

Chercher à être à fond dans son temps imparti, plutôt que de vouloir, comme pour le reste, le posséder...Nous rendrons tout. L'art doit se vivre partout, même au travail, avec son partenaire, ses enfants, à la poste, dans les homes. A quoi servirait-il s'il ne se montrait que dans des lieux convenus. Prenons garde à la confiscation de l'Art. L'Art est libre et ne fait jamais très bon ménage avec les ministères...ou alors il est récupéré.
L'Art est l'art de vivre. Oeuvres de poussière maniant la poussière, nous retournerons aux étoiles dont nous sommes faits.

Plus simplement, comme Fabienne Coppens, je pense que nous avons juste à "sauver notre passage sur terre". Nous avons le choix entre le voyage organisé (tout confort) ou les chemins de traverse, certes plus épineux, labyrinthiques. Mais je pense qu'au centre du labyrinthe, il y a une rose magnifique mais aussi qu'au centre de cette rose, à bien y regarder, encore un labyrinthe.

Bien à vous tous

Carl du Toit a dit :
Quand je parlais d'inspiration et transpiration, je ne donnais pas mon accord à cette équation. On le sent quand cela transpire (excusez mesdames), quand c'est inspiré on le voit.
Il y a deux cents ans un bon poète transpirait douze alexandrins coupés en hémistiches, sans Petit Robert ! Sûrement qu'il transpirait, le résultat était souvent beau et coulant: il n'avait pas à répondre au téléphone, vider sa boîte vocale, trier ses courriels, calculer son budget pour savoir combien d'assurances il pouvait se permettre.
Aujourd'hui tous quémandent Internet plus rapide que l'ultra rapide, a deux ordinateurs au cas où l'un saute, deux enfants qu'il doit faire garder, amener la belle-mère chez le docteur. Bref la créativité est étranglée. Ceux qui créent tout azimut: chapeau, peut-être ont-ils eu un héritage, ce qui n'est pas mon cas.
Les artistes: du monde à part, funambules: merci d'être là !

mariel rouillon a dit :
Y a t-il tant de différences entre les deux processus créatifs ?

Car pour moi, "remettre sur le métier, polissez et re-polissez" n'est pas efficace.
Et la transpiration ne me réussit pas.
Mais est-ce que cela tient au médium choisi ? Y a t-il d'autres peintres qui se retrouvent dans ce je dis ?

ou est-ce une question de personne...

Ce qui supposerait que si je savais écrire, cela aurait peut-être la même forme de "fulgurance", quelque chose de donné et non de construit.
Mais pour finir, sans doute que cela importe peu, la valeur ne tient pas à cela...
Saveur du savoir... Pardon pour la mauvaise citation. Je m'en retourne en ma grotte sur la pointe des grosses pattes.
Il ne me semblait pas avoir parlé du statut ni de la statue des artistes...

BONNEs GENS, savourez, je me sauve....





Fabienne Coppens a dit :
Guy...Je n'ai pas écrit sauver mais "SAVOURER"...Le seul commentaire que je crois avoir laissé ici, préférant m'abstenir de commencer avec ce labyrinth'oeuf...( où est la poule?...où est le coq ?)
...Celui du "STATUT de L'artiste en Belgique " ! ou de la STATUE de Pessoa à Lisbonne, à Bruxelles ?...Pessoa qui était postier ? Facteur quoi ...Comment ils ont tous fait , Eux...
...Bon ! Victor Hugo...on sait mais les vôtres, les nôtres, les autres : les ôtes de la CREATION inexorable mais pas implacable...


Tant bien que mal je vais essayer de répondre à la question, tant pis si le style est un peu « ours » !!
L’aventure de la création ,et en occurrence de la peinture, n’as commencé que tard dans ma vie.
J’avais 34 ans que j’ai commencé ma formation en cours du soir pendant 5 ans, à l’âge de 56 ans maintenant je suis passé par plein d’expériences…
Après mes études, heureux d’avoir trouvé ma voie, j’ai tout quitté…femme, boulot et maison.
Je me suis mis à mon compte en tant qu’artiste peintre.
Idéaliste des années 60 comme je suis, je ne voulais pas me laisser manipuler par des marchands d’art et faire le métier que j’avais appris de ma propre façon.
Commencé par le chemin le plus dur, le plus directe mais qui à se jour me procure encore des agréables souvenirs, la porte à porte…
Comme en Belgique il pleut souvent, fallait que je trouve refuge.
D’abord la passerelle des marchands de chaussures et finalement en face d’une librairie connue par les amateurs de livres à Bruxelles(Tropismes).
Le bourgmestre de l’époque ma fait porté dehors car les artistes de rue était considéré comme dérangeants.
Les années d’après (j’ai tenu quand-même 4 ans !) on pouvait me trouver sur la petite place publique au centre de la ville avec un paravent et mes tableaux exposé tout les samedis et dimanches.
Au moment que je commençais à avoir du succès avec mes nus, et que les passant ne voulait rien savoir d’autres créations, j’ai compris la phrase de Pablo « l’art et la commerce sont incompatibles ».
J’ai donc décidé, il y à déjà des années, de reprendre ma liberté en faisant le compromis de reprendre un travail gagne pain pour au moins évolué comme je le sens dans mon métier qui est celui du peintre.
Mais je n’ai jamais regretté cette expérience, au contraire mes meilleures amis et amies je les aie rencontré à cette époque là…
Eric
Personnellement, je ne pense pas qu'on souffre moins quand on dispose de plus de temps. Un accouchement est toujours accompagné de douleurs.
Fabienne Coppens a dit :

On ne pouvait trouver mieux !
Quelqu'un m'a répondu dans un débat: on peut rêver ! Non que je sois défaitiste.....sincèrement je m'aperçois que je n'ai jamais été aussi lucide de ma vie.
Regardez le nombre d'œuvres de qualité qui gisent ici et pas un commentaire d'encouragement pour illuminer leur journée.

Quand je pense au livre de Pascale Lora Schyns, 'Les survivants de Sallimoc' qui a eu la chance d'être publié, je me demande quand on la recevra sur les plateaux d'émissions à haut audimat, retransmises ne fut-ce qu'en Belgique et France. Quand la mettra - t - on sous le feu de critiques tels que Naulleau et Zemmour ? Même si elle devait se faire massacrer (car c'est souvent aller au bûcher que de se soumettre à ces deux-là), ce serait une diffusion large de l'annonce qu'elle a écrit un livre. Car ce n'est pas tout d'écrire, de se faire publier......il faut encore qu'on soit lu et s'est pourtant le but premier de celui qui publie.

Carl du Toit a dit :
Une chose à laquelle les artistes n'ont pas le temps de penser, c'est la façon de vendre leurs oeuvres. Nous (je m'inscris ici en tant qu'écrivain) aimerions en vivre mais, cela est connu, nous ne sommes pas mercantiles. On n'aime pas parler argent, sauf si on en a dans les poches et qu'on peut inviter fièrement des amis à dîner. Mon frère a un musée de bronze dans le Vieux-Montréal: savez-vous ce qu'il en coûte pour couler une sculpture en bronze ? ... Grâce à sa ténacité, il exposera sous peu 6 sculptures de bronze à New-York. Bravo, mais elles ne sont pas vendues pour autant.
Je proposerai sous peu une formule unique: La symbiose bionique, le mariage oeuvre (peinture, sculpture) et texte lapidaire, pour attirer le regard, susciter l'envie. L'important c'est qu'on parle de ce qui a été créé. Ma formule fera parler, utilisant la technique du marketing par l'objet - dans son sens le plus noble - dont je vis depuis depuis 20 ans. Mettant le focus sur la vente,pour qu'en tant qu'artistes nous ayons le temps de produire le fruit de nos pensées, tout en prenant des pauses dans un bon restaurant où nous aurons les moyens d'inviter nos amis.
di nunzio michel a dit :
L'urgence est une construction de l'esprit.Et au fond, être un artiste est comme une femme enceinte , impossible de l'être à moitié ;-) et l'Oeuvre ou les Oeuvres n'ont que notre pensée, nos mains, nos doutes, pour exister, dès lors, peu importe le temps qu'elles mettent à exister, maladroitement ou précises comme un scalpel, le plus important est de les mettre au monde et de faire en sorte qu'elles poursuivent modestement ou non leur chemin.

Pascale Lora Schyns a dit :
Vous avez raison lorsque vous parlez de l'importance de la pensée.... les livres s'écrivent dans ma tête au fur et à mesure et elle se remplit d'une bibliothèque virtuelle.
Un jour c'est vrai je n'aurai qu'à les retranscrire sur le papier. Le hic est qu'il va m'en falloir des années pour aligner les livres sur les rayons sans compter les nouvelles idées qui vont surgir en cours de route. Toujours cette angoisse du temps qui passe trop vite!
Aujourd'hui j'arrachais les plants de haricots, leurs volant leurs derniers fruits et dans ma tête j'écrivais...des choses absurdes, d'autres qu'il aurait fallu noter de suite...la pensée est une roue qui tourne vite et qui produit, produit...donc pour moi, tant de ces pensées sont comme autant de foetus dont j'ai avorté parce que je n'ai pas pu les coucher immédiatement sur le papier.....donc il est dommage de ne pouvoir être libre totalement. Même quand on croit l'être, la réalité nous rappelle que le pain coûte quasiment deux euros. Si on ne les a pas, on ne mange pas....

Kristeen Van Ryswyck a dit :
J'ai trouvé cela bien difficile pendant les 10 années où j'ai du moi aussi partager le temps de la création avec le terre à terre d'un travail pour alimenter la banque ! Mais quand on fait le choix de ne vivre que par son art, que l'on a cette passion qui porte et efface tout sur son passage .....on ne peut que s'en estimer heureux.
Pour ma part j'ai deux cordes à mon arc puisque je peins et j'écris .....grande occupation de mes mains comme vous pouvez le constater et de mon esprit également ! Alors j'ai profité pendant ces dix années de ce travail pour créer mes œuvres dans un petit ordinateur de ma tête ..... tout en bossant, ce qui fait que je n'ai plus eu qu'à retranscrire ce travail pendant les WE avec plus de facilité .....Il faut savoir que la création c'est tout d'abord la pensée, et la pensée est "toujours" là, même pendant un travail alimentaire ....
Voilà! c'est ainsi que je me suis habituée à créer partout et dans toute circonstance ! Il a bien fallu !
A présent depuis 12ans, je ne vis que de mes deux passions et c'est vrai que c'est tellement, mais tellement mieux !!!! rires !!!
bonjour,

Voilà un sujet intéressant... Je me suis longtemps torturée avec ce genre de problème... Et je suis passée par différentes étapes. En fonction du métier que je faisais. De 1995 à 2004, j'ai eu la chance d'avoir une vie professionnelle intéressante et épanouissante (sauf peut-être à la fin - mais pour des raisons de relations humaines plutôt). Et puis les problèmes de santé physique s'en sont mêlés, donc, je n'ai plus eu de vie professionnelle. Mais - tout en me consacrant sérieusement à la pratique de la peinture et de la couleur (pastel, aquarelle), j'ai l'impression de ne pas avoir vraiment avancé.

C'est qu'il n'y a pas que l'activité professionnelle - il y a aussi la vie affective, la vie familiale, et un tas d'autres choses qui requièrent temps, argent et énergie.

Pêle-mêle, je dirais: il faudrait de l'argent (un mécène?) pour vivre de son art... "Une chambre à soi" et 50.000 livres de rente(s) disait assez justement Virginia Woolf. Ou alors, il faut la foi et garder le feu sacré - et donc l'entretenir. Chaque jour, remettre sur le métier. Etre une Vestale de l'art - ou de l'écriture - en somme. Mais pour l'écriture, je crois que c'est jouable. Je me rappelle une période où rentrée d'une journée d'un boulot pas bien intéressant, je m'étendais sur mon lit pour écrire de la poésie. Au bout de quelques mois, j'avais de quoi remplir un recueil. Ces poèmes, je ne les ai vus édités que beaucoup plus tard - des années après.

Je me dis que cela doit être pareil pour un roman - écrire un peu tous les jours, et pour cela, y croire, s'y tenir, et donc, j'en reviens à cela: entretenir le feu sacré...
Ou simplement rester bien près de soi...

Marie-Françoise Vandenberghe a dit :
bonjour,

Voilà un sujet intéressant... Je me suis longtemps torturée avec ce genre de problème... Et je suis passée par différentes étapes. En fonction du métier que je faisais. De 1995 à 2004, j'ai eu la chance d'avoir une vie professionnelle intéressante et épanouissante (sauf peut-être à la fin - mais pour des raisons de relations humaines plutôt). Et puis les problèmes de santé physique s'en sont mêlés, donc, je n'ai plus eu de vie professionnelle. Mais - tout en me consacrant sérieusement à la pratique de la peinture et de la couleur (pastel, aquarelle), j'ai l'impression de ne pas avoir vraiment avancé.

C'est qu'il n'y a pas que l'activité professionnelle - il y a aussi la vie affective, la vie familiale, et un tas d'autres choses qui requièrent temps, argent et énergie.

Pêle-mêle, je dirais: il faudrait de l'argent (un mécène?) pour vivre de son art... "Une chambre à soi" et 50.000 livres de rente(s) disait assez justement Virginia Woolf. Ou alors, il faut la foi et garder le feu sacré - et donc l'entretenir. Chaque jour, remettre sur le métier. Etre une Vestale de l'art - ou de l'écriture - en somme. Mais pour l'écriture, je crois que c'est jouable. Je me rappelle une période où rentrée d'une journée d'un boulot pas bien intéressant, je m'étendais sur mon lit pour écrire de la poésie. Au bout de quelques mois, j'avais de quoi remplir un recueil. Ces poèmes, je ne les ai vus édités que beaucoup plus tard - des années après.

Je me dis que cela doit être pareil pour un roman - écrire un peu tous les jours, et pour cela, y croire, s'y tenir, et donc, j'en reviens à cela: entretenir le feu sacré...
L'Art et la manière, ne vont guère pour bien faire ...
ça c'est fou comme c'est vrai !

Gilles Thévenin a dit :
L'Art et la manière, ne vont guère pour bien faire ...

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