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À vin nouveau outres neuves ! Questions et propos sur la peinture, la littérature et la modernité


Suite à un échange de mails avec Robert PAUL, je me suis décidé aujourd’hui à ouvrir ce forum sur la modernité en art, particulièrement en peinture et en littérature. J’aimerais y penser avec vous les permanences et les transformations de la modernité, à partir de ce couple peinture-modernité né de l’histoire, en France, au XIXème siècle. 

 

En décembre dernier, nous avons pu voir dans la série des grands peintres une vidéo sur la peinture d’Henri Gervex. Cela m’a amené à repréciser ma pensée sur ce contemporain des impressionnistes, sur sa position dans le conflit fondamental qui divise la peinture depuis près de 150 ans et dont il est une figure exemplaire par son aller-retour constant entre la modernité naissante et l’académisme néo-classique.

 

Né en 1852, copain de Manet et contemporain de Van Gogh, Gervex m’apparaît en effet comme le type même du peintre qui a académisé la modernité des impressionnistes en l’utilisant comme simple éclaircissement de sa palette. La peinture de Gervex enthousiasmait Zola, parce que, à l’opposé de celle de son ancien ami Cézanne traité de « grand peintre avorté », elle conservait l’exacte facture illusionniste sous les couleurs de l’impressionnisme. Après s’être fait refusé au Salon de 1878 suite au conseil pervers de Degas de peindre les vêtements abandonnés par la belle Marion au pied de son lit, Gervex remporte en 1882 le concours ouvert pour la décoration de la Mairie du 19ème arrondissement de Paris et met au service de la culture républicaine tout un académisme de bons sentiments sociaux qu’on va retrouver tel quel dans l’art fasciste ou nazi du 20ème siècle. Or, c’est précisément cette 3ème République qui fera preuve d’un ostracisme sans faille contre les peintres indociles et posera les bases de la répression des artistes entrés en dissidence.

 

La peinture de Gervex est donc loin d’être neutre ou inoffensive. Elle témoigne d’un choix qui trahit les artistes de la modernité passés dans leur quasi totalité de la rupture avec les institutions d’art à la dissidence sociale. Artiste reconnu promu officier de la Légion d’honneur en 1889, se faisant ainsi le héraut de la bonne conscience de son temps, Gervex pose dès lors dans sa réussite même un problème esthétique, éthique et politique autant qu’économique qui fait contraste avec la « misère qui ne finira jamais » de Van Gogh et de Pissarro, l’emprisonnement de Courbet ou l’exil de Gauguin.

 

Ce qui est en jeu à travers ce cas exemplaire, c’est tout simplement l’intelligibilité du présent et l’accès difficile à une logique de l’altérité. Depuis Manet, en effet, la question de l’art ne me semble plus être la question du beau mais celle de sa propre historicité. L’art est devenu une notion paradoxale, faite de deux parts radicalement inégales et contradictoires : l’une étant tout ce qui a été accompli jusqu’à ce jour, l’autre celle qui n’est pas encore et reste à faire. Et pour dire les choses banalement, la première part a pour effet d’écraser la deuxième. Le peintre n’est donc « artiste » que s’il a devant lui une peinture qui n’existe pas encore. Debout devant sa toile vierge comme au pied d’un mur, isolé et démuni, il est de facto le seul qui n’a pas d’art. En ce sens précis, il me semble que le talentueux Henri Gervex ne peut être considéré comme un « grand artiste » au même titre que Manet, Van Gogh et Cézanne, pour ne citer que les plus « grands ».

 

Il y a dans l’art une nécessité dont il est toujours difficile de rendre compte a priori. Matisse parle du peintre qui sait tout mais oublie ce qu’il sait au moment de peindre. Le peintre et le poète ne peuvent que laisser leur exploration faire son chemin en eux, sans savoir ce vers quoi ils vont. Ils n’ont pas l’outillage mental qui leur permettrait de penser ou de mesurer ce qu’ils font vraiment, et les prises de conscience sont presque toujours ultérieures à l’action elle-même. Peintures et poèmes seront nécessairement le fruit de longs et incertains combats dont personne, à commencer par l’artiste, ne connaît ni le sens ni l’issue. J’insiste sur cet aspect inaccompli des œuvres. Depuis Manet, la peinture est arrachement et égarement dans un monde en mutation. Depuis Baudelaire, le poème est une aventure de la pensée. A vin nouveau outres neuves ! Sauf qu’il n’y a ici aucune différence entre le vin et les outres. Rien n’est jamais gagné d’avance, et plus que jamais l’art reste le lieu des conflits fondamentaux qui secouent le monde depuis 150 ans.

 

Daniel Moline

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Réponses à cette discussion

 

 

L’homme perçoit le monde avec son esprit, sa pensée, sa conscience, sa raison… comprendre comment fonctionne son esprit est donc primordiale pour déterminer et définir les qualités que doit posséder l’Art. Comprendre le fonctionnement de sa pensée est donc une étape importante.

 

« L’objet de l’idée constituant l’esprit humain est le corps » et que « l’esprit ne se connaît pas lui-même, si ce n’est en tant qu’il perçoit les idées des affections du corps ».

 

Voici mon interprétation des propos de Spinoza, car chacun interprète en fonction des idées des affections de son corps. J

 

Si je vous dit, imaginez l’animal suivant : un « baradoune ».

Comme je vous l’ai dit plus haut, et vous le remarquerez par vous-même, on ne peut pas se l’imaginer… parce qu’on ne le connait pas.

 

Si je vous donne une description, avec des éléments connus, vous pourrez former une image dans votre esprit, et avoir une idée de la bête.

Le baradoune est une espèce de girafe, avec un cou plus court, deux têtes, une crinière de lion, et des motifs sur son pelage identiques à ceux d’un zèbre…

 

Vous commencez à avoir un aperçu de l’animal, une image composée, un concept... Mais vous ne pourrez savoir vraiment de quoi il s’agit, que lorsque vous le verrez de vos propres yeux, que vous l’entendrez avec vos oreilles, que vous le sentiez avec votre odorat… lorsque vous le percevrez avec votre corps.

 

De même, les éléments connus, qui vous ont permis de former cette image composite dans votre tête. La girafe, la crinière de lion, le zèbre… Ces éléments stockés dans votre mémoire, faisant parti de votre connaissance, de votre savoir… Comment ont ils été imprimés dans votre mémoire ?

La première fois que l’on vous a parlé d’une girafe, c’était comme pour le baradoune, un animal impossible à imaginer. Vous avez du attendre de la voir dans un zoo, dans un livre, dans un reportage télé, ou pour les plus chanceux, de la voir évoluer dans la savane africaine… pour enregistrer dans votre mémoire les stimuli (altérations) subit par votre corps durant l’observation, et stocker ces informations sous "l’étiquette" : girafe.

 

 

Notre connaissance est donc constituée de souvenir d’élément perçu antérieurement par notre corps, plus tous les éléments qui n’ont pus être validés par nos sens, qui restent dans notre mémoire sous forme de concepts, mais traduits en éléments connus (ex. le baradoune, l’infini, l’espace …).

 

La connaissance de l’homme est l’ensemble des traces laissées dans sa mémoire, par les évènements antérieurs. La pensée, qui est l’expression de cette mémoire, ne peut donc être constituée que d’éléments connus, la pensée est une REflexion. C’est pourquoi on ne peut penser, imaginer, que ce que l’on connaît.

 

L’homme ne peut pas connaître son esprit (l’esprit ne peut pas se connaître, comme le fait remarquer Spinoza), puisqu’il n’a accès, par sa pensée, qu’aux souvenirs des perceptions de son corps… il faudrait que son esprit se sente, se goûte, se voit, s’entende, se touche lui-même, pour que l’homme puisse le connaître à travers les affections enregistrées. ???L 

 

 

Pour résumer et simplifier : Lorsque l’homme pense, il "ravive" les altérations subit par le corps, lors d’évènements antérieurs. Comme il utilise plus la vue que ses autres sens, on peut admettre que lorsque l’homme pense, il visionne dans sa tête des images du passé.  

 

On peut déduire au passage, que l’homme ne peut pas penser le présent L , il ne pourra donc pas créer du "nouveau" avec sa pensée, car la création est action dans le présent.



Amicalement,

Gil

Merci, Gil, d'avoir ainsi précisé votre manière de percevoir "comment ça marche" dans nos corps et dans nos têtes. Je dois maintenant prendre assez de temps pour vous relire attentivement avant de réagir et de vous poser des questions plus précises. Cordialement.

Daniel Moline

 @ Gil, 

"Pour résumer et simplifier : Lorsque l’homme pense, il "ravive" les altérations subit par le corps, lors d’évènements antérieurs. Comme il utilise plus la vue que ses autres sens, on peut admettre que lorsque l’homme pense, il visionne dans sa tête des images du passé.  

 

On peut déduire au passage, que l’homme ne peut pas penser le présent , il ne pourra donc pas créer du "nouveau" avec sa pensée, car la création est action dans le présent.

 

Ces deux phrases et ce qui précède m'apparaisse comme un énorme paradoxe: en effet, "La pensée, qui est l’expression de cette mémoire, ne peut donc être constituée que d’éléments connus," après cela comment peut-on dire que la "création est action dans le présent" alors que tout votre texte dit le contraire. 

 

Par contre, j'admettrais que la création est constituée d'éléments enfouis quelques part dans notre "inconscient ou subconscient" comme vous voudrez. De plus je ne pense pas que la pensée de Spinoza s'appliquait à l'art mais bien à la connaissance du moi ou surmoi.

 

J'ajouterai encore que le débat "A vin nouveau, outre nouvelle" m'apparaissait sous une autre forme, celle d'appréhender "l'art nouveau dans une conscience nouvelle à l'intérieur d'un monde en profonde mutation". Mais mon intellect n'a peut-être pas assimilé toute les nuances.

Cordialement,

Yvette

 

Que "l'artiste soit le seul a   avoir "une peinture qui n'existe pas encore" j'en suis tout à fait d'accord et bravo pour cette très fine réflexion

cependant il me semble que pourtant il possède quelque chose de commun avec tous les autres qui font de l'art; c'est une technique. technique sans laquelle ses efforts  ne parviendrait pas à construire une oeuvre.

Bonsoir Daniel,

Permettez-moi de vous dire que vous avez écrit un excellent article répondant à la question : "Qu'est-ce que la modernité?" La métaphore "Vin nouveau, outres neuves" complique tout. Vous nous expliquez clairement la notion de modernité comme arrachement dans un monde en mutation, comme une aventure de la pensée. D'accord aussi avec le fait que l'artiste ne part pas avec une idée précise de ce qu'il va créer et que son oeuvre se construit dans son action même. Je peux vous dire que je vois des toiles se construire sous mes yeux tous les jours : jetez un coup d'oeil, si vous le voulez bien, à Olivier Dumont, "mes albums". Il s'agit d'un traumatisé crânien autodidacte (mon fils) qui commence sa toile n'importe où et laisse son besoin d'expression le guider et exprimer son ressenti du moment. La parenté avec la modernité n'est évidemment pas totale du point de vue de l'histoire de la peinture!!! Mais vous avez l'air de penser qu'il faut des outres nouvelles à un nouveau vin. L'outre est ce qui contient le vin : sans outre, le vin se répand sur le sol et est perdu. Dire qu'il n'y a aucune différence entre le vin et les outres laisse supposer soit que le vin est perdu, soit que l'outre est elle-même le vin, auquel cas il faudrait manger le vin ! Hé bien , non ! Les impressionnistes ont peint des toiles, que je sache, avec des pinceaux, de l'huile, du medium : ils disposaient du même support que les académiques mais ils ne l'ulilisaient pas de la même manière. Dire que le vin est l'outre ne peut se comprendre et j'ai bien peur que cette maudite métaphore que vous avez exploitée jusqu'à plus soif vous ait fait tourner la tête. (Cette dernière phrase relève de mon humour purement ludique). Sans quoi, chacun aurait compris ce qu'est la modernité avec un minimum d'effort étant donné que votre explication est très claire et écrite "dans les règles de l'art".

(suite)

Vous parlez de l'aspect inaccompli des oeuvres de la modernité. Je pense que ce n'est pas parce que l'oeuvre est créée sans que "l'artiste ne connaisse ni le sens ni l'issue" qu'elle est inachevée. En fait, c'est la notion même d'achèvement qui change également avec la modernité. Laissons les jurys académiques considérer que ces oeuvres sont inachevées.

"Les impressionnistes ont peint des toiles, que je sache, avec des pinceaux, de l'huile, du medium : ils disposaient du même support que les académiques mais ils ne l'ulilisaient pas de la même manière." nous dit Dominique Dumont et il a bien raison: peindre est un métier avec ses savoirs hérités de longue date. Ce qui me perturbe dans beaucoup de courants actuels est cette volonté permanente d'avoir l'air de tout balancer sous couleur de révolutionner l'art. Egalement cette prétention à ramener toute l'histoire de l'art à n'être qu'une préparation à notre nombrilique esthétisme: ainsi cette petite phrase sous la plume de nombre de critiques et tant méprisante pour ceux qui nous ont précédés "c'est déjà de l'abstrait..." Pour ma part je conçois la démarche artistique comme lente maturation ne reproduisant pas ce qui a été mais s'en inspirant très modestement, techniques et manières de voir le monde: créer n'est-il pas avant tout se souvenir? Je ne suis pas sûr que notre époque dépasse l'excellence de beaucoup d'artistes du passé.

Bonjour Yvette,

 

"J'ajouterai encore que le débat "A vin nouveau, outre nouvelle" m'apparaissait sous une autre forme, celle d'appréhender "l'art nouveau dans une conscience nouvelle à l'intérieur d'un monde en profonde mutation". Mais mon intellect n'a peut-être pas assimilé toute les nuances."

 


Le débat semble s’égarer, mais il n’est pas hors sujet.

Nous essayons de prendre le problème à l’envers, ce qui est, me semble t-il en toute logique, le "bon sens". J

Plutôt que d’analyser une pratique affublée arbitrairement du mot "Art" par son auteur ou ses revendeurs, et de rechercher l’outre adéquate capable de la contenir… ne vaut-il pas mieux essayer de comprendre ce que nous sommes, comment nous percevons les choses, comment agit la beauté sur notre sensibilité… pour essayer après coup de découvrir, définir, qualifier… les pratiques artistiques.

Il se pourrait bien qu’il n’y ait qu’une seule et universelle Outre, mais on peut essayer de le découvrir. J

Amicalement,

Gil



Gil a dit :

Bonjour Yvette,

 

"J'ajouterai encore que le débat "A vin nouveau, outre nouvelle" m'apparaissait sous une autre forme, celle d'appréhender "l'art nouveau dans une conscience nouvelle à l'intérieur d'un monde en profonde mutation". Mais mon intellect n'a peut-être pas assimilé toute les nuances."

 


Le débat semble s’égarer, mais il n’est pas hors sujet.

Nous essayons de prendre le problème à l’envers, ce qui est, me semble t-il en toute logique, le "bon sens". J

Plutôt que d’analyser une pratique affublée arbitrairement du mot "Art" par son auteur ou ses revendeurs, et de rechercher l’outre adéquate capable de la contenir… ne vaut-il pas mieux essayer de comprendre ce que nous sommes, comment nous percevons les choses, comment agit la beauté sur notre sensibilité… pour essayer après coup de découvrir, définir, qualifier… les pratiques artistiques.

Il se pourrait bien qu’il n’y ait qu’une seule et universelle Outre, mais on peut essayer de le découvrir. J

Amicalement,

Gil

Bonjour à tous,

Dans l’introduction de ce forum Daniel  présente son intention en ces termes : « Je  me suis décidé aujourd’hui à ouvrir ce forum sur la modernité en art, particulièrement en peinture et en littérature. J’aimerais y penser avec vous les permanences et les transformations de la modernité, à partir de ce couple peinture-modernité né de l’histoire, en France, au XIXème siècle »

En jouant le rôle de l’acolyte, j’espère que je ne trahirai pas sa pensée en mettant en évidence la  phrase suivante où je le trouve, à mon humble avis, désireux de recentrer le débat sur ses objectifs de base ..comme moi !

« Ayant relu les différentes interventions sur notre forum, je crois que si nous voulons continuer le débat avec un minimum de cohérence, il va être nécessaire de préciser ce dont nous voulons parler et de nous mettre d’accord sur le sens de certains mots que nous utilisons. Il me semble en effet que nous pensons différemment non seulement sur les conséquences qui se tirent des premiers principes mais aussi sur ces principes mêmes ».

Et je reprends dans ses interventions la phrase suivante qui me paraît assez synthétique :

«La modernité est là. Elle se joue et se construit dans ces concrétions de croyances et de règles qui dépassent les individus et ne se révèlent à eux qu’à travers les déformations que ceux-ci peuvent lui imprimer.  Elle est cette faculté étonnante de présence au présent. Avec comme conséquence irréversible une transformation indéfinie de nos modes de signifier, de comprendre, d’écrire, de lire, de voir et de sentir. »

S’adressant à Claude, Daniel lui rappelle qu’:« en fait, vous soulevez là un problème mis à vif par la mondialisation de l’art, le grand métissage collectif que nous vivons et le cumul des clichés qui font la masse des idées reçues sur l’art. On peut ici se demander d’où et comment on pourrait en faire la critique, tant ce phénomène mondial est complexe. Cela suppose de vastes connaissances dont personne aujourd’hui ne peut prétendre avoir fait le tour… nous maintenir éveillés à cette contradiction de l’altérité imprévisiblement changeante »

J’ai perçu également ce désir de recentrer les débats dans les propos d’Yvette:«J'ajouterai encore, dit-elle que le débat "A vin nouveau, outre nouvelle" m'apparaissait sous une autre forme, celle d'appréhender "l'art nouveau dans une conscience nouvelle à l'intérieur d'un monde en profonde mutation". Mais mon intellect n'a peut-être pas assimilé toute les nuances ».

 Le Robert peut un peu nous aider « à nous mettre d’accord sur le sens de certains mots » comme le dit Daniel

Il définit la modernité en ces termes : caractère de ce qui est moderne notamment en art. Et Baudelaire parlant de Constantin Guys est cité : il s’agit pour lui de … tirer l’éternel du transitoire.

Et La permanence : caractère de ce qui est durable ( proche donc de « l’éternel »

Quant à la transformation : action de transformer, fait de se transformer, modification qui en résulte

La phrase suivante de Daniel me semble également à la source de sa réflexion : « s’il est vrai que le monde et les temps changent, au nom de quoi est-il absolument nécessaire d’aller toujours plus loin ? En quoi le connaissance est-elle impliquée dans ce changement ? »

Me souvenant que Daniel voyait dans la pensée (mais je ne sais plus où) une sorte de fluide ou du moins je le crois, cette façon de concevoir la pensée me suggère de vous proposer l’allégorie suivante pour bien mettre en évidence les différents niveaux d’intervention dans un processus déterminé de la pensée et celui vers lequel il faudrait tendre pour atteindre l’objectif au milieu des méandres de toutes les pensées

Pensez à  une marche de revendication, n’importe laquelle mais pour la rendre plus perceptible, cette manifestation est celle de ce dimanche pour une « Belgique unie » .Je mets déjà Belgique unie entre guillemets car vous devinez déjà les nuances que cela implique dans les divers courants de perception des manifestants!

Vous pouvez participer à cette manifestation de différentes manières ; la regarder passer en tant que spectateur non engagé, et vous amuser du côté bon enfant de cette manifestation. En tant qu’observateur  non engagé mais au regard « scientifique », vous pouvez par exemple vous poster à un endroit déterminé, compter les gens qui passent et annoncer qu’il y avait 30.000 ou 50.000 personnes selon que vous êtes le compteur de l’organisateur ou de la police. Vous pouvez prendre un échantillon de 1008 personnes et dire qu’il y avait 35% de wallons, 44% de Bruxellois et 21 % de flamands. Vous pouvez regarder ce cortège avec d’autres yeux ; celui de l’artiste par exemple et vous amuser d’un agencement de couleurs rouge jaune noir qui vous inspire pour un futur tableau. Vous pouvez aimer la conjonction des chants estudiantins et des messages politiques, etc…mais vous n’avez pas exprimé le moindre mot sur le fait que la marche a atteint son objectif ou non.

Vous pouvez également vous engager et entrer (vous noyer ?) dans ce défilé. Vous constaterez déjà que les différents points de vue que je vous proposais en tant qu’observateur extérieur sont singulièrement plus difficiles à appréhender en étant noyé dans la foule. Et maintenant, imaginez de quel point de vue (de Sirius ?), il faut se placer pour analyser cette masse de manifestants si l’on s’interroge sur le principe global de cette manifestation à savoir si elle a atteint son objectif ?

Comme je crois que le suggère Daniel à un endroit de ces interventions, le courant de pensée s’apparente à un fluide, remplaçons ce fluide de personnes par un fluide de pensées qui s’écoule vers la modernité. Si l’on se « poste » par l’imagination au bord de cet enchaînement de pensées s’écoulant, il y a toutes sortes d’observations intéressantes à faire : ici un tourbillon d’idées des pro ou antiacadémiciens, là, le tourbillon des abstraits ayant Kandinsky au cœur du vortex. Là, les admirateurs des impressionistes, là , ceux des fauvistes, là ceux des aquarellistes, etc…

Au lieu de nous poster sur la rive, baignons-nous dans ce fluide et laissons nous emporter dans un tourbillon à un endroit déterminé, laissons nous entrainer au milieu de porteurs de pensées semblables, aveuglé par les pensées tourbillonnantes, si nous ne nous frottons pas régulièrement « les yeux »,notre champ de perception se rétrécit et les combinaisons possibles avec le courant principal sont franchement plus difficiles.

 Si cette allégorie ne vous semble pas présenter des évidences, je vous propose un autre exemple. Pensez à une bande de milliers d étourneaux virevoltant dans le ciel. En tant qu’observateur humain, vous admirez en tant qu’artiste, l’effet de moirure de l’ensemble de leur vol qui se combine à la beauté du soleil couchant et vous y voyez même ces oiseaux qui dessinent une forme d’oiseau !.

Peut-être en tant qu’ornithologue, vous avez également compris l’origine de ce regroupement : un prédateur est en chasse et les étourneaux agissent de concert pour faire face au prédateur.

Que pense l’étourneau au milieu de ses congénères ? Une peur le saisit certainement et il trouve la réponse à cette peur en veillant toujours à avoir au moins quatre copains autour de lui qui seront peut être mangés à sa place. C’est moi qui lui ai prêté cette logique plausible pour un oiseau car j’ai essayé de me mettre à sa place

 Dans ce cas, vision « panoramique » pour l’observateur humain artiste et ornithologue ;vision utilitaire et limitée de l’oiseau.

Quand Daniel dit « Le peintre et le poète ne peuvent que laisser leur exploration faire son chemin en eux, sans savoir ce vers quoi ils vont. Ils n’ont pas l’outillage mental qui leur permettrait de penser ou de mesurer ce qu’ils font vraiment, et les prises de conscience sont presque toujours ultérieures à l’action elle-même. Peintures et poèmes seront nécessairement le fruit de longs et incertains combats dont personne, à commencer par l’artiste, ne connaît ni le sens ni l’issue. »  ne voit-il pas un artiste qui de par sa volonté ou ses limites adopte une position semblable à l’étourneau ?

« avoir le nez dessus » ne nous permet certainement pas de prendre le recul nécessaire pour une approche de Sirius !

Revenons à notre manifestation - rivière de pensées en marche avec ses tourbillons locaux. Ceux-ci font bien partie du mouvement vers l’embouchure de la modernité sans toutefois en influencer l’écoulement car ils ne sont pas maître de la pente et des autres paramètres (une chute de rocher par exemple du haut d’une montagne ou une chute d’eau) qui peuvent agir sur le cours.

De quel point de vue faut- il se placer pour avoir la faculté d’analyser cet écoulement des idées vers la modernité, de pouvoir en dessiner la flèche et sa direction ?

Google-maps nous a familiarisé avec ces vues aériennes qui nous permettent de voir les cours d’eau serpenter dans les montagnes et les vallées A quand, une cartographie des flux de la pensée vu de Sirius ?

Certains auteurs, certains chercheurs s’y emploient. Edgar Morin par exemple à travers ses 5 volumes de « la méthode » aux titres évocateurs comme « la connaissance de la connaissance »ou « les idées. leur habitat, leur vie, leurs mœurs » ou Grégory Bateson avec son « écologie de l’esprit »

Un gigantesque travail de regroupement de ces ouvrages doit permettre de dresser la carte de la pensée et de ses moteurs qui la pousse vers la modernité (si ce n’est déjà fait)

Nous avons « vu » le courant de la pensée actuelle dans notre tentative d’imaginer sa direction.  Montons encore un peu plus haut  et imaginons tout le réseau hydrographique de la pensée ! 

Non mais ? dites vous !

Ce genre de tableau existe pourtant pour retracer l’évolution des espèces  (des corps, pour dire comme Daniel, enfin je crois ?l) Et les généticiens n’ont pas hésité à dresser la carte du génome humain !

Pourquoi l’évolution de la pensée n’aurait-elle pas la sienne ? avec ses chaînons manquants ,là où la frontière entre le corps et l’esprit  serait indistincte?

Je vous invite à retenir de cette allégorie que la perception d’un fait - ici la problématique de la modernité – est une question de point de vue et vous suggère pour faire avancer ce forum dans la direction que je crois être celle de Daniel, d’oublier les tourbillons locaux pour ne bien voir que le grand courant central !

…Et attention sur le point de vue sur le point de vue ! il s’agit ici du point de vue dans le sens d’être à l’endroit le mieux placé pour voir un objet le mieux possible et non pas de le voir de la hauteur(petite) de son opinion !

Revenons au niveau de la flèche de la modernité et de sa direction dans  les arts et les lettres 

Je lis pour le moment un ouvrage intitulé « Art et aujourd’hui » par Eleanor Heartney. Cette auteure s’essaye dans un ouvrage de 438 pages de grand format  de raconter l’histoire et le futur de l’art contemporain, la modernité  en quelque sorte .

Pour tenter d’appréhender la complexité de cet art contemporain, elle axe son travail sur autre approche que celle en « isme » que l’on retrouve dans l’histoire de l’art jusqu’au 20 ème siècle : ces chapitres s’intitule Art et culture populaire, art et objet quotidien, art et abstraction , art et spiritualité etc…!

Dans l’art et l’abstraction, elle nous montre que le courant de l’art abstrait qui a démarré avec Kandisky a encore sa place aujourdhui avec des œuvres de Al Held, Sean Scully ou Liz Larner

Dans l’art et spiritualité , elle retrouve l’origine de ce mouvement aussi bien chez Raphaêl que Giotto pour aboutir à des œuvres d’Olafur Eliason ou de Mariko Mori

Alors quand Gil pense : « Plutôt que d’analyser une pratique affublée arbitrairement du mot "Art" par son auteur ou ses revendeurs, et de rechercher l’outre adéquate capable de la contenir… ne vaut-il pas mieux essayer de comprendre ce que nous sommes, comment nous percevons les choses, comment agit la beauté sur notre sensibilité… pour essayer après coup de découvrir, définir, qualifier… les pratiques artistiques. » je crois franchement qu’on ne peut trouver tout seul en nous, dans les limites de nos perceptions et de nos connaissances les instruments de lecture de la modernité, objet de ce forum.

Bien cordialement,

Jean-Marie Cambier

 



Yvette Douchie-Lheureux a dit :


Gil a dit :

Bonjour Yvette,

 

"J'ajouterai encore que le débat "A vin nouveau, outre nouvelle" m'apparaissait sous une autre forme, celle d'appréhender "l'art nouveau dans une conscience nouvelle à l'intérieur d'un monde en profonde mutation". Mais mon intellect n'a peut-être pas assimilé toute les nuances."

 


Le débat semble s’égarer, mais il n’est pas hors sujet.

Nous essayons de prendre le problème à l’envers, ce qui est, me semble t-il en toute logique, le "bon sens". J

Plutôt que d’analyser une pratique affublée arbitrairement du mot "Art" par son auteur ou ses revendeurs, et de rechercher l’outre adéquate capable de la contenir… ne vaut-il pas mieux essayer de comprendre ce que nous sommes, comment nous percevons les choses, comment agit la beauté sur notre sensibilité… pour essayer après coup de découvrir, définir, qualifier… les pratiques artistiques.

Il se pourrait bien qu’il n’y ait qu’une seule et universelle Outre, mais on peut essayer de le découvrir. J

Amicalement,

Gil

Bonjour,

 

Je voudrais vous raconter un conte.

 

Il existait un jardin luxuriant, magnifique, certain le nommait le jardin d’Eden, d’autre l’appelait la plaine de vérité… Au milieu de ce jardin coulait une source, le breuvage qui s’en écoulait, était du vin, le plus succulent des vins qui faisait tourner la tête de tous les hommes.

Quelques hommes vivaient là, à proximité de cette source, on les appelait les illuminés, car ils vivaient à la lumière du soleil. Le reste des hommes s’était réfugiés dans des souterrains.

Quelques hommes sortaient parfois des souterrains, et venaient s’abreuver à cette source. Comme ils trouvèrent le vin fabuleux, ils décidèrent de construire des outres pour en ramener et le faire goûter aux hommes d’en bas.

Mais le précieux breuvage ne se laissait pas emprisonné facilement. De sorte que les outres ne pouvant retenir le liquide, lorsque les hommes étaient de retour dans leur caverne, tous le vin s’était écoulé par les pores, et il n’en restait que des traces, une odeur, un semblant de saveur. Malgré cela, les hommes continuèrent à venir remplir leurs outres. Ils se mirent à fabriquer toute sorte d’outre et comme il y avait plusieurs communauté qui vivaient dans ces souterrains, chacun avait son type d’outre, chaque culture, chaque ethnies possédait son outre, avec ses caractéristiques et ses qualités. Le nombre de fabriquant  augmentant, les outres sont devenues plus personnelles, chacun prétendant que sont outre était plus étanche que les autres. Des hommes plus malins, ne se déplaçaient même plus pour remplir leur outre, sachant que toute façon elle serait vide au retour. Comme il étaient habiles, ils affirmaient que si aucune odeur de vin ne se dégageait de leur outre, c’est parce qu’elle  était parfaitement étanche, faisant du même coup, monter le prix du réservoir.

Il existait tellement d’outres dans les souterrains, que certains se mirent à les ranger, les classifiés. Ils construisirent des étagères. Après les spécialistes des outres, émergèrent les spécialistes des étagères, avec tout leur savoir, leur connaissance, sur la résistance des planches, de la quantité limite à stocker par niveau…puis le nombre d’étagères amplifiant, il à fallu construire des placards pour contenir ces étagères… puis creuser des galeries pour stocker les placards, et des spécialistes de prévoir de futures galeries plus modernes en fonction des dernières caractéristiques d’outres…………

 

Et le vin dans tous cela ?  Il continu à s’écoulait à l’extérieur, au  soleil, imperturbable, loin de la poussière et des affaires des hommes.

 

Lorsque vous évoquez la modernité de l’Art. Il faudrait plutôt parler de la modernité des outres, de la modernité des placards, de la science du rayonnage, du classement, et de l’étiquetage… Effectivement pour recenser toutes les méthodes de fabrications de placards, et tracer une carte de l’évolution de la pensée humaine dans ce domaine, la connaissance, la science est indispensable (je vous conseille le catalogue Lapeyre, ou L’as du placard J)…

 

Mais tous cela est bien loin de cette source intemporelle, immuable, intarissable qui s’écoule en épanchant la soif des hommes "étonnés" qui viennent s’y abreuver.

 

Libre à vous de continuer à classer des récipients vides, et alimenter des querelles (les 150 ans ne sont qu’un début)… mais il ne faut pas mélanger le contenant poreux et le contenu.

 

Les pensées d’un illuminé, défenseur de l’Art.

Amicalement,

Gil.


Gil , bonjour

Pointant mon nez à la surface, dans ce joli jardin d'Eden, je remarque avec plaisir que vous appliquez à l'envi ce que je vous proposais comme 1er axiome de la modernité: l'association d'idées.

 allégorie-->conte, fluide-->  source,etc...

Au risque de vous décevoir, vous confirmez par votre conte, ce que je prépare comme deuxième axiome de la modernité : Eros - Thanatos autrement dit en langage du corps : la reproduction sexuée qui a pour corollaire la mort et dans le langage de la pensée: l'amour en relation avec la mort et tout ce qui va avec, je vous laisse réfléchir autour de ce thème en vous invitant ainsi gentiment si vous en avez envie à occuper la place de l'oiseau de tête dans le v de la flèche sur ce débat ayant pour thème la modernité.

je pense franchement que des êtres vivant dans la complète satisfaction de leur corps parfaitement beau ,parfaitement heureux dans la placidité de leurs besoins donc l'immortalité garantie et pensée anesthésiée par le bon vin et toutes les satisfaction de la vie y compris les sexuelles à gogo n'ont pas le goût de l'entreprise ni le goût de la création, artistique en particulier. D'ailleurs les hommes comme vous le savez ont été chassé du jardin d'Eden selon un très vieux conte. Dans notre  histoire du monde selon votre idée, l'homme tel que l'évolution des epèces l'a heureusement/malheureusement (barrez la mention inutile) conçu se serait contenté de la caverne au départ de son histoire. 

Je retourne donc plancher dans ma caverne (aménagée quand même un peu) pour rédiger quelques pages sur notre destinée d'être sexué et je vous laisse dans le plaisir de votre page blanche en vous mettant déjà sur la piste d'Eros-Thanatos en vous disant que cette joute scribale (scribe->tribu->tribal-> scribal, humour par association d'idée) est un peu la résultante de cet esprit de compétition que nous avons gardé de nos origines et que nous sublimons.   

Et comme Amédée de François Pirette,dans le fond de ma caverne, je vous dis: "on s'amuse,hein, gaillard ! 

Bien cordialement, cher Gil, gardez un peu l'esprit de la caverne...il n'y a pas beaucoup de personnes sur ce forum qui s'y aventure!

Jean-Marie Cambier

  

  

  
Gil a dit :

Bonjour,

 

Je voudrais vous raconter un conte.

 

Il existait un jardin luxuriant, magnifique, certain le nommait le jardin d’Eden, d’autre l’appelait la plaine de vérité… Au milieu de ce jardin coulait une source, le breuvage qui s’en écoulait, était du vin, le plus succulent des vins qui faisait tourner la tête de tous les hommes.

Quelques hommes vivaient là, à proximité de cette source, on les appelait les illuminés, car ils vivaient à la lumière du soleil. Le reste des hommes s’était réfugiés dans des souterrains.

Quelques hommes sortaient parfois des souterrains, et venaient s’abreuver à cette source. Comme ils trouvèrent le vin fabuleux, ils décidèrent de construire des outres pour en ramener et le faire goûter aux hommes d’en bas.

Mais le précieux breuvage ne se laissait pas emprisonné facilement. De sorte que les outres ne pouvant retenir le liquide, lorsque les hommes étaient de retour dans leur caverne, tous le vin s’était écoulé par les pores, et il n’en restait que des traces, une odeur, un semblant de saveur. Malgré cela, les hommes continuèrent à venir remplir leurs outres. Ils se mirent à fabriquer toute sorte d’outre et comme il y avait plusieurs communauté qui vivaient dans ces souterrains, chacun avait son type d’outre, chaque culture, chaque ethnies possédait son outre, avec ses caractéristiques et ses qualités. Le nombre de fabriquant  augmentant, les outres sont devenues plus personnelles, chacun prétendant que sont outre était plus étanche que les autres. Des hommes plus malins, ne se déplaçaient même plus pour remplir leur outre, sachant que toute façon elle serait vide au retour. Comme il étaient habiles, ils affirmaient que si aucune odeur de vin ne se dégageait de leur outre, c’est parce qu’elle  était parfaitement étanche, faisant du même coup, monter le prix du réservoir.

Il existait tellement d’outres dans les souterrains, que certains se mirent à les ranger, les classifiés. Ils construisirent des étagères. Après les spécialistes des outres, émergèrent les spécialistes des étagères, avec tout leur savoir, leur connaissance, sur la résistance des planches, de la quantité limite à stocker par niveau…puis le nombre d’étagères amplifiant, il à fallu construire des placards pour contenir ces étagères… puis creuser des galeries pour stocker les placards, et des spécialistes de prévoir de futures galeries plus modernes en fonction des dernières caractéristiques d’outres…………

 

Et le vin dans tous cela ?  Il continu à s’écoulait à l’extérieur, au  soleil, imperturbable, loin de la poussière et des affaires des hommes.

 

Lorsque vous évoquez la modernité de l’Art. Il faudrait plutôt parler de la modernité des outres, de la modernité des placards, de la science du rayonnage, du classement, et de l’étiquetage… Effectivement pour recenser toutes les méthodes de fabrications de placards, et tracer une carte de l’évolution de la pensée humaine dans ce domaine, la connaissance, la science est indispensable (je vous conseille le catalogue Lapeyre, ou L’as du placard J)…

 

Mais tous cela est bien loin de cette source intemporelle, immuable, intarissable qui s’écoule en épanchant la soif des hommes "étonnés" qui viennent s’y abreuver.

 

Libre à vous de continuer à classer des récipients vides, et alimenter des querelles (les 150 ans ne sont qu’un début)… mais il ne faut pas mélanger le contenant poreux et le contenu.

 

Les pensées d’un illuminé, défenseur de l’Art.

Amicalement,

Gil.

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