Maurice Denis, Sérusier, Bonnard, Vuillard, Ranson… et leurs amis sont marqués par la leçon donnée par Paul Gauguin à Pont-Aven. Le tableau peint sous sa conduite par Sérusier en 1888 est leur Talisman (Paysage au Bois d’Amour, Paris, musée d’Orsay).
Les Nabis ne cherchent pas à refléter dans leurs œuvres une réalité observée. Pour eux, peindre c’est transposer la nature et donner un équivalent plastique et coloré à des sensations, émotions ou états d’âme. Au service de cet art symboliste, ils choisissent la synthèse et la stylisation des formes. Les couleurs subjectives qu’ils utilisent sont posées en aplats délimités par des cernes sombres. Leur production artistique se caractérise aussi par le sens du décor, par l’usage des arabesques et par une inspiration souvent japonisante.
Désireux d’intégrer l’art dans la vie quotidienne, ces peintres sont aussi des créateurs de céramiques, de vitraux, de meubles, d’affiches, de décors de théâtre… Ils sont d’ailleurs très liés aux mouvements littéraires et musicaux de leur temps. Durant une quinzaine d’années, entre 1888 et 1903, les Nabis vont constituer, grâce à leur esprit d’ouverture et à leur richesse d’inspiration, un mouvement particulièrement novateur.





























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