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Interview of the Mexican-Spanisch painter Adrián Jurado about his exhibition "destructivismo" for Tv Brussels

Spectrum, une série de toiles de moyen format peint à l’acrylique qui marque une étape essentielle dans more...son travail.
Il s’en dégage un fort sens de la situation et une nouvelle représentation des figures (éviction de la chair), de même que s’impose le choix d’incorporer des éléments “étrangers” par le collage. Dans le tableau, une fois que l’environnement se constitue, que la composition est établie, il “découvre” des silhouettes et provoque la situation. L’ajout d’objets et de signes interviennent dans la phase ultime de l’œuvre, et c’est alors vraiment qu’elle fait sens, en même temps qu’elle deviendra ironique, énigmatique...
Par ses vertus narratives et son art de l’ellipse, il donne la sensation au spectateur observant ses tableaux que quelque chose est sur le point de se passer ou s’est passé; le spectateur est arrivé trop tôt ou trop tard; tous les éléments ne lui sont pas communiqués, alors il complète, subodorre, imagine.
Cet univers pictural s’articule essentiellement autour de 2 axes. D’une part, il tend à montrer des situations de domination imposées par la force ou mises à mal, provoquant des manifestations de violence, de tension ou de résistance, où le sujet peint devient l’expression d’une contestation et d’une remise en question de l’autorité ( la lettre avec sang s'apprend, le dernier dîner). D’autre part il pose un regard presque désabusé sur le quotidien en le montrant sous un angle sordide et écrasant ( la dernière et nous partons, jusqu'à ce que la mort nous sépare) et incluant des signes par le collage qui dénonce une logique de consommation ("hasta agotar existencias"-jusqu'à épuiser des stocks- la dernière mode) Cela crée une “géographie” toute particulière puisque ces deux visions s’interpénètrent, nuancent le propos et montrent les effets des rapports de domination au quotidien, dans ses implications économiques, sociales, humaines, sexuelles.
L’avancée la plus prodigieuse dans son travail tient à la façon dont il s’est mesuré avec un possible «représentation » du temps. Auparavant, son ardeur à revendiquer la notion d’art public et la nécessité de se confronter à l’immensité de la surface à peindre avait maintenu Adrian dans un registre fortement lié au Muralisme: celui du temps historique. L’artiste situait ses protagonistes dans un cadre évènementiel, les plongeait dans les tourments de l’Histoire en faisant référence à des époques précises (la période préhispanique et la conquête, la domination américaine, la guerre du Golfe... .) Or, dès Spectrum, il développe un autre registre du temps: celui là comme expérience de la durée. Il joue à recréer une sensation de temps qui s’étire ou se condense, à user de ses manifestations mentales (réminiscences, évocation des morts), et s’intéresse à la notion d’usure, en cherchant à la traduire par des signes dont le référent n’échappe pas au spectateur: désagrégation de la matière, rouille, désolation des lieux, objets cassés et laissés à l’abandon, toiles d’araignées, ruines. Pour cela, il retravaille la matière, reprend des stéréotypes, et emprunte inconsciemment des modes propres au cinéma (séquence, gros plan, ellipse... )

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Commentaire de Adrian Jurado le 12 octobre 2009 à 21:32
Les intérieurs dévastés d’Adrián Jurado




Adrián Jurado, peintre mexicain résidant à Bruxelles, ébauche la profondeur grâce à la figure de fond et donne à la matière la possibilité de contourner les esquisses qui portent la toile. La matière prend possession de l’œuvre d’art à travers des superpositions qui ne se voient pas à l’œil nu mais qui trouvent dans l’espace une disposition originale des plans.


Les figures se séparent en profondeur grâce à la projection d’interférences associées à des symétries diagonales. Les distances produisent une tension visuelle comparable à un point qui se perdrait dans l’horizon en donnant à la ligne droite une perception courbée. L’aspect tridimensionnel entraîne un effet visuel permettant à la figure de se libérer de sa propre image et de générer une espèce de déconstruction, ce qui amène le spectateur à discerner la lumière des objets s’infiltrant dans différents plans et produisant une transparence entre les différentes couches des textures obtenues par dégradation.

Découverte de la matière

La matière se découvre telle un fait signifiant, loin de toute prétention de livrer un message. Les deux premières étapes de la réalisation picturale semblent définies par les contours des dessins qui adhèrent à la couleur des surfaces. Il y a ainsi une propension du fond vers la surface, comme des figures sous-marines se détachant de leur contexte par effet de transparence.

Le bleu d’une table de billard permet de voir le violet montant le long d’escaliers où des coups de pinceau rouge ont laissé des taches proposant des dégradations visuelles tendant vers un monde compartimenté. Les figures décomposées à première vue cherchent à donner une unité structurelle dans un autre contexte. Si nous transposions la peinture d’Adrián Jurado à la forme que prend une équation pour structurer ses résultats, ses simplifications, ses réductions, ses fractions et ses facteurs, ses monômes à l’intérieur de polynômes, nous aurions une explication à l’échelle visuelle de la façon dont les dimensions spatiales se comportent.

Les dégradations chromatiques sont ici de la luminosité et du contraste, c’est-à-dire de la couleur limitée par des formes soumises à des taches contextuelles. Ces formes sont à leur tour les symboles d’objets qui tentent d’échapper à leur nature première afin de gagner dans l’espace ce qui dans leur ressemblance leur fait être autre chose que leur propre essence. Dans un des tableaux, le corps, étant sur le point d’uriner, s’adapte à une machine grâce à laquelle l’eau et la matière sont évacuées. La circulation est dans ces conditions une double vision : l’image sera à la fois devant et derrière le support et donnera au contenant un aspect de contenu. Elle se libèrera ainsi de la forme en tant que support. La peinture d’Adrián Jurado regorge de trapèzes et d’équilibres bidimensionnels, ce qui incite l’observateur à changer de place : ici, c’est la parallaxe spatiale des images qui est à l’origine de l’aspect tridimensionnel.
Adrián Jurado a souvent recours aux degrés de profondeur ainsi qu’à des contractions de la perspective à travers des croquis de figures transparentes dont les apparences se désagrègent, se détruisent, reproduisent leurs fragments dans leurs propres ombres où d’autres objets abritent à leur tour leurs propres ombres.

Un univers de réductions

Cette peinture nous offre un univers de réductions. Les objets dissolvent leur opacité, se revêtent, se maquillent et se déguisent pour déplacer le pouvoir de la métaphore visuelle vers une figuration qui traverse l’espace en provoquant l’impression de mondes qui se soutiennent l’un l’autre, grâce à l’équilibre de la couleur et d’esquisses de figures juxtaposées.

L’art est ici une forme d’interpellation. Le monde dans son chaos transforme la surabondance en magie des artifices face à un équilibre menacé par de possibles ruptures, de nouveaux engrenages et de nouvelles disparitions. L’abondance des signes fait partie d’une machinerie

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