Arts et Lettres

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My name is Billie Holiday de et avec Viktor Lazlo (théâtre Le Public)

 

My name is Billie Holiday  de et avec Viktor Lazlo

 

« La tristesse est là, désormais inséparable de la chanteuse ; on entend à chaque pause de la voix, dans les plis de la mélodie, un à quoi bon ? lancinant, le pourquoi pas ? d’une inquiétude sourde ; on devine ses yeux fermés sur un pleur intérieur, sa tête un peu penchée de côté, comme tendue vers une autre voix mystérieuse, ses mains enserrant le micro, tremblant imperceptiblement. On entre dans sa mélancolie comme y entrent ses partenaires, respectueux de ce qu’ils sentent en elle de vulnérabilité et de douleur profonde, et lui faisant écho sobrement. Ce n’est pas encore la détresse ; une lassitude plutôt, la volupté du laisser-faire, une sorte de nostalgie envahissante contre laquelle on sait qu’on ne peut rien - que pleurer. Elle chante, car elle a ce don bouleversant, cette capacité à transformer les larmes en notes de musique et à égrener ses sanglots en arpèges. »

Les Chants de l’aube de Lady Day

Danièle Robert

 

Au Public en cette fin d’année 2011, un spectacle de fête et d’émotion, pour les yeux et les oreilles, célèbre une voix légendaire, celle de la  chanteuse américaine Billie Holiday. Malgré une vie traumatisante dès la prime enfance, l’absence du père (Clarence Holiday, 17 ans), la débrouille forcée de la mère (Sadie Fagan, 13ans), des violences répétées tout au long de sa vie et la déchéance dans laquelle elle sombre à cause de l’alcool et les drogues, elle sera une diva fascinante et une figure unique dans l’histoire du jazz. « Ma mère m’a aimée dès qu’elle senti un coup de pied dans son ventre alors qu’elle frottait par terre. » « Ma mère était mon grand amour, c’était mon mac ». A propos de Clarence : « Some day he will come along. I’ll do my best to make him stay ». Question universelle :  Pourquoi les enfants maltraités aiment-ils toujours leurs tortionnaires ? 1936, Billie  a 21 ans : «You go to my head   and you linger like a haunting refrain, And I find you spinning 'round in my brain Like the bubbles in a glass of champagne. » «Though I'm certain that this heart of mine Hasn't a ghost of a chance In this crazy romance You go to my head, you go to my head»

 

  Entourée par quatre musiciens de jazz très attachants et complices, Viktor Laszlo nous offre sa voix troublante, sa démarche de reine, ses postures sensuelles, son mystère pour conter, chanter et incarner la résilience de l’exceptionnelle chanteuse. « Comment est-ce possible d’arriver si loin et de se détruire autant ? ».  Viktor Laszlo use de tout son charme pour adapter les chansons de la diva noire et dialogue  même de temps en temps avec elle grâce à la fée vidéo. Parfois on peut les imaginer en duo, à moins que Viktor Laszlo, perchée sur un tabouret ne refasse en solo la bande son d’un document du siècle dernier. Comme Billie Holiday, sa voix est déchirée et déchirante, le rythme est fait de ce swing si particulier alternant avec une mélancolie profonde et très intime.

Le pianiste égrène des notes perlées, ce sont des perles de sang pour la chanson la plus poignante :  Strange Fruit en hommage aux noirs punis par pendaison. Difficile de retenir ses larmes.  You’ve changed, Don’t explain, Fine and mellow…. Love for sale, Summertime, Georgia … , ces chansons  nous plongent dans l’émotion et le vécu tragique  de l’artiste. Toutes les chansons sont aimablement  traduites en français dans le programme mais tout  le charme est dans la version originale qui remue le cœur et le corps tout entier. On est sous le charme de deux femmes qui se sont rejointes par la poésie et la musique pour traduire la colère, le désespoir et la folie de l’amour. Il n’y a pas de plus beau cadeau pour fêter la fin de 2011 et faire un retour inoubliable sur une des richesses du 20e siècle.

 

 

Southern trees bear a strange fruit
Blood on the leaves and blood at the root
Black body swinging in the Southern breeze
Strange fruit hanging from the poplar trees

Les arbres du Sud portent un étrange fruit,
Du sang sur les feuilles et du sang aux racines,
Un corps noir qui se balance dans la brise du Sud,
Étrange fruit suspendu aux peupliers.

Pastoral scene of the gallant South,
The bulging eyes and the twisted mouth,
Scent of magnolia sweet and fresh,
Then the sudden smell of burning flesh!

Scène pastorale du valeureux Sud,
Les yeux exorbités et la bouche tordue,
Parfum de magnolia doux et frais,
Puis l'odeur soudaine de chair brûlée !

Here is fruit for the crows to pluck,
For the rain to gather, for the wind to suck,
For the sun to rot, for the trees to drop,
Here is a strange and bitter crop.

C'est un fruit que les corbeaux cueillent, 
rassemblé par la pluie, aspiré par le vent,
Pourri par le soleil, laché par les arbres,
C'est là une étrange et amère récolte.
 
 
 
 

Spectacle musical

MY NAME IS BILLIE HOLIDAY

de et avec VIKTOR LAZLO
avec Viktor Lazlo (chant et narration), Michel Bisceglia (piano et direction musicale), Werner Lauscher (contrebasse), Marc Lehan (drums), Nicolas Kummert (saxophones)

DU 13/12/11 AU 07/01/12

Réveillon de Nouvel An au théâtre


Réveillon de Nouvel An au théâtre 

31 décembre 2011,

une soirée chaleureuse pour

les amoureux de théâtre !

 

Commencez votre soirée dans des bulles de champagne,

assistez ensuite, à 21h00, à une représentation de votre choix…

 

Georges Dandin in Afrika d’après Molière

Quand j’avais 5 ans je m’ai tué d’Howard Buten

My name is Billie Holiday  de et avec Viktor Lazlo

 

La place de spectacle et la coupe de champagne au Public pour 35€

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Commentaire de Deashelle le 24 septembre 2012 à 10:18
Billie Holiday et le multimédia de Viktor Lazlo
Viktor Lazlo reprendra dans une nouvelle mise en scène le spectacle musical My name is Billie Holiday créé à Bruxelles en 2011. La première aura lieu le 23 novembre au Théâtre Rive Gauche. Son roman au titre éponyme paraît dès le jeudi 4 octobre, mettant en alerte un large public de lecteurs.
Roman que l’on peut prolonger, en attendant le spectacle, en tapant sur I-tunes My name is Billie Holiday : vous pouvez accéder à dix titres de Billie Holiday que chante Viktor Lazlo. Pour 11,99€, vous pouvez les enregistrer.
Joëlle Faure 01 42 79 10 05 / 02
Commentaire de Deashelle le 14 février 2012 à 14:49

http://mad.lesoir.be/scenes/34784-my-name-is-billie-holiday/

 

COMÉDIE MUSICALE
Date : Ma. 14/2 (20h30).
Lieu : Centre culturel d'Auderghem (Auderghem)

Commentaire de Deashelle le 27 décembre 2011 à 12:38

 

Lady Sings the Blues

Tout en charme et en sobriété, Viktor Lazlo nous offre un moment jazz au théâtre, puis, bientôt, dans d’autres salles. Elle évoque la vie sombre de la chanteuse noire américaine Billie Holiday par quelques phrases déposées parmi ses chansons, quelques photos projetées pendant les morceaux ou un gardenia blanc dans ses cheveux, la fleur qui ne fera jamais d’elle une blanche… Un délicieux moment hors du temps.

Quatre musiciens accompagnent la chanteuse : piano, contrebasse, batterie et saxophone jouent de concert. Jupe longue et bustier en satin, Viktor Lazlo apparaît, élégante, visiblement heureuse d’accueillir un public très nombreux. Elle entame directement le répertoire de Billie, façon Viktor, pas la même voix, bien sûr, mais le résultat est agréable, beau, juste.

Eleanora Fagan, alias Billie Holiday, eut une enfance difficile, à sa naissance, sa maman avait 13 ans et son père, Clarence Holiday, 17. N’ayant jamais pu l’appeler « Daddy », elle le cherche à travers ses amants. La vie réserva beaucoup de moments sombres à cette icône du jazz, élevée à Baltimore et à New-York, partagée entre le succès, les hommes, l’héroïne et l’alcool.

Parmi la vingtaine de succès revisités, notons une très belle interprétation du merveilleux « Strange fruit », poème mis en musique, qui évoque le lynchage des noirs. Engagée, Billie y dénonce le racisme, qui l’obligea d’ailleurs à interrompre une tournée dans les Etats du Sud.

Souvent meurtrie, parfois heureuse, Billie Holiday est une artiste exceptionnelle. Dans ce « best of », Viktor Lazlo ne se contente pas de relater les faits, elle les vit, et cette interprétation accentue le côté dramatique de cet hommage. Certains regretteront que la biographie de la star ne soit qu’évoquée et non explicitée, d’autres apprécieront cette invitation à la découverte. L’enjeu n’est pas là. Pendant une soirée, la chanteuse fait revivre l’autre chanteuse, un très beau moment musical, jazzy à souhait. Un plaisir.

Commentaire de Deashelle le 26 décembre 2011 à 23:27

Viktor Lazlo : « Je fréquente Billie Holiday depuis longtemps »

JEAN-CLAUDE VANTROYEN

lundi 19 décembre 2011, 08:22

Entretien en marge de son spectacle musical « My name is Billie Holiday », actuellement au Théâtre Le Public. Par Jean-Claude Vantroyen

Contente d'être en Belgique ?

Je chante tout le temps, je fais des concerts de gauche à droite, mais ça fait longtemps que je n'avais pas chanté en Belgique. J'avais fait un spectacle, Paname, en 2004. Je n'ai pas eu l'occasion de le présenter en Belgique et je l'ai beaucoup regretté. J'ai l'impression ici de me faire pardonner. Parce que je ne suis plus venue depuis longtemps alors que j'aime bien venir ici : ça me manquait.

Vous avez vécu en Belgique.

Jusqu'à l'âge de 27 ans. En 87, j'ai animé l'Eurovision de la chanson à Bruxelles. Et je suis partie en 1988. Juste après la naissance de mon fils.

Vous vivez à Paris. Carrière oblige ?

Je ne sais pas. Ce n'est pas une question de carrière : je passe mon temps à voyager, je chante partout pratiquement sauf en France.

Vous aimez bien revenir ici de temps en temps.

Oui. C'est impressionnant de se retrouver face au public bruxellois. Et avec un accueil aussi chaleureux. C'est émouvant.

Commentaire de Deashelle le 26 décembre 2011 à 23:27

 

Ce spectacle, Billie Holiday, vous y pensiez depuis longtemps ?

Je fréquente Bille depuis longtemps. Au début de ma carrière, j'ai intégré une chanson, « Good morning heartache » dans mes concerts. J'avais choisi celle-là parce qu'elle n'était pas connue. Je n'osais pas prendre celles qui étaient connues, parce que je respectais et admirais tellement cette interprète que je ne pouvais pas chanter les chansons qu'elle a immortalisées avec son identité, son vécu, je trouvais ça ridicule Et puis progressivement, je me suis rapprochée de l'idée qu'il y avait une légitimité à travailler sur elle, sur son répertoire. Le roman que j'ai sorti l'année dernière et que j'avais écrit il y a longtemps, La femme qui pleure, m'a aussi poussé dans ce sens : ça rejoint toute la problématique de la femme, là en l'occurrence une femme noire, de la maltraitance, de la dépendance, tous ces sujets qui m'interpellent et qui m'émeuvent, auxquelles je suis poreuse, c'est plus que sensible : c'est totalement poreuse. Et bien c'est là, c'est dans sa vie à Billie. Je me suis naturellement rapprochée et j'ai cessé d'avoir peur. Je me suis dit en fait, je suis une femme, je suis une femme noire, même si ça ne se voit pas beaucoup… Entre les femmes, il y a comme une toile d'araignée, il y a quelque chose qui les lie, quelque chose d'arachnéen, de ténu, qui lie les femmes à travers leur souffrance. Et même si elles n'ont pas vécu les mêmes réalités, elles sont communes, entendues, ressenties, de façon très fugace, par les femmes en général.

Vous-même vous avez eu des problèmes de ce genre ?

En Europe, on était déjà beaucoup plus loin dans les rapports entre les Noirs et les Blancs, même à l'époque de Billie Holiday. Ce qui existait aux Etats Unis n'existait pas en Europe. Mais en Belgique, quand j'avais 17-18 ans et que je commençais à sortir, j'ai été confrontée à des manifestations de racisme commun, presque institutionnel, entendu, contre lequel on ne réagissait pas à l'époque. Des entrées de boîtes qu'on me refusait, des empêchements…

Ce qui vous fascine chez Billie, ce sont ces souffrances, le viol à 13 ans, les discriminations, la drogue, qu'elle a exprimées par la voix ?

Elle a multiplié les difficultés. Mais ce qui intéressant chez elle, c'est qu'elle a essayé de faire quelque chose de beau. Son père et sa mère n'avaient pas 13-16 ans quand elle était née. Ils ne se sont jamais mariés, ils n'ont jamais eu l'électricité ou le gaz, son père est parti alors qu'il avait 18 ans, sa mère était jeune aimait beaucoup s'amuser et Billie l'embarrassait plutôt. Ce questionnement sur elle, c'est un questionnement contemporain, parce que les problèmes sont les mêmes : quand un enfant est violé, il se retourne sur lui-même, si on l'a violé c'est parce qu'il l'a mérité, parce qu'il a quelque chose de mauvais en lui. Ou tellement peur de son tortionnaire, qu'il va vouloir s'en faire aimer… C'est très complexe. Billie commence comme ça. A l'époque, une femme, une Noire, violée, c'est qu'elle était coupable. Elle passe donc de Charybde en Scylla. Le parcours épouvantable. Elle a une voix dès le début, pas considérée comme une belle voix mais qui va lui permettre de chanter, de rentrer dans les clubs, de faire sa petite place. D'abord avec des chansons de deuxième choix, puis progressivement elle va imposer cette voix très particulière qui est la sienne. Sa voix à 13 ans est très aiguë, mais déjà reconnaissable. Elle a la voix d'une trompette. Si son père ne lui a donné qu'une chose dans sa vie, c'est ce conseil : si tu chantes, imite le son de la trompette de Louis Armstrong. Après, avec l'alcool et tout ça, ça se dilue dans une raucité de la voix, mais elle garde une projection, très paradoxale. Elle dit : j'ai autre chose à faire que de chanter juste, mais elle chante juste. Avec un phrasé très particulier mais avec une projection très juste.

Commentaire de Deashelle le 26 décembre 2011 à 23:25

C'est quand même audacieux d'interpréter une vingtaine de chansons de Billie.

J'ai accepté de me lancer parce qu'il y a un moment où c'était toujours enfoui en moi et j'ai rencontré l'homme de ma vie et qui m'a dit d'emblée, avant même que je lui en parle : tu devrais travailler sur Billie Holiday. A travers l'amour qu'il a pour moi, il a trouvé le lien. Il m'a légitimé. Et puis après j'ai fermé les écoutilles et j'ai foncé. Bien sûr il y aura des détracteurs, mais je ne veux pas chanter comme elle.

Vous chantez comme Viktor Lazlo, et pas comme Billie Holiday. Vous ne voulez pas imiter, défier.

Oh non. Je ne suis pas dans le défi, jamais. Et je ne voulais pas imiter, parce que je me serais sentie ridicule. Je voulais simplement l'appeler. Les chansons qu'elle a choisi de chanter et celles que j'ai choisies dans mon répertoire, je les comprends et je les ressens. Quand je chante « My man », ; pouf, oh ! C'est un volcan, de la lave, qui sort, à travers ma matière à moi, pas la sienne. Je crois qu'elle n'aurait pas détesté. Elle n'était pas très contente quand d'autres chantaient les chansons qui avaient fait sa gloire à elle, mais je suis obligé de me dire ça pour pouvoir traverser sa vie à elle avec ses chansons à elle tous les soirs.

Vous avez choisi des chansons qui vous habitaient aussi.

Je n'aurais pas pu faire autrement. Il y a deux ans, j'ai écouté 250 chansons, j'en ai choisi 30, puis 25, puis 20. Celles qui me paraissaient correspondre au chemin que je voulais faire avec elles, qui étaient directement liées à sa vie et au questionnement qui me touchait.

Ce spectacle ressemble plus à un concert entrecoupé de quelques narrations plutôt qu'un spectacle théâtral.

C'est l'expérience du spectacle précédent qui m'a menée là. Les gens me considèrent avant toute chose comme une chanteuse. Quand on travaille sur Billie Holiday, on travaille sur la musique, c'est primordial. D'emblée, il fallait que la musique prenne la part la plus importante du spectacle. Ensuite, je n'avais pas envie de bavardage, de raconter la vie de Billie Holiday, tout le monde peut la lire, il y a des biographies et son autobiographie. Je voulais un éclairage plein d'humilité. Dix minutes de texte, ça suffisait amplement. Je voulais rester sobre, je n'avais pas envie de rentrer dans des machins, des effets. J'ai voulu rester sous l'œil de Billie Holiday, en la faisant entrer par la voix, par l'image, en essayant de ne pas abuser de ce qui a déjà été fait. Parce que c'est facile, il y a de très belles images, d'enregistrements, de concerts. Je n'ai pas voulu faire un documentaire sur Billie Holiday, j'ai voulu échapper au bavardage.

Un des moments forts, quand même, c'est quand vous chantez avec elle, qu'on voit et entend en vidéo.

Ah ça, j'en rêvais. J'avais très peur de ce moment. Ca a été compliqué techniquement. Mais grâce à Dan Lancksman et Michel Bisceglia, on a pu se mélanger. Ca a failli ne pas se faire, et j'en avais peur jusqu'à la première. Comment ça va être pris : le public va me huer.

Et au contraire, il vous a chaleureusement applaudi.

J'ai senti là une grande empathie avec le public. Je crois aussi que les gens du spectacle sortent en ayant appris quelque chose. Ils me l'ont dit : ah on ne savait pas tout ça.

Commentaire de Deashelle le 26 décembre 2011 à 23:21

Ca les rend heureux, même si les paroles des chansons sont souvent brise-cœur…

Oui, vraiment.

Comme « Don't explain », où elle raconte que son homme rentre avec des traces de rouge à lèvres dans le cou.

C'est la réalité qu'elle a écrit. C'est son mari, Jimmy Monroe, qui est arrivé comme ça. Moi je dis ce qu'elle dit, je reprends ses phrases à elle, c'est elle qui raconte ça.

Vous allez tourner avec ce spectacle ?

On termine au Public le 7 janvier. En janvier, il y a 7 à 8 dates en Belgique. Du côté flamand, je vais raconter l'histoire en anglais. Quelques festivals de jazz en France et Belgique. Et puis grosse tournée et la rentrée parisienne en septembre 2012.

En attendant, vous mettez le reste de votre carrière entre parenthèses ?

C'est tellement prenant ce spectacle. Mais il y a l'écriture aussi. Mon deuxième roman est tellement triste que je voudrais le revoir. Mais je n'ai pas envie de courir dans tous les sens comme dans les années 90. Je n'arrivais pas à construire une vie. Et c'est devenu primordial. Il y a Billie Holiday, l'écriture et le reste on verra.

Vous avez toujours voulu vous multiplier ?

Dans les modes d'expression ? Oui, j'ai besoin de m'exprimer sinon j'en crève. Quand j'ai téléphoné à un éditeur chez Grasset, il y a quinze ans, c'était Emmanuel Carcassonne, j'ai dit : il faut que je vous rencontre, c'est une question d e vie ou de mort. Il a accepté de me voir parce que je le lui ai dit. J'ai besoin d'exprimer ce que je n'arrive pas à dire oralement, à travers l'écriture, la scène et de préférence le chant ; Le théâtre m'intéresse moins. Mais en avril dernier, j'ai joué Jocaste à la Cartoucherie de Vincennes, dans une adaptation par un Guadeloupéen. Une Jocaste noire donc. Et t le metteur en scène de La tempête est venu me voir et m'a dit : vous êtes une tragédienne, vous devriez jouer Médée, si je monte Médée je vous appelle. Et c'est vrai que c'est ce que je plus attirée vers la tragédie.

Vous ne semble cependant pas être une femme tragique.

(Rires). Justement, ça me permet de vivre autre chose.

Viktor Lazlo est un des personnages, joué par Peul Heinreid, de « Casablanca », le film de Michael Curtiz avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman. Ca ne vous pèse pas aujourd'hui que votre nom de scène soit masculin ?

Ah non, ça ne m'a jamais pesé. Pas du tout. Quand j'ai fini par comprendre pourquoi je l'avais choisi, j'ai trouvé ça légitime. ? J'ai été élevée par un père qui avait une grosse personnalité, beaucoup de force, j'ai toujours pensé que le monde appartenait aux hommes et qu'il fallait être un homme pour atteindre quelque chose d'intéressant. Quand je suis née, mon père attendait un garçon, car il avait déjà une fille, ma mère en a pleuré. Mais je n'ai pas été élevée comme un garçon manqué, et mon père m'a adorée, mais il m'est resté que la masculinité permettait d'atteindre des niveaux qu'une femme ne pouvait pas atteindre. C'est ce que je pensais, petite, et c'est ça qui m'a fait choisir le nom de scène. Et ça ne me gêne pas aujourd'hui. Même parmi les amis, la plupart m'appellent Viktor, c'est tout, et ça me va.

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Quelques valeurs illustrant les splendeurs multiples de la liberté de lire

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza, attaché critique d'art du réseau Arts et Lettres. Ces billets sont édités à l'initiative de Robert Paul.

ENTRE LES SPHERES DE L’INFINI : L’ŒUVRE D’OPHIRA GROSFELD

PAR-DELA BÉATRICE : LE DIALOGUE DE CLAUDIO GIULIANELLI

DE L’ESTHETIQUE DU SUJET : L’ART DE JIRI MASKA

 

 ENTRE REVE ET FEMINITE : L’ŒUVRE DE CHRISTIAN CANDELIER

DE L’ORDINAIRE COMME ESTHETIQUE : L’ŒUVRE DE YVONNE MORELL

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SURREALISME ET HUMANISME EXPRIMENT L’ŒUVRE D’ALVARO MEJIAS

UN THEATRE DE COULEURS ET DE FORMES : L’UNIVERS D’EDOUARD BUCHANIEC

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QUAND LE MYTHE S’INCARNE DANS L’ART : L’ŒUVRE D’ODILE BLANCHET

D’UN SURREALISME L’AUTRE : LES FLORILEGES DE MARC BREES

DE LA TRANSPARENCE DE L’AME : L’ŒUVRE DE MARIE-CLAIRE HOUMEAU

VERS UN AUTRE SACRE : L’ŒUVRE DE RODRIGUE VANHOUTTE

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JAIME PARRA, PEINTRE DE L’EXISTENCE

Bruxelles ma belle. Et que par Manneken--Pis, Bruxelles demeure!

Menneken-Pis. Tenue de soldat volontaire de Louis-Philippe. Le cuivre de la statuette provient de douilles de balles de la révolution belge de 1830.

(Collection Robert Paul).

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