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MARCUS BOISDENGHIEN: ETATS D’AME…AME D’ETATS : EMOTIONS CHROMATIQUES

               ETATS  D’AME…AME  D’ETATS : EMOTIONS CHROMATIQUES

 

Du 17 - 10 au 04 – 11- 12, se tient à l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles), une exposition intitulée ELEMENTS DE VIE, laquelle nous offre une vision chromatique sur les états d’être d’un artiste fort intéressant.

Il y a dans la démarche créatrice de Monsieur MARCUS BOISDENGHIENla trace d’un passage par l’Académie suivie par le besoin irrépressible de la dépasser pour trouver son propre langage.

Lorsqu’on l’interroge sur sa formation, l’artiste indique qu’il a fréquenté les Académies d’Ixelles et de Boitsfort, tout en précisant qu’il ne croit pas dans les écoles. L’Académie lui a été utile dans la mesure où elle lui a permis de se familiariser avec certaines techniques et de se lier d’amitié avec d’autres artistes. 

Les œuvres exposées sont le reflet de ce que MARCUS BOISDENGHIEN qualifie de « périodes ». Ces œuvres répondent à une phase de la vie de l’artiste que nous ne connaissons pas, mais que nous pouvons facilement deviner, qu’il nomme BLACK AND WHITE, recouvrant une période de sa vie dominée par le sceau de la maladie. Liée à un contexte négatif, cette période trouve ici l’écho qui se dessine dans la phase résiliente, intitulée ELEMENTS DE VIE.

L’Art assume ici les traits d’une assise lui permettant de se reconstruire. Bien des œuvres exposées conservent encore la trace d’une souffrance passée, matérialisée par un fond sombre, voire noir.

Mais que l’on ne s’y trompe pas. Loin d’être une « thérapie » au sens clinique du terme, les œuvres de MARCUS BOISDENGHIEN  interpellent l’Art dans ce qui lui permet d’assurer un équilibre, tant dans sa personne que dans sa technique. Car l’Art, dérivant de l’ « Ars » latine, n’est en définitive, qu’une reprise intellectuelle de la « Technè » grècque, alliant discours – pathos - et technique.

A titre d’exemple, LUNE D’OR(74 x 93 cm), l’une des œuvres-clé de l’artiste,

 

 

porte en son sein les stigmates de la phase sombre correspondant à la période où l’artiste se battait encore contre la maladie, tout en mettant en exergue la couleur jaune vif,  au centre de la composition, signe d’une renaissance physique et spirituelle annoncée.

Mais que dire alors de SWEDISH FLAG(60 x 60 cm),

 

 

cette œuvre où la couleur jaune, parabole du soleil et du bonheur, irradie littéralement la surface de la toile ? Ce titre trouve son origine dans la conception du drapeau suédois, dominé principalement par le jaune, mais aussi par le fait que l’artiste se partage principalement entre Bruxelles et Stockholm. 

L’œuvre présentée à l’ESPACE ART GALLERY est, d’un point de vue graphique, régie par un équilibre entre les formes, les matières et les couleurs dans le but d’atteindre une harmonie. Cette réflexion sur l’harmonie n’est pas sans rappeler les recherches des proportions architecturales apportées à la construction d’un édifice.

Pour y parvenir, MARCUS BOISDENGHIEN exécute des croquis en traçant des lignes sur la toile. Mais là où le procédé diffère de celui de l’architecte, c’est lorsqu’il s’abandonne, en quelque sorte, à l’évolution engendrée par le parcours des couleurs sur la toile. Couleurs vagabondes qui le conduisent au terme d’un chemin, « par accident », selon ses propres termes.

La Suède, comme nous l’avons spécifié plus haut, a beaucoup inspiré l’artiste. ARCHIPELAGO(80 x 40 cm)

 

 

est une composition singulière servant, si l’on peut dire, d’indicatif à l’ensemble de son œuvre. Il y a dans celle-ci un rapport de filiation entre la forme et le chromatisme qui n’est pas sans évoquer le jeu vivant de la mosaïque. ARCHIPELAGO est une abstraction symbolisant le chapelet d’iles à proximité de la ville de Stockholm, à laquelle l’artiste est très attaché. Ce chapelet d’iles prend ici la consistance abstraite d’une mosaïque, en ce sens où chaque « tesselle » qui la constitue se marie avec l’autre, créant une composition à la fois fragmentée et géométrique sur fond blanc. Cette œuvre est primordiale à l’équilibre ainsi qu’à l’harmonie constitutive à l’ensemble de son opus.

« Apprendre son métier, c’est avant tout apprendre le métier des autres ». Cette phrase prononcée en 1889 par le compositeur Jules Massenet à ses élèves parmi lesquels figurait Charles Koechlin (c’est par lui que nous la connaissons) illustre, même si l’artiste n’est désormais plus un débutant, le besoin de se référer à un artiste autre que soi pour se situer soi-même par rapport à son œuvre. 

MARCUS BOISDENGHIEN prend comme référant SERGE POLIAKOFF(1900 -1969) pour situer esthétiquement les œuvres exposées. Il est vrai qu’il y a manifestement un rapport spirituel avec le peintre suisse, néanmoins, par ricochet à ce dernier, la personnalité de l’artiste s’affirme trop pour investiguer trop longuement de ce côté-là. L’univers de Poliakoff se retrouve assurément dans la composition des formes mais en ce qui concerne le chromatisme, l’univers multicolore du peintre suisse est définitivement absent et pour cause…puisque la nécessité qui l’a dicté n’était en rien la même !

Le sable, la pâte à modeler, l’acrylique, le pinceau et la spatule constituent le matériau dont se sert MARCUS BOISDENGHIENpour appeler le visiteur à s’arrêter sur chaque toile. Pour que ce dernier s’intéresse aux contrastes perçus  par une vision à l’origine lointaine laquelle, en se rapprochant le plus de l’œuvre exposée, se laisse apprivoiser par celle-ci jusqu’ à l’assouvissement du regard. Ajoutons que ce peintre exprime son âme par des couleurs tendres.    

Les projets de l’artiste sont à la fois simples et considérables : peindre !

C’est tout ce qu’on lui souhaite en attendant, non sans impatience, de nouvelles créations qui nous en diront plus sur ses futurs états d’âme.

 

François L. Speranza.

 

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Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement.

 

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